« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé »
(John F. Kennedy)
« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé »
(John F. Kennedy)
Pour mieux connaitre l'homme et l'oeuvre politique de Pierre Mendès France, la Fondation éponyme propose un site que je recommande aux lecteurs intéressés par cette éminente personnalité politique ... qui manque cruellement à la démocratie française !
http://www.mendes-france.fr/about/
" La sauvegarde de notre monde humain n'est nulle part ailleurs que dans le coeur humain,
la pensée humaine, la responsabilité humaine."
(Vaclav Havel)
La Chine, le Japon et la Corée viennent de se déclarer prêts à créer la plus grande zone économique mondiale (cf. La Chine, le Japon et la Corée prêts à créer la plus grande zone économique mondiale (La Tribune)).
Cette déclaration plaide pour une accélération des réformes politiques, institutionnelles et économiques en Europe !
L'expérience hasardeuse de la gestion de le crise grecque suffit à elle seule pour en convaincre les plus réticents (cf. Retour sur la crise grecque ! ) ! Sans oublier les choix désastreux pour le modèle social européen qui ont parfois présidé aux réformes structurelles dictées par l'urgence (cf. à cet égard La Confédération syndicale internationale lance une enquête sur les différentes formes de dérégulation du marché de l'emploi et des droits des travailleurs, notamment en Europe ) !
Celà plaide bien évidemment pour une refondation de l'économie générale de l'Union économique et monétaire sur des bases à la fois moins utopistes, et plus politiques ! (cf. notamment à cet égard : Dossier de la Mondialisation n° 22 "L'avenir de l'euro dans la mondialisation » ; La France, l'Europe et le modèle "hollandiste", par Alain Frachon (Le Monde) ; Trois évolutions - parmi d'autres - de l'UEM qu'il aurait fallu opérer ! ainsi que La renégociation du Pacte budgétaire pour une nouvelle gouvernance économique européenne, par Pervenche Bérès ou encore Avenir de la zone Euro : l'intégration politique ou le chaos, rapport de Jean Arthuis au Premier ministre ) !
Cette refondation nécessite un préalable politique et institutionnel qu'il est urgent de traiter : celui du schéma fédéral que les Européens doivent rapidement donner à leur Union ! Ce débat sur le fédéralisme est urgent ! Il ne s'agit plus de refuser le fédéralisme mais de définir collectivement sa forme optimale pour l'Europe ! Il devra indubitablement avoir une dimension budgétaire et une dimension politico-stratégique ! Nous n'en sommes hélas bien loin !
Celà soulève en même temps la question de la nécessité de poursuivre l'intégration transatlantique en cours (cf. Jusqu'à quel niveau d'intégration l'agenda transatlantique nous entraînera-t-il, sans aucun débat démocratique ? ), que ce soit sous sa forme actuelle ou sous une autre forme, ou d'y renoncer pour faire émerger un véritable pole d'équilibre européen à la fois autonome et en interrelation étroite avec les autres poles d'équilibre - de puissance - à l'échelle mondiale.
Celà plaide ensuite en faveur d'un retour en Europe de puissances publiques déterminées à faire valoir le droit dans tous les domaines de l'activité économique , financière et fiscale ! Car si la rigueur s'impose aux peuples, il n'en est pas de même à l'égard d'une part importante des agents économiques (cf. à cet égard OCDE : la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale ; L'enjeu des politiques de prix de transfert ... et ceux de leurs contournements - nouvelle édition - ainsi que Prix de transfert et TVA, par Patrick Michaud (etudes-fiscales-internationales.com) ).
Celà plaide également en faveur d'un renforcement de la nouvelle posture stratégique de l'Union en matière de politique commerciale et d'investissements internationaux (*) dans le contexte d'une globalisation qui ne connaît aucun répit ! Cette globalisation existe ! Elle s'impose à nous sous sa forme actuelle (cf. La mondialisation en fiches : genèse, acteurs et enjeux, par Gérard Bacconnier, Bruno Benoît, Gérard Clément, Patrick Lallemant, Roland Saussac ainsi que Retour sur images : L’autre mondialisation ? Quelle autre mondialisation ? par Pascal Lamy ) sans pour autant parvenir à évacuer les tensions inhérentes aux grands défis stratégiques ! L'accentuation des tensions sur les marchés monétaires et financiers, les entraves à l'accès aux mtières premières les plus essentielles (voire même stratégiques) et à la circulation des biens (piraterie internationale), les replis identitaires doublés de postures protectionnistes à l'égard des migrations économiques, constituent des formes d'entraves au commerce international qui paralysent toutes les tentatives de relance de l'économie mondiale !
C'est la raison pour laquelle toutes les tentatives multilatérales de régulation et d'instauration d'une gouvernance mondiale efficace (cf. A la recherche d'une gouvernance mondiale hybride (nouvelle édition) ainsi que le rapport Cameron “Governance for growth – building consensus for the future” présenté lors du G20 de Nice) ont échoué ! Il est urgent d'en tenir compte en Europe comme aux Etats-Unis (cf. notamment à cet égard L'Union européenne est-elle encore une puissance normative crédible ? ainsi que Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition - !
Tel est d'ores et déjà le cas en matière de politique commerciale ! Mais avec les limites inhérentes à l'absence de volonté politique de faire de l'Union européenne une véritable puissance publique (cf. à cet égard Vers une puissance publique européenne (extraits de « L’Union européenne dans le temps long » de Jean-Louis Quermonne ) ! - Première partie - ainsi que Vers une puissance publique européenne (extraits de « L’Union européenne dans le temps long » de Jean-Louis Quermonne ) ! - Seconde partie - ) !
Zoom sur la nouvelle politique commerciale de l'Union
L'Union européenne a toujours été une économie ouverte, partisane du libre-échange. Son approche en matière de politique commerciale n’est pas suivie dans le monde entier, notamment en matière de marchés publics (**). En particulier, la plupart des grands partenaires commerciaux de l’UE mettent en œuvre, en matière de marchés publics, des pratiques restrictives discriminatoires à l'égard des fournisseurs européens. La crise économique actuelle n'a fait qu'accroître le recours à ces pratiques. La Commission, aussi bien dans « L'acte pour le marché unique» publié en 2011 que dans sa communication « Commerce, croissance et affaires mondiales » parue en 2010, a souligné l'importance d'une concurrence loyale et d'un accès équitable aux marchés publics comme faisant partie des instruments indispensables pour assurer la croissance économique et la création d’emplois, en particulier dans le contexte de la dernière crise économique.
Se voulant plus offensive – avec progressivité – en matière d’accès aux marchés des services, des investissements, des commandes publiques comme des matières premières, la nouvelle stratégie commerciale proposée par Karel De Gucht prône une fidélité moins naïve au libre-échange. Le Commissaire européen au Commerce est en effet déterminé à ce que l’UE obtienne en retour à son ouverture aux échanges la réciprocité nécessaire de la part de ses partenaires commerciaux. Réaffirmant son engagement en faveur des négociations multilatérales du round de Doha à l’OMC, la nouvelle stratégie de la Commission maintient toutefois le cap sur les accords bilatéraux.
Dans le droit fil de celle présentée en 2006 par son prédécesseur Peter Mandelson, et dont l’exécutif européen présente le bilan dans un document annexe (rapport de progrès sur « Global Europe 2005 – 2010 »), la stratégie commerciale révisée par M. de Gucht, adoptée par le collège des Commissaires et puis présentée à la presse le 9 novembre 2010, s’appuie sur l’engagement de l’Europe envers un système commercial ouvert, équilibré et réglementé. Son objectif étant toutefois d’adopter une approche plus ferme pour garantir que toutes les parties prenantes, en particulier les consommateurs européens, tirent profit des gains du libre-échange.
« Pour assurer la réussite politique d’une politique commerciale ouverte en Europe, il faut que les autres – y compris nos partenaires développés et émergents – répondent à nos efforts, dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuel. La politique commerciale ne suscitera pas l’adhésion des citoyens en Europe si nous ne bénéficions pas d’un accès équitable aux matières premières, et si les marchés publics à l’étranger sont bloqués. L’UE va rester une économie ouverte mais nous ne pêcherons pas par naïveté. La Commission veillera tout particulièrement à défendre les intérêts et les emplois européens. Elle combattra les pratiques commerciales déloyales avec les moyens appropriés », promet d’emblée la communication de l’exécutif européen. Ainsi, poursuit la Commission, si la libéralisation tarifaire sur les produits industriels et agricoles est « toujours importante », ce sont l’accès aux marchés tiers pour les services et les investissements, l’ouverture des marchés publics, de meilleurs accords sur la protection de la propriété intellectuelle, un accès non restreint aux matières premières et à l’énergie, et l’élimination des barrières non tarifaires via la promotion des normes internationales qui feront, selon elle, « la plus grande différence » . En outre, l’exécutif européen est déterminé à promouvoir la transition mondiale vers une économie plus « verte », via le commerce international.
Cette stratégie tient en 6 points (cf. à cet égard Politique commerciale : l’UE établit une stratégie active pour les cinq prochaines années ).
L’objectif prioritaire de la Commission est à la fois de conclure le round de Doha à l’OMC, dans l’impasse depuis juillet 2008, et de boucler les négociations en cours pour des accords bilatéraux de libre-échange avec des partenaires développés comme le Canada, mais surtout émergents comme l’Inde, le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), certaines économies du bloc ASEAN (Singapour, le Vietnam et la Malaisie), l’Ukraine et les pays du Conseils de coopération du Golfe.
L’exécutif européen veut aussi approfondir les relations commerciales de l’UE avec ses partenaires stratégiques de l’UE, tels que les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Russie. Si l’accent est mis sur les barrières non tarifaires en ce qui concerne les deux premiers, l’ouverture des marchés publics, une meilleure protection de la propriété intellectuelle et l’accès aux matières premières sont les principaux buts visés.
Troisième objectif : passer à l’offensive pour accroître les opportunités découlant du commerce pour l’emploi dans l’UE et les entreprises européennes. Parmi ses initiatives phares, la Commission entend formuler une proposition législative en faveur d’un instrument communautaire qui permettra de garantir et d’accroître la symétrie de l’accès aux marchés publics dans les pays développés et émergents. « Les marchés publics représentent une part substantielle des économies nationales, mais les conditions d’accès ne sont pas toujours faciles ni équitables pour les entreprises européennes, alors que les marchés publics de l’UE sont parmi les plus ouverts au monde », explique la Commission. La Chine est particulièrement visée mais elle n’est pas la seule, loin s’en faut.
Autre priorité de l’exécutif européen, clore les discussions avec le Conseil et le Parlement sur la politique de l’UE sur les investissements à l’étranger, afin d’entamer des négociations pour des dispositions complètes sur les investissements avec des partenaires clés (Canada, Singapour, Inde et Chine en tête).
Cinquième objectif : s’assurer de l’équité des échanges, et faire respecter les droits de l’UE. Dans ce cadre, la Commission veut compléter la stratégie pour l’accès aux marchés des pays tiers, lancée en avril 2007, en renforçant les équipes déjà sur le terrain pour identifier les obstacles aux échanges, et en publiant un rapport annuel sur les barrières aux échanges dans les pays tiers. Outre apporter la touche finale à l’accord commercial anti-contrefaçon (ACTA), l’exécutif européen veut aussi revoir sa stratégie sur l’application des droits de propriété intellectuelle (DPI) dans les pays tiers.
Enfin, dans un souci d’inclusion du commerce mondial, la Commission présentera un projet législatif en vue de réformer le système de préférences généralisées de l’UE pour les pays en développement. (cf. Retour sur images : Schéma de préférences tarifaires généralisées de 2006 à 2015 - Lignes directrices )
(*) Voir notamment à cet égard les communications de la Commission européen établies notamment sur la base de l'article 206 TFUE : politique européenne en matière d’investissements internationaux (COM(2010)343), ou encore « Approche européenne commune en matière de Fonds souverains » (COM(2008)115) ainsi que les préconisations du Parlement européen (notamment, le rapport ARIF « future European international investment policy »)
(**) Dans ses conclusions du 23 octobre 2011, le
Conseil européen a demandé à la Commission de présenter une proposition d'instrument de l'UE visant à ouvrir les marchés publics, en précisant que l'Europe continuera à favoriser des échanges
commerciaux libres, équitables et ouverts tout en défendant avec force ses intérêts, dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuel à l'égard des principales économies mondiales.
En décembre 2011, la Commission européenne a présenté un programme global de modernisation des marchés publics dans l'UE. En mars 2012, une nouvelle initiative est venue compléter les efforts
ainsi déployés sur le marché intérieur par un ensemble de règles applicables au volet externe de la politique de marchés publics.
Cette initiative respecte pleinement les engagements pris par l'UE dans le cadre de l'Accord de l'OMC sur les marchés publics, ainsi que les accords commerciaux bilatéraux qu'elle a conclus. Elle
précise de manière juridiquement contraignante les engagements internationaux auxquels seront soumis les pouvoirs adjudicateurs européens.
Voir également son Rapport 2011 au Conseil européen sur les obstacles au commerce et à l’investissement : « Faire participer nos partenaires économiques stratégiques à l’amélioration de l’accès
au Marché : Priorités d’action pour la levée des barrières commerciales »
NB : Pascal Lamy replace les débats en cours dans un contexte global en brossant à grands traits le portrait du monde qui se
dessine et en imaginant les réformes qui permettraient à l’Europe d’envisager l’avenir avec plus d’optimisme. Dans une Tribune tirée de son intervention lors du Comité européen d’orientation de Notre Europe, il rappelle tout d’abord comment la
montée en puissance des pays émergents et la reconfiguration des chaînes de production ont profondément modifié le contexte dans lequel évoluent les économies européennes. Il souligne ensuite que les principaux problèmes économiques de l’Europe ne sont pas liés au commerce international ou à une politique
commerciale présentée à tort comme « naïve », mais à d’autres facteurs plus structurels. Il en conclut que le
renforcement de la compétitivité prix et hors prix doit être l’objectif principal des politiques économiques et sociales conduites en matière d’éducation, de formation, d’innovation et de marché
du travail, afin de permettre aux pays de l’UE de tirer le meilleur parti des avantages comparatifs dont ils disposent au niveau mondial. Voir la Tribune :
P.Lamy EuropeEconomieMonde NE Feb2012
Par ailleurs, pour Pascal Lamy, les tensions commerciales résultant des déficits américain et européen reposent sur une façon obsolète de mesurer les échanges internationaux. Ces tensions disparaîtront dès que sera modifiée la façon de mesurer les échanges : à l'heure actuelle, les échanges sont comptabilisés comme si un produit était fabriqué dans un seul pays alors que, désormais, la chaîne de production implique une multitude de pays. L'i-Pod est le meilleur exemple : conceptualisé sur le plan de la R&D, du design et du marketing aux Etats-Unis, il est assemblé en Chine par Apple, avec des composants fabriqués dans plusieurs pays. Or, les exportations chinoises d'i-Pod contribuent à creuser le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine qui, pour le Directeur général de l'OMC, serait au moins réduit de moitié si le contenu importé des exportations était pris en compte. Aussi, M. Lamy veut-il réexaminer les techniques statistiques pour mesurer les échanges. C'est ce qu'il a expliqué début février dans les colonnes du Financial Times avant de réunir le 4 février 2012, à Genève, 150 statiticiens du monde entier.
The next European Union–Russia Summit will take place on 3 and 4 June in St Petersburg.
The EU will be represented by Herman Van Rompuy, President of the European Council, and by José Manuel Barroso, President of the European Commission. Catherine Ashton, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy, and Energy Commissioner Günther Oettinger will also take part. Russia will be represented by President Vladimir Putin, accompanied by Foreign Minister Sergey Lavrov and several other Russian ministers.
"The summit will be an important occasion to run through the broad range of issues that today make up the EU-Russia relationship, such as modernisation, visa and mobility, and trade. The main aim should be to confirm the past years results in the EU-Russia partnership and set the course for the coming years. The EU sees a lot of untapped potential to deepen our strategic partnership in all areas, which the St Petersburg Summit should explore. There will also be need to discuss pressing global and international issues, such as measures to deal with the economic and financial crisis and international issues, such as Syria and Iran," said President Van Rompuy ahead of the meeting.
President Barroso said: "Russia is not only the EU largest neighbour - it is also a strategic partner with which we are building a solid and mutually beneficial relationship. Important progress was achieved in recent years in key areas of our cooperation. The election of a new President and the beginning of a new government offers us the opportunity to consolidate this progress, but also to look strategically into the future. The EU believes that the best basis for a closer Partnership is an ambitious and comprehensive bilateral New Agreement. This should become the new centrepiece of our relations and a solid basis for cooperation in the years to come. It must include substantial provisions on trade and investment, including energy. Equally, the summit should confirm the high importance of the Partnership for Modernisation, which is under full implementation now."
The Summit in St Petersburg will start with an informal dinner on 3 June and continue with a plenary session on the morning of 4 June, followed by a working lunch and a press conference. Leaders are expected to exchange views on global economic developments and the situation in the Eurozone, and regional and international issues, including developments in Syria, the Middle East and Iran.
Leaders are also expected to focus on bilateral relations, including the need to reinvigorate the negotiations on the New Agreement. The Summit will also look forward to the ratification of Russia’s WTO accession, and reconfirm that all related commitments will be implemented. The leaders will also discuss energy cooperation. The leaders will also take note of the intensive work going on regarding the implementation of the Common Steps towards visa-free travel and discuss visa and mobility issues in general. The situation regarding human rights and the rule of law in Russia is expected to be raised.
For further information see background EU-Russia Summit.
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)