A la rencontre de femmes et d'hommes illustres

Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 13:36
  • A l'occasion du décès de Vaclav Havel, Regards-citoyens. om veut rendre hommage à ce très grand démocrate européen en publiant l'allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, sur l'action et l'oeuvre de Vaclav Havel et sur la construction d'une Europe unie,prononcée à Aix-la-Chapelle le 9 mai 1991 lors de la remise du prix "Charlemagne".

 

Majestés,
- Altesses Royales,
- Messieurs les Présidents,
- Monsieur le Chancelier,
- Monsieur le maire,
- Mesdames et Messieurs,
- Devant cette assemblée exceptionnelle, sur cette terre allemande qui, lorsque l'on parle d'Aix-la-Chapelle et de l'empereur Charlemagne, est, permettez-moi de le dire, un peu la nôtre aussi, je suis très heureux de pouvoir m'adresser à Vaclav Havel qui reçoit aujourd'hui le Prix "Charlemagne".
- Vous êtes, Vaclav Havel, un homme de courage, et pas le moindre des courages, celui de la vérité par le verbe et par l'action. Vous avez mené un combat exemplaire, et par ce combat, votre pays a retrouvé la liberté.
- Alors que "le pouvoir des sans-pouvoir" - l'expression est de vous - vous a porté aux plus hautes responsabilités de la Tchécoslovaquie à l'un de ses moments les plus importants de son histoire, nul ne peut oublier en vous l'écrivain et le philosophe.
- Vous avez pesé par vos écrits et par votre exemple sur le cours des événements dans votre pays mais aussi en Europe. Et vous nous avez aidés à comprendre le monde et l'époque dans lesquels nous vivons. A partir de la douloureuse expérience de la Tchécoslovaquie, vous avez montré l'ambivalence de la parole à la fois trompeuse et libératrice, et la puissance des mots, des mots qui sont action. Chez vous, l'oeuvre scénique et littéraire et la réflexion philosophique et politique sont liées. Acteur et témoin d'une révolte décisive pour l'Europe, contre l'étouffement, la peur et le mensonge, vous avez placé la morale comme guide, guide de la politique, de la science et de l'économie.
- N'est-ce pas une tradition de votre pays que l'écrivain - vous l'avez dit - soit "la conscience de sa nation" et en permette le renouveau ? Aussi avez-vous su, vous dont "la seule école est la vie", inspirer la "révolution tranquille" de 1989. Une remarque au passage sur le rôle déterminant du théâtre dans le réveil de la nation ; du machiniste au metteur en scène, les écrivains, les éditeurs, les étudiants, le public de plus en plus large, votre public, enfin le peuple tout entier sont devenus avec vous les fondateurs résolus, paisibles et dignes de la transformation que j'espère irréversible du pays.
C'est pourquoi le Prix Charlemagne est aussi, à travers vous, un hommage à ceux qui ont payé cette lutte de leur liberté et de leur vie. Je citerai deux noms, deux noms seulement, ceux de Jan Palach et de Jan Patocka. Pour les vivants, certains sont ici parmi nous. Tous ont entretenu l'espérance et finalement prouvé qu'aucun mur, qu'aucun système ne résiste à la longue au puissant désir, à la force de liberté. Cela vient du plus profond de l'homme, c'est quelque chose d'indéfinissable que certains appelleront l'âme ou l'esprit, et qui donne l'explication des choses. Encore une fois, cette remarque est de vous, je la cite : "quiconque n'avait pas peur, ne mentait pas dans la vie quotidienne et ne craignait pas d'élever de la même manière ses enfants, y a contribué".
- J'ajoute que, par-delà votre personne et celle de vos compagnons, c'est à la République fédérale tchèque et slovaque qu'est rendu un hommage particulier en ce jour. Hommage à son histoire, hommage à sa devise reprise de Jan Hus - "La vérité vaincra" - hommage au rôle de votre pays en Europe et pour sa civilisation.
- En écrivant et en luttant, dans votre pays, pour votre pays, vous avez médité sur le sens de la détresse humaine, sur l'absurde qu'affronte l'homme "de l'ère scientifique et technique", sur le processus de dépersonnalisation et l'anonymat du pouvoir. Dès lors, votre appel à "réhabiliter l'expérience personnelle de l'homme comme critère original des choses" est devenu universel. Du fond de votre prison, vous avez, au nom de la responsabilité individuelle, de la dignité de l'homme, porté un jugement également critique sur les sociétés occidentales, la culture de consommation et bien d'autres choses encore. Le thème de l'avertissement, dans lequel je vois le fil directeur de votre oeuvre, s'adresse aussi bien à nous, occidentaux, qu'à l'humanité contemporaine, menacée par toutes ces crises : économique, écologique, sociale, morale, culturelle, que sais-je ? La crise, c'est-à-dire l'humanité qui doute d'elle-même.
- Le courage civique, en effet, la tolérance, la résistance non-violente mais nécessaire permettront peut-être à l'homme de se retrouver tel qu'il doit être devant lui-même et devant l'Histoire.
A la charnière de l'Europe divisée, vous avez réveillé le débat sur la place précisément de l'homme dans sa propre société, qui jalonne l'histoire de la conscience européenne. Cette façon de travailler à l'unité de notre continent est peut-être la meilleure. C'est bien de cela qu'il s'agit : le Prix Charlemagne s'adresse à Vaclav Havel, à l'Européen que vous êtes, et au-delà de vous-même, à tous les citoyens d'Europe.
- Vous nous avez rappelé que cette Europe-là ne se ferait pas sans dimension culturelle et peut-être davantage encore sans dimension éthique. Partant des droits de l'homme, dont le respect doit fonder tout accord européen, vous proposez plus généralement une éthique de la responsabilité et non pas, je vous cite, "de l'homme d'orgueil", source tragique de paradoxes et de conflits. C'est peut-être tout simplement la définition de l'humanisme, non pas employé à toutes les sauces, à la mode d'aujourd'hui, mais dans son sens véritable.
- N'avez-vous pas précisément reçu il y a quelques années un prix déjà qui portait le nom d'Erasme, et qui associait ainsi votre nom à celui du sage de Rotterdam ? Faut-il s'étonner qu'au sortir d'une guerre idéologique qui a duré presque autant que le siècle, peu après son début et peu avant sa fin, et qui n'a rien à envier aux anciennes guerres de religion, nous ayions besoin de revenir aux sources toujours vivantes de notre commune identité ?
- Vous n'étiez pas encore le Président de la République lorsque vous écriviez : "nous pouvons nous efforcer ensemble de créer une Europe démocratique, une Europe de l'unité dans la diversité". Partant de votre propre situation, vous avez décrit le "sentiment de l'exclusion, l'expérience de l'inappartenance", ces mots qui pourraient s'appliquer également à cette partie de l'Europe "où, pendant longtemps, le temps s'était arrêté et l'Histoire comme interrompue". Mais vous savez aussi que "pour sortir de l'isolement, il faut regarder bien loin au-delà de l'horizon". Ainsi, avez-vous vu loin, de haut, et malgré la séparation, vous avez affirmé, maintenu, renouvelé le lien spirituel entre Européens. J'ai déjà cité cette anecdote ; je me souviens d'une petite église du Bourbonnais, en France, que je visitais et sur laquelle il était écrit : "les murs de la séparation ne montent pas jusqu'au ciel".
- A Prague et grâce à Prague, le fil ténu de la pensée qui nous unit à travers le continent n'a pas été rompu, cette remise du Prix Charlemagne en porte témoignage.
C'est dans cet esprit, mesdames et messieurs, que plusieurs d'entre nous ont participé à Paris en novembre 1990 au sommet de la CSCE - Conférence sur la Sécurité et sur la Coopération en Europe. Vous y étiez, j'y étais ; bien d'autres encore ont assisté à cet événement que toute l'Europe attendait depuis longtemps, mais que l'actualité, plus lointaine mais immédiate, a pour un temps occulté.
- Je le souligne à nouveau, ici, à Aix-la-Chapelle : Nous n'avons pas encore pris pleinement la mesure de ce texte fondateur qu'est la Charte de Paris pour une nouvelle Europe. A-t-on bien vu ce qu'elle ajoute à l'acte final d'Helsinki de 1975, pacte provisoire mais prometteur entre les composantes d'une Europe séparée par tant de frontières ? Tout partait alors de la sécurité des Etats, et des principes qui devaient régir leurs relations. Le point de départ de la Charte, aujourd'hui, c'est l'Etat de droit, c'est la démocratie, ce sont les droits de l'Homme. Parachevant l'oeuvre des précurseurs, dont vous êtes, l'Europe a retrouvé les valeurs communes qui la forment.
- Je pense que, depuis longtemps, l'Europe n'avait pas eu autant de raisons d'espérer. Et pourtant, à peine ai-je prononcé ce jugement que les réserves viennent à mon esprit : que de menaces nouvelles, inconnues ou oubliées depuis longtemps, qui surgissent un peu partout | A partir de votre expérience personnelle, cher Vaclav Havel, vous avez décrit les peurs, la confusion, l'indécision du prisonnier qui, libéré, franchit la porte de la prison. De la même manière, beaucoup d'Européens, au moment de rentrer dans l'Histoire, d'y revenir, de la retrouver, vacillent au seuil d'un monde qu'ils redoutent.
- Que ferons-nous de nos nouvelles et de nos communes responsabilités ?
- "La paix en Europe, dites-vous à juste titre, est impensable sans la paix dans son coeur géographique". Au moment où la Tchécoslovaquie fait son retour à l'Europe, Aix-la-Chapelle, Charlemagne, l'Empire carolingien, ne sont-ils pas pour nous, Européens, une sorte de mythe, le souvenir idéalisé d'une unité, d'une sécurité et d'une harmonie retrouvées après des temps troublés et dangereux ? Cela devait être très difficile à l'époque | Ce sera encore très difficile, mais nous avons l'expérience des siècles et la leçon des choses, et nous savons peut-être mieux quel chemin prendre puisque nous connaissons ceux qu'il nous faut refuser.
Comment ne pas évoquer ici l'amitié franco-allemande, qui a lancé il y a trente ans l'élan de réconciliation entre les anciens ennemis et qui anime la construction communautaire parmi beaucoup d'autres composantes, d'autres participants, chacun apportant sa culture, son mode de pensée, sa contribution pratique, économique ? Et comment, dans le même esprit, ne pas rendre ici hommage à l'action - au-delà des fondateurs - des personnalités allemandes de toutes formations et particulièrement, pour ces dernières années à celle du Chancelier Kohl, qui agit pour que l'Allemagne unie soit une Allemagne pleinement européenne ? Je tiens à le dire ici pour l'avoir vécu et constaté.
- Il nous faut en effet poursuivre sans relâche nos efforts pour construire une Communauté plus unie. Le marché, dans lequel les frontières ne sont plus un obstacle à la libre circulation des hommes et des biens, devient sous nos yeux, en peu d'années, une réalité. Et déjà, nous voici attelés à d'autres tâches plus ambitieuses encore que celles que nous avons ensemble menées depuis le traité de Rome et qui sont actuellement l'objet de négociations. La première est de constituer une union économique et monétaire, fondée sur une monnaie unique - que d'obstacles en ces quelques mots | - et qui permette aux économies européennes, par une meilleure coordination, de se renforcer mutuellement. La seconde est de bâtir une union politique, qui comportera notamment une politique étrangère et une politique de sécurité commune, et débouchera un jour, soyons-en assurés, sur une capacité de défense propre. La monnaie, la diplomatie, la sécurité et les moyens de l'assurer, tels sont les ingrédients de la Communauté plus forte dont l'Europe a désormais besoin.
Mesdames et messieurs, il nous appartient, à nous Européens qui avons conscience de notre appartenance à une même civilisation, de prendre en main ce destin, de donner à notre continent des formes d'expression qui lui sont nécessaires. J'ai évoqué à Prague, lors de ma visite en septembre 1990, l'idée dont nous avons, Vaclav Havel et moi, depuis lors parlé à diverses reprises, celle d'une organisation nouvelle - organisation complémentaire qui ne doit se substituer à rien - de dialogue, d'échanges afin de réapprendre à coopérer pour des projets de toutes sortes. Ce projet, que nous avons appelé confédération européenne, consiste simplement à permettre, en attendant - si ce jour vient, ce que je souhaite - que la Communauté puisse recouvrir l'ensemble des besoins et des réalités européennes, une égale dignité, un lieu où discuter, des structures où travailler.
- Il y a donc en Europe une Communauté qui se renforce, une Association de libre échange, des Etats qui ne sont membres ni de l'une, ni de l'autre. Et pourtant il n'y a qu'une Europe, et entre les pays qui la composent un certain nombre de questions d'intérêt commun. L'environnement ne connaît pas de frontières, ni les atteintes qui lui sont portées. Le développement des échanges suppose que les moyens de communication se rejoignent d'un pays à l'autre, que les réseaux soient raccordés. La technologie porte-t-elle un label national ? Elle est le fruit de la science, et la science est celui de l'esprit. Que d'exemples doivent nous conduire à parfaire, dans une dignité égale, l'association permanente et structurée de tous les pays de l'Europe, je veux dire de tous ceux qui ont accédé à l'Etat de droit.
- Nous avons souhaité, Vaclav Havel et moi, que soit menée une réflexion collective à ce sujet, à partir de l'expérience de personnalités du monde de l'économie, de la culture, de la politique. Ces assises se dérouleront bientôt en juin à Prague où, je le notais tout à l'heure, le fil ténu de la conscience européenne n'a jamais été rompu au cours des années terribles, et qui redevient l'un de ces pôles où toutes les composantes se rejoignent.
Le 21 juillet 1982, il y a près de neuf ans, le festival d'Avignon organisait en votre honneur un spectacle d'une durée de 6 heures intitulé "Une nuit avec Vaclav Havel". "Avec", c'était une supposition de l'esprit, car vous étiez bien loin et hors d'atteinte. Vous étiez alors en prison. Mais aujourd'hui l'intention reste la même, si les conditions sont différentes. Vous avez été élu démocratiquement à la tête de votre pays. Au recueillement de la nuit d'autrefois succède la joie des retrouvailles en pleine lumière.
- J'évoquerai pour terminer un autre souvenir personnel. Je me suis rendu dans votre pays pour représenter le mien. Cette visite officielle a eu lieu sous le régime précédent. J'avais souhaité, c'était une condition posée à ce voyage, rencontrer ceux qui refusaient, qui résistaient, vous-même au premier chef. Nous avons pu comme cela partager un bref repas, un matin, avec vous-même et quelques-uns de vos compagnons, dont certains sont au gouvernement aujourd'hui. C'est comme cela que nous avons fait connaissance. Vous m'aviez dit en me quittant : "je prends mes précautions, je suis sorti de prison il y a peu, j'ai toujours sur moi ma brosse à dents, on ne sait pas ce qui peut arriver encore avant la nuit". Et vous avez eu raison, ils sont venus puisque vous y êtes retourné. En vous quittant, nous sommes allés, mes amis et moi, saluer les autorités de l'époque. Et sur la place du palais, nous avons parlé de ce voyage, j'ai montré l'ensemble des dignitaires qui m'avaient accueilli et qui saluaient mon départ. J'ai confié à ceux qui étaient là : "regardez-les bien, ils vont disparaître, nous ne les verrons plus". Et c'est vrai, on ne les voit plus mais vous, Vaclav Havel, vous êtes là.
- Honneur à vous, honneur au citoyen de l'Europe nouvelle | Que la remise du prix Charlemagne au Président de Tchécoslovaquie soit un signe de plus de notre unité | Maintenant il nous reste à la parfaire, il reste devant nous un long et dur labeur. Avec des ouvriers comme vous, nous réussirons.

 

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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 22:29

Voici le verbatim du communiqué de Jacques Chirac, annonçant qu'il ne ferait pas appel de sa condamnation jeudi à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, même s'il "conteste catégoriquement le jugement".

" Je prends acte du jugement du tribunal de Paris. Je me réjouis, comme je l'avais toujours demandé, que mes collaborateurs de l'époque ne soient pas pénalement sanctionnés.

J'étais le maire. C'est à moi et à moi seul d'assumer.

Mais, sur le fond, je conteste catégoriquement ce jugement.

Sur près de 470 emplois examinés, il n'en reste, après des années de procédure, que 19 qui me sont imputés et encore partiellement.

Surtout, je l'affirme avec honneur : aucune faute ne saurait m'être reprochée.

Pour autant, je ne ferai pas appel.

Je n'ai plus hélas toutes les forces nécessaires pour mener par moi-même, face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité.

J'ai conscience aussi que ce qui est en jeu ce n'est pas seulement l'honneur d'un homme, mais la dignité de la fonction présidentielle que j'ai assumée depuis. Et je crois qu'aujourd'hui le respect de nos institutions exige que l'apaisement vienne.

Je m'en remets au jugement des Parisiennes et des Parisiens qui, par trois fois, m'ont choisi pour être leur maire.

Je m'en remets à mes compatriotes qui savent qui je suis: un homme honnête qui n'a jamais eu d'autres exigences et d'autres combats que la cohésion entre tous les Français, la grandeur de la France et l'action pour la paix.

Par-delà la blessure et la tristesse profonde que m'inflige ce jugement, c'est cette exigence, qu'une dernière fois, je veux porter ".

 

 
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 14:37

Le lecteur intéressé par l'histoire des héros de l'Armée de l'Air française est invité à consulter le site suivant :

   

http://www.tao-yin.com/baron-rouge/as-francais.html

 

 

 


Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 18:02

En hommage au Professeur Mohammed Arkoun décédé mardi 14 septembre 2010 à Paris, à l’age de 82 ans, nous publions ce texte de Mohammed Chaouki ZINE paru sur Oumma.com en mai 2001 et qui traite de l’ouvre de ce grand islamologue.

Écrire sur le penseur algérien Mohammed Arkoun (*) est à la fois une entreprise passionnante et nécessaire. La nécessité d’écrire et de comprendre l’œuvre de Mohammed Arkoun vient du fait que la pratique et la responsabilité intellectuelles contemporaines en Algérie, comme dans les autres pays arabes, ont besoin de cette nouvelle approche savamment entreprise et amorcée par le Professeur Arkoun.

La nécessité de prêter attention à cette tâche critique provient de l’engagement que nous devrions entamer pour lire méticuleusement et sérieusement la raison islamique qui plane encore dans les fragmentations disséminées et les apologies excessives.

L’œuvre de Mohammed Arkoun est structurée par une triade conceptuelle d’une portée épistémologique considérable : « transgresser », « déplacer », « dépasser ». La lecture critique des textes de la tradition religieuse procède à revaloriser les concepts, les notions et les imaginaires qui ont pris, dans l’histoire de la pensée islamique, une teinture absolue, stéréotypée et immuable.

Réfléchir sur les structures théologiques et anthropologiques constitutives de l’histoire de cette pensée veut dire « transgresser » les terminologies, les concepts et les habitudes intellectuelles issues de visions théologiques qui ont « mythologisé » les textes fondateurs en les hypostasiant dans des cadres dogmatiques intangibles. Transgresser la couche sémantique (le sens ultime ou le « mens auctoris ») du texte fondateur (le texte « sacré ») ne signifie pas son rejet pur et simple, mais son évaluation par le biais d’outils cognitifs empruntés aux sciences humaines et sociales (linguistique, histoire, anthropologie, herméneutique, psychologie..).

Ces outils servent de « Clavis » [clef] critique pour ouvrir les serrures de la tradition religieuse encore fermées et verrouillées par un savoir théologique canonisé qui empêche de dévoiler son aspect épistémologique et anthropologique. Cette tradition ne peut être abordée par des outils archaïques hérités de l’islamologie classique : « si l’islamologie classique n’a jamais entraîné une redistribution quelconque du savoir occidental, c’est que la plupart de ses praticiens sont restés solidaires de la vision historiciste et ethnocentriste » (1). Puis « déplacer » les structures de cette tradition figées sur une dimension exclusivement théologique vers d’autres territoires d’approches et d’analyses. Ce déplacement permet de dévoiler ce qui a été étouffé et masqué par le jeu de feinte et d’illusion par lesquels ces structures se renforcent et se sclérosent.

Vient ensuite le « dépassement » du discours conformiste et « mythologiste » qui parle à travers ces cadres intellectuels et culturels de pensée en mettant en valeur le caractère dynamique et évolutif inhérent qui impose un mode d’interrogation et de remise en question permanent. Le Professeur Arkoun admet que seule la raison interrogative et tâtonnante qui est en mesure de faire durer l’errance féconde et la soif continuelle de pousser la raison vers la quête d’autres univers de savoir. Il est nécessaire de signaler aussi que le climat idéologique nuit considérablement au bon déroulement de la tâche critique.

Ce climat asphyxie davantage les esprits par des slogans qui sèment, dans le champ social, les graines de méfiance et de rejet mutuel :

« L’un des objectifs de l’islamologie appliquée est justement de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproque, l’exigence d’une recherche scientifique solidaire.

Il faut rompre avec la critique purement idéologique dirigée contre l’érudition « orientaliste » ; de même qu’il convient d’éliminer les excès dangereux du courant d’opposition systématique à ce que les arabes nomment « l’agression culturelle » de l’Occident »  (2). Bref, critiquer ne signifie pas « briser » ou « dénigrer », mais valoriser et évaluer selon des critères scientifiques, épistémologiques et objectifs.

Prendre la critique avec ce sens positif, créatif et fructueux signifie l’exorcisation d’une crainte millénaire vis-à-vis de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs. La critique n’a rien de nihilisme et de scepticisme. Elle est éminemment créatrice et fondatrice. Telle est la devise de la pensée d’Arkoun en dépit des incriminations infondées.

 

Le « fait islamique » est un concept opératoire majeur que le Professeur Arkoun substitue au terme « islam » comme concept abstrait, « in illo tempore ». Le fait islamique a été adopté pour montrer l’ancrage de l’islam dans l’historicité et le travail effectif de l’histoire (Wirkungsgeschichte). Il s’agit aussi de préciser l’usage que l’on fait du terme « islam ». Est-ce l’islam de l’âge classique ou l’islam de l’ère parodique ? Ceci permet de distinguer entre la conception historique et anthropologique du terme « islam » et la tendance apologiste et glorificatrice avec l’usage idéologique et utilitariste que cela implique.

Cette tendance montre comment les musulmans, dans leur grande majorité, maintiennent, délibérément ou pas, le regard défiant que les autres font sur eux. Ils reflètent ce regard sur eux-mêmes, dans leurs discours, leurs comportements et leurs écrits. Une islamologie appliquée s’avère nécessaire pour déconstruire l’ensemble des couches mentales, imaginales et conceptuelles superposées et radicalement ancrées dans la pratique politique, pédagogique, économique et intellectuelle. L’islamologie classique planait autour d’une historiographie insuffisante et d’une ethnographie favorisée par la présence coloniale.

La « subtilitas applicandi » de l’islamologie arkounienne va au-delà des graphismes historiographiques, monographiques et psychologisants pour creuser au fond des textes et des discours en interrogeant les fondements, les fondations et les évidences qui leur ont permis de s’identifier et s’édifier. L’islamologie appliquée préconisée et entamée par le Professeur Arkoun est une véritable « archéologie » des discours sédimentés et des évidences sclérosées. Elle n’interroge pas uniquement le « texte » originel, mais aussi les interprétations et les imaginaires qui ont été tissés et fabriqués autour de sa vérité intrinsèque. Elle opte pour l’interrogation d’un texte formulant « un discours sur » un autre texte et prétendant détenir le « langage vrai » sur ses visions et ses vérités sous-jacentes.

Autrement dit, non seulement le texte visé par l’ensemble des études qui doit être soumis aux exigences de la rationalité, mais aussi les textes qui essaient de le comprendre et l’étudier. Ils ont, à leur tour, leur part de diagnostic minutieux pour mieux discerner deux vérités inextricablement enchevêtrées : la vérité du texte « originel » (le texte « sacré » en l’occurrence) et la vérité de chaque texte « interprétatif et commentateur ». Cette pratique de démêlage se révèle nécessaire et indispensable, car il est bien entendu que la religion n’est jamais, comme dans son moment fondateur, un éther transparent et éclatant, mais se transforme par l’imaginaire social en des catégories fixées dans un discours transmis. En outre, le texte « sacré » ne prend sa valeur qu’en ayant un lecteur qui exerce sa raison et son imagination pour le comprendre et transmettre le sens « saisi ».

Le texte n’est pas une entité inerte et indépendante, mais se travaille en tant que champ d’exploration individuelle et collective. Il tire, en effet, sa légitimité et sa raison d’être par l’ensemble des acteurs qui le mettent en œuvre par leurs lectures, leurs compréhensions et leurs interprétations. Cette tâche individuelle ou collective de lire le texte et de produire le sens devient, par une série d’opérations complexes et entrelacées, un imaginaire proliféré et distribué dans le champ social. L’imaginaire religieux, ainsi formulé, « traduit » certes le texte « sacré », mais « trahit » aussi sa signification qui est censée être « multiple » et « différentielle ».

Vouloir imposer un « sens » unique et monotone saisi du texte « sacré », c’est ouvrir grand les portes de la virulence, de l’oppression et de la violence symbolique : « Le Coran est un texte ouvert qu’aucune interprétation ne peut clore de façon définitive et "orthodoxe". Au contraire, les écoles dites musulmanes sont des mouvements idéologiques qui soutiennent et légitiment les volontés de puissance de groupes sociaux en compétition pour l’hégémonie » (3).

L’islamologie appliquée d’Arkoun fait abstraction à ce genre d’assujettissement à un sens absolu et inconditionnel pour interroger la réalité vécue à l’aide d’instruments cognitifs puissants et développés : « Il nous semble indispensable d’assumer à la fois toute la complexité de la situation historique vécue par les musulmans et toutes les inquiétudes de l’intelligence contemporaine en quête de vérité » (4).

La pensée islamique, remarque Arkoun, a toujours le regard rétrospectif qui puise ses racines, ses symboles et ses valeurs ultimes dans « l’épistémè » (5) classique et médiévale. Une mouvance de concepts, de perceptions et de représentations se forment, en effet, sur la base de cette « épistémè » figée et clôturée et qui désignent un esprit simpliste et obtus.

 

Tandis que l’islamologie classique vise à informer le public occidental sur la structure et la fonction d’une religion donnée, l’islamologie appliquée aborde l’islam comme activité scientifique interne de la pensée islamique (6). Elle dépasse ainsi le seul cadre polémique et apologétique pour instaurer une véritable tâche investigatrice basée, essentiellement, sur la comparaison fructueuse et la critique interne du discours fondateur de la pensée islamique. Faisant ainsi, l’islamologie appliquée ouvre, dans le discours scientifique contemporain, d’autres perspectives de recherche dans le domaine de l’anthropologie religieuse.

 

Il n’est pas évident d’attendre un esprit en harmonie avec les thèses d’Arkoun que rarement pour plusieurs raisons parmi lesquelles la mentalité dogmatique qui règne encore de nos jours. Les bouleversements spectaculaires dans les domaines des sciences humaines et sociales laissent la pensée islamique contemporaine indifférente. D’où provient cette insensibilité aux courants d’idées qui ne cessent de proliférer et d’affluer continuellement ? Y a-t-il une raison historique et politique ou bien une raison endogène &agr

ave ; la mentalité de la nonchalance intellectuelle ? L’engagement critique du Professeur Arkoun n’a jamais été esquissée, auparavant, par quelconque tentative intellectuelle (**) visant à remettre en cause les idées reçues et les imaginaires enracinés dans la mémoire collective. Toute approche ainsi conçue était vue comme blasphème impardonnable allant jusqu’à l’inquisition et l’exclusion (***).

La pensée islamique contemporaine reste insensible devant les changements qui affectent tour à tour les sciences humaines, sociales, exactes et expérimentales. Par un geste pragmatiste et utilitariste, elle utilise le génie technologique et scientifique pour renforcer son pouvoir traditionaliste et maintenir sa régression cognitive en cherchant les similitudes et les analogies entre les dernières inventions et découvertes scientifiques (en biologie, astronomie, etc.) et les textes de la tradition religieuse.

 

L’image que le discours contemporain fait de la pensée de Mohammed Arkoun laisse à désirer. Une marée de mises en garde et une nuée de clichés et de préjugés empoisonnent, en effet, les esprits en quête de nouveaux continents de savoir et de nouvelles vérités à promouvoir. Des voix se sont élevés pour discréditer et dénoncer l’œuvre d’Arkoun en forgeant l’idée d’un « Coran mythique » imputé à Arkoun sans savoir pour autant signifier les choses et délimiter les notions (****).

Il est nécessaire et primordial de souligner que la perspective d’analyse de Mohammed Arkoun se procure un outil épistémologique et scientifique rigoureux capable d’ébranler les évidences et les bases fictives sur lesquelles se fondent les systèmes, les idéologies et les volontés de puissance en quête d’hégémonie sans partage.

Il ne s’agit pas de « polémiquer » ou de « rendre les apologies et les apothéoses », mais d’interroger et de problématiser sans complaisance et sans faille. Pour reprendre l’exemple de la « mythicité » du texte sacré, le « mythe », comme le montrent bien les recherches dans l’imaginaire, le symbole et la mythologie, est une expression d’un sens idéal, ouvert, transhistorique, à l’aide d’une riche symbolique relevant à la fois de l’imaginaire et du rationnel. Il se dégrade en mythologies et en idéologies selon que prédominent les représentations affectives du groupe ou les amalgames conceptuels des militants (7).

En conséquence, il serait abusif de juger une œuvre utilisant les trésors des sciences humaines et sociales, une œuvre ouverte, dynamique et métamorphique par de simples opinions se cramponnant au même référentiel de tradition islamique. La force motrice du mythe régit, en effet, l’espace de toute raison scripturaire, qu’elle soit symbolique, allégorique, poétique ou sacrée. Ce que l’herméneutique classique nomme « hyponoïa » (le sens ésotérique) ou bien le jaillissement créateur du « verbum interius » (le verbe intérieur dont parle Augustin).

Il ne suffit donc pas d’aborder une œuvre aussi symbolique, métaphorique et allusive comme le texte « sacré » par un simple syncrétisme ou monographie derrière laquelle se dessine les tendances apologétiques hyperboliques et les rapports de force. Cet exemple, parmi tant d’autres, montre combien la raison islamique dans son état actuel de fixation et de marasme est à bout de volonté de savoir. Elle ressasse les mêmes revendications d’ouvrir la porte de l’ijtihad, alors que la tâche urgente est la « critique » de la raison fondatrice de l’épistémè arabo-musulmane (8).

Notre contribution est loin d’être exhaustive. Elle s’est contentée d’esquisser sommairement et schématiquement la pensée de Mohammed Arkoun tout en croyant qu’une œuvre laborieuse, minutieuse et, surtout, courageuse comme celle d’Arkoun contribue massivement à redonner toute l’intégrité et la créativité de la pensée islamique contemporaine. Le souci du penseur algérien de dépasser le seul cadre revendiqué de l’ijtihad pour critiquer la raison islamique est d’examiner les racines, les fondements et les mécanismes de production de sens.

On a certes besoin de l’ijtihad, mais pour que ce dernier ne soit pas fondé sur des bases archaïques et obsolètes, il serait indispensable de critiquer (« mettre en crise »), de problématiser et de déconstruire les couches de discours et les strates de pensée pour édifier une vision rénovatrice sur des assises inébranlables, mais constamment révisées et revalorisées. Cet engagement critique permet aussi de dépasser le regard figé sur une catégorie de savoir et une lignée idéologique. Arkoun remarque qu’il existe plus d’intellectuels « organiques » [selon la définition d’Antonio Gramsci] que d’esprits critiques et ingénieux.

______________

Notes :

(*) Né en 1928 à Taourirt-Mimoun (Kabylie) en Algérie. Professeur de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris) de 1961 à 1991. Directeur de « Arabica » (Revue d’études arabes et islamiques), Leiden-Brill et professeur visiteur dans les universités d’Amsterdam (Pays-Bas) et de Princeton (USA).

(**) Excepté peut être les travaux et les idées de Rifaa El Tahtawi, Taha Hussein et Ali Abdelrazeq, mais avec des outils cognitifs limités reflétant l’esprit intellectuel de leur époque. En parallèle à l’expérience de Mohammed Arkoun, nous avons les travaux précieux du penseur marocain Mohammed Abed El Jabri qui avait consacré son énergie à la critique de la raison arabe. En 1984, la scène intellectuelle avait assisté à la publication de deux ouvrages soucieux de l’engagement critique urgent et indispensable : « Critique de la raison arabe » de Mohammed El Jabri et « Pour une critique de la raison islamique » de Mohammed Arkoun.

(***) Nous avons le cas du penseur égyptien Nasr Hamid Abu Zaïd, stigmatisé apostat par les instances religieuses de l’Egypte.

(****) Je fais allusion à Rafik Bouchlaka dans son compte rendu : « "Democracy. A Challenge to Islamic Thought" de Mohammed Arkoun. Etude et critique des idées du Dr. Mohammed Arkoun » dans « Islam 21 » (The International Forum for Islamic Dialogue), n°18, août 1999, p.7-10. Voir aussi : Dr. S. Parvez Manzoor « Responding to Professor Arkoun » (IFID, idem.,).

Mohammed Arkoun, Pour une critique de la raison islamique, Maisonneuve & Larose, 1984, p.47

M.Arkoun, idem., p.48

M.Arkoun, idem., p.132

M.Arkoun, idem., p.50

« épistémè » désigne le cadre de pensée dans une époque donnée. Elle a été formulée par le philosophe français Michel Foucault (1926-1984) dans son livre « L’archéologie du savoir », Paris, Gallimard, 1969. L’épistémè se rapproche avec le concept de « paradigme » forgé par l’épistémologue américain Thomas Kuhn dans son livre « The Structure of Scientific Revolutions » (Chicago, 1962) et qui désigne l’ensemble des croyances et des traditions scientifiques constituant la volonté de savoir d’une époque.

M.Arkoun, idem., p.52

M.Arkoun, idem., p.148

Cf. Mohammed Arkoun, De l’ijtihad à la critique de la raison islamique, traduit en l’arabe par Hachem Salah, El Saqi éd., London-Beirut, 1991.

Bibliographie :

Mohammed Arkoun, Pour une critique de la raison islamique, Maisonneuve & Larose, 1984.

Mohammed Arkoun, La pensée arabe, PUF (Que sais-je ? n° 915, 1975.

Mohammed Arkoun, L’Islam, religion et société (en collaboration avec M. Arosio et M. Borrmans), éd., du Cerf, 1982.

Mohammed Arkoun, L’Islam, l’Europe, l’Occident. Enjeux de sens et volontés de puissance, Saqi éd., London-Beirut, 1995.

Mohammed Arkoun, Où est la pensée islamique contemporaine ? Saqi éd., London-Beirut, 1995.

Ali Harb, Naqd El Nass (Critique du texte), centre culturel arabe, Beyrouth-Casablanca, 1993.



Mohamed Chaouki Zine est chercheur à L’IREMAM (Institut de Recherche sur Le Monde Arabe et Musulman)

 

Voir également sur ce blog :

 * Mohammed Arkoun, l'islam éclairé (Le Monde des religions) 

 * Un autre regard sur le rapport de l'Islam au Christianisme !

 

Il est évident que l’incarcération de l’esprit dans une catégorie idéologique, un courant dogmatique ou une tendance apologétique ne fait que créer des fossés funestes, visibles, aujourd’hui, dans le marasme intellectuel et la médiocrité politique créateurs de tous les espèces de « tératologie » identitaire, culturelle, morale et politique (Cf. la violence indescriptible que l’Algérie avait vécue). La pensée d’Arkoun plaide pour une pratique intellectuelle libre et libératrice où le « droit de la pensée » sera entièrement respecté. Une politique de la pensée se dessine et s’esquisse pour suppléer au climat défectueux bourré de simulations, de clichés, de cognitions standardisées et du « fast-food » culturel.

Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 10:48

Le 9 novembre 1970 le général de Gaulle laisse la "France veuve".
A l'occasion du 41e anniversaire du décés du général de Gaulle, la Fondation vous propose un dossier-hommage qui relate l'émotion que sa disparation avait suscitée en France et dans le monde :
Consulter le dossier : "Le grand départ : 9 novembre 1970, le décès du général de Gaulle".

 

Voir le site de la Fondation Charles de Gaulle : http://www.charles-de-gaulle.org/

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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