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Israël, Palestine et Processus de Paix

Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 08:42

Un peu moins de trois années après l'opération "Plomb durci", lancée contre la bande de Gaza fin 2008, voici qu'a commencé l'opération "Pilier de défense". Etrange et angoissant sentiment de déjà-vu. Nombre de points communs rapprochent en effet les deux épisodes.

Un sentiment de déjà-vu...

Le gouvernement israélien rend le Hamas responsable de cette explosion de violences, comme à l'accoutumée. Qui a commencé ? Grande question, récurrente, et qui masque peut-être l'essentiel. Jusqu'où, dans l'histoire des deux peuples, faut-il donc remonter pour savoir "qui a commencé"? Autre question : qui lance vraiment des roquettes sur Israël ? Le Hamas ? Le Djihad islamique? Le Hamas serait-il dépassé par ses extrêmes ?

Une chose est sûre, en tout cas, c'est toujours à Israël qu'il revient de décider de mettre un terme aux hostilités. Car c'est bien la loi du plus fort qui est ici la règle du jeu. Et aujourd'hui comme hier, ce sont les Palestiniens qui sont les cibles privilégiées de ces attaques meurtrières, Tsahal tentant de ruiner les capacités militaires du Hamas, pour endiguer les tirs en direction de ses territoires.

... et du nouveau, pourtant

Si les "dégâts collatéraux" paraissent limités pour l'instant, encore que le nombre des victimes civiles soit déjà important côté palestinien, un phénomène nouveau est apparu. Désormais, les tirs de missiles Fajr 5, de fabrication iranienne, atteignent la périphérie de Tel-Aviv et de Jérusalem.
L'amplitude de la cible des attaques palestiniennes s'est considérablement accrue cette fois-ci. Le Sud, les alentours du Néguev ne sont pas seuls touchés. Les populations du cœur même d'Israël, celles de ses métropoles, ont été déstabilisées par les derniers tirs, même si elles s'efforcent de contrôler leur panique. Si le Hamas y faisait des victimes, nul doute que l'offensive israélienne pourrait monter d'un cran, et qu'il devrait s'attendre à une opération terrestre de Tsahal, qui pourrait ressembler à celle de 2008, laquelle a occasionné quelque 1400 morts palestiniens, pour la majeure partie des civils, contre 13 morts du côté israélien.

La spirale de l'échec

Si "Plomb durci", en 2008-2009, s'est soldé par une défaite d'un côté comme de l'autre, les Israéliens perdant la guerre des médias et les Palestiniens leurs civils, il est peut-être plus dramatique encore que cette double défaite n'ait pas poussé l'Union européenne et les États-Unis à se coaliser pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien.

L'UE, versant son aumône à l'Autorité palestinienne, a continué de jouer l'autruche, une autruche se donnant bonne conscience. Quant aux États-Unis, l'approche de l'élection présidentielle y a rendu pendant des mois le Président Obama quasi atone.

Pour Israël, l'existence d'un État palestinien n'est toujours pas à l'ordre du jour. Le virage très droitier du gouvernement actuel ne risque pas de changer la donne. Le corps diplomatique israélien manie d'ailleurs fort bien la rhétorique, répétant partout où il passe que le gouvernement, cela va de soi, ne veut rien d'autre que la paix.

Une rhétorique qui ne convainc bien sûr que ceux qui veulent bien y croire. J'en ai fait récemment l'expérience au Sénat lors de certaines réunions du groupe d'amitié France-Israël, dont je suis membre, et devant qui ce même corps diplomatique affirme avec aplomb que depuis vingt ans Israël a bel et bien mis fin à toute politique de colonisation (sic). Mes collègues, la plupart en tout cas, avalent, ou font semblant, par politesse, d'avaler ces sornettes.

Les Palestiniens, otages d'Israël et du Hamas

Le gouvernement israélien, lui, entend bien faire échouer Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, lequel présente le 29 novembre, à l'Assemblée générale des Nations-Unis, la candidature de la Palestine au statut d'État non membre. La nouvelle offensive en cours a aussi cette fonction. Dans un tel contexte, et si aucune trêve n'intervient, l'initiative diplomatique palestinienne a toutes les chances d'être repoussée aux calendes grecques.

Mais que restera-t-il donc, alors, aux Palestiniens, à part lancer toujours plus de roquettes, comme moyen, peut-être, de forcer la main du gouvernement israélien ?

Sinistre cercle vicieux. Les Palestiniens - et ceux de Gaza d'abord - se retrouvent ainsi les otages à la fois des Israéliens et du Hamas et de ses semblables. Pauvreté, désespoir, échecs répétés de leurs dirigeants à inventer un avenir viable, voilà leur lot. Et des roquettes, pour rappeler ici et là que les Palestiniens existent encore, et qu'ils veulent toujours un État.

Certes, le Hamas a tout intérêt à mesurer les risques du jeu qu'il joue. Si les prochains tirs de missiles touchent des Israéliens dans les grandes villes, il aura donné à Tsahal l'autorisation de s'engouffrer dans cette brèche et d'entrer dans Gaza. Lourde responsabilité, qu'il ferait bien de gérer avec doigté, si, du moins, il veut tenir la population gazaouie à l'abri du pire.

Que l'avenir des Palestiniens dépende ainsi du Hamas est un autre échec. N'aurait-il pas été préférable que les rênes d'un pouvoir réel soient tenus par une Autorité palestinienne forte et moins usée ? Israël ne l'a évidemment pas voulu. Voilà qui n'aide guère la diplomatie palestinienne à avancer ses pions en Occident, quand l'ombre dérangeante du Hamas et du terrorisme pèse si lourdement sur sa tête.

.../...

Voir la suite de l'article sur Le Huffington Post : http://www.huffingtonpost.fr/esther-benbassa/etat-palestine-israel_b_2156804.html?utm_hp_ref=france 

 

Voir également : Palestine: Il est temps (Avaaz.org)

Par Esther Benbassa - Publié dans : Israël, Palestine et Processus de Paix
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Jeudi 27 septembre 2012 4 27 /09 /Sep /2012 23:23

Catherine Ashton, Haute Représentante, a rencontré mercredi 27 septembre 2012, à New York, M. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. 

Le porte-parole de Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission, a fait hier la déclaration suivante: 

"Au cours de la discussion, la Haute Représentante a réaffirmé l'attachement et de l'UE à la création  d'un futur État de Palestine souverain, indépendant, démocratique, d'un seul tenant et viable,coexistant avec Israël dans la paix et la sécurité. L'UE est déterminée à contribuer à mettre fin au conflit israélo-palestinien et elle est convaincue que des négociations de fond en vue de parvenir à une solution globale constituent la meilleure voie à suivre. Il est dans l'intérêt fondamental de l'UE ainsi que des parties elles-mêmes et de l'ensemble de la région que le conflit prenne fin.

La Haute Représentante et le président Abbas ont également évoqué la mise en place des institutions palestiniennes ainsi que la situation économique de l'Autorité palestinienne, deux questions qui revêtent une importance déterminante dans la perspective du règlement du conflit.

La Haute Représentante a une nouvelle fois appelé l'ensemble des bailleurs de fonds à s'engager et à aider l'Autorité palestinienne à surmonter la crise financière et économique et à poursuivre la mise en place des institutions publiques.".

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Israël, Palestine et Processus de Paix
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Mercredi 26 septembre 2012 3 26 /09 /Sep /2012 21:48

En pleine crise, l'Autorité palestinienne revoit ses ambitions à la baisse en demandant à l'ONU un statut d'État non membre.

Un an. Il aura fallu attendre une année entière pour que Mahmoud Abbas se décide à retourner à l'ONU pour réclamer un nouveau statut pour la Palestine. En 2011, le président de l'Autorité palestinienne avait créé l'événement en présentant au Conseil de sécurité une demande d'adhésion de la Palestine comme État membre, s'attirant le courroux d'Israël et des États-Unis. Mais au fil des négociations, Mahmoud Abbas a dû se rendre à l'évidence : son pays n'a pas réuni les neuf voix indispensables à l'ouverture d'un vote au sein de l'instance suprême des Nations unies. Ainsi, les États-Unis n'ont donc même pas eu besoin d'opposer leur veto à cette demande.

Un grand nombre d'observateurs se sont alors dit que l'Autorité palestinienne adopterait une solution de rechange : un vote direct à l'Assemblée générale, censé lui conférer le statut d'État non membre. C'est d'ailleurs ce qu'avait proposé en septembre 2011 Nicolas Sarkozy, offrant un calendrier d'un an pour parvenir à "un accord définitif" de paix avec Israël. Ce statut intermédiaire amélioré, déjà adopté par le Vatican, et par lequel sont passés des pays comme la Suisse, l'Autriche, et le Japon, aurait pu constituer une demi-victoire pour l'Autorité palestinienne face à son opinion publique.

L'Autorité palestinienne en crise

Une issue qui aurait été d'autant plus logique qu'à l'époque la communauté internationale ne tarissait pas d'éloges quant aux réussites du gouvernement de Cisjordanie. Établissement d'institutions, résultats économiques positifs, le FMI et la Banque mondiale demeuraient totalement convaincues de la bonne gouvernance à la tête de la Cisjordanie, ouvrant la voie à la création de l'État palestinien. Mais rien n'y a fait : les Palestiniens se sont terrés dans le silence. Et, un an plus tard, la donne a changé. L'accord de réconciliation avec le Hamas est resté lettre morte. Quant à l'Autorité palestinienne, qui dépend de l'aide internationale, elle est aujourd'hui secouée par une crise budgétaire sans précédent.

C'est donc considérablement affaibli que Mahmoud Abbas se présente à New York pour demander d'élever le statut de la Palestine, aujourd'hui bloqué à celui d'"entité observatrice". Pour ce faire, il compte mener campagne auprès des pays membres juste après son discours à la tribune de l'Assemblée générale, qui a lieu jeudi. "Nous voulons remettre la Palestine sur la carte, sur les lignes de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, avec l'appui de 150 à 170 pays", expliquait la semaine dernière à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat, en référence aux 194 pays qui forment l'Assemblée générale de l'ONU.

Un statut qui ne change rien

En quoi consiste ce nouveau statut ? "Cela ne change strictement rien à la situation actuelle", assure Philippe Moreau Defarges (1), grand spécialiste des questions internationales à l'Ifri. "Cette instance n'émet que des recommandations et n'a aucun pouvoir de décision, ce qui reste l'apanage du Conseil de sécurité. En outre, ajoute le spécialiste, les pays qui n'auront pas voté en faveur de la Palestine ne seront pas liés juridiquement à la décision." "Lorsque la Palestine obtiendra le statut d'État non membre, aucun Israélien ne pourra dire que ce sont des territoires disputés", souligne pour sa part à l'AFP Saëb Erakat. "La Palestine deviendra un pays sous occupation (...). Il pourra alors adhérer à toutes les agences internationales" de l'ONU, insiste-t-il.

Sont ici visées la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale, deux instances qui pourraient à terme juger l'État hébreu pour ses violations du droit international. "Il n'est pas du tout évident que ces deux organisations acceptent la Palestine en tant qu'État membre", note Philippe Moreau Defarges. "Elles doivent définir si la Palestine est un véritable État", ajoute-t-il. "Or le Conseil de sécurité de l'ONU ne la reconnaît pas, et la Palestine ne répond pas actuellement à certains critères définissant un État : notamment ses frontières, récusées par les États-Unis et Israël."

Éternelle opposition d'Israël

Il n'est donc pas étonnant qu'Américains et Israéliens se soient une nouvelle fois opposés à cette tentative "unilatérale". À Tel-Aviv, le ministre israélien des Renseignements répète que seule la négociation sans condition préalable peut permettre de parvenir à un accord. "Les Palestiniens ont besoin d'un État, pas d'une résolution de l'ONU", martèle Dan Meridor au micro de RFI. "Pour un État, il faut avoir du courage politique", ajoute-t-il. Problème, les négociations sont bloquées depuis deux ans. Pendant ce temps, la colonisation israélienne en Cisjordanie, dont l'Autorité palestinienne réclame le gel avant toute discussion, se poursuit au mépris du droit international. Selon l'ONU, ce sont au total plus d'un demi-million de colons qui habitent désormais les territoires occupés.

Dix-huit ans après leur signature, les accords d'Oslo, qui ont désigné en 1994 un gouvernement palestinien provisoire - l'Autorité palestinienne - et qui étaient censés aboutir après cinq ans à la création d'un État palestinien, demeurent plus que jamais au point mort. Surtout que la Cisjordanie est depuis le début du mois en proie à des manifestations populaires - et parfois violentes - sans précédent. Les contestataires remettent en cause le protocole de Paris, volet économique des accords d'Oslo, qui aligne la TVA palestinienne sur le taux israélien, actuellement de 17 %, ce qui empêche toute baisse rapide des prix en Cisjordanie.

Les accords d'Oslo dénoncés

Mais derrière la grogne économique, ils sont de plus en plus nombreux à réclamer une abrogation pure et simple des accords d'Oslo. "Il existe un fort sentiment de saturation du processus de paix", souligne, sur place, une source bien informée. "Nous sommes tout de même dans la seule occupation au monde financée par l'occupé (les Palestiniens, NDLR) et la communauté internationale. Or, en tant que puissance occupante, ce devoir incombe à Israël." "Sans perspective de processus négocié, l'Autorité palestinienne ne sert plus à rien", souligne de son côté Julien Salingue (2), enseignant en sciences politiques à l'université Paris VIII. "Seule l'illusion de négociation lui donnait une certaine légitimité."

"En obtenant le statut d'État non membre, Mahmoud Abbas souhaite symboliquement montrer à son peuple qu'il a gagné quelque chose", poursuit le spécialiste de la Palestine. "D'autre part, en se présentant à l'ONU, il continue à s'affirmer à l'international comme le représentant légitime du peuple palestinien." Conscient de son extrême fragilité, le président de l'Autorité palestinienne vient de proposer à Israël un étonnant compromis, révèle le quotidien israélien Haaretz. Lors d'une rencontre lundi à New York avec des représentants de la communauté juive américaine, parmi lesquels l'influent avocat Alan Dershowitz, Mahmoud Abbas aurait indiqué son intention de reprendre les négociations avec Israël à condition que ce dernier accepte de geler provisoirement la colonisation.

En échange, ajoute le journal, il s'engagerait à établir, dans son discours jeudi à l'Assemblée générale des Nations unies, un "lien entre Israël et le peuple juif", ce qui pourrait impliquer le renoncement au retour des quelque cinq millions de réfugiés palestiniens. Une concession impensable il y a encore un an.

(1) Philippe Moreau Defarges, auteur de La Géopolitique pour les nuls (First éditions, nouvelle édition ).

(2) Julien Salingue, auteur de À la recherche de la Palestine (éditions du Cygne).

Voir également :    

 *  Géopolitique fiction : et si les printemps arabes annonçaient un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition)      

 * Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! - nouvelle édition

 * La reconnaissance d'un Etat palestinien sur base des frontières de 67 est d'un intérêt vital pour Israël (Collectif de signataires israéliens)

 * La dérive dynastique aggrave les maux politiques du Moyen-Orient, par Gilles Paris (Le Monde) - nouvelle édition -    

 * Le premier ministre "Téflon" d'Israël, par Laurent Zecchini (Le Monde)

 *  Le roi "Bibi" et son énigme, par Alain Frachon (Le Monde) 

 * Proche Orient : De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque 'les frontières d'avant 1967' ?

 * Israël et la notion de « frontières défendables » 

Par ERASME - Publié dans : Israël, Palestine et Processus de Paix
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Samedi 8 septembre 2012 6 08 /09 /Sep /2012 11:38

«Malheureusement, ce que j’ai à vous dire ne va pas réchauffer l’ambiance de cette assemblée». C’est par ces mots que Filippo Grandi, le directeur de l’Agence de secours et de travail des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a entamé son intervention, devant les eurodéputés, jeudi (6 septembre). Il était venu la dernière fois, il y a un an, présenter sa vision de la situation aux membres de la commission parlementaire des affaires étrangères. «L’habitude des commissaires de l’UNWRA est de parler des causes oubliées» avoue t-il. Et pourtant, aujourd’hui, il pense que la cause palestinienne est encore plus marginalisée qu’elle ne l’était il y a un an. «Les réfugiés palestiniens sont coincés à Gaza et maintenant coincés en Syrie, coincés physiquement et coincés par la situation politique»

Pour les réfugiés palestiniens, «c’est le moment de l’histoire récente où leur situation est la plus stagnante». F. Grandi ne voit rien bouger pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, rien bouger au niveau de la politique interne. Et ce qu’il pense du statut quo ? «Le statut quo : si vous êtes Palestinien, il n’y a pas de statut quo» déclare-t-il devant les eurodéputés.

Son constat est d’autant plus malheureux quand il le contextualise. La région est extrêmement dynamique «de plusieurs manières, positive et tragique ». Il y a un an, il y avait beaucoup d’espoir dû au dynamisme de cette région. Aujourd’hui, la tendance est à l’inquiétude, et notamment avec la Syrie. 

Les Palestiniens toujours coincés à Gaza

« Gaza est déjà une crise oubliée. Le symbole qui montre combien les Palestiniens ne captent plus l’attention internationale ». Aujourd’hui, l’UNWRA a du mal à trouver de quoi financer les produits de premières nécessités alors que «il n’y a pas longtemps, tout le monde voulait nous aider». Selon le directeur de l’agence, les programmes socio-culturels,  ont dû être drastiquement diminuer pour financer l’alimentation notamment. Le rapport «Gaza in 2020», écrit en partie par les experts de l’ONU et donnant des prédictions de la situation à Gaza en 2020, « n’est pas une lecture très joyeuse ». Filippo Grandi fait remarquer aux eurodéputés qu’un jeune Palestinien s’est immolé, il y a quelques jours, et deux autres l’ont suivi. Un acte devenu symbolique dans le monde arabe…

Le blocus de Gaza illégal et contre-productif

Malgré tout, le Printemps Arabe a ouvert de nouveaux horizons. « C’est peut-être maintenant vers l’Egypte qu’il faut regarder pour arriver à des améliorations et à une stabilisation politique» à Gaza. « Mais les deux groupes (le Fatah et le Hamas) qui tirent avantage de la frustration des gens sont de plus en plus influents ». Au demeurant, il faudra, selon lui, faire tomber le blocus avant de pourvoir arriver à une réelle stabilisation. « Le blocus ne va pas assurer la sécurité des pays dans la région, que ce soit Israel ou l’Egypte ». Pour cela, il faudrait que les européens demandent «à ce que le blocus soit levé», conscient qu’il y a bien sûr la question de la sécurité d’Israel qui est également à prendre en compte. « Le blocus est illégal et contre productif » avant d’ajouter «Si le droit international n’est pas respecté, il faut le dire ! » Il faut, selon lui, lever l’embargo petit à petit et augmenter l’aide envers Gaza. Ces deux dernières années, l’UNWRA a entretenu des relations constructives avec Israel en vue de développer quelques projets, notamment pour développer le secteur privé. Economiquement, son discours n’est pas plus jovial. «Il ne faut pas oublier que l’économie de Gaza repose sur le marché noir et les subventions internationales. Ca ne peut continuer très longtemps» explique-il, avant de s’exclamer «Nous aidons 2 millions de personnes !»

Concernant la situation dans le reste des territoires palestiniens, les colonies illégales y compris à Jérusalem Est continuent de s’étendre alors que leur démantèlement ailleurs avance à très petits pas. «Les colons sont de plus en plus agressifs». «Il faut demander à ce que l’Etat de droit soit appliqué » a fermement estimé Grandi. «Il est important d’investir dans des projets dans la Région C (*) et à Jérusalem Est là où les Palestiniens subissent le plus de pression

 La Syrie, dernier enfer en date des Palestiniens

«La Syrie symbolise la vulnérabilité qui touche les Palestiniens depuis des dizaines d’années, vulnérabilité qu’ils partagent bien-sûr avec les Syriens et autres réfugiés aujourd’hui. Les gens ont très très peur. On ne sait pas qui on va rencontrer au coin de la rue». Filippo Grandi explique en effet que la population subit des menaces terribles de la part de tous les groupes, les troupes gouvernementales, les milices pro-gouvernement et les milices anti-gouvernement. «C’est une situation qui n’a pas d’avenir». admet-il. On compte 500.000 Palestiniens en Syrie, particulièrement autour des centres urbains, à Damas et dans les autres grandes villes. «On le sait, ces centres urbains sont au coeur du conflit».

«Avant la guerre civile, la Syrie était l’un des endroits les plus stables pour les Palestiniens.» explique t-il.  Dans la première phase du conflit, ils ont pu rester en dehors de ce dernier, «mais malheureusement le conflit est en train de les rattraper. Nous pensons qu’aujourd’hui la moitié des Palestiniens (250.000) est touchée par le conflit». Touchés par le conflit, c’est à dire par des problèmes de sécurité qui très souvent les obligent à se déplacer. De plus en plus de personnes sont déplacées au sein du pays, dans des endroits plus sûrs, chez des familles dans d’autres régions, dans des bâtiments publics …etc Qui plus est, ce sont souvent ces personnes qui ont le plus besoin d’aide médicale.

En plus de cela, il y a la crise économique en Syrie. La plupart de l’économie syrienne est constituée par ses PME. Et la majorité de celles-ci ferme. A Alep, 75% des PME ferment leurs portes et l’UNWRA ne peut remédier à cette crise qu’en distribuant des biens de premières nécessités.

Irak, Liban, Jordanie, pas beaucoup mieux

Jusqu’à il n’y a pas encore très longtemps, les Palestiniens d’Irak fuyaient vers la Jordanie ou vers la Syrie car la situation là-bas était pour eux particulièrement difficile. Aujourd’hui ils semblent revenir en Irak. Un fait qui donne une idée de la pérennité de la situation des réfugiés palestiniens.

Au Liban et en Jordanie, Grandi ne veut pas se risquer à donner des chiffres sur le nombre de réfugiés. Cependant les Palestiniens, dans les deux pays, constituent un élément très complexe de la situation nationale. C’est pour cette raison que pour l’UNWRA, s’il est nécessaire de soutenir la situation en Syrie, «je vous demande également de soutenir les pays voisins pour qu’ils acceptent le fardeau humanitaire» et que ceux-ci laissent entrer les réfugiés malgré la complexité engrangée.

Le programme de l’UNWRA, plus loin que le conflit syrien

Malgré la crise syrienne, l’UNWRA doit continuer avec son programme «normal» . «Nous sommes sous-financé. Il nous manque 40 milliards d’euros. Une somme très limitée par rapport à ce à quoi vous êtes habitués ici. J’en ai parlé à la Commission. Je sais qu’elle essaye de débloquer des fonds.» Alors que les parlementaires s’apprêtent à voter le nouveau budget, il appelle «les hommes et les femmes politiques», à «vraiment regarder là où il faut agir».

L’aide européenne toujours majoritaire

« Les bailleurs de fonds sont surtout européens ». Sur le milliard disponible par an, l’Union européenne (Etats membres et Commission) fournit plus ou moins 40% et les Etats-Unis entre 20 et 25% de l’aide humanitaire pour les réfugiés palestiniens. Les pays arabes sont eux-aussi présents. L’Arabie Saoudite particulièrement, qui était l’année dernière le troisième plus grand bailleur de fonds. «Ca augmente, mais c’est très imprévisible». Le Brésil aussi, les pays émergents s’impliquent aussi de plus en plus…

Le directeur de l’agence finira sa présentation sur son plus grand regret, celui de constater un tel déficit politique sur la question. «Le Conseil de Sécurité n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des personnes. Ca c’est un déficit politique».

(*) La zone C correspond à une des trois divisions administratives nées des Accords d’Oslo et correspond à 60% du territoire cisjordanien bien qu’elle ne comprenne maintenant que 4%  de la population palestinienne de Cisjordanie.

 

Source : http://www.bruxelles2.eu/zones/moyen-orient/entre-syrie-et-gaza-la-situation-des-refugies-palestiniens-encore-plus-coincee.html

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Israël, Palestine et Processus de Paix
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Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 13:15

The spokesperson of Catherine Ashton, High Representative of the European Union for Foreign Affairs and Security Policy and Vice President of the Commission, issued the following statement today:

The High Representative is seriously concerned about the implications of the recent decision by the Israeli authorities to publish a tender for 130 additional housing units in the settlement of Har Homa across the Green Line in East Jerusalem. The High Representative has already expressed her profound disappointment concerning the Har Homa plan approved in August 2011. Settlements are illegal under international law and threaten to make a two-state solution impossible.

The EU has repeatedly urged the Government of Israel to immediately end all settlement activities in the West Bank, including in East Jerusalem.

 

See also : 

* Statement by the Spokesperson of High Representative Catherine Ashton on the signing of agreements between Israel and the Palestinian Authority improving the regulation of bilateral trade and taxation

 * Le Parti socialiste européen est opposé à l'attribution d'un statut spécial à Israël

Par ERASME - Publié dans : Israël, Palestine et Processus de Paix
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