Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 10:26

Après en avoir discuté longuement lors d'un séminaire les 25 et 26 février, la Commission européenne a approuvé le 3 mars dernier sa communication intitulée " Europe 2020 - une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive ", laquelle succède à la stratégie de Lisbonne 2000-2010.

Elle estime que la bataille pour la croisance et l'emploi requiert une appropriation aux échelons politiques les plus élevés et la mobilisation de toutes les parties prenantes en Europe.

Elle invite les chef d'Etats et de gouvernement à faire leur cette nouvelle stratégie et à l'adopter lors du Conseil européen des 25 et 26 mars, et à en approuver en juin les dispositions détaillées, y compris les lignes directrices intégrées et les objectifs nationaux.

Le rôle du Parlement européen sera également renforcé.

Les méthodes de gouvernance économique seront renforcées pour garantir que les engagements se traduisent en actions efficaces sur le terrain. Dans un souci d'améliorer la cohérence, les rapports et évaluations concernant Europe 2020 et le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) seront réalisés simultanément (tout en demeurant des instruments distincts), ce qui permettra à ces deux stratégies de poursuivre des objectifs de réforme similaires tout en conservant leur identité propre.

Les Etats membres devront présenter en même temps (en décembre de chaque année, et la première fois en décembre 2010) leur programme de stabilité ou de convergence et leurs programmes de réformes au niveau national (la première fois en décembre 2010 également).

L'architecture de cette stratégie est la suivante :
 - des lignes directrices intégrées avec des priorités politiques et des objectifs à atteindre par l'UE et à traduire en objectifs nationaux ;
 - des programmes renforcés pour l'UE et au niveau des pays de l'UE : chaque pays présentera ses priorités en matière de réformes structurelles, et la Commission établira les programmes communautaires pour aider à atteindre les objkectifs. les fonds de l'UE serviront d'incitants. Le tout serait surveillé, en utilisant des missions dans les pays et les instruments du nouveau Traité (avertissements et recommandations, selon l'article 121 du traité).

Priorités : La stratégie Europe 2020 se concentre sur trois priorités interdépendantes et qui se renforecent mutuellement :     
  (1) une croissance intelligente, en développant une économie fondée sur la connaissance et l'innovation ;
  (2) une croissance durable, en promouvant une économie sobre en carbone, économe en ressources et plus compétitive ;
 (3) une croissance inclusive, en encourageant une économie à fort taux d'emploi favorisant la cohésion sociale et territoriale.

Objectifs : La Commission propose de fixer cinq grands objectifs que les Etats seront invités à convertir en objectifs nationaux, à savoir :
   (1) 75 % de la population âgée de 20 à 64 ans devrait avoir un emploi,
  (2) 3 % du PIB de l'UE devrait être investi dans la recherche et le développement,
  (3) les objectifs 20/20/20 en matière de climat et d'énergie devraient être atteintes (y compris le fait de porter à 30 % la réduction des émissions si les conditions adéquates sont remplies),
  (4) le taux d'abandon scolaire devrait être ramenée à moins de 10 % et au moins 40 % des jeunes devraient obtenir un diplôme de l'enseignement supérieur,
  (5) réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté (cf. à cet égard L’Europe se mobilise pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale).

Initiatives phares : Pour réaliser ces objectifs, la Commision présente 7 initiatives phares qui engageront à la fois l'UE et les Etats membres :
  (1) une " Union de l'innovation " pour améliorer les conditions-cadre et l'accès aux financements pour la R&D afin de garantir que les idées innovantes puissent être transformées en produits et services créateurs de croissance et d'emplois. Le brevet communautaire pourrait ainsi faire économiser 289 millions d'euros à nos entreprises chaque année. A ce propos, le président Barroso a jugé " inaccpetable que, parce que nous n'avons pas de brvet européen, les entreprises européennes sont confrontées à des coûts de traduction d'environ 3 000 euros pour chaque brevet ! C'est 13 fois plus cher dans l'UE qu'aux Etats-Unis et 11 fois plus cher qu'au Japon ! ".
  (2) " Jeunesse en mouvement " pour renforcer la performance des systèmes éducatifs et faciliter l'entrée des jeunes sur le marché du travail ;
  (3) une " Stratégie numérique pour l'Europe " pour accélérer le déploiment de l'Internet à haut débit afin que les entreprises et les ménages tirent parti des avantages d'un marché numérique unique ;
  (4) une " Europe économe en ressources " pour découpler la croissance économique de l'utilisation des ressources, favoriser le passage à une économie à faible émission de carbone, accroître les sources d'énergie renouvelables, moderniser le secteur des transports et promouvoir l'efficacité énergétique ;
  (5) une " Politique industrielle pour une croissance verte " pour améliorer l'environnement des entreprises, notamment des PME, et soutenir le développement d'une base industrielle forte et durable, à même d'affronter la concurrence mondiale ;
  (6) une " Stratégie pour les nouvelles compétences et les nouveaux emplois " pour moderniser les marchés du travail et permettre aux personnes de développer leurs compétences tout au long de leur vie, afin d'améliorer la participation au marché du travail et d'établir une meilleure adéquation entre l'offre et la demande d'emplois, y compris en favorisant la mobilité professionnelle ;
  (7) une " Plateforme européenne contre la pauvreté " pour garantir une cohésion économique, sociale et territoriale en aidant les personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale et en leur permettant de participer activité à la société.

La Commission espère que les objectifs, une fois atteints, permettront de générer une croissance de 2% et de créer 5,6 millions de nouveaux emplois d'ici 2020.
.../...

Pour la suite de cet article : La Commission européenne a adopté sa nouvelle stratégie UE 2020 (2)






Par Patrice Cardot - Publié dans : L'Union européenne face à "la" crise mondiale
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 07:58

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a proposé, lundi 8 mars à Nairobi (Kenya), de créer un "Fonds vert" capable de mobiliser pas moins de 100 milliards de dollars (73 milliards d'euros) par an d'ici à 2020. Objectif : que les pays en développement puissent investir dans des technologies économes en gaz à effet de serre.

L'équipe dirigeante du FMI a constaté que le sommet de Copenhague, en décembre 2009, avait échoué faute de pouvoir partager équitablement le fardeau financier de l'urgence environnementale. Elle réfléchit à la possibilité de trouver de nouveaux moyens – et notamment des DTS (droits de tirage spéciaux), la "monnaie" du Fonds – pour lever les sommes nécessaires, en attendant que les taxes carbone et la générosité des pays riches permettent de subventionner ces équipements "propres" mais onéreux.

Ce "Fonds vert" soulèvera des réticences car la lutte contre le changement climatique ne fait pas partie des compétences du FMI. Et parce que l'injection de ces 100 milliards de dollars risque d'accélérer l'inflation mondiale de 1 % à 2 %, perspective qui horrifie les banques centrales.

" Les experts nous disent que le temps nous est compté "
, a plaidé M. Strauss-Kahn à Nairobi. Autrement dit, que préfère la communauté internationale ? 1% d'inflation supplémentaire ou bien 2°C de température moyenne de plus avec les catastrophes climatiques qui s'en suivront ? Un sommet de chefs d'Etat dans les règles de l'art – mais aléatoire – sur le financement de la lutte contre le réchauffement ou bien une réponse collective et rapide à un danger non moins collectif et inexorable ?

 

 


Source : LeMonde.fr  (Alain Faugeas)





En 2010, lui et son équipe soutiennent que l'objectif d'inflation communément admis de 2 % pourrait être porté à 4 % quand la politique monétaire se révèle inopérante et qu'un contrôle des mouvements de capitaux peut être nécessaire quand ces flux déséquilibrent une économie. Jusque-là, l'inflation et les contrôles étaient voués aux gémonies.

Toujours en 2008-2009, sur les 19 plans de sauvetage élaborés par le FMI en faveur de pays pauvres, 16 ont prévu une hausse des dépenses sociales. Au Pakistan, le Fonds a encouragé le gouvernement à apporter une aide monétaire directe aux plus démunis. Jusque-là, les dépenses sociales figuraient parmi les premiers secteurs sacrifiés pour épurer les comptes.

Quand on lui fait remarquer que cette inventivité de type keynésien met à mal le fameux et très libéral "consensus de Washington", M. Strauss-Kahn répond qu'il a adopté une démarche pragmatique. "Nous subissons une crise sans précédent. Pour éviter qu'elle se reproduise, nous devons en tirer les leçons et réfléchir même aux solutions inhabituelles. Le FMI doit se positionner comme une source de réflexion théorique."

Ce rôle de boîte à idées planétaire n'en est qu'à ses débuts. En avril, M. Strauss-Kahn soumettra aux ministres du G20 une première mouture d'une taxation du secteur financier mondial. Il ne s'agira pas du prélèvement à but humanitaire dont rêve
Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, mais d'une sorte de police d'assurance d'autant plus onéreuse pour un établissement financier qu'il prendra plus de risques nécessitant un renflouement plus coûteux en cas de défaillance. Jusque-là, une taxe était inenvisageable.

Enfin, le 3 mai,
Zhu Min, actuellement gouverneur adjoint de la Banque de Chine, prendra ses fonctions de conseiller spécial du directeur général du Fonds. Il sera chargé de superviser les pays émergents, mais aussi ce monde bancaire qui a fait tant de mal à l'économie mondiale. Jusque-là, le FMI était considéré comme un condominium américano-européen. Le successeur de M. Strauss-Kahn ne sera donc plus forcément un Occidental.Inventivité keynésienne

Cette proposition peu orthodoxe est la dernière d'une série que le patron du FMI s'ingénie à enrichir de mois en mois pour envoyer à la réforme certaines "vaches sacrées" mondiales. En 2008, au début de la récession, il avait appelé les gouvernements à pratiquer des déficits budgétaires pour éviter une chute de la demande. Il avait avancé le chiffre de 2 % des produits intérieurs bruts, ce qui a été effectivement réalisé. Jusque-là, les déficits étaient honnis.

En 2009, il a proposé que le FMI devienne le prêteur en dernier ressort mondial et que les banques centrales lui confient une partie de leurs 8000 milliards de dollars de réserve pour mutualiser celles-ci en cas de crise. Jusque-là, le mot d'ordre était "à chacun son magot".
Par ERASME - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 22:47

Des crispations, des tensions, voire une franche exaspération... Ces derniers temps, l'activisme du Fonds monétaire international (FMI), sous la houlette de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, n'est pas sans susciter quelque énervement chez les banquiers centraux, et en particulier à la Banque centrale européenne (BCE).


Ces frottements se sont cristallisés très concrètement sur la question de la Grèce, où le FMI s'est dit prêt à intervenir. Mais des points de litige existent aussi sur des sujets plus théoriques. Les propositions iconoclastes du Fonds sur l'inflation et ses ambitions affichées, notamment en matière de supervision financière, sont d'autres pommes de discorde avec les autorités monétaires.


Aider ou non la Grèce. Le FMI est tout disposé à apporter à la Grèce le soutien qui lui est refusé par les autorités européennes. Il n'en a jamais fait mystère, estimant être le seul à disposer des équipes et des fonds nécessaires, et d'une réputation de "grand méchant loup" qui aiderait Athènes - mieux que l'Union européenne (UE) - à faire admettre des sacrifices à sa population. Mais pour
Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, pas question de laisser le Fonds empiéter sur sa zone monétaire.


Une aide financière du FMI est "inappropriée", a-t-il décrété le 4 mars, espérant clore le débat alors que la Grèce venait d'évoquer elle-même cette possibilité. Certes, la Hongrie ou la Roumanie ont déjà bénéficié de l'assistance du FMI. Mais jamais un pays de la zone euro ne l'a encore sollicitée.


Gardienne de la monnaie unique, la BCE juge cette option déshonorante... Il en va de la souveraineté des instances européennes, et de la crédibilité de la monnaie unique. Car pour la zone euro, quémander l'aide du FMI serait faire l'aveu de son impuissance.


Moins d'orthodoxie sur l'inflation. "Totalement contre-productif (...) et extrêmement dangereux." Ces mots presque rageurs, prononcés le 4 mars par M. Trichet, résument l'accueil glacial réservé par la BCE aux récentes observations du FMI sur l'inflation.


L'économiste en chef du Fonds,
Olivier Blanchard, avait proposé mi-février d'examiner la possibilité pour les banques centrales de viser une inflation plus élevée. Après tout, dit-on au FMI, les banquiers centraux se sont eux aussi affranchis des dogmes pendant la crise en fournissant des liquidités aux banques quand les taux se sont trouvés à un plancher.


Ainsi, pour se donner plus d'armes contre le risque de déflation en cas de futur choc, pourquoi ne pas ancrer les anticipations à 4 % au lieu de 2 % ? "En faisant cela, on suggérerait que n'importe quel changement est possible dans n'importe quelle direction", a lancé M. Trichet sur un ton frisant l'exaspération.


La Réserve fédérale américaine (Fed) a elle aussi critiqué cette suggestion. Mais, sans surprise, c'est la BCE qu'elle a fait le plus réagir : l'institution s'est fixé pour mandat depuis sa création de contenir la hausse des prix en deçà de 2 %, et elle l'applique scrupuleusement. "Le FMI joue avec le feu", a fustigé
Axel Weber, président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, et potentiel successeur de M. Trichet. "La BCE sera intraitable sur ce point, confirme l'économiste Jacques Mistral. Pour l'instant, ce débat relève de l'exercice intellectuel, mais cela pourrait devenir un sujet délicat."


La supervision financière. "Le FMI pourrait avoir besoin d'un mandat plus clair pour traquer les risques pesant sur la stabilité économique et, je souligne, financière mondiale." Voilà ce que déclarait, fin février, Dominique Strauss-Kahn à l'adresse des Etats membres de l'institution.


Mais cette ambition de s'ériger comme la nouvelle tour de vigie de la finance mondiale est "potentiellement un point de litige" avec les banquiers centraux, estime
Natacha Valla, chef économiste chez Goldman Sachs à Paris. Dans la zone euro notamment, où la Commission européenne vient de confier à la BCE plus de responsabilités en matière de supervision. Et "elle est extrêmement jalouse de ses nouvelles prérogatives", affirme Mme Valla.


"Cette idée que le FMI va venir sur les débris de la
crise financière pour élargir son périmètre est très critiquable
, juge d'ailleurs un haut dirigeant monétaire européen. Ils n'ont pas d'expertise en ce qui concerne la supervision et la régulation." Actuellement, la division du travail prévoit que le Conseil de stabilité financière (CSF), qui regroupe des représentants des banques centrales et des autorités de tutelle, élabore et améliore les règles prudentielles encadrant le secteur financier. Le FMI est, lui, chargé de vérifier leur application.


Ces temps-ci, M. Strauss-Kahn énerve le CSF et les banquiers centraux en martelant qu'il faut réformer ces règles plus vite. Le G20 en a fixé les grandes lignes, mais les choses avancent trop lentement au goût du numéro un du FMI.

Source :
LeMonde.fr

Par ERASME
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 22:41

La tentative de l'émissaire américain au Proche-Orient George Mitchell pour relancer des pourparlers indirects entre Israël et l'Autorité palestinienne est l'ultime chance de reprise du processus de paix, a estimé lundi 8 mars le principal négociateur palestinien.


Au même moment, Israël a annoncé la construction de 112 nouveaux logements pour les Juifs dans la colonie de Beitar Ilit, arguant que celle-ci n'est pas incluse par le "moratoire" partiel de dix mois sur de nouveaux chantiers proclamé en novembre par Netanyahu.


" Les Américains cherchent à sauver ce processus de paix avec une dernière tentative. Je pèse mes mots: c'est la dernière tentative pour démontrer qu'il s'agit d'un outil susceptible de donner lieu à des décisions entre Palestiniens et Israéliens ", a dit le négociateur palestinien Saëb Erekat à la radio de l'armée israélienne.


Mitchell s'est entretenu dans la journée à Ramallah, en Cisjordanie, avec le président palestinien Mahmoud Abbas après avoir vu à deux reprises le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dimanche et lundi à Jérusalem.


Dans un communiqué juste avant qu'il ne quitte le Proche-Orient, et publié à Washington, Mitchell se félicite de l'accord donné par Palestiniens et Israéliens à des discussions indirectes. Il ajoute toutefois que l'étendue et la forme de ces pourparlers doivent faire encore l'objet de débats.


" Nous avons commencé à discuter de la structure et de l'étendue de ces discussions et je reviendrai dans la région la semaine prochaine pour poursuivre les entretiens. Comme nous l'avons dit à de nombreuses reprises, nous espérons que cela conduira dès que possible à des négociations directes ", ajoute-t-il.


" De nouveau, nous invitons les parties, et tous ceux qui sont concernés, à se garder de toute déclaration ou de toute initiative qui pourrait aggraver les tensions ou nuire à l'issue de ces discussions. "


" Israël pose des mines "


Après plus d'une douzaine de vaines navettes au cours de l'année écoulée pour tenter de relancer le dialogue direct entre les deux parties, l'émissaire du président Barack Obama au Proche-Orient escompte obtenir cette semaine leur accord pour des pourparlers indirects - dits "de proximité" - sous son égide.


Les deux parties, bien que sceptiques - de même que nombre d'observateurs -, sont désormais d'accord pour recourir à cette méthode pour tenter de raviver un processus de paix laborieux suspendu depuis l'offensive militaire d'Israël contre le Hamas à Gaza, l'hiver dernier.


Après le feu vert de la Ligue arabe, du Fatah, son propre mouvement, et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), la semaine dernière, Abbas devait, selon Erekat, remettre à Mitchell ce lundi sa " réponse écrite positive " pour de tels pourparlers.


La Ligue arabe et l'OLP ont fixé un délai de quatre mois pour que ces contacts conduisent à un accord sur la création d'une Palestine indépendante sur des territoires occupés lors de la guerre israélo-arabe de 1967 - la Cisjordanie, la bande de Gaza et la partie orientale de Jérusalem.


Dans les deux camps, on pense que George Mitchell finira par obtenir un accord sur le "format" des pourparlers indirects, qui pourraient débuter sous peu à Washington ou dans une autre capitale, mais aboutir à un accord sur les frontières dans les quatre mois est une tout autre histoire.


Abbas, l'OLP et la Ligue arabe exigent qu'Israël suspende toute activité de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est avant de reprendre d'éventuelles négociations directes, sans lesquelles aucun accord global ne sera possible.


L'approbation du nouveau chantier de construction à Beitar Ilit, alors que Mitchell est au Proche-Orient et que le vice-président américain Joe Biden y est attendu, montre que le moratoire de dix mois, décrété sous la pression de Washington, n'est qu'une "supercherie", a estimé Erekat.


" Le gouvernement israélien a commencé à poser des mines sur le chemin des négociations indirectes ", a affirmé pour sa part un des hauts responsables du Fatah, Mohamed Dahlan.

Source : Reuters




Par ERASME - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 18:13


Le lecteur trouvera ci-dessous le discours de Monsieur José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, prononcé lors de la conférence internationale sur l'accès à l'énergie nucléaire civile lundi 8 mars 2010 à l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), intitulé "Energie nucléaire civile : une question fondamentale pour la communauté internationale".

Monsieur le Directeur général de l'AIEA,

Monsieur le Secrétaire général de l'OCDE,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je remercie la France d'avoir pris l'initiative de cette conférence consacrée à l'accès à l'énergie nucléaire civile, avec l'appui de l'AIEA et de l'OCDE. La question nucléaire est essentielle, complexe et multiple.

La Commission Européenne, tout en exerçant les compétences qui sont les siennes, notamment dans le cadre du Traité EURATOM, observe une position neutre quant aux choix politique concernant l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Le nouveau cadre institutionnel de l'Union à 27, le traité de Lisbonne, le confirme d'ailleurs expressément. Le bouquet énergétique des États membres relève d'un choix national.

Ce choix souverain étant gravé dans le marbre, il faut néanmoins souligner que pour les pays qui ont choisi cette option l’Union Européenne a le devoir d’assurer la sureté de l’utilisation du nucléaire. D’autre part  je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas engager une réflexion sans tabou sur cette question qui nous concerne collectivement.

D'autant que les questions énergétiques et climatiques sont au centre de la stratégie que la Commission européenne propose à l'Union à l'horizon de 2020 et qu'elle a présentée mercredi dernier. C'est une stratégie dynamique qui veut faire de la lutte contre le changement climatique un moteur de croissance, de création d'emplois et de sécurité énergétique dans une perspective à dix ans.

Nous sommes convaincus que la nouvelle économie durable de l'Union européenne passera notamment par la décarbonisation de notre approvisionnement en électricité. Les énergies renouvelables devraient constituer l'essentiel de cet effort. Mais l'énergie nucléaire peut compléter l'éventail des possibilités. Elle produit aujourd'hui deux tiers de l'électricité sans CO2 en Europe.

C'est aussi une des sources énergétiques sans carbone les moins chères, ce qui peut être un atout pour la compétitivité de l'économie européenne.

Nous pouvons d'autant plus engager ce débat qu'il y a une dimension historique à la question nucléaire dans l'Union. L'Europe pratique l'énergie nucléaire civile depuis l'origine des origines de la construction européenne. Le traité Euratom a été signé par les fondateurs de la Communauté européenne dès 1957. Depuis plus de 50 ans, ce traité reste le cadre de référence pour le développement de l'énergie nucléaire dans l'Union européenne. La Commission européenne en est et en reste la  gardienne vigilante. Autant de raisons pour lesquelles elle est très active et présente dans ce domaine.

Ensuite, ce débat est d'autant plus légitime que l'Europe occupe aujourd'hui le premier rang mondial du nombre de centrales électronucléaires. Que ces 146 centrales fournissent environ un tiers de l'électricité et 15% de l'énergie consommée dans l'Union européenne. Qu'elle est un acteur de pointe dans ce secteur industriel. Et que, parmi les Vingt-Sept, une majorité de quinze États membres a choisi l'atome pour produire de l'énergie. Ce qui n'empêche pas d'autres d'y réfléchir sérieusement ou de préparer déjà la construction de nouveaux réacteurs.

Car la crise du gaz en 2009, la crise économique et l'alerte écologique sont passées par là. Elles ont changé la donne. L'énergie nucléaire est davantage vue comme la possibilité d'une solution pour assurer  la sécurité et la pérennité de l'approvisionnement en énergie, et la lutte contre le changement climatique.

Dans son approche de l'énergie nucléaire, l'Union a une priorité politique: le respect des garanties de sûreté, de sécurité et de non-prolifération.

Cette question est à la "une" depuis des mois. Certains États ne respectent pas les obligations qu'ils ont contractées auprès de la communauté internationale. Ce manquement met en relief la nécessité impérieuse de règles pour encadrer strictement l'activité nucléaire.

 

En Europe comme à l'extérieur, il faut avoir le cadre juridique le plus avancé et les normes les plus élevées en matière de sûreté, de sécurité et de non-prolifération.

C'est pourquoi, aujourd'hui, je voudrais vous annoncer une initiative européenne pour  relever les normes de sécurité et de sûreté internationales et les rendre juridiquement contraignantes partout dans le monde. A l'intérieur de l'Union, suite à l'initiative de la Commission que j'ai l'honneur de présider, nous avons franchi une étape fondamentale en juin 2009. Nous avons adopté un cadre communautaire pour la sûreté des installations nucléaires. Cette décision politique a une portée considérable. Car elle fait de l'Union le premier grand acteur régional à donner une force juridique contraignante aux principales normes internationales de sûreté nucléaire, notamment celles de l'AIEA. Il faut maintenant que les autres nous accompagnent. Que ce soit avec la réponse au changement climatique, la régulation des marchés financiers, ou avec la sureté nucléaire, l'Union européenne veut prendre l'initiative et engager dans le même sens nos partenaires. Il faudra porter ce débat devant l'AIEA, avec laquelle nous avons noué une relation exemplaire.

Grâce à cette étroite coopération avec l'AIEA, des «garanties intégrées» viennent d'être introduites dans tous les États de l'Union européenne non dotés d'armes nucléaires qui mènent des activités significatives dans ce domaine.

 

Là aussi, l'effort consenti par l'Europe, par l'intermédiaire de la Commission, est considérable: plus de 1500 inspections ont été effectuées, en 2009, dans les installations nucléaires placées sous la responsabilité d'Euratom, ce qui fait de l'Union européenne la région dans le monde la plus inspectée en matière nucléaire! 

Pour créer des conditions d'une utilisation sûre, durable et optimale du nucléaire civil, il faut notamment traiter la question des déchets radioactifs. C'est une des préoccupations majeures de nos opinions publiques. Sur ce point, la Commission européenne sera aussi au rendez-vous.

Je peux déjà vous annoncer une initiative législative pour le traitement des déchets radioactifs avant la fin de cette année.

Rendre l'utilisation du nucléaire civil plus sûre, c'est aussi le but de la recherche technologique et scientifique que nous menons dans l'Union.

Nous avons le septième programme-cadre Euratom, dans lequel l'Union développe son expertise en technologie nucléaire.

Ensuite, la Commission européenne a soutenu la création de deux plateformes technologiques: l'une pour l'énergie nucléaire durable, y compris les réacteurs de nouvelle génération, et l'autre pour le stockage géologique des déchets nucléaires.

Nous avons aussi un plan stratégique de technologies énergétiques pour accélérer le développement de technologies à faibles émissions de carbone, dont la fission nucléaire.

Enfin, l'UE soutient le projet ITER, le plus grand centre de recherche internationale sur la fusion nucléaire au monde.

La dimension européenne de ces activités est une réelle plus-value.

Mais bien sûr, j'insiste, la sûreté, la sécurité et la non-prolifération ne s'arrêtent pas aux frontières de l'Union.

L'Europe propose très activement son savoir-faire dans le domaine de la sûreté auprès des pays tiers.

Depuis 2007, nous avons un nouvel outil pour aider les pays qui utilisent déjà l’énergie nucléaire ou qui veulent développer un programme nucléaire à des fins pacifiques à améliorer la sûreté.

Le but de cet instrument de coopération est non seulement de mettre des règles en place, mais surtout de créer une véritable culture de la sûreté.

La non-prolifération fait partie intégrante de cette culture. C'est un objectif politique fondamental dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union.

Ce point m'amène au cas de pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, dont les activités nucléaires présentent des risques de sécurité pour la communauté mondiale.

Soyons très clairs. Tout pays a le droit d'accéder au nucléaire civil. Les traités internationaux le précisent bien. Mais pour l'Europe, le respect des normes de sûreté, de sécurité et de non-prolifération les plus strictes n'est pas négociable.

Mesdames et Messieurs,

À quelques semaines de grands rendez-vous internationaux, la conférence d'aujourd'hui le démontre bien: l'utilisation responsable de l'énergie nucléaire est considérée au plus haut niveau comme une question politique de toute première importance. À juste raison. Je vous souhaite donc de fructueux débats.

Merci.

 

Par ERASME - Publié dans : L'Union européenne face à un monde en mouvement
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