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Analyses stratégiques, de sécurité et de défense

Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 17:40

Il y a près d’un an, Barack Obama exprimait sa volonté de parvenir à un monde sans armes nucléaires, Dimitri Medvedev lui emboîtait le pas, Gordon Brown s’était prononcé dans le même sens plus d’un an auparavant. Dans beaucoup de pays, de nombreuses personnalités ont pris position, au cours des derniers mois, pour l’élimination des arsenaux . Toutes ces déclarations ne faisaient que reprendre un engagement contracté par les 189 pays signataires du Traité de Non-Prolifération, conclu il y a quarante-deux ans, et jamais respecté. Pourtant, elles ont suscité un immense espoir dans le monde, au point de faire parfois oublier que les programmes d’armement ne sont pas décidés sur le plan mondial, mais par chaque pays.


Dans tous les Etats détenteurs d’armes nucléaires, ce sont ceux qui entendent conserver les arsenaux pour une durée indéfinie qui imposent leur volonté. Aux Etats-Unis, malgré le discours du président, le projet de budget de défense pour l’année fiscale 2011 prévoit la construction d’une nouvelle installation de production d’ogives au plutonium. Il comporte aussi un crédit de 700 millions de dollars pour les recherches sur une nouvelle classe de sous-marins, qui entrera en service en 2020. Selon le calendrier défini par l’Administration Bush et qui n’a pas été modifié, une nouvelle génération de missiles sol-sol intercontinentaux doit être déployée en 2030, et un nouveau bombardier en 2040. La pérennité de l’arsenal américain est ainsi assurée jusque dans la dernière partie du XXIème siècle.


Pour leur part, les Russes déploient actuellement un nouveau missile sol-sol Topol-M et tentent de mettre au point un nouveau missile mer-sol. En France, les avions viennent d’être équipés d’un nouveau missile de croisière ASMP-A, la Marine reçoit le nouveau missile M-51, et la prochaine génération de sous-marins est déjà à l’étude. La Chine se dote de missiles intercontinentaux, et tente d’acquérir des sous-marins. L’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord s’équipent de missiles de plus longue portée.


Ces décisions sont dues à la formidable puissance des lobbies de l’industrie d’armement, qui contrôlent aussi certains organes de presse, et exercent leur emprise sur une partie du personnel politique. Ils sont soutenus par un grand nombre d’électeurs, partisans de l’arme nucléaire sans y avoir aucun intérêt financier. Les uns estiment qu’elle est synonyme de dissuasion, qu’elle protège contre toute menace, et garantit l’absence de tout conflit armé. Pour d’autres, elle est le symbole de la supériorité du pays.


La domination de cette redoutable coalition est contestée uniquement par cette partie de l’opinion pour qui les armes nucléaires sont inutiles et dangereuses. Inutiles, car aucun enjeu ne justifie le risque de destruction de la planète. Dangereuses, parce rien ne garantit qu’aucun arsenal ne tombera jamais entre les mains d’un individu décidé à en faire un instrument d’extermination. Même si la politique adoptée est celle de la dissuasion, les armes pourraient être utilisées à la suite d’une méprise, ou d’un accident, comme il s’en est déjà produit un bon nombre, qui n’ont, par chance, pas eu de suites fâcheuses. Il est déraisonnable de donner à une dizaine d’individus, dont rien n’assure que tous jouiront toujours de leurs facultés mentales, un droit de vie et de mort sur le reste de l’humanité. La capacité de tuer des millions d’êtres humains en un instant n’est pas nécessairement une source de fierté, et ce n’est pas forcément un signe de puissance et de prestige de se trouver dans la même catégorie de pays que la Corée du Nord et le Pakistan.


Le rapport de forces entre partisans et adversaires de l’élimination des armes ne sera pas modifié à court terme. Mais que des chefs d’Etat ou de gouvernement au pouvoir prennent publiquement position, en même temps que d’autres personnalités, en faveur d’un monde sans armes nucléaires, est un événement considérable. Il montre que, malgré l’extraordinaire puissance du lobby de l’armement, les mentalités évoluent, et les partisans du démantèlement des arsenaux continuent de gagner du terrain.

Georges Le Guelte
est l'auteur de « Les armes nucléaires, Mythes et réalités », Actes-Sud, 2009, 400 pages.

Voir également à ce sujet l'ensemble des articles de la rubrique : Jeux et enjeux nucléaires



Par Georges Le Guelte - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 06:25

A l'heure des grandes manoeuvres militaires et diplomatiques autour d'une sortie de crise en Afghanistan, Américains et Pakistanais ont entamé, lundi 22 mars à Washington, une semaine de "dialogue stratégique" de très haut niveau dont l'un des effets secondaires est de susciter l'inquiétude ostensible de l'Inde.


La secrétaire d'Etat américaine,
Hillary Clinton, devait rencontrer mercredi son homologue pakistanais, Shah Mehmood Qureshi, pour qu'il lui soumette une série de requêtes visant à récompenser les efforts d'Islamabad dans la lutte contre les talibans afghans et pakistanais.


Fait inhabituel, le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général
Ashfaq Kayani, s'est lourdement investi dans la préparation de cette rencontre de Washington, un rôle qui alimente bien des spéculations sur sa nouvelle stature politique au sein de la direction de l'Etat pakistanais. Le général Kayani est accompagné du général Shuja Pasha, chef des services secrets de l'armée (ISI) dont les liens historiques avec les talibans afghans sont notoires. La présence des deux généraux dans la délégation pakistanaise ne passe pas inaperçue à New Delhi qui s'inquiète de voir les thèses anti-indiennes de l'armée pakistanaise trouver un large écho à Washington.


Depuis quelques semaines, les dirigeants pakistanais affichent une confiance nouvelle. Un vent d'optimisme souffle à Islamabad. L'évolution de la scène géopolitique autour de l'Afghanistan, où la voie d'un dialogue avec les talibans gagne en crédibilité, redonne au Pakistan un rôle central sur un théâtre où il était jusque-là marginalisé, voire violemment dénoncé pour la duplicité de son attitude à l'égard des groupes insurgés.


Les Américains ont chaudement apprécié l'arrestation à Karachi, à la mi-février, du mollah Baradar, le principal chef militaire de l'insurrection des talibans afghans. Ils applaudissent en outre les opérations de l'armée pakistanaise déclenchées à l'automne 2009 dans la zone tribale du Sud-Waziristan, une offensive qui a fait suite à la reconquête de la vallée de Swat au printemps.


A Washington, les satisfecit pleuvent. Lundi, le général
David Petraeus, chef des forces armées américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, a "félicité" le général Kayani pour "les gains obtenus de haute lutte" contre les talibans, jugeant même "impressionnante" la campagne engagée par l'armée d'Islamabad.


Les Pakistanais sont maintenant à Washington pour présenter la facture. Leur bonne volonté dans la lutte antitalibans n'est évidemment pas gratuite, et mérite à leurs yeux une récompense. Outre des indemnisations financières, qui s'ajouteront à l'enveloppe d'aide civile de 7,5 milliards de dollars sur cinq ans débloquée par le Congrès américain, ainsi que la possibilité de s'offrir certains armements (drones), ils vont demander à Washington de répondre à leurs préoccupations stratégiques envers l'Inde.


Les Américains ont-ils signé en 2005 un accord de coopération sur le nucléaire civil ? Islamabad souhaite bénéficier de la même faveur, et ce en dépit d'un passé de prolifération qui pèse toujours sur son image internationale. Cette même rivalité avec l'Inde conduit les Pakistanais à exiger le démantèlement des réseaux d'influence de New Delhi en Afghanistan, qui se sont étoffés depuis la chute du régime taliban fin 2001. Le général Kayani a ainsi rappelé que le Pakistan cherchait à s'assurer en Afghanistan "une profondeur stratégique" que seul un régime "ami" à Kaboul peut garantir.


Les Indiens vont observer de très près la réponse américaine aux requêtes pakistanaises. A New Delhi, la crainte de faire les frais du resserrement en cours de la coopération stratégique entre Islamabad et Washington, en particulier sur le théâtre afghan, est réelle. "Les Américains trahissent une partialité en faveur du Pakistan qui est assez démoralisante", commente
Mondira Dutta, spécialiste de l'Afghanistan à l'université Jawaharlal Nehru de New Delhi.


L'Inde a lourdement investi depuis 2001 afin de se ménager des soutiens au plus haut niveau de l'Etat afghan. Avec 1,5 milliard de dollars dépensés en programme de coopération, elle est le sixième plus gros bailleur international dans la reconstruction de l'Afghanistan. Quatre mille coopérants indiens sont sur le terrain.


Les Pakistanais ont toujours dénoncé cette présence comme une couverture à des manoeuvres de déstabilisation contre leurs intérêts. Le fait nouveau pour New Delhi est que cette thèse pakistanaise trouve un écho grandissant, dans les capitales occidentales mais aussi à Kaboul. Face à cette menace, l'Inde explore des options nouvelles, à l'écart d'un jeu américain qui n'offre plus la même garantie qu'au lendemain de 2001. Selon Mme Dutta, "l'Inde va tenter de développer une approche commune avec la Russie et l'Iran sur le dossier afghan".


NB : Cet article de Frédéric Bobin a été publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 25 mars 2010

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 22:35

Un retrait précipité des troupes occidentales d'Afghanistan pourrait avoir des conséquences tragiques, a estimé mardi le secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI).


Les Etats-Unis ont décidé de déployer 30.000 hommes supplémentaires cette année en Afghanistan pour tenter d'inverser la tendance, face à des taliban dont l'insurrection s'amplifie. Cette année est ainsi devenue un tournant crucial, après huit ans de guerre, alors que Washington a l'intention d'entamer son retrait à la mi-2011.


Des alliés de l'Otan ont promis d'augmenter leur contingent, mais les Pays-Bas et le Canada, qui à eux deux fournissent 5.000 hommes, prévoient de retirer leurs troupes en 2010 et 2011.


" Il faut calculer avec prudence le retrait des troupes étrangères d'Afghanistan ", a déclaré Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l'OCI lors d'une conférence de presse à Islamabad.


Cet appel à la prudence intervient à un moment délicat. Le président afghan Hamid Karzaï a eu lundi pour la première fois des discussions directes à Kaboul avec une délégation de haut rang du Hezb-i-Islami, mouvement rival des taliban et l'un des trois principaux groupes d'insurgés.


L'OIC, qui regroupe 57 pays musulmans, cherche à jouer un rôle plus important dans le règlement des crises dans le monde musulman en facilitant le débat entre les différentes branches de l'islam.


Après avoir soutenu les moudjahidine afghans dans leur lutte contre l'occupation soviétique, dans les années 1980, l'intérêt des Etats-Unis pour l'Afghanistan s'est estompé et le pays a glissé dans la guerre civile.


" Nous ne devons pas recréer un exemple post-soviétique. Nous devons être prudents (quant au retrait) et cela doit se faire avec l'accord du peuple d'Afghanistan et de toutes les parties prenantes ", a dit Ihsanoglu. " Sinon, cela aboutira à une nouvelle guerre civile, et il faut l'éviter ".

Source : Reuters


Par De La Boisserie - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 16:59

The Lisbon Treaty strengthens the EU as it stands today but with no further objectives.

The way it has embedded unanimity in key areas will put huge pressure on the European Council.

Pierre Defraigne argues that the coming decade will be marked by greater intergovernmentalism.

This speech claims that only the collective leadership of Heads of State and Governments and the President of the Commission under President Van Rompuy’s chairmanship can break the deadlock over the EU’s economic governance and defence.

The entire speech : prd - 14 jan 2010 - through an intergovernmental decade - a prd - 14 jan 2010 - through an intergovernmental decade - a

Pierre Defraigne is Executive Director, Madariaga – College of Europe Foundation


Par ERASME - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 13:54


Relations internationales, organisation des armées, conduite des opérations et parmi
elles, l’Afghanistan, pour laquelle « l’année 2010 sera une année déterminante » : le nouveau chef d'état-major des Armées, l’amiral Edouard Guillaud, fait un point sur les dossiers importants de l’état-major des armées.

Un entretien publié dans le numéro de mars du magazine
Armées d’aujourd’hui, et que nous vous livrons intégralement.

Amiral Guillaud Amiral Guillaud

Source : http://www.defense.gouv.fr/defense/

 









 










Par De La Boisserie - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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