Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne

Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 15:52

Avec les Sommets de la zone euro et la procédure de contrôle de la discipline budgétaire entre les Etats membres, c’est le « gouvernement économique » souhaité depuis si longtemps par la France qui se met peu à peu en place, dans la douleur. Et pourtant, cela marche mal : les « Sommets de la dernière chance » se succèdent sans conséquence concrète tangible. Il y manque quelque chose. La légitimité démocratique.

Nous l’oublions facilement, surtout, nous Français, nourris d’une longue tradition qui confond le pouvoir politique avec le seul pouvoir exécutif : il n’y a pas de démocratie sans contrôle, et même sans contre-pouvoir parlementaire. Tant que nos grands dirigeants se contentent d’échanger leurs expériences et de déboucher sur de grandes orientations communes, nul n’y trouve à redire. Mais s’ils prétendent fixer les grandes lignes de leurs propres budgets nationaux dans le huis clos des réunions bruxelloises, alors danger ! Le budget, c’est le coeur de l’action politique, et, dans chacun de nos pays, c’est la prérogative historique du Parlement. Un collectif de Premiers ministres ne peut pas prétendre confisquer ce pouvoir à son profit sous prétexte de l’urgence européenne.

A cette objection, les intéressés répondent que chacun est issu, chez lui, d’une élection démocratique et qu’après chaque Sommet il va devant son Parlement national qui aura le dernier mot. Certes, mais le contrôle d’un vrai « gouvernement économique » unique ne peut pas être éclaté entre 27 parlements nationaux. Une politique européenne qui donne lieu à des débats franco-français à Paris, germano-allemands à Berlin, anglo-britanniques à Londres, portugo-lusitaniens à Lisbonne, slovéno-slovènes à Ljubljana… n’a plus rien d’européen. En principe, le Parlement européen est le lieu privilégié du débat d’échelle continentale. Mais en matière budgétaire, son pouvoir est limité au seul budget communautaire : quelle légitimité aurait-il pour décider du contenu des budgets nationaux ? Même l’Assemblée nationale ne peut prétendre dicter la politique budgétaire de la région Aquitaine ou de la ville de Bayonne.

Nous avons donc besoin que chaque Sommet européen consacré à la politique économique ou/et la discipline budgétaire soit précédé, accompagné ou suivi d’un Sommet parlementaire, d’un forum représentatif de tous les parlements d’Europe. Ce sera l’occasion d’un débat public, dans toute sa dimension européenne, permettant aux porte-parole de tous les grands partis nationaux de prendre la mesure des vrais enjeux des choix proposés et de prendre leurs responsabilités, nationales et européennes devant leurs pairs. Prenons un seul exemple : imaginons qu’un tel forum ait pu être saisi de la crise grecque, dès l’origine. Les députés du Bundestag auraient pu expliquer pourquoi il était hors de question que les contribuables allemands se substituent aux contribuables grecs si défaillants ; en réponse, les députés grecs auraient pu plaider que l’excès de rigueur auquel leur pays était condamné risquait de le faire mourir guéri ; et les dirigeants de l’opposition grecque auraient été obligés, devant toute l’Europe, d’essayer de justifier leur injustifiable attitude de blocage systématique. Le traitement de la crise aurait été profondément différent. Et l’Europe en serait sortie bien mieux consciente de la solidarité politique que rend désormais nécessaire la communauté de destin dans laquelle nous voilà décidément engagés de manière irréversible.

Bonne nouvelle : une telle idée n’est plus seulement un voeu pieux. Le Parlement européen l’a officiellement proposée fin novembre. Nous préparons une première réunion interparlementaire de ce genre pour février prochain. Sans attendre un hypothétique nouveau traité. L’urgence démocratique n’est pas moins grande que l’urgence financière.

 

Alain Lamassoure, Député européen, est Vice-président de Confrontations-Europe

 

Source : http://www.confrontations.org/images/confrontations/publications/Interfaces/Interface%2072%20FR.pdf


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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 00:34

 

Nouveau traité européen, mise en place du mécanisme de stabilité financière, nouvelles présidences au Parlement, au Conseil et au Conseil européen... si 2012 réserve son lot d'imprévus pour l'Europe, quelques dates importantes peuvent déjà être annoncées. 

 

En particulier, la Commission devrait proposer plusieurs textes en 2012, parmi lesquels une réforme du secteur financier visant à mieux protéger les investisseurs, une modernisation de la TVA, la création d'un Espace européen de la recherche structuré, une nouvelle proposition sur la libéralisation du rail, une initiative sur la gestion collective des droits de propriété intellectuelle, la publication d'un "agenda du consommateur européen", le renforcement des services publics de l'emploi, un plan de sauvegarde des ressources hydriques…

 

Voir à cet égard l'article proposé par le site : www.touteleurope.eu/

http://www.touteleurope.eu/fr/actions/construction-europeenne/information-et-communication-sur-l-europe/actualite/actualite-vue-detaillee/afficher/fiche/5638/t/48468/from/2257/breve/2012-les-dates-a-retenir.html?cHash=1e523f8282?xtor=EPR-10

 

 

 

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 07:10

Le lecteur trouvera ci-après le programme prévisionnel des travaux du Conseil de l'Union européenne lors de la présidence danoise entre le 1er janvier et le 30 juin 2012.

 

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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 14:27

L’approche peut paraître institutionnelle. Mais le contenu est passionnant. Et je ne saurai trop recommander à ceux que la « chose » européenne intéresse de lire cet ouvrage.  Rédigé par un chercheur (Olivier Costa est au CNRS) et un praticien (Florent St Martin est assistant parlementaire au Parlement, en même temps qu’il enseigne à ScPo Lille et Paris), le livre se veut à la fois didactique pour le profane comme détaillé pour celui qui maîtrise déjà certaines questions. Sans concessions aucune. De la politisation croissante du Parlement à la question sensible de la représentation des intérêts (les fameux lobbies) en passant par le salaire des députés, leurs avantages ou le déroulement des séances plénières, on peut lire ce livre par séquence. Ce qui est passionnant au Parlement, et est bien retracé dans le livre, est la découverte d’une institution en perpétuelle recherche d’elle-même : une organisation qui balance entre mimétisme et recherche d’efficacité ; un pouvoir législatif qui hésite entre influence et dépendance ; ou ses relations, parfois difficiles, parfois complémentaires, avec les parlements nationaux et la société civile. A lire après Noël. Un excellent ouvrage de rentrée.

 

Le Parlement européen, Olivier COSTA, Florent SAINT MARTIN (Editions La Documentation française, collection Réflexe Europe – Institutions et Politiques, 232 pages, 14 euros).

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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 11:25

Le Danemark a succédé à la Pologne au 1er janvier 2012 à la tête de la présidence tournante de l'Union européenne. Ce pays de 5,6 millions d'habitants assure pour la septième fois la présidence depuis son entrée dans la Communauté économique européenne en 1973. Chypre prendra le relais le 1er juillet 2012.
La social-démocrate Helle Thorning-Schmidt, à la tête du gouvernement depuis septembre, a promis de tout faire pour favoriser la concertation entre les 17 pays de la zone euro et les dix autres membres de l'UE sur les sujets concernant l'Union à 27, rapporte Euractiv.
Parmi les grands défis de l'année 2012, figurent la résolution de la crise de la zone euro, dont le Danemark, comme neuf autres Etats membres de l'Union européenne, ne fait pas parti.
Selon l'agence danoise Ritzau, "formellement, le Danemark ne peut ni ne doit résoudre la crise de l'euro." Mais Helle Thorning Schmidt a récemment assuré que Copenhague s'efforcerait "d'être un pont entre les 17 et les 27" afin d'empêcher que ne se creuse le fossé entre la zone euro et les autres membres de l'UE, note le NouvelObs.
Outre cet objectif, l'autre défi du Danemark est de relancer la croissance dans l'UE. Pour cela, Copenhague entend miser sur les technologies vertes et les énergies renouvelables. "Chaque euro dépensé dans l'efficacité énergétique assurera des emplois européens", a affirmé le ministre du Climat, de l'énergie et de la construction Martin Lidegaard, indique Le Monde.
Ida Auken, ministre de l'Environnement, ajoute qu'"il ne faut pas négliger une crise tout aussi importante [que la crise financière] : la crise environnementale." Les questions de l'agriculture, de la pêche et des transports figureront donc également au cœur de l'agenda danois.
Copenhague entend encore moderniser le marché unique, qui fêtera ses vingt ans en 2012 : "Nous ferons en sorte qu'il soit plus facile et plus sûr de faire du commerce sur Internet à travers les frontières, a promis le Premier ministre. "Et nous travaillerons pour que les entreprises européennes obtiennent des positions fortes sur les marchés mondiaux", a précisé Helle Thorning Schmidt, rapporte Le Figaro. Copenhague veut ainsi favoriser  des accords entre les entreprises européennes et le Japon, le Canada, l'Inde et la Tunisie notamment.
Le Danemark a obtenu en 1993 des dérogations dans trois domaines majeurs : la défense commune, la coopération judiciaire et la citoyenneté européenne. Pour ce pays qui possède l'une des politiques d'immigration les plus restrictives d'Europe, "nous avons besoin d'une Europe sûre. À l'ère de la mondialisation, la sécurité et la liberté de nos citoyens ne peuvent être assurées que par des efforts concertés au niveau européen", a précisé Mme Thorning Schmidt, selon EurActiv.fr.

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