Les grands enseignements de l'Histoire

Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 11:36

Le 5 juin 1947, dans un discours prononcé à l'Université de Harvard, le général George C. Marshall annonce un programme d'aide au développement comme le monde n'en avait encore jamais connu.

Ce «programme de reconstruction européenne» (European Recovery Program ou ERP) gardera dans l'Histoire le nom de son auteur.

* Générosité intéressée

Né en 1880 en Pennsylvanie, le rapporteur du plan a gravi les échelons sans passer par la prestigieuse académie militaire de West Point comme la plupart des officiers d'état-major américains. Conseiller militaire du président Roosevelt pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été nommé au grade de général d'armée à la fin de celle-ci.

Secrétaire d'État (ou ministre des Affaires étrangères) dans le gouvernement du président Harry Truman, George C. Marshall veut aider l'Europe (y compris l'URSS) à se remettre sur pied au sortir de la Seconde Guerre mondiale... En lui donnant les moyens de lutter «contre la famine, le désespoir et le chaos», il veut aussi lui éviter qu'elle ne redevienne la proie des dictatures.

Seize pays acceptent en définitive l'aide américaine : Autriche, Belgique, Danemark, Irlande, France, Grande-Bretagne, Grèce, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Turquie (en fait, tous les pays qui ont échappé en 1945 à l'occupation soviétique). En 1949, ils sont rejoints par la République fédérale allemande (RFA).

Pour la répartition de l'aide américaine et la promotion des échanges au sein du Vieux Continent, les Européens mettent en place le 16 avril 1948 une organisation supranationale : l'OECE (Organisation européenne de coopération économique).

En septembre 1961, cette organisation s'ouvrira aux autres pays développés du monde occidental et prendra le nom d'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour «promouvoir des politiques visant à contribuer à une saine expansion économique dans les pays membres, ainsi que non membres en voie de développement».

 * Vers une scission de l'Europe

Cependant, Molotov, commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l'Union soviétique, refuse l'aide américaine sous prétexte de souveraineté nationale. C'est un premier couac dans les relations entre l'URSS et les États-Unis, les deux anciens alliés de la guerre contre Hitler.

À l'instigation de Staline, maître tout-puissant de l'Union soviétique, les États d'Europe centrale occupés par l'Armée rouge, refusent le plan Marshall et l'adhésion à l'OECE. La Tchécoslovaquie est un moment tentée d'accepter. Mais un coup d'État communiste la remet dans le «droit chemin».

On est en pleine «guerre froide» et Staline ne veut en aucune façon que ces États ne lui échappent. Ils lui paraissent indispensables à sa sécurité dans l'éventualité d'un conflit ouvert avec les États-Unis.

En guise de lot de consolation, Staline fonde le 25 janvier 1949 une organisation économique rivale de l'OECE : le Conseil d'aide économique mutuelle, plus connu sous son sigle anglais, Comecon (Council for Mutual Economic Assistance).

Outre l'URSS, il comprend la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Il est bientôt rejoint par l'Albanie, la République démocratique allemande (RDA), la Mongolie et plus tard Cuba. La Yougoslavie en est membre associé.

Le Comecon se donne pour objectif l'intégration économique de l'ensemble de ses adhérents par le biais d'une «division socialiste du travail». Dans les faits, par cette gestion centralisée et autoritaire des économies est-européennes, le Comecon va pressurer de toutes les manières possibles les pays d'Europe centrale au profit de l'URSS, au prix d'un énorme gâchis.

Efficace sous conditions

Autrement plus efficace se révèle le plan Marshall. Étalé sur 4 ans, jusqu'en 1952, il se traduit par un total de 13 milliards de dollars de prêts ou de dons, en argent ou en nature : tracteurs, biens d'équipement... [l'équivalent d'environ 170 milliards de dollars d'aujourd'hui (2007)].

Pour les pays qui ont déjà une structure sociale solide et une population bien formée, l'aide américaine s'avère d'un profit immédiat. Elle relance l'investissement et la consommation et retentit même sur l'économie américaine en favorisant les exportations de celle-ci vers le Vieux Continent.

Dans les pays méditerranéens moins avancés, qui souffrent d'institutions opaques, l'aide se perd dans les méandres des circuits administratifs et de la corruption, sans profit pour les citoyens et l'économie...

George C. Marshall recevra en 1953 le Prix Nobel de la Paix en reconnaissance de son action. -

 

Source : André Larané

 

Pour en savoir plus, voir notamment : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19470605

 

 

Par ERASME - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 07:18

Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n'a pas été enregistré.


« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

Source : http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1940-1944-la-seconde-guerre-mondiale/l-appel-du-18-juin/documents/le-texte-de-l-appel-du-18-juin-1940.php

Par Patrice Cardot - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 07:37

L'Europe communautaire fête son soixante et unième anniversaire. Le 9 mai 1950, en proposant à l'Allemagne fédérale et aux autres pays européens qui voulaient s'y joindre de créer une Communauté d'intérêts pacifiques, Robert Schuman accomplit un acte historique. Non seulement il effaçait, en tendant la main aux adversaires de la veille, les rancunes de la guerre et le poids du passé, mais en outre il mettait en route un processus totalement nouveau dans l'ordre des relations internationales, en proposant à des vieilles nations de retrouver ensemble, par l'exercice en commun de leurs souverainetés, l'influence que chacune d'elles se révélait impuissante à exercer seule.

 

Voici le texte de sa déclaration : schuman-fr schuman-fr

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 12:28

Les premiers pas de la Résistance à l'automne 1940, longtemps négligés par les chercheurs, sont de mieux en mieux connus. Depuis cinq ans environ, des thèses sont soutenues, des livres paraissent, des colloques sont organisés... Une série sur les plus récents travaux sur ces pionniers de la Résistance qui initièrent, il y a tout juste soixante-dix ans, la lutte contre un occupant qui semblait invincible.

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Par ERASME - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 13:21

La Conférence des Présidents du Parlement européen a décidé, le 9 septembre dernier, d'organiser une séance solennelle afin de commémorer le 20ème anniversaire de la réunification allemande. Cette célébration aura lieu à Bruxelles le jeudi 7 octobre à 12 heures.

Pour cette cérémonie, le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a souhaité inviter des personnalités de premier plan ayant vécu personnellement cette réunification allemande. Ainsi, deux "grands témoins" ont été conviés : M. Lothar de Mazière, ancien Ministre-président du premier gouvernement démocratiquement élu de la République démocratique allemande (RDA) et M. Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne.

Dans un message audiovisuel, le Président du Parlement européen a félicité l'Allemagne pour sa cérémonie de commémoration de la réunification allemande, déclarant que " l'Allemagne a toutes les raisons de célébrer le 20ème anniversaire de la réunification comme un véritable succès. L'Allemagne a beaucoup accompli durant ces 20 dernières années. La partie dite "de l'Est" de l'Allemagne est désormais dans une situation bien meilleure qu'il y a 20 ans. Dresden, Erfurt, Magdeburg, Schwerin et Potsdam sont à nouveau de magnifiques villes et de fières capitales des cinq nouveaux Land ".

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre sur notre site et à nous faire part de vos conseils  http://www.europarl.fr/view/fr/Accueil_backup1.html?_mfb=128621165323061186033

 

Source : Service de presse du Parlement européen

 

 

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