Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat

Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 13:07

Voici la troisième note de la série que la Fondapol consacre aux enjeux et aux contentieux de valeurs. Elle est intitulée la Fraternité et nous la devons à Paul Thibaud. Essayiste, Paul Thibaud redonne ses lettres de noblesse à cette notion fondatrice de la République française.

 

La Fraternité

 

25 pages, 3 € | Juin 2011 | ISBN : 978-2-36-08-006-3

 

Voir la version électronique : http://www.scribd.com/doc/58612770/Paul-Thibaud-La-Fraternite

 

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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 09:28

La septième note de notre série sur les valeurs, que nous devons à Alain-Gérard Slama, est consacrée à la notion de responsabilité, étudiée dans une perspective généalogique.

Fondement majeur de nos sociétés démocratiques, intrinsèquement liée à la modernité, l’idée de responsabilité est aujourd’hui en crise. Ce phénomène traduit un « syndrome de régression », un retour à une société totalisante, voire « holiste », où l’individu est irrémédiablement subordonné à des nouvelles formes d’appartenance au sein desquelles il se retrouve aliéné.

En réponse à cette crise, qu’il relie avec le délitement de l’État providence, Alain-Gérard Slama propose une solution inscrite dans la tradition libérale française, qui consiste en la création d’un système de solidarité assurantielle.

 

La responsabilité – Alain-Gérard Slama

ISBN : 978 2 36408 018 8 | Novembre 2011 | 32 pages

Voir la version électronique de l'ouvrage : http://www.scribd.com/doc/72773612/La-responsabilite-Alain-Gerard-Slama

 

Source : http://www.fondapol.org/etude/pensee-valeurs/la-responsabilite-alain-gerard-slama/

 

Voir également sur ce blog :

 * La notion de responsabilité politique sous la Ve République

 * La responsabilité politique en droit constitutionnel

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 21:55

Un peu partout en "Occident", on assiste à autant de dénis démocratiques que de dénis de responsabilités !

Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique, en Amérique su sud, sur les rives sud et orientale de la Méditerranée, ou ailleurs, il ne se passe pas un seul jour sans que les Etats commettent des actes contraires aux valeurs 'universelles', souvent anciennes, comme aux principes démocratiques que l'Occident 'judéo-agnostico-chrétien' s'est si souvent honoré - et vanté - d'avoir fait émerger ! 

Qu'il s'agisse de certaines mesures d'exception prises un peu partout dans le monde dans le cadre de la lutte contre le terrorisme (cf. La lutte contre le terrorisme dans les démocraties occidentales : État de droit et exceptionnalisme, par Colombe Camus ainsi que  Démocratie, élections et terrorisme - ou de l'art de convoquer les peurs pour se maintenir au pouvoir -), des mesures discriminatoires et autoritaires prises à l'encontre des Roms en Italie ou en France, des sans-logis, des demandeurs d'asile,  des actions violentes menées à l'encontre des opposants politiques dans cette Russie moderne dont on pouvait attendre des avancées démocratiques bien plus significatives qu'elles ne l'ont réellement été à cet égard, ou encore des mesures répressives prises à l'encontre des constestataires partout dans le monde, et notamment sur le sol africain, à chaque fois sont piétinés et l'esprit, et la lettre, de ces valeurs et de ces principes dont tous les textes les plus fondamentaux se réclament (Textes sacrés, Constitutions et Lois fondamentales nationales, Traités européens, Traités, Conventions et Protocoles internationaux, ...) !

Y compris, et c'est là que réside le plus grave, par ceux qui sont membres de ces mêmes groupes de pensée, associations caritatives, et obédiences de toutes sortes, même celles qui se présentent comme philantropiques, qui ont pourtant favorisé jadis leur émergence, leur promotion et leur sauvegarde au cours de l'Histoire ! (cf. notamment à ce sujet les articles suivants : Charte des Nations Unies déposée dans les archives du Gouvernement des Etats-Unis d'Amérique (San Francisco, 26 juin 1945)Préambule de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne ; La Charte européenne des droits fondamentaux ; La fin d'une "belle" époque ! ainsi que FRANC-MACONNERIE ET LE TEMPLE ainsi que les articles auxquels ils renvoient). 

Comment ne pas nous emporter devant la forfaiture de ces groupes politiques autrefois porteurs de ces mêmes valeurs et de ces mêmes principes dans les Etats démocratiques ou en voie de transition démocratique, et qui, comme l'Internationale socialiste, renoncent à assumer leur responsabilité devant l'Histoire (cf. àc et égard Tunisie, Hongrie : l’honneur perdu des socialistes européens, par Jean Quatremer (Coulisses de l'Europe)) quand ils hébergent en leur sein - et protègent - des individus dont les comportements sont indignes de leur éthique présumée ! Laurent Gbagbo et Zine El Abidine Ben Ali n'en sont-ils pas ou n'en étaient-ils pas de "très honorables membres" ? Pour ne citer qu'eux qui défraient aujourd'hui toutes les chroniques, alors que bien d'autres, bien plus proches de nous, poursuivent leur forfaiture en toute impunité quand ce n'est pas avec la bénédiction de leurs maitres et leaders !

En Israël, dans cet Etat auquel serait lié notre destin commun (cf. "L'avenir d'Israël est notre destin" écrit José Maria Aznar au président du Parlement européen ), il ne se passe pas une semaine sans que l'on assiste à des scandales mettant en cause les institutions et ceux qui les servent. Pour preuve, parmi d'autres, les actions répressives prises à l'encontre des actions humanitaires et des Bédouins.

Alors qu'au début du millénaire, les responsables politiques européens avaient eu le courage et la loyauté politiques de sanctionner le gouvernement autrichien de Jörg Haider pour avoir "violé" ces mêmes principes et valeurs conformément aux dispositions idoines du traité sur l'Union européenne, aujourd'hui, aucune institution européenne n'use de ses compétences pour faire valoir ces mêmes obligations (cf. Des valeurs, des droits et de l'état de droit dans l'Union européenne : rappel de quelques éléments du Traité de Lisbonne - nouvelle édition - ) !

Un sursaut est-il encore possible, en Europe tout au moins ?

Il est permis d'en douter ! (cf. Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit .... (Pasteur Martin Niemöller) ou encore Tunisie : "Un silence embarrassé prévaut en Europe" (Le Monde)).

Mais il est encore davantage nécessaire et urgent d'y croire !A certaines conditions, naturellement !

La première d'entre elle est de réunir le maximum de ces volontés - individuelles et collectives - à même d'agir pour qu'il en soit ainsi, chacun à sa place, avec ses propres atouts, sans bafouer ces valeurs et ces principes que l'on entend sauvegarder !

Une société interculturelle est possible en Europe ! Agissons pour qu'il en soit ainsi ! (cf. Assez d’atteintes aux droits et à la dignité des personnes dans les préfectures (appel à manifestation publique) )

 

Voir également les articles suivants :

 * La Fraternité, par Paul Thibaud (Fondapol)

 * Les limites démocratiques de ces alternances politiques forcées par la dictature de crises systémiques dévastatrices !

 * Repenser la souveraineté, par Richard N. Haass

 * La notion de responsabilité politique sous la Ve République

 * La responsabilité politique en droit constitutionnel

 * La responsabilité, par Alain-Gérard Slama (Fondapol)    

 * Appel en faveur d'un nouveau pacte politique et démocratique en Europe ! - troisième partie -

 * Les fédéralistes européens appellent au respect de la liberté de la presse

 * La nouvelle condition humaine d'après Auschwitz, par Gilles Bernheim (nouvelle édition) ;

 * Lutte contre le terrorisme et protection du droit au respect de la vie privée : le point de vue du Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe ;

 * Faire connaître les valeurs de la République ;

 Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition -  ;

 * De la restriction des droits et des libertés dans l'Union européenne ! - nouvelle édition -  ;

 * Rêvons ensemble à une République qui offrirait à la Nation et à ses citoyens un cadre et une référence sans faille pour leur épanouissement ! - nouvelle édition - ;

 * Et l'homme dans tout ça ? par Axel Kahn (Editions Pocket) ;

 * " If citizens have a voice, who’s listening ? Lessons from recent citizen consultation experiments for the European Union ", by Stephen Boucher (EPIN - Working Paper No. 24 / June 2009) );

et bien d'autres encore !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 13:44

Cet article a pour objectif de faire connaitre le philosophe libéral  américain John Rawls à partir d'un article intitulé "Le voile d'ignorance" qui lui a été consacré par Luc de Brabandere et Stanislas Deprez sur le site lalibre.be (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/428359/le-voile-d-ignorance.html), et dont voici les principaux éléments.

" John Rawls naît le 21 février 1921 à Baltimore, aux Etats-Unis. Enrôlé comme soldat pendant la Seconde guerre mondiale, il est marqué par la catastrophe de la bombe atomique à Hiroshima. Il quitte alors l'armée et passe un doctorat de philosophie morale à l'université de Princeton, où il devient professeur. Il enseigne ensuite à Oxford, à Cornell, au MIT et enfin à Harvard, où il restera jusqu'à la fin de sa carrière. Dans les années 1960, il mûrit le projet d'un livre qui paraît en 1971 sous le titre de "Théorie de la justice". L'ouvrage est une révélation, au point d'être le traité de philosophie le plus lu du XXe siècle. Rawls y renouvelle complètement la philosophie politique. On lui doit aussi notamment "La Loi des peuples" (1995), une théorie sur la justice internationale. John Rawls meurt le 24 novembre 2002.

Dans sa "Théorie de la justice", Rawls veut fonder une morale sociale qui équilibre la liberté de chacun et la solidarité entre tous. Avec les libéraux et contre les utilitaristes, il refuse la soumission des individus au groupe, à la loi du plus grand nombre. Mais contre les libéraux, il soutient que la liberté individuelle ne dispense pas de s'occuper de ses concitoyens. En outre, Rawls ne se contente pas de déterminer ce qui est juste dans telle société donnée. A la suite de Kant, il veut établir les fondements de toute société qui cherche à être juste. Pour cela, Rawls énonce deux principes [qui s'apparentent quelque peu aux principes économiques de Maurice ALLAIS] :

1. Toute personne a un droit égal à l'ensemble le plus étendu de libertés fondamentales égales qui soit compatible avec un ensemble de libertés pour tous. Ce "principe de liberté" stipule qu'il faut augmenter le plus possible les libertés de chacun, la seule limite étant que la liberté d'une personne entraîne la perte de liberté de quelqu'un d'autre. Ce principe est essentiel, mais il ne peut suffire à faire une société juste, car en pratique, toutes les sociétés engendrent des inégalités. Pour Rawls, celles-ci sont même une bonne chose, à condition qu'elles favorisent l'équité. D'où le second principe.


2. Les inégalités sociales et économiques doivent satisfaire deux conditions : elles doivent être (a) au plus grand bénéfice des membres les moins avantagés de la société ; et (b) attachées à des fonctions et positions ouvertes à tous dans des conditions d'égalité équitable des chances. Par ce "principe de différence", Rawls affirme que les inégalités doivent être au service des plus pauvres et que toutes les fonctions (poste de travail, fonction politique...) doivent être ouvertes à tous (à compétences égales).

Prenons un exemple. Un chef d'entreprise souhaite engager un informaticien. Or, il se trouve que son fils est justement programmeur. Le patron peut-il engager son fils sans autre procédure ? Non, car il ne respecterait pas l'égalité des chances de tous. Pour être juste, il doit faire un appel d'offre et engager l'informaticien le plus compétent. Et si deux candidats sont aussi bons l'un que l'autre, le premier étant sans travail et le second ayant déjà un emploi ? L'employeur doit engager celui qui est le moins avantagé par la société, c'est-à-dire celui qui est chômeur.


Ces principes peuvent paraître très rigoristes, voire inapplicables en réalité. Ils paraissent aussi restreindre fortement la liberté de choix des individus. Pourquoi un patron n'aurait-il pas le droit d'engager son fils dans sa propre entreprise ?


Pour faire saisir son idée de la justice, Rawls imagine une fiction : des individus, libres et égaux, doivent inventer les principes selon lesquels ils vont vivre ensemble. Ils peuvent choisir n'importe quel système mais sans savoir quelle place ils y occuperont (c'est ce que Rawls nomme la fiction du voile d'ignorance). S'ils décident que la moitié d'entre eux seront les esclaves des autres, ils se donnent une chance sur deux d'être maîtres, mais aussi une chance sur deux d'être serviteurs. Ils peuvent décider d'être tous rigoureusement égaux, mais peut-être entreront-ils dans la société avec un handicap physique, qui ne leur permettra pas de subvenir seuls à leurs besoins. Avec ce voile d'ignorance, Rawls soutient que chacun cherchera à se protéger du pire et voudra donc limiter la liberté individuelle par des règles favorisant la solidarité et l'aide aux moins avantagés. Soit précisément ce que Rawls propose avec ses deux principes. "

Par Patrice Cardot - Publié dans : Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 09:13

Nicolas Sarkozy, le 24 octobre 2005, déclarait au Monde : " Je ne trouve pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales. J'ouvre un débat en faveur d'une mesure que je pense juste. " Un mois après, il récidivait dans les colonnes de Libération, ajoutant qu'il avait évoqué ce projet dès 2001 dans son livre Libre.
Le 19 octobre dernier, soit six ans plus tard, Thierry Mariani, membre de la " Droite populaire ", aile dure du parti du même Nicolas Sarkozy, lance une pétition nationale contre l'éligibilité et le vote aux élections locales des étrangers issus des pays hors Union européenne. On y parle d'imposture idéologique, de démarche anachronique, d'absurdité symbolique et de manoeuvre électoraliste. Et comme il y a plusieurs droites à droite, une certaine " droite libre ", " mouvement libéral-conservateur associé à l'UMP ", lance sa propre pétition, associant, pour faire grand peur aux Français, danger islamiste et droit de vote des immigrés.
Et pourtant, recroquevillées dans leur château élyséen, nos droites se trompent en imaginant nos concitoyens plus xénophobes qu'ils ne le sont. Un sondage Harris Interactive réalisé les 28 et 29 octobre montre qu'une fois qu'ils ont été informés que les étrangers issus des pays membres de l'UE, installés en France, ont le droit de vote aux élections municipales (et européennes), 59 % se déclarent favorables à l'extension de ce droit aux étrangers résidents non-membres de l'UE. Et 56 % s'affirment également favorables à ce que tous les étrangers vivant en France puissent prendre part à l'ensemble des élections locales, contre 41 % qui s'y opposent.
L'octroi de ce droit, qui concerne plus de 3 millions de personnes, est sacrifié par la droite sur l'autel d'un nationalisme d'un autre temps. Nous sommes entrés dans une ère postnationale, où la citoyenneté ne peut plus être l'apanage des seuls nationaux. C'est en vain, nous l'espérons, que nos droites chauvines tentent de relancer leurs vieilles rengaines au parfum de terroir, pour occulter leur incapacité à innover. Quand le pays est au bord du gouffre, elles ne trouvent à nous servir que des poncifs éculés, espérant divertir le peuple, au lieu de lui insuffler énergie et espoir. Glorifier le passé - celui de la nation - ne " coûte pas cher ". Construire l'avenir exige plus de volontarisme et d'inventivité.
L'intégration, tout le monde en parle ! Mais il ne saurait y en avoir sans que la société d'accueil s'engage, de son côté, à " intégrer ". Or l'octroi du droit de vote serait, de ce point de vue, un acte positif. Il démontrerait à ceux, venus d'ailleurs, qui travaillent pour faire tourner la machine économique, qui élèvent leurs enfants dans notre pays et qui y paient leurs impôts, que les " nationaux " les reconnaissent comme leurs égaux et leur demandent à ce titre de participer à la vie de la République.
On sort là de la très théorique promotion de l'" égalité des chances ", ce dernier loto à la mode. C'est par le vote, d'abord, qu'on responsabilisera les immigrés résidant en France depuis au moins cinq ans, et au-delà, par l'exemple, leurs propres enfants, 23 % des Français issus de l'immigration déclarant ne pas être inscrits sur les listes électorales, contre 7 % des Français " d'origine ". Une manière aussi, pour eux, de faire entendre leurs voix pour faire changer leur condition au quotidien et sensibiliser leurs concitoyens à leurs problèmes. Mettons plus de République dans l'immigration et plus d'immigration dans la République. C'est la démocratie qui y gagnera.
Le traité de Maastricht, en 1992, ébauchait la notion de citoyenneté européenne en accordant le droit de vote et l'éligibilité aux élections locales et européennes aux résidents étrangers des pays membres de l'UE. Ce n'est qu'aux élections municipales de 2001 que la France, traînant les pieds jusque-là, appliquera ce principe. Une certaine droite, à nouveau, freine des quatre fers, distinguant cette fois entre " bons " et " mauvais " résidents étrangers. Une discrimination flagrante que la France reste un des derniers pays européens à pratiquer.
Le droit qu'on prétend discuter encore faisait déjà partie des " 110 " propositions de François Mitterrand, candidat socialiste à la présidentielle de 1981. Presque vingt ans plus tard, entre octobre 1999 et janvier 2000, quatre propositions de loi sont déposées à l'Assemblée nationale par la gauche plurielle. Les Verts, qui, sur cette question, sont en première ligne depuis 1981, signent la première, qui sera discutée en séance publique, en avril 2000, et c'est le député Noël Mamère qui en est le rapporteur.
La loi est adoptée par l'Assemblée le 3 mai 2000, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Elle ne permet pas aux étrangers non communautaires d'exercer les fonctions de maire ou de maire adjoint, ni de participer à la désignation des grands électeurs et à l'élection des sénateurs. La majorité sénatoriale, dominée par l'UMP, refuse de l'examiner. Cette majorité a basculé. Et cette même loi est désormais inscrite à l'ordre du jour du Sénat, conformément à l'engagement pris par son nouveau président socialiste, Jean-Pierre Bel. Elle sera discutée le 8 décembre. Et c'est à nouveau une parlementaire Europe Ecologie-Les Verts, Esther Benbassa, qui en sera la rapporteure.
Il serait choquant que ce projet ne réunisse pas, au-delà de la gauche et du centre, une bonne partie des suffrages de la droite républicaine. L'enjeu est clair : ce vivre-ensemble qui nous fait tant défaut, et que la participation politique peut contribuer à créer. Ne laissons pas une nouvelle fois passer le coche.
En Angleterre, des immigrés siègent dans les conseils municipaux dès les années 1970, les élites locales ayant compris l'intérêt de toucher ces nouvelles composantes de la population ; ces élus allaient jouer les intermédiaires pour les atteindre. Dans les années 1990, dans certaines villes, ils sont parfois même surreprésentés par rapport à leur poids démographique. Dans le même temps, le nombre croît de descendants d'immigrés, britanniques de plein droit, qui siègent au Parlement. Et, depuis le scrutin de 2007, la Chambre des communes en compte 14, auxquels s'ajoutent 22 lords et quatre députés européens.
Même si ce résultat-là reste modeste, il est plus élevé que chez nous, qui tardons, par conservatisme et en raison du cumul des mandats, à ouvrir nos assemblées aux Français dont les racines ne plongent pas dans le terroir. Nos élites ont besoin de diversité pour se renouveler. Et dans cette direction le droit de vote et d'éligibilité des immigrés non européens aux élections locales sera, si nous le voulons, un premier pas décisif.

 

Cette  tribune a été préalablement publiée dans Le Monde daté du 24 novembre 2011, 
 
Esther Benbassa est Sénatrice EE-LV du Val-de-Marne et universitaire.
Noël Mamère est Député EE-LV de la Gironde.

Par ERASME - Publié dans : Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat
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