Jeux, enjeux et défis globaux

Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 15:20

CEPS Special Report : http://shop.ceps.eu/BookDetail.php?item_id=1806

Abstract :

Since the 90's, the alleged threat of transnational organised crime has led to numerous discourses on the urgency of cooperation at the international level, contributing to the establishment of many international experts groups. This intensification of working groups has created professional networks of expertise in the field of the fight against transnational organised crime, and more recently, terrorism, and has generated numerous recommendations and so-called best practices. This paper is an attempt to highlight the dynamics of this expertise, looking at the modalities of this transnational exchange and the circulation of norms at the global level.

Contents :


I. The study of international expertise: Methodological and theoretical challenges
II. Who are these international norms producers ?
III. Proliferation of best practices and soft-law type recommendations at the global level : Practices and norms 
Bibliography

 

This work was prepared as part of the EU–Canada project - The Changing Landscape of Justice and Home

Affairs Cooperation in the European Union and EU-Canada Relations

funded by the European Commission, Directorate-General for External Relations, Relations with the US and Canada.

This project assesses the relations between the European Union (EU) and Canada in the area of Justice

and Home Affairs (JHA). It aims at facilitating a better understanding of the concepts, nature,

implications and future prospects related to the Europeanization of JHA in the EU, as well as its role and

dilemmas in the context of EU-Canada relations.


ISBN-13: 978-92-9079-854-5

Available for free downloading from the CEPS website (http://www.ceps.eu)

© Amandine Scherrer, 2009

Par De La Boisserie - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 11:24

Le sous-secrétariat d'Etat américain pour le contrôle des armements et la sécurité internationale (bureau of verification, compliance and implementation) propose sur son site un état détaillé des données non classifiées relatives aux armements stratégiques offensifs qui relèvent du traité START (http://www.state.gov/t/vci/rls/121027.htm).

" The data in this fact sheet comes from the most recent aggregate MOU data exchanged by the Parties no later than 30 days after the expiration of each six-month period following entry into force of the START Treaty. Only the more significant aggregate data is listed here and on the accompanying tables. The data under the "Total, Former USSR Parties" heading was compiled by the U.S. Department of State from the individual totals submitted by these Parties, and is provided for ease of comparison.

Note that all data reflects specific START counting rules. Within tables, a "--" denotes that the entry is not applicable. The complete unclassified MOU data of the Parties is available upon request from the Bureau of Verification, Compliance, and Implementation, U.S. Department of State, Washington, DC 20520. "

Par De La Boisserie - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 18:43

Regards-citoyens s'emploie à apporter à ses lecteurs des éléments d'analyse qui ont vocation à leur donner une capacité supplémentaire pour exercer pleinement leur citoyenneté sur tous les registres qui alimentent le débat démocratique et requièrent une implication de l'Etat.

Parmi ces registres, la course aux armements nucléaires, la dissuasion et la prolifération nucléaires occupent une place singulière.

Plusieurs articles disponibles sur ce blog y consacrent des analyses spécifiques ; notamment les articles intitulés : "Dissuasion et prolifération nucléaires, où en sommes nous ?" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-28747573.html), "Gordon Brown est favorable à une réduction de l'arsenal nucléaire dans le cadre d'une négociation sur le désarmement" (cf.  http://www.regards-citoyens.com/article-29179304.html), "La dissuasion demeure au centre de la sécurité nationale des Etats Unis comme au temps de la Guerre froide" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-29251847.html), ou encore "Les armes nucléaires, un sujet de débat pour la démocratie ? Le point de vue de Michel Rocard" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-29511255.html).

Dans un article publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 1er avril sous le titre « Le réveil du désarmement nucléaire et l' "option zéro" », Laurent Zecchini propose une analyse critique d'une idée longtemps passée pour utopique : celle de l' "option zéro" dans le domaine nucléaire militaire.

Regards-citoyens voulant servir de caisse de résonnance à de telles analyses, il propose au lecteur d'en prendre connaissance ci-après.
 
" L' "option zéro", un monde sans armes nucléaires, est-ce possible ? Loin d'être une utopie pour pacifistes, l'idée a été défendue par Barack Obama pendant la campagne présidentielle américaine. Elle figurera en toile de fond des discussions que le chef de la Maison Blanche aura avec le président russe Dmitri Medvedev, mercredi 1er avril, à Londres, qui marqueront la reprise des négociations sur les armements nucléaires.
 
Il est temps : la planète est arrivée à un dangereux tournant de la prolifération nucléaire, les négociations russo-américaines sur le désarmement ont été laissées en jachère, et la Conférence sur le désarmement est en léthargie depuis treize ans. Les pays proliférants (Iran, Corée du Nord) n'ont pas tort de dénoncer l'hypocrisie des puissances nucléaires historiques (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), qui n'ont pas fait mine de respecter leur promesse du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), dont l'article 6 prévoit que les parties signataires oeuvreront en faveur d'un "traité de désarmement général et complet".
 
Certes, les appels de l'Iran en faveur de l' "option zéro" seraient plus crédibles, si la République islamique n'était pas suspectée de mener un programme secret pour produire de l'uranium hautement enrichi, une matière fissile permettant de mettre au point une arme nucléaire. Mais Gordon Brown, le premier ministre britannique, se pose lui aussi en défenseur d'un monde sans armes nucléaires, sans pour autant renoncer au renouvellement de sa flotte de sous-marins nucléaires dotés du missile Trident...
 
C'est bien la difficulté : l'élimination totale de l'arme atomique est la meilleure garantie de sa non-utilisation, mais comment désarmer collectivement ? La démocrate Ellen Tauscher, appelée à prendre en charge le dossier du contrôle des armements dans l'administration Obama, ainsi qu'Ivo Daalder, qui va devenir le prochain ambassadeur américain auprès de l'OTAN, sont des partisans de "Global zéro", du nom de la campagne mondiale qui a été lancée en janvier 2008.
 
L'intention de M. Obama de faire du désarmement nucléaire "l'élément central" de la politique nucléaire américaine a été bien accueillie par Moscou. D'autant que l'élargissement de l'Alliance atlantique aux marches de la Russie - qui cherche à se recréer une sphère d'influence -, la guerre de Géorgie d'août 2008, le projet américain d'installer un site de défense antimissile en Pologne et en République tchèque ont gravement hypothéqué les relations bilatérales.
 
Pendant huit ans, l'administration de George Bush s'est largement désintéressée du dossier du désarmement, sauf pour dénoncer unilatéralement le traité ABM (antimissile) de 1972, afin d'avoir les coudées franches pour se lancer dans un programme de défense antimissile dispendieux et à l'efficacité aléatoire.
 
Or le compte à rebours a commencé. Dans huit mois, le 5 décembre, le traité Start sur les armes stratégiques, qui a permis de réduire les arsenaux de chacune des deux grandes puissances de 10 000 à environ 6 000 têtes nucléaires, arrive à échéance. Au-delà, c'est l'inconnu. Le traité SORT de 2002 prévoit certes de ramener d'ici à 2012 les deux arsenaux à 1700-2 200 têtes nucléaires chacun, mais il expire à la même date.
 
Les discussions entre M. Obama et M. Medvedev ne peuvent déboucher sur l' "option zéro", mais nombre d'experts estiment que la Russie et les Etats-Unis pourraient ramener leurs arsenaux respectifs à 1 000 têtes nucléaires, sans nuire à la crédibilité de leur dissuasion.
 
M. Obama dispose d'une panoplie d'autres moyens pour étayer ses intentions en matière de désarmement nucléaire. Outre que le nombre d'armes atomiques en alerte pourrait être fortement réduit, le chef de la Maison Blanche s'est engagé à faire ratifier le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) par le Congrès. Au-delà, la relance des négociations en faveur d'un traité d'interdiction de la production des matières fissiles accroîtrait l'autorité de Washington vis-à-vis des Etats proliférants.
 
Enfin, l'administration Obama, qui n'est pas convaincue de la nécessité de la défense antimissile en Europe, serait prête à y renoncer si Moscou réussissait à convaincre Téhéran d'abandonner son programme nucléaire militaire.
 
Un cercle nucléaire vertueux pourrait donc être engagé à la faveur de la reprise des négociations russo-américaines sur le désarmement nucléaire. Si elles sont fécondes, l'échec annoncé de la Conférence sur le désarmement de 2010 pourra être conjuré. Lors d'étapes ultérieures, les autres puissances reconnues, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, devront elles aussi réduire leur arsenal, ne serait-ce que pour donner l'exemple aux puissances "de fait" (Inde, Pakistan et Israël), et couper court à l'aventurisme nucléaire de l'Iran et de la Corée du Nord.
 
Si une telle perspective semble encore relever de l'utopie nucléaire, l'alternative est connue : une "cascade" de proliférations, la mort définitive du régime de non-prolifération, une hausse de la probabilité d'emploi de l'arme nucléaire, et la renucléarisation des relations internationales. Ce n'est une option pour aucun pays. "

Comme le souligne en filigrane Laurent Zecchini, l'activité sous-marine a encore un très bel avenir devant elle. Y compris dans le domaine très fermé de la dissuasion nucléaire et dans celui plus ouvert de la propulsion nucléaire. Et les marchés d'armement dans ce domaine semblent prospérer comme jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale.


PS : Que le lecteur de ce blog ne s'aventure surtout à penser que la parution d'un tel article le 1er avril en réduit la portée à celle d'une simple galéjade ! L'article comme le sujet sont beaucoup trop sérieux pour qu'un quotidien aussi sérieux et aussi lu que Le Monde et qu'un journaliste d'aussi grande qualité que Laurent Zecchini s'y soient eux-mêmes aventurés.

Par Patrice Cardot - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 13:52


Les principes de l’action de la France en matière de lutte contre la prolifération, de maîtrise des armements et de désarmement

L’action de la France en matière de lutte contre la prolifération, de maîtrise des armements et de désarmement prend en compte cette double responsabilité. Elle est guidée par des principes constants : prévenir les menaces à la paix, respecter le droit de légitime défense, refuser la course aux armements et progresser vers un désarmement général et complet. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et Etat doté de l’arme nucléaire au sens du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la France a des responsabilités particulières pour la préservation et le renforcement de la paix et de la sécurité internationales 

L’action de la France en matière de lutte contre la prolifération, de maîtrise des armements et de désarmement prend en compte cette double responsabilité. Elle est guidée par des principes constants : prévenir les menaces à la paix, respecter le droit de légitime défense, refuser la course aux armements et progresser vers un désarmement général et complet.


La France s’est résolument engagée en faveur du régime de non-prolifération nucléaire.

La France est particulièrement attachée à la pérennité du TNP, qui est un élément essentiel du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Quarante ans après sa signature, il est de notre devoir d’en préserver l’intégrité face aux nouveaux défis et aux nouvelles menaces.

Nous devons tous être conscients du niveau de sécurité que nous offre le TNP, en limitant les risques de prolifération des armes nucléaires, en favorisant le désarmement et en encourageant le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire. Ces trois piliers ont tous leur importance en soutien de l’objectif de non-prolifération qui est celui du traité. La France reste pleinement déterminée à obtenir la réalisation de tous les objectifs du traité.

La France participe de manière sérieuse et approfondie au processus d’examen du TNP et prépare activement la prochaine Conférence d’Examen qui se tiendra au printemps 2010. Elle s’attachera à ce que la Conférence de 2010 s’interroge sur les moyens de faire face avec efficacité au phénomène de la prolifération nucléaire, promeuve le développement responsable des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire et aborde de manière concrète et pragmatique la question du désarmement.

La France mène une action concrète en soutien des trois piliers du TNP : non-prolifération, désarmement, usages pacifiques de l’énergie nucléaire


1-  Non-prolifération

La France est convaincue que c’est dans la prolifération nucléaire que réside, depuis la fin de la Guerre Froide et le changement de contexte stratégique, le facteur principal susceptible d’accroître les risques d’une guerre nucléaire. Pour prévenir le risque d’une guerre nucléaire, c’est donc aujourd’hui en premier lieu dans la lutte contre la prolifération nucléaire que nous devons concentrer nos efforts.

La France ne les ménage pas, en particulier pour trouver à la crise iranienne une solution diplomatique qui réponde aux préoccupations fortes exprimées par la communauté internationale. L’Iran a presque accumulé le stock d’uranium faiblement enrichi lui permettant, après nouvel enrichissement, de faire un engin nucléaire. Il continue de refuser de répondre aux questions de l’Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne sur des activités pouvant être liées à la conception des armes nucléaires. Il a réalisé récemment des progrès préoccupants dans son programme balistique (mise en orbite d’un satellite en février 2009). Nous souhaitons empêcher l’Iran d’obtenir une capacité nucléaire militaire, qui serait très déstabilisante pour la région et détruirait le régime de non-prolifération. Pour y parvenir, la France mise, avec nos partenaires européens, américain, russe et chinois, sur une approche alliant dialogue et fermeté. Nous voyons se dessiner une fenêtre d’opportunité en 2009 pour essayer d’obtenir le lancement de négociations sur le dossier nucléaire iranien, notamment avec l’arrivée d’une nouvelle administration américaine.. La France espère que les Iraniens sauront saisir cette opportunité. Notre priorité va au dialogue et à la négociation. Mais c’est à l’Iran de faire un choix, entre la coopération et un isolement croissant.

En outre, à l’occasion de sa présidence de l’Union européenne, la France s’est engagée de manière déterminée en faveur de l’adoption de nouveaux axes d’action de l’UE en matière de lutte contre la prolifération, qui renforceront l’efficacité de la stratégie de l’UE de 2003. En effet, pour être efficace, notre action contre la prolifération doit également reposer sur une coopération opérationnelle déterminée afin d’entraver les transferts illicites, de contrôler encore plus efficacement les exportations, de lutter contre les réseaux clandestins, de réprimer le financement de la prolifération et de réduire le risque de jonction entre le terrorisme et les armes de destruction massives.

2- Désarmement

La priorité que représente le traitement de la prolifération ne fait pas oublier à la France ses engagements en matière de désarmement nucléaire et de désarmement général et complet.

Ainsi que le Président de la République l’a souligné dans son discours de Cherbourg le 21 mars 2008, la France respecte pleinement ses obligations au titre du TNP, en particulier son article VI. Elle a un bilan exemplaire et une approche claire en matière de désarmement nucléaire. Son engagement se traduit en actes concrets et ne se limite pas aux discours et promesses.

La France a pris dans ce domaine, depuis le début des années 1990, des décisions irréversibles, sans équivalent de la part des autres puissances nucléaires : la France a été, avec le Royaume-Uni, le premier Etat doté d’armes nucléaires à ratifier, il y a 10 ans déjà, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ; elle a été le premier Etat à avoir décidé la fermeture et le démantèlement de ses installations de production de matières fissiles pour les armes nucléaires ; elle est le seul Etat à avoir démantelé, de manière transparente, son site d’essais nucléaires ; elle est le seul Etat à avoir démantelé tous ses missiles nucléaires sol-sol (abandon et démantèlement du système d’armes sol-sol balistiques du plateau d’Albion et des systèmes d’armes sol-sol de courte portée Pluton et Hadès) ; elle est le seul Etat à avoir réduit volontairement d’un tiers le nombre de ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.

La France n’a jamais participé à la course aux armements et applique le principe de stricte suffisance. Nous avons également pris plusieurs mesures pour réduire les niveaux d’alerte opérationnelle de nos forces nucléaires afin qu’ils soient maintenus au niveau le plus bas possible, requis pour préserver la crédibilité de la dissuasion.

La France entend continuer de contribuer activement au désarmement, comme en témoigne l’annonce par le Président de la République d’une réduction d’un tiers du nombre d’armes nucléaires, de missiles et d’avions de la composante aéroportée.

Le Président de la République a également consenti des gestes de transparence sans précédent de la part d’un Etat doté de l’arme nucléaire :

     -   il a précisé quelle sera la taille de notre arsenal après la réduction annoncée ci-dessus, en indiquant qu’il comprendra moins de 300 têtes nucléaires. Il s’agit de notre arsenal total, la France n’ayant pas d’autres armes que celles de ses stocks opérationnels ;

     -    par ailleurs, le Président a décidé d’inviter des experts internationaux à venir constater le démantèlement de nos installations de production de matières fissiles pour les armes nucléaires. C’est ainsi que la France a organisé une visite de ses anciennes installations militaires de Pierrelatte et Marcoule le 16 septembre 2008 pour des représentants de plus d’une quarantaine de pays membres de la Conférence du désarmement, puis le 16 mars pour des think tanks. C’est la première fois qu’un Etat doté de l’arme nucléaire ouvre ainsi les portes de ses anciennes installations de production de matières fissiles pour les armes nucléaires ;

      -    le Président a par ailleurs rappelé qu’aucune des armes nucléaires de la France n’était ciblée contre quiconque.

Soulignant que la réciprocité est la base même de la sécurité collective et du désarmement, le Président de la République a également proposé à la communauté internationale des propositions ambitieuses. A l’occasion de la présidence française de l’Union européenne, la France s’est engagée pour que, sur cette base, l’Union européenne  présente un plan d’action en matière de désarmement, dans la perspective de la Conférence d’examen du TNP de 2010.  Ce plan d’action en matière de désarmement a été endossé par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen de décembre (à l’occasion de la Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale).

Dans ce plan d’action, nous mettons l’accent sur deux priorités de court terme, qui contribueraient de manière décisive au renforcement du régime multilatéral de maîtrise des armements : l’entrée en vigueur du TICE et l’ouverture de négociations, à la conférence du désarmement, sur un traité dit cut off, interdisant la production de matières fissiles pour les armes nucléaires. Nous demandons également à tous les Etats concernés de démanteler leurs installations d’essais nucléaires, car nous sommes convaincus qu’il s’agit là de gestes très concrets et sérieux en faveur du désarmement. Nous appelons également les puissances nucléaires à s’entendre sur des mesures de confiance et de transparence. Nous demandons l’ouverture de consultations sur un traité interdisant les missiles sol-sol de portées courte et intermédiaire. Un nouvel accord de maîtrise des armements entre les Etats-Unis et la Russie, prévoyant de nouvelles réductions des arsenaux nucléaires, constituerait également une avancée importante, dans la mesure où ces deux pays possèdent encore près de 96 % du stock mondial d’armes nucléaires.

Le Président de la République a fait part au Secrétaire général des Nations Unies le 5 décembre dernier de ce plan d’action de l’Union européenne, afin que tous les Etats rejoignent l’UE pour le promouvoir et le réaliser.

Nous ne pourrons en effet continuer à avancer sur la voie du désarmement que si la volonté de progresser est unanimement partagée. La poursuite du désarmement repose sur la confiance, la transparence et la réciprocité.

Par ailleurs, nous ne devons pas nous limiter à la seule question du désarmement nucléaire. Nous devons prendre en compte l’ensemble des conditions politiques et stratégiques qui le rendent possible et en déterminent le rythme de progrès. En particulier, les préoccupations de certains pays ne concernent probablement pas uniquement les postures et arsenaux nucléaires, mais aussi la défense anti-missile ou les capacités conventionnelles.

3- Usages pacifiques de l’énergie nucléaire


Il existe une demande croissante, notamment de la part de pays en développement, d’accès à l’énergie nucléaire civile, dans un contexte de préoccupation grandissante pour la sécurité énergétique et le changement climatique. Nous devons y répondre mais, dans le même temps, nous devons aussi faire en sorte que le développement de l’énergie nucléaire intervienne dans les meilleures conditions de sûreté, de sécurité, et de non prolifération.

La France attache une importance particulière au développement des applications civiles de l’énergie nucléaire dans le cadre de l’article IV du TNP. A l’heure où de plus en plus de pays souhaitent se doter de capacités électro-nucléaires, la France, en conformité avec ses engagements pris au titre de l’article IV du TNP, est prête à répondre à ces attentes, en faisant bénéficier de son expertise reconnue tout pays qui respecte scrupuleusement l’ensemble de ses engagements de non prolifération nucléaire, notamment ceux découlant du TNP.

La France estime que, loin d’être contradictoires, le renforcement du régime de non-prolifération et le développement de l'énergie nucléaire civile vont de pair. Pour sa part, la France est pleinement engagée en faveur d’un développement sûr et responsable de l'énergie nucléaire. 

La France s’efforce de promouvoir des solutions pragmatiques à court ou moyen-terme pour prévenir les risques liés à la diffusions de technologies sensibles : en proposant l’adoption au groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) de critères pour les exportations de technologies sensibles (enrichissement et retraitement), en travaillant sur des mécanismes multilatéraux concrets et réalistes pour garantir la fourniture de combustible nucléaire, en mettant en oeuvre des contrôles aux exportations efficaces et en développant des technologies innovantes résistantes à la prolifération. En particulier, à l’occasion de sa présidence de l’Union européenne, la France s’est engagée, conjointement avec ses partenaires européens, en faveur d’une participation financière (jusqu’à 25 millions d’euros) et technique de l'Union européenne à la constitution d’une banque de combustible nucléaire sous l'égide de l'AIEA. En outre, consciente de l’importance d’un environnement réglementaire, technique et humain adéquat, la France s'est dotée d’une Agence spécialisée, l’Agence France Nucléaire International (AFNI), pour accompagner les pays accédant au nucléaire dans la mise en place des infrastructures nécessaires au développement sûr et efficient des usages civils de l'énergie nucléaire, avec une priorité sur la formation.


Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies et Etat doté de l’arme nucléaire au sens du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la France a des responsabilités particulières pour la préservation et le renforcement de la paix et de la sécurité internationales 

Par De la Boisserie - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 20:01

Le président américain Barack Obama a pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens et leur a offert de surmonter trente années de conflit, dans un message diffusé pour le nouvel an iranien dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Je voudrais parler directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran", dit M. Obama, dans un geste dont le retentissement s'annonce considérable.

M. Obama a en effet rompu avec l'ancienne pratique officielle d'adresser des félicitations au peuple iranien à l'occasion de la grande fête de Norouz, et a associé le régime islamique dans les destinataires de son message pour offrir la perspective d'un "avenir où les anciennes dissensions sont surmontées", alors qu'elles ont souvent fait craindre la guerre.

Cependant, M. Obama dit dans cette vidéo sous-titrée en farsi (la langue iranienne) que, si son administration est déterminée à "rechercher un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel", le régime iranien a un "choix" à faire lui aussi.

Sans parler explicitement du soutien au terrorisme ou de la recherche de l'arme nucléaire dont les Etats-Unis accusent l'Iran depuis des années, M. Obama dit que la République islamique ne prendra pas le rang international qui lui revient, "par le terrorisme ni par les armes".

Les propos de M. Obama n'en constituent pas moins la reconnaissance du régime islamique comme un interlocuteur possible pour le gouvernement américain alors que les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, que l'intervention militaire est une option que les présidents américains se réservent pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire et que les intérêts américains et iraniens se sont heurtés frontalement au cours des dernières années au Proche-Orient ou au Conseil de sécurité des Nations unies.

En promettant une "diplomatie qui traite la totalité des problèmes", M. Obama tient l'une de ses grandes promesses, celle de donner sa chance au dialogue avec les adversaires des Etats-Unis, l'Iran au premier rang d'entre eux, et de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W. Bush, qui avait classé l'Iran parmi les pays de "l'axe du mal".

Le message de M. Obama, qui avait promis peu après son investiture de tendre la main si les dirigeants iraniens voulaient "desserrer le poing", fait écho à distance au message que lui avait adressé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad après sa victoire à la présidentielle américaine en novembre. M. Ahmadinejad avait félicité M. Obama, mais lui avait demandé un changement radical de la politique américaine.

L'équipe Obama cherchait depuis des mois une ouverture avec l'Iran. Elle a donc saisi l'occasion de Norouz, la grande fête annuelle et familiale en Iran. "En cette saison qui est celle des nouveaux commencements, je voudrais parler clairement aux dirigeants iraniens", dit M. Obama.

"Nous avons de graves divergences et elles se sont amplifiées avec le temps. Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous, et à chercher à établir des relations constructives entre les Etats-Unis, l'Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons au contraire un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel", dit-il.

M. Obama offre aux dirigeants iraniens un "avenir où les anciennes dissensions ont été surmontées, où vous et tous vos voisins et le monde en général vivent dans une sécurité et une paix plus grande".

Il fait miroiter "de plus grandes chances de partenariat et de commerce".

"Vous aussi, vous avez un choix à faire", dit-il cependant aux dirigeants iraniens, sans jamais distinguer aucun d'entre eux, l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême, ou M. Ahmadinejad ou d'autres.

"Les Etats-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations", mais "on ne peut obtenir cette place par la terreur ni par les armes, mais par les agissements pacifiques qui démontrent la véritable grandeur du peuple et de la civilisation iranienne", dit-il.

L'Iran accueille favorablement le message du président américain Barack Obama à l'occasion du nouvel an iranien mais demande des actes concrets pour réparer les erreurs passées, a déclaré à l'AFP Ali Akbar Javanfekr, le conseiller de presse du président Mahmoud Ahmadinejad.

Mais quelle sera la réaction du grand allié israélien des Etats-Unis qui se considère comme la cible première de l'Iran ?.


Source : Laurent Lozano, correspondant de l'Agence France-Presse à Washington.

Par Patrice Cardot - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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