L'UE face à un monde en mouvement

Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 09:16
Le Conseil des ministres des ... Transports a approuvé une nouvelle action commune pour la mission européenne "Etat de droit" (Eujust Lex) en Irak (1). Il s'agit non seulement de prolonger la mission européenne mais surtout de mettre en place une "phase pilote" dans le pays même, avec "des activités de conseil stratégique, d'encadrement à des fins de suivi, et de formation, dans la mesure où les conditions de sécurité et les ressources le permettent".
Le budget est en légère hausse : 10,8 millions d'euros (à comparer aux 7,2 millions d'euros de l'année dernière). NB : Le budget de départ était de 10 millions mais il couvrait également la phase de planification de trois mois. La responsabilité du chef de mission en matière "d'exécution du budget de la mission" vis-à-vis de la Commission est précisée. "Il signe un contrat avec la Commission".
Chaîne de commandement. Comme toutes les décisions sur les missions civiles, l'Action commune comporte un paragraphe sur la nouvelle chaîne hiérarchique mise en place au niveau de l'Union européenne depuis 2006 avec le CPCC. Ainsi c'est le "commandant d'opération civil" qui assume la responsabilité politique et le commandement stratégique. Et le chef de mission qui assume le contrôle opérationnel sur le "théâtre". En terme militaire, on pourrait dire le commandement "tactique". Il reste sous la responsabilité du Commandant d'opération civil. Dans le même esprit, si "l''ensemble du personnel reste sous l'autorité de l'État membre ou de l'institution de l'UE" dont il dépend, c'est le chef de mission qui en "assume le contrôle opérationnel". Enfin, manière d'intégrer davantage les missions de la PESD de l'UE au travail de la Commission (rapprochement qui n'est pas inutile si le Traité de Lisbonne entre en oeuvre et que se crée un service relations extérieures), "le chef de mission agit en étroite coordination avec la délégation de la Commission afin d'assurer la cohérence de l'action de l'UE dans le soutien apporté à l'Iraq" et "en étroite coordination avec la représentation locale de la présidence de l'UE et les autres chefs de mission de l'UE."

Article paru sur le site bruxelles2.over-blog.com : http://bruxelles2.over-blog.com/article-32548117.html
Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 14:28

Les ministres compétents pour les questions spatiales et la compétitivité se sont retrouvés à Bruxelles, le 29 mai 2009, lors d'un Conseil essentiellement consacré à l'innovation et aux applications spatiales.

La première partie de la réunion leur a offert l'occasion de réfléchir aux apports des activités spatiales à la relance de l'économie européenne, dans le droit fil des conclusions du Conseil européen de décembre 2008 qui invitait à développer les technologies spatiales innovantes et les services qui en découlent. Leur tour de table les a conduit à souligner la nécessité de prendre l'espace en compte dans le plan de relance économique en Europe et à identifier les marchés porteurs (à fort potentiel de développement économique). Une note de réflexion soumise aux ministres constate que, dans le domaine de la technologie spatiale, trois secteurs disposent d'un fort potentiel d'innovation : la science et l'exploration de l'espace ; les technologies indispensables à la " non dépendance stratégique " ; le registre espace & sécurité (observation, télécommunications, navigation).

Ensuite, les ministres sont revenus sur les applications du système européen de surveillance mondiale pour l'environnement et la sécurité GMES/Kopernikus. La principale question est de savoir comment aider les entreprises européennes à tirer profit des opportunités de ce système pour développer des applications, l'un des enjeux associés étant d'éviter que des entreprises de pays tiers plus innovantes ou plus agiles profitent davantage que leurs concurrentes européennes des infrastructures créées avec l'argent du contribuable européen.

Le sixième Conseil Espace a adopté une résolution qui couvre l'ensemble de ces aspects en insistant sur la nécessité d'engager rapidement la planification financière à long terme pour GMES, de développer la coopération entre la Commission européenne, l'Agence spatiale européenne (ESA) et EUMETSAT. Le Conseil a également salué les derniers résultats enregistrés en matière de surveillance de l'espace et l'implication de l'Agence européenne de défense qui s'est récemment vu confier une partie du projet MUSIS (constellation de satellites d'observation de nouvelle génération) sous la forme d'un projet de catégorie B.

Par ailleurs, il est utile de rappeler que la Commission européenne a adopté, le 20 mai 2009, une proposition de règlement qui établit :

 - un programme GMES (surveillance terrestre, gestion des situations d'urgence, sécurité, surveillance de l'environnement marin, surveillance de l'atmosphère, adaptation au changement climatique),

 - les sources de financement (il s'agit en particulier de prévoir un financement intérimaire 2011 - 2013, en attendant l'adoption des nouvelles perspectives financières ; une enveloppe de 107 millions d'euros est prévue pour la mise en oeuvre du règlement proprement dit ; il s'agit du coût de fonctionnement de GMES pendant la phase opérationnelle initiale, auquel il faut ajouter 43 millions d'euros pour les activités de recherche financées à partir du 7ème programme-cadre ; des crédits de 215 millions d'euros pour le développement des services et de 460 millions pour le développement des infrastructures spatiales cofinancées par l'ESA sont également prévus par le programme-cadre),

 - le partage des données GMES,

 - et la politique en matière d'information.
 

Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 11:45

Les ministres européens chargés de la compétitivité ont adopté, jeudi 28 mai 2009, des conclusions relatives à une politique industrielle intégrée dans l'Union européenne dans un contexte marqué par la crise économique et financière.
Ils plaident en faveur du maintien d'une base industrielle forte en Europe à travers la définition d'un cadre de référence stable et prévisible pour la production, la simplification des réglementations et l'augmentation des investissements dans le domaine de la recherche et du développement. Soulignant la responsabilité première de l'industrie en cas de restructuration, le Conseil Compétitivité convient de la nécessité de faciliter les restructurations tout en encourageant l'industrie à mener celles-ci d'une manière " socialement responsable ".
Les ministres soutiennent l'intention de la Commission de lancer une stratégie intégrée axée sur les matières premières et lui demandent d'agir sur les points suivants :
 - l'établissement avant fin 2009 d'une liste des matières premières non énergétiques essentielles ;
 - l'amélioration  des conditions d'extraction des matières premières dans l'UE ;
 - le renforcement de l'utilisation rationnelle des ressources.
Les conclusions adoptées contiennent des dispositions visant spécifiquement l'industrie chimique (ex : mise en oeuvre du règlement " REACH " sur les produits chimiques), l'industrie électrique et électronique et l'industrie automobile (ex : gravité de la situation économique actuelle, initiative CARS 21).
Enfin, le Conseil Compétitivité réitère son opposition à toute forme de protectionnisme. Il plaide pour des règles du jeu équitables et le retour à des conditions normales de crédit à destination des entreprises.

Le texte de la communication de la Commission relative à une stratégie industrielle intégrée : communication on industrial policy en communication on industrial policy en

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 23:46

... / ... (cf. Tour d'horizon sur la réalité complexe des relations entre l'UE et la Russie (1) )

Du côté russe, c'est la doctrine de l'encerclement qui explique la méfiance et les susceptibilités. Les Etats-Unis étaient considérés comme les responsables principaux de cette tentative ; une évolution semble amorcée à Washington, mais il est difficile d'en anticiper l'ampleur. L'UE est considérée, en partie du moins, comme coresponsable ; son initiative du partenariat oriental a été perçue à Moscou comme une expression de l'encerclement. Les deux parties se sont expliqués lors du Sommet évoqué plus avant. La Russie affirme qu'elle ne prétend pas pratiquer une politique des zones d'influence ; l'UE a expliqué que son partenariat oriental (réunissant, on le sait, Ukraine, Géorgie, Moldova, Arménie, Azerbaïdjan et Bélarus) n'est aucunement dirigé contre la Russie ; au contraire, en visant à renforcer la stabilité et la prospérité dans les zones proches aussi bien de la Russie que de l'UE, ce partenariat serait favorable aussi aux intérêts de la Russie elle-même. Le cas de l'Ukraine a été explicitement coté (voir infra).

Est-il besoin de dire que les quelques phrases apaisantes sur la bonne foi et les bonnes intentions réciproques, échangées lors du Sommet, n'ont pas apaisé la méfiance ? La réalité est bien plus complexe que les déclarations officielles ; les éléments problématiques sont nombreux et parfois très épineux, concernant non seulement les zones de la Géorgie dont Moscou a proclamé l'indépendance, mais aussi notamment la Crimée : qui serait en mesure d'anticiper quelle sera l'évolution dans cette région, à l'expiration des compromis actuellement en vigueur ? Et jusqu'à quel point l'affaire de la Tchéchénie est-elle à considérer comme réglée ? En marge de ces divergences de nature essentiellement politique, la méfiance et la rivalité s'expriment dans de comprotements concrets, dont les quelques exemples sont évoqués ci-dessous.

5. Divergences et fausses notes. Officiellement, la Russie se montre ouverte à coopérer aux projets de l'UE visant à développer le Corridor Sud pour ses approvisionnements énergétiques, c'est à dire essentiellement les gazoducs qui évitent le territoire russe ; Vladimir Poutine l'a affirmé à plusieurs reprises (cf. l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9906). Le fait que trois pays de l'ex-URSS, tout en aynat participé au Sommet du 8 mai à Prague sur le Corridor Sud, ont refusé de signer la déclaration finale de ce Sommet. Il s'agit de l'Ouzbekistan, du Kazakhstan et du Turkménistan (cf. Bulletin Quotidien Europe n° 9908), trois pays riches en hydrocarbures et appelés à alimenbter, avec d'autres sources, les trois projets du Corridor Sud : Nabucco, ITGI et South Stream. La déclaration de Prague a été signée par l'UE, la Turquie, la Géorgie, l'Egypte et l'Azerbaïdjan ; à l'exception de ce dernier, ce sont des pays de transit davantage que de production.

Le refus des trois pays cités n'a pas fait l'objet d'explications officielles, et les signataires au nom de l'UE - José Manuel Barroso et Mirek Topolànek - ont évité de dramatiser cette attitude non prévue. Les observateurs estiment que les incertitudes sur le statur juridique de la mer Caspienne ont joué un rôle. Le vice-ministre russe de l'Energie, Anatoli Yanovski, qui avait assisté à la réunion, a avalisé cette explication juridique. Qui serait en mesure de dire jusqu'à quel point Moscou a influencé la décision des trois ?

A propos de l'Ukraine, deux points de l'attitude de Moscou sont ouvertement proclamés : a) protestation officielle très vive contre le projet européen de modernisation du transit gazier par l'Ukraine sans participation de la Russie (voir notamment Bulletin Quotidien Europe n° 9871) ; b) indication du risque de nouvelles interruptions des fournitures de gaz russe via l'Ukraine, si ce pays ne fait pas face à ses engagements financiers vis-à-vis de Moscou. La Russie dit qu'elle sera compréhensive face à Kiev, mais elle estime que l'UE devrait assurer une partie significative de ce travail. A Bruxelles, on répond que le partenariat oriental de l'UE facilitera la stabilité économique et politique de l'Ukraine ; c'est pourquoi Moscou aurait intérêt à soutenir ce partenariat (voir Bulletin Quotidien Europe n° 9907).

Autres coopérations. Les péripéties du Corridor Sud sont actuellement au centre de l'attention, mais, en même temps, le projet du Nord-Stream progresse ; la consultation publique des pays riverains sur la sécurité écologique du pipe-line sous-marin est en cours et elle devrait s'achever le mois prochain ; après quoi, les travaux de construction commenceraient en 2010 et les premières fournitures de gaz russe seraient déjà prévues en 2011.

Le secteur de l'énergie est celui dont on parle le plus, mais les liens économiques entre l'UE et la Russie vont bien au-delà. La presse allemande a indiqué que la Russie est directement impliquée dans le dossier du constructeur automobile Opel, car un tiers d'un repreneur possible - la firme austro-canadienne Magna - appartient à la banque ruse Sberbank, et que le partenarait prévu entre Opel et une firme russe rendrait possible l'écoulement d'un million de voitures Opel par an sur le marché russe.

[...].

(Ces différents élements ont été publiés dans l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9909 daté du 28 mai 2009)

Par Ferdinando Riccardi - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 23:37

Les décisions issues du Sommet UE/Russie de la [mi mai] sont vite résumées, car en pratique il n'y en a pas, ainsi qu'il résulte du compte-rendu public publié dans notre bulletin n° 9907 (Bulletin Quotidien Europe daté du mardi 26 mai 2009). L'évaluation des résultats de ce Sommet est moins évidente : les commentaires vont d'un jugement modéré à la constatation du "naufrage du Sommet". En fait, toute évaluation ne peut pas faire abstraction des réalités sous-jacentes, que les autorités responsables des deux côtés connaissent (je parle de ceux qui maîtrisent ces dossiers, pas de qui s'improvise président de la réunion) mais qui reste dans l'ombre. Cette réalité est formée à la fois d'aspects bien connus et d'éléments ignorés ou oubliés. Un rappel schématique n'est peut-être pas inutile.

1. la nécessité de coopérer est réciproque. L'UE ne peut se passer de la Russie pour son approvisionnement énergétique, pour une durée indéfinie mais sans soute assez longue. La Russie ne peut pas se passer des débouchés européens, quelles que soient ses tentatives (dont la décision de tenir le Sommet dans un endroit situé à 7 heures d'avion de Moscou et à 30 km de la frontière avec la Chine) de faire croire aux débouchés alternatifs. Le régime politique russe permet au Kremlin de négliger, lorsqu'il l'estime opportun, les exigences immédiates, et d'accepter le coût à bref terme de cette attitude, en utilisant l'énergie comme instrument de sa politique étrangère. Un comportement est pratiquement impossible pour l'UE qui n'a pas de politique énergétique commune et dont les grandes entreprises ont davantage d'autonomie.

La dépendance russe vis-à-vis de l'UE est radicale : 58 % de ses exportations vont vers l'UE (statistiques 2008). De son côté, l'UE importe de Russie 25 % de son pétrole et 40 de son gaz naturel. Les nouveaux projets et investissements augmenteront ces pourcentages et la dépendance réciproque est donc destinée à augmenter progressivement. Le solde commercial est amplement favorable à la Russie.

2. La Russie privilégie ses relations bilatérales avec les grands pays européens par rapport à celles avec l'UE comme ensemble. C'est compréhensible car c'est dans son intérêt. L'UE devrait renforcer son unité et parler autant que possible d'une seule voix. Les plus réticents dans cette direction sont parfois les Etats membres qui, à première vue, ont le plus besoin de s'appuyer sur l'UE dans le dialogue avec Moscou ; les chefs d'Etat les plus eurosceptiques résident à Varsovie et à Prague. Il revient aux Polonais et aux Tchèques de choisir ; s'ils préfèrent une UE faible et moins solidaire, c'est leur droit.

3. La définition de nouvelles relations plus étroites avance très lentement, pour l'énergie en particulier. Le principe d'un nouvel accord de partenariat est acquis de puis longtemps ; les négociations ont commencé en juillet 2008 mais elles avancent très lentement. La réalisation d'une zone de libre-échange est liée à l'adhésion de la Russie à l'OMC, mais sur ce point des divergences significatives subsistent. La coopération énergétique a progressé en concret, mais il n'y a pas de consensus sur les principes. Pour l'UE, les principes de la Charte de l'énergie (que la Russie avait signée mais jamais ratifiée) demeurent valables : Moscou a réaffirmé la semaine dernière qu'elle ne le signera jamais, et propose de négocier un accord international. L'UE est disposée à envisager une mise à jour de la Charte mais ses principes doivent être sauvegardés. L'enjeu est colossal. Pour l'Europe, l'ouverture des marchés de l'énergie doit être réciproque, y compris pour les investissements, la propriété des installations, les fournitures aux consommateurs finaux. La Russie ne rejette aucun de ces principes a priori, mais le contenu juridique est tout à négocier. Entre -temps, l'essentiel des accords anciens entre les colosses pétroliers russes (étroitement contrôlés par les autorités politiques) et occidentaux ont été en grande partie révisés, et de nouveaux accords ou contrats ont été conclus, souvent à l'insu des autorités communautaires ou du moins sans qu'elels aient eu leur mot à dire.

Les positions de principe ont été réaffirmées d'un côté comme de l'autre au dernier Sommet UE-Russie. Les dossiers essentiels ne progressent pas. Dans la réalité, les initaitves de coopération énergétique se multiplient, mais les institutions européennes restent en marge. La différence entre le secteur de l'énergie (où une politique européenne commune n'existe pas) et le secteur commercial (où la politique commune existe et seule l'UE comme ensemble peut prendre des décisions  - et c'est elle qui négocie avec les pays tiers -) est sous les yeux de tous. Le Traité de Lisbonne, on le sait, ouvrirait la voie à une politique énergétique commune.

4. La méfiance politique est toujours présente. Les retards et les divergences citées au point précédent sous-entendent une méfiance politique qui demeure en général assez vive. Il serait ingénu de vouloir résumer ici des attitudes qui ont fait l'objet de tellement d'analyses approfondies, sinon pour rappeler que la méfiance est compréhensible de la part des Etats-membres qui étaient encore, il y a quelques années, sous le joug de Moscou, voire insérés de force dans l'ancienne URSS. Dans une partie de l'UE, les souvenirs du passé influencent les comportements, avec la crainteque la Russie actuelle garde et prolonge certains aspects de son impérialisme historique. Certains milieux moscovites ne cachent d'ailleurs pas qu'à leur avis, la dissolution de l'URSS avait été une erreur historique.

... / ... (cf. Tour d'horizon sur la réalité complexe des relations entre l'UE et la Russie (2)  )

Par Ferdinando Riccardi - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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