Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 10:16

La Libye a rejeté lundi le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale contre Mouammar Kadhafi et son fils, rappelant que Tripoli ne reconnaissait pas l'instance internationale.

"La Libye (...) n'accepte pas les décisions de la CPI qui est un instrument du monde occidental pour poursuivre les dirigeants du tiers-monde", a déclaré le ministre de la Justice, Mohammed al Kamoudi, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

La CPI a lancé lundi des mandats d'arrêt à l'encontre du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, de son fils Saïf al Islam et du chef des services de renseignement, Abdallah al Senoussi, pour crimes contre l'humanité.

"Le Guide de la révolution et son fils n'occupent aucune position officielle dans le gouvernement libyen et n'ont donc aucun lien avec les accusations de la CPI contre eux", a ajouté le ministre de la Justice.

Kadhafi dirige la Libye depuis plus de 41 ans mais n'a aucune fonction dans le système politique libyen.

La juge de la CPI Sanji Mmasenono Monageng estime que le colonel "dispose d'un contrôle absolu, ultime et incontesté de l'appareil du pouvoir de l'Etat libyen, y compris les forces de sécurité".

La présidente de la chambre préliminaire de la CPI ajoute que Kadhafi et son fils ont conçu et orchestré une politique d'Etat "aux fins d'empêcher et de réprimer, par tous les moyens, les manifestations des civils contre le régime". Il est reproché à Senoussi d'avoir mis ce plan en oeuvre.

Cette décision a très peu de chances d'aboutir à l'arrestation de Kadhafi tant qu'il restera au pouvoir en Libye.

Les rebelles libyens et les pays de l'Otan qui les soutiennent y ont cependant vu un signe qu'il avait perdu toute légitimité à la tête du pays.

 

Source : Reuters

 

NDLR : Cette condamnation de la CPI intervient prématurément ; en ne lui laissant aucune porte de sortie, elle participe à pousser M. Kadhafi au statu quo, et donc à la poursuite de son action à la tête du régime lybien.

 

 

Par Paul Auster - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 22:49

"La Grèce n'est pas encore sauvée, mais les règles du jeu sont clarifiées" : en marge du Conseil européen, les dirigeants ont en effet demandé aux investisseurs privés de participer au nouveau plan d'aide, en renouvelant leur dette lorsqu'elle arrive à échéance, rapporte Les Echos.
Dès lors, si le Parlement grec vote le plan d'austérité mis au point par ses créanciers internationaux, les pays de la zone euro accorderont une deuxième aide de quelque 110 milliards d'euros, continue le journal, qui précise que "les Etats auront une idée plus précise de l'engagement des créanciers privés le 3 juillet, lors du prochain rendez-vous des ministres des Finances".
Mais c'est Le Figaro qui dévoile les contours du nouveau plan imaginé par la France, à l'initiative de BNP Paribas : outre le principe de "roll over" qui fait désormais l'unanimité, les créanciers privés pourraient se voir proposer de ne réinvestir que 70% des dettes remboursées par Athènes. Ce dispositif devrait être présenté aujourd'hui lors d'une réunion de l'International institute of finance, qui regroupe 400 banques du monde entier.
C'est aujourd'hui également que débute au Parlement grec le débat sur le plan d'austérité, qui prévoit hausses d'impôts et réduction des dépenses publiques, rappelle Les Echos. Les députés passeront au vote mercredi (qui, malgré une majorité socialiste réduite, devrait être favorable), et le lendemain à la loi d'application.
Entretemps se multiplient les soutiens internationaux : derniers en date, le directeur de l'OMC Pascal Lamy a estimé que "les difficultés de la Grèce ne mettaient pas en danger l'ensemble de la zone euro, en raison de son faible poids économique" [Le Figaro], tandis que le milliardaire et investisseur George Soros a appelé les décideurs européens à établir un "plan B" [Reuters] et que le premier ministre chinois Wen Jiabao "a promis de continuer à investir dans la région" [Le Figaro].
A croire que, selon Jean Quatremer (Libération), la crise est "en train de faire prendre conscience au reste du monde de la puissance de cette monnaie dont la disparition plongerait le reste du monde dans une grave récession".
Et pourtant, les populations perdent confiance en la monnaie unique : un sondage paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung et relevé par Les Echos indique que 71% des personnes interrogées affirment avoir "moins", "à peine" ou "pas du tout confiance" en l'euro. Tandis que l'économiste Jean Matouk fustige sur Rue89 "les extrêmes de tout poil" pour qui sortir de l'euro serait une solution.
Ce dernier s'interroge néanmoins, et de manière pédagogique, sur la capacité de la Grèce à payer sa dette avec une croissance négative, et prône alors "une relance à partir d'un large emprunt émis par un ensemble 'coopératif' des pays de l'euro" [Rue89].

 

En savoir plus :

 * Crise grecque : causes, état des lieux, issues possibles - Touteleurope.eu

 * Les possibles conséquences d'un défaut de la dette grecque, par Ana Nicolaci da Costa (Reuters)

 * Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie ! 

 * Qu'est-ce que le roll over ? C’est lorsque le règlement d'une transaction est reconduit à une autre date de valeur basée sur le différentiel du taux d'intérêt des deux devises.


 

 

 

Par ERASME - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 16:16

Le Conseil européen du 24 juin a pris des décisions cruciales sur la taxation du secteur financier. Les gouvernements pourraient désormais changer la façon dont fonctionne le secteur et déterminer comment il pourrait participer au coût de résolution de la crise.

Bien qu'il soit de plus en plus évident que la meilleure façon d'avancer réside dans l'instauration d'une taxe sur les transactions financières (TTF), certains gouvernements européens et, sans surprise, le secteur financier lui-même, continuent à contester la proposition. Pourtant, d'autres gouvernements et un nombre grandissant de députés européens l'appuient.

Les opposants à la TTF protègent le secteur financier indûment en prétendant que la taxe serait techniquement impossible à mettre en oeuvre. Nous rejetons cette position irrationnelle qui vise uniquement à maintenir la rente spéculative de quelques acteurs financiers : la TTF peut et doit être introduite.

Ses opposants affirment que 80 % des produits dérivés négociés de gré à gré ne peuvent être taxés puisque ces opérations sont quasiment invisibles pour les régulateurs et autorités. Cet argument ne tient pas compte du fait que l'Union européenne élabore actuellement des législations qui permettront d'encadrer et d'assurer la traçabilité de l'ensemble des transactions financières.

Enfin, les opposants affirment qu'une TTF mise en oeuvre à la seule échelle européenne déclencherait un exode massif de l'activité financière hors de l'Union européenne... Cet argument relève plus de la mauvaise foi que de l'analyse sérieuse des faits : l'Europe est une puissance économique clé. Des taxes sur les transactions financières au niveau national, tels que les droits de timbre du Royaume-Uni, démontrent s'il en était besoin que la TTF ne fait en aucun cas fuir les investisseurs. Un prélèvement infime 0,05 % proposé par certains, ne serait pas préjudiciable à la compétitivité européenne. Une taxe mondiale serait la meilleure solution mais en prenant l'initiative, l'Europe envoie un signal politique qui incitera ses partenaires à suivre le même chemin.


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Par Jean Poche - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 15:13

La persistance d'oppositions profondes a entraîné le report de l'adoption de six textes législatifs par le parlement européen.

Le parlement européen a préféré temporiser son vote final. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont, de leur côté, fait mine de se contenter de la mise en oeuvre presque achevée de la gouvernance économique.

L'adoption des nouvelles règles visant à rapprocher les politiques économiques des Etats membres prend donc du retard.

Lors des débats au parlement jeudi 23 juin, une ligne de fracture est apparue entre les députés détracteurs de la rigueur tous azimuts et les partisans de l'assainissement budgétaire à tout prix. Ce paquet gouvernance n'est pas la réponse dont l'Union a besoin parce qu'il ne modifie pas l'attention excessive accordée à l'austérité, a regretté Elisa Ferreira, parlementaire portugaise du S&D (socialiste), pourtant rapporteur de l'un des textes.

Les économistes eux-mêmes sont atterrés, tant le contenu du paquet gouvernance est absurde parce qu'il interdit aux politiques budgétaires de réagir au cycle économique, a déploré le député socialiste Liêm Hoang Ngoc.

Mais la droite ne l'entend pas de cette oreille. Le retour à la croissance économique et à l'emploi ne se fera pas sur des bases chancelantes, a rétorqué le Français Jean-Paul Gauzès, élu du PPE (droite).

Regain de sévérité


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Par Jean Poche - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 13:51

Alors que les responsables politiques et monétaires de la zone s'efforcent de trouver une solution à la crise de la dette de la Grèce, il est encore difficile d'anticiper les conséquences d'un éventuel abaissement de la note de crédit du pays à un niveau équivalent à un défaut.

Intransigeantes, les agences de notation considèrent qu'une restructuration, un "reprofilage" ou même un "rollover" volontaire de la dette grecque, qui consisterait à allonger la maturité des titres arrivant à échéance, équivaudraient à un défaut sur la dette.

Voici un tour d'horizon des conséquences possibles d'un tel événement.

Contagion

Un défaut grec provoquerait probablement une brusque hausse des coûts de financement, déjà élevés, des autres pays européens ayant reçu une aide financière internationale, le Portugal et l'Irlande.

Comme la Grèce, ces pays ne sont plus en mesure de se financer sur les marchés et dépendent presque exclusivement des perfusions de la Banque centrale européenne, qui leur garantit des taux abordables.

En cas de défaut grec, la grande crainte est que le Portugal suive rapidement le même chemin, comme en témoigne la courbe des swaps de défaut de crédit (CDS) de Lisbonne, fortement inversée.

Les CDS sont une forme d'assurance censée protéger les créanciers d'un pays. Leur coût augmente généralement avec la durée de l'emprunt souscrit, car les prêts à échéance plus lointaine sont jugés plus incertains.

Dans le cas du Portugal, il est plus coûteux d'assurer un emprunt à court terme, signe qu'un défaut est jugé probable d'ici un an ou deux.

Si Lisbonne devenait incapable d'honorer ses dettes, les banques espagnoles seraient en première ligne pour en encaisser le choc. Elles sont en effet les premières détentrices européennes de dette portugaise, avec plus de 80 milliards de dollars.

Cela contraindrait probablement Madrid à secourir ses banques en les recapitalisant, ce qui mettrait encore plus en péril les finances publiques.

Or l'Espagne est déjà considérée comme trop grande pour être secourue par les fonds de sauvetage européens. Si Madrid se trouvait en difficulté, les banques françaises et allemandes, bien plus exposées à la dette espagnole qu'à la dette grecque avec respectivement 140 et 180 milliards de dollars, seraient directement menacées.

" La seule chose qui importe est de stopper la contagion ", a souligné Prateek Datta, analyste chez RBS.

" S'il ne s'agissait que de la Grèce, la situation serait gérable et les banques européennes pourraient survivre aux pertes qui en découleraient. Mais si les marchés s'affolent et que l'Espagne se trouve aspirée dans le maelström, ce sera totalement différent. "

Garanties collatérales

Les banques grecques se financent actuellement auprès de la Banque centrale européenne, en utilisant des obligations d'Etat en guise de garantie collatérale.

Si les agences de notation jugent que la Grèce est en situation de défaut, la BCE a prévenu qu'elle n'accepterait plus ses titres en contrepartie d'emprunts.

Le secteur financier grec serait alors dépourvu de ressources et les autorités de la zone euro et de la BCE se verraient contraintes de le recapitaliser.

Il se pourrait donc que la BCE choisisse, pour ne pas en arriver là, d'assouplir ses règles et d'accepter comme garanties des obligations en situation de défaut.

Si la BCE fait ce choix, elle risquera de subir des pertes et d'avoir elle-même besoin d'une recapitalisation, dont la responsabilité incomberait aux Etats membres de la zone euro.

Banques

Les banques grecques sont jugées les plus exposées à la dette nationale du pays, suivies par leurs homologues européennes et la BCE.

En cas de défaut, les banques ne seraient pas nécessairement contraintes de se défaire de leurs avoirs, mais si elles le faisaient, elles auraient du mal à trouver des acquéreurs et seraient contraintes de vendre leurs titres à des prix bien inférieurs à leur valeur d'achat.

Il est donc plus probable qu'elles choisissent de les conserver. Or un grand nombre de ces banques comptabilisent ces titres dans leurs comptes à leur valeur d'origine et n'ont pas pris en compte l'évolution de la dette grecque sur les marchés financiers.

Même si elles sont libres de maintenir cette évaluation dans leurs comptes, elle devront en cas de défaut faire face à une pression accrue pour que leurs livres tiennent compte de cette perte de valeur, ce qui ne manquera pas de plomber leurs résultats.

 

Voir également à cet égard les articles suivants :

 * Accord sur le plan d'austérité grec (Touteleurope.eu)

 * La crise de la dette en Europe, enjeu "vital" pour la Chine

 * Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie !

 * A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? (nouvelle édition)

 * Les 'Credit Default Swaps' (CDS)

 * Money is Politics. A renewed EMS as safety net for the countries of the eurozone, by Erik Holm (europesworld.org)

 * L'Euro, les investisseurs et la gouvernance - Actes du séminaire en hommage à Tommaso Padoa-Schioppa (Notre Europe)

 * Six questions pour comprendre les marchés des changes (Le Figaro) - nouvelle édition -

 * UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - seconde partie -

 * Pour un Pacte international permettant de limiter les risques systémiques associés à l'inflation et à la prolifération des dettes souveraines

ainsi que les articles auxquels ils renvoient

 

 

Par ERASME - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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