Technologies et entreprises en action et en débat

Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 12:29

Les centrales nucléaires européennes devront être testées, et les résultats rendus publics. C'est ce qu'a conclu le Conseil européen réuni jeudi et vendredi à Bruxelles. Si un consensus semble émerger sur la nécessité de ces évaluations, leurs modalités restent à préciser.
Autorités nationales ou groupes d'experts multinationaux, plusieurs options existent pour mener à bien ces tests. La France a d'ores et déjà indiqué par la voix de son président Nicolas Sarkozy que "les autorités de chaque pays doivent tester leurs propres centrales" [Euractiv], chargeant dans la foulée l'Autorité de sûreté nucléaire de conduire un audit.
L'incertitude demeure également en ce qui concerne les critères retenus, et les possibilités sont nombreuses, comme le souligne La Croix : "simulations de pannes de courant, de catastrophes naturelles, de défaillances des circuits de refroidissement ou des groupes électrogènes…". Le commissaire à l'Energie Günther Oettinger a toutefois indiqué vouloir "les normes de sécurité les plus élevées" [AFP].
Le "mode d'emploi" de ces tests sera publié en juin par la Commission européenne, qui vise une mise en œuvre à l'automne pour des résultats publiés en fin d'année. En cas d'échec, plusieurs pays ont déjà annoncé qu'ils fermeraient les centrales concernées, c'est le cas de l'Allemagne, de la France ou encore de l'Espagne. Pour Le Point, "les enjeux sont énormes. 24 nouveaux réacteurs sont en projet dans l'UE, dont six sont déjà en construction : deux en Bulgarie, un en Finlande, un en France et deux en Slovaquie".
Cette décision s'inscrit dans un contexte d'inquiétude grandissante autour des risques liés au nucléaire, et notamment en Allemagne et en Italie ou des manifestations ont eu lieu le week-end dernier. "En Allemagne, plus de 200 000 manifestants ont défilé pour réclamer la fermeture des 17 réacteurs actuellement en activité dans le pays" [Euronews]. De même à Rome, "des milliers de personnes ont manifesté samedi contre l’atome. Le nucléaire civil italien, abandonné en 1987 par référendum après Tchernobyl, devait faire l’objet d’un nouveau vote en juin" [La Croix].

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Technologies et entreprises en action et en débat
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 09:17

L'énergie nucléaire peut être libérée de deux façons : en cassant des noyaux atomiques lourds ou en fusionnant des noyaux très légers, ce qu'on appelle respectivement la fission et la fusion nucléaire. Si la fission est contrôlée depuis longtemps pour la production d'électricité, ce n'est pas encore le cas de la fusion. Cette réaction est difficile à réaliser car il faut rapprocher deux noyaux qui ont tendance naturellement à se repousser. Pour arriver à la fusion thermonucléaire, il faut notamment atteindre des températures de l'ordre de 100 millions de degrés !

Maîtriser sur Terre la fusion de noyaux légers, tels que le deutérium et le tritium, ouvriraient la voie à des ressources en énergie quasiment illimitées. Grâce aux machines appelées « tokamak », les chercheurs expérimentent depuis plusieurs années la fusion par confinement magnétique. Aujourd'hui la communauté scientifique internationale s'apprête, en France à Cadarache, à construire le plus important tokamak jamais réalisé. C'est le projet ITERqui devrait permettre de démontrer la faisabilité scientifique et technologique de l'énergie de fusion.

 

Pour en savoir plus sur ce sujet, voir notamment http://www.cea.fr/energie/dossier_iter/la_fusion_controlee

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Technologies et entreprises en action et en débat
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Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 22:15

Toutes les installations nucléaires sont conçues pour résister aux séismes selon une méthode très rigoureuse.

Tout d'abord, on cherche le " séisme historique " , c'est à dire le séisme le plus important jamais survenu dans l'histoire de la région. Ensuite, on suppose que va se produire, juste sous la centrale, un séisme d'une énergie double, appelé " séisme majoré de sécurité ". L'installation est alors conçue pour ne subir aucun dommage menaçant la sûreté lors d'une telle catastrophe naturelle. Les matériels font l'objet de tests rigoureux réalisés dans des laboratoires d'essais sismiques, en particulier à l'aide de tables vibrantes.

Les risques d'inondations, d'explosions, de tempêtes, de chutes d'avions - même s'il est interdit de survoler les installations nucléaires à basse altitude - sont traités de la même façon. Ils sont pris en compte dans la conception des bâtiments des réacteurs, selon la nature de l'environnement de la centrale : analyse des crues, protection des bâtiments contre les ondes de chocs, mise hors d'eau des matériels.

 

Pour en savoir plus : http://www.site-gamma.fr/qu_re_nuc.php

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Technologies et entreprises en action et en débat
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Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 15:49

Le réacteur de Fukushima est dit à eau bouillante (REB). Contrairement aux réacteurs français, à eau sous pression (REP), il n'y a pas d'échange thermique entre un circuit primaire en eau liquide et un circuit secondaire en eau vapeur, ce qui est un gage de simplicité. En cas d'accident de perte de réfrigérant (perte d'eau primaire), il est nécessaire, dans ces deux types de réacteurs à eau, d'injecter de l'eau dans la cuve pour assurer le maintien sous eau du combustible de façon à prévenir sa dégradation pouvant aller jusqu'à sa fusion.

" C'est ce mécanisme qui a été mis en défaut par le séisme, puis le tsunami ", expliquait Thierry Charles, directeur de la sûreté des usines nucléaires à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), samedi 12 mars à 9 heures du matin. Le tremblement de terre a entraîné la mise à l'arrêt automatique du réacteur, dont le coeur doit cependant continuer à être refroidi. Mais le tsunami a partiellement noyé le site, mettant hors d'usage les groupes d'alimentation électrique diesel qui sont censés prendre le relais. " C'est pourquoi, hier (vendredi 11 mars), l'exploitant a fait venir des groupes diesel externes ", précisait-il.

Mais ces opérations n'ont pas empêché le niveau de l'eau dans le coeur de diminuer, par transformation de l'eau liquide en vapeur. Les autorités ont décidé de relâcher une partie de celle-ci dans l'environnement pour faire baisser la pression dans l'enceinte de confinement, ce qui explique l'élévation du niveau de la radioactivité dans l'environnement immédiat de la centrale et l'évacuation des populations dans un rayon de 10 km.

" Les informations sont parcellaires ", indiquait M. Charles, qui constate que les déclarations de l'autorité de sûreté japonaise et celles de l'exploitant Tepco ne concordent pas totalement, le second indiquant que la fonte du coeur n'est pas en cours.

" On est à la frontière de la fusion ", estimait samedi matin Thierry Charles. Tout dépendait désormais de la capacité de Tepco à injecter de l'eau de refroidissement dans le coeur. S'il n'y parvenait pas, la fusion pourrait avoir lieu " en quelques heures ", indiquait l'expert. La question de l'impact sanitaire et environnemental dépendrait ensuite totalement de l'état de l'enceinte de confinement, " mais on ne le connaît pas ", notait Thierry Charles. Quelques minutes plus tard, on apprenait que le bâtiment était en partie détruit.

 

Par ERASME - Publié dans : Technologies et entreprises en action et en débat
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 10:17

Dans les économies développées, où les gains de productivité ont fortement ralenti, l'innovation est le principal vecteur de la croissance et de la compétitivité.

Dans les pays avancés, à l'échelle des entreprises comme des politiques économiques, une conception scientifique et technocentrée de l'innovation a longtemps prévalu. Au sommet de Lisbonne (2000), la stratégie qui se proposait de faire de l'Union européenne (UE) "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde" fut un concentré de cette idéologie : hors des investissements massifs dans la recherche-développement (R & D) et les nouvelles technologies, point de salut.

Mais en négligeant les besoins du marché et en abandonnant les secteurs traditionnels aux pays les moins développés, on a sous-évalué le potentiel d'innovation dans les entreprises à faible ou moyenne intensité de recherche. Celles où, selon les critères de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le ratio R & D sur production ne dépasse pas les 3 %, contre plus de 5 % pour les secteurs considérés comme "high-tech".

Or, non seulement "la société de la connaissance" ne saurait se réduire au développement des technologies les plus avancées, mais encore ce sont les secteurs traditionnels (appareils ménagers, industrie alimentaire, papier, bois, meubles, métallurgie, plastique...), où les PME sont majoritaires, qui jouent toujours le rôle le plus important dans l'innovation, la croissance et l'emploi.

C'est ce que l'étude des dynamiques de PME (y compris artisanales) montrait au milieu des années 2000 dans les travaux du programme européen Pilot ("Innovation in low and medium technology industries", Research Policy, vol. 38-3, 2009).

Ce constat fut réitéré dans les plus récentes publications de l'OCDE (La Stratégie de l'OCDE pour l'innovation, 2010). Les premiers établissaient que les activités à basse et moyenne intensité technologique comptaient pour environ 97 % de l'ensemble des activités économiques du Vieux Continent, et plus de 75 % de l'emploi manufacturier - proportions qui n'ont pas changé en Europe occidentale depuis 1980 -, tout en générant une part significative de leur chiffre d'affaires dans les produits nouveaux et la modernisation.

Les secondes remarquaient que la proportion de sociétés n'investissant pas en R & D, mais susceptibles de concevoir des produits, des procédés et des marques, d'investir dans les stratégies marketing ou de développer des formes alternatives de management, représentait entre un tiers et la moitié des firmes innovantes dans les pays de l'OCDE.

Un nouveau modèle
D'où la nécessité de porter aujourd'hui attention aux processus d'innovation spécifiques aux PME et d'élargir les catégories officielles des activités innovantes au-delà de la R & D interne et de la seule dimension technologique.

Un nouveau modèle de l'innovation pourrait alors émerger, qui fasse toute sa place à la capacité des entreprises, notamment des plus petites, à absorber, utiliser et faire circuler des connaissances produites à l'extérieur, y compris en recombinant empiriquement des éléments de technologie avancée.

Cela suppose, de la part des sociétés, une habileté à mobiliser des compétences pratiques, souvent tacites et difficiles à imiter, à faire travailler ensemble une multiplicité d'acteurs dont l'hétérogénéité déborde largement le couple laboratoire de recherche-application en entreprises. Cela exige aussi de compléter les classifications officielles - elles mesurent en général les niveaux d'intensité technologique à travers de grands agrégats sectoriels - par des segmentations plus fines.

 

Philippe Trouvé est professeur au groupe ESC Clermont-Ferrand

 

Voir également les articles des rubriques :

 * Technologies et entreprises en action et en débat

 * UE, formation, recherche, technologie & industrie

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Technologies et entreprises en action et en débat
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