Les centrales nucléaires européennes devront être testées, et les résultats rendus publics. C'est ce qu'a conclu le Conseil
européen réuni jeudi et vendredi à Bruxelles. Si un consensus semble émerger sur la nécessité de ces évaluations, leurs modalités restent à préciser.
Autorités nationales ou groupes d'experts multinationaux, plusieurs options existent pour mener à bien ces tests. La France a
d'ores et déjà indiqué par la voix de son président Nicolas Sarkozy que "les autorités de chaque pays doivent tester leurs propres centrales" [Euractiv], chargeant dans la foulée l'Autorité de sûreté nucléaire de conduire un audit.
L'incertitude demeure également en ce qui concerne les critères retenus, et les possibilités sont nombreuses, comme le souligne
La
Croix : "simulations de pannes de courant, de catastrophes naturelles, de défaillances des circuits de refroidissement ou des groupes électrogènes…". Le commissaire à l'Energie Günther
Oettinger a toutefois indiqué vouloir "les normes de sécurité les plus élevées" [AFP].
Le "mode d'emploi" de ces tests sera publié en juin par la Commission européenne, qui vise une mise en œuvre à l'automne pour
des résultats publiés en fin d'année. En cas d'échec, plusieurs pays ont déjà annoncé qu'ils fermeraient les centrales concernées, c'est le cas de l'Allemagne, de la France ou encore de
l'Espagne. Pour Le Point, "les enjeux sont énormes. 24 nouveaux réacteurs sont en projet dans l'UE, dont six sont déjà en construction : deux en Bulgarie, un en Finlande, un en
France et deux en Slovaquie".
Cette décision s'inscrit dans un contexte d'inquiétude grandissante autour des risques liés au nucléaire, et notamment en
Allemagne et en Italie ou des manifestations ont eu lieu le week-end dernier. "En Allemagne, plus de 200 000 manifestants ont défilé pour réclamer la fermeture des 17 réacteurs actuellement en
activité dans le pays" [Euronews]. De même à Rome, "des milliers de personnes ont manifesté samedi contre l’atome. Le nucléaire civil italien, abandonné en 1987 par référendum après
Tchernobyl, devait faire l’objet d’un nouveau vote en juin" [La
Croix].
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires