Nombre de signaux accréditent cette hypothèse que d'aucuns jugeront nécessairement "farfelue" :
* inconsistance des annonces communes (notamment à l'égard de l'épineuse question de la recapitalisation des banques, ou encore La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale)
* retards pris dans les décisions les plus importantes et leur mise en oeuvre effective (cf. à cet égard la surprenante mise en retrait délibérée du président permanent du Conseil européen lors des travaux du G20 une semaine à peine après l'avoir mandaté pour présider à titre permanent le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro),
* insécurité juridique ou caractère aléatoire de certaines d'entre elles (voir notamment à cet égard l'accord du 21 juillet - Quelle crédibilité accorder à l'accord conclu par les Chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro le 21 juillet à Bruxelles ? -)
* mise à l'écart systématique des principales institutions communautaires et de leur président respectif dans les processus d'élaboration de ces décisions (y compris lorsqu'il s'est agi de réunir à Cannes, à la veille du somemet du G20, les chefs d'Etat et de gouvernment de la zone euro à peine une semaine après avoir désigné le président permanent du Conseil européen comme président permanent du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement de cette zone)
* adoption de positions communes contestées par les responsables des institutions communautaires (cf. Barroso critique la proposition franco-allemande de gouvernement de la zone euro )
* positions minimalistes adoptées par les deux leaders à l'égard du prochain cadre financier pluriannuel de l'Union pour la période 2014 - 2020
* la rotation ultra-rapide des ministres en charge des dossiers européens en France (cf. notamment à cet égard De la France et son usage des symboles ! Le cas Léonetti !)
* mise à l'écart de propositions institutionnelles simples compatibles avec les dynamiques communautaires en cours (cf. à cet égard Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques ou encore Le nouveau traité ne résoudra pas la totalité des difficultés auxquelles sont confrontés l'euro et l'eurozone ! D'autres mesures de même ampleur sont nécessaires ! )
...
Sans oublier que ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy n'ont jamais véritablement fait la preuve de leur engagement politique en faveur d'une Union politique plus intégrée au cours de leur carrière et dans leur l'exercice de leurs reponsabilités gouvernementales antérieures ! Et que l'omniprésent et ominpotent président français n'a jamais véritablement eu le souci au cours des 5 années de son mandat présidentiel de faire établir par ses gouvernements successifs des lois de finances respectueuses des obligations édictées par le Pacte de stabilité et de croissance (s'agissant du respect des critères dits de Maastricht, notamment).
Alors, lorsque le frère banquier du président Sarkozy envisage la fin de la zone euro devant les media, il est permis de s'interroger sur la manoeuvre !
Mais naturellement, d'autres hypothèses existent, notamment celle consistant à croire qu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se seraient progressivement convaincus que seule la voie de l'intégration économique et politique parviendra à sortir l'Europe de la spirale infernale dans laquelle l'ont plongé l'irresponsabilité politique et le dévoiement continu - et délibéré - des engagements souscrits (Pacte de stabilité et de croissance, notamment) !
Mais alors, si tel était effectivment le cas, pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il nommé Jean Léonetti au poste de ministre en charge des questions européennes ? Comme symbole de sa volonté de relancer le projet européen, il pouvait indubitablement choisir mieux (cf. De la France et de son usage des symboles ! Le cas Léonetti ! ).
Voir également :
* Une Europe européenne contre celle des margoulins (Mediapart)
Cet article a été publié une première fois sur ce blog le 5 décembre 2011.