Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 23:25

Les citoyens français ne sont ni des veaux, ni des écervelés, ni des victimes de la maladie d'Alzaheimer, ni des danseuses, ni des marionnettes !

Ils n'ont ni la mémoire courte, ni les ambitions démesurées des courtisans méprisants trop longtemps nourris au miel de la politique politicienne la plus abjecte, ni le porte-feuilles garnis à force engraissement au frais de la princesse !

Mieux que quiconque ils savent combien ils ont été "roulés dans la farine" à leurs propres frais ! "La vérité si j'mens" : un programme qui ne fait recette nulle part ! (nouvelle édition)

Il savent ce que " Servir la France '' ! veut dire et combien un tel service de la France comporte comme exigences !

Il savent que sa majesté Nicolas 1er n'a pas été le capitaine approprié pour mener le navire France hors des eaux tumultueuses du grand large (cf. Lisez ou relisez les truculentes chroniques du règne de Nicolas 1er si bien écrites par Patrick Rambaud ) ! Il n'a pas été ce protecteur autoproclamé qu'il s'est aventuré à vouloir faire croire ! Il n'a pas été non plus ce visionnaire capable d'emmener derrière lui l'Europe (qu'il voulait "prendre" lorsqu'il est arrivé à l'Elysée) et le Monde qu'il affirma maîtriser par G8 et G20 interposés !

Pis encore, il s'est laissé enfermer dans le piège d'une analyse erronée appelant à une refondation de l'Europe sur des bases intergouvernementales que lui ont tendu les souverainistes et nationalistes les plus étriqués au point d'apparaître ridicule devant une Angela Merkel qui n'a aujourd'hui de cesse de prendre une position radicalement contraire (cf. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ne partagent - toujours - pas la même vision de l'Europe ! ).

Contrairement à ce qui fait office aujourd'hui de gouvernement et de parti majoritaire dans ce pays en friche qu'est devenue la France sous les effets de l'incurie et la forfaiture de ces derniers !

Non seulement ils savent parfaitement la responsabilité immense de l'équipage dans ce naufrage du bateau France mais ils savent aussi la responsabilité non moins grande de tous ces rats qui se sont invités à bord tout au long de ces dix dernières années !

Des rats aux dents longues qui ont fini par les user à force de rayer les parquets et les cuivres !

Et les jours sont comptés de tous ces rats, qu'ils soient encore embarqués ou déjà débarqués par leur héraut, tout autant que le funeste équipage, quelques soient les manipulations médiatiques auxquelles ils ne manqueront pas d'avoir recours !

Les élections sont encore loin !

En même temps, elles sont très proches pour qui souhaite leur donner la force d'éviction nécessaire pour nettoyer le pont, les carrés, les coursives, et les cales !

Et cette force sera immense tellement le matraquage quotidien de contre-vérités ajoute de l'insupportable à l'insupportable !

Les citoyens français ne se laisseront pas manipuler par médias, faiseurs d'opinions et campagne mensongère interposés (cf. La liberté de la presse, un voeu pieux même dans les grandes démocraties, par Jean-Pierre Muller (Le Parisien)De la manipulation de l'opinion publique par des sondages d'un troisième type ainsi que "Dix stratégies de manipulation" (de masses), de Noam Chomsky ) au point de finir par ne plus avoir cette lucidité de prendre pleinement acte, en conscience et en responsabilité, que L'élection la plus importante en 2012 pour les Françaises et les Français est bien celle de leurs députés !

Et ils ont de plus en plus "les crocs" !

Plus que jamais "Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé " !

 

 

 

 

 

 

Par Jean Rage - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 19:09

Alors que tous, sur toute l'étendue du paysage politique national, s'accordent à reconnaître que la multiplication et la variété des crises systémiques qui secouent les Nations autant que les économies sont les signes annonciateurs de grands bouleversements du monde, le débat qui s'instaure sur les médias à l'avant-veille de l'élection présidentielle s'enferre dans les méandres d'un discours dont le niveau est bien en-deçà des véritables enjeux qui détermineront l'avenir du peuple français et de son contrat social et politique dans un monde globalisé en train de se multipolariser, l'avenir de l'Etat dans la vie de la cité, celui de l'économie nationale dans les économies européenne et mondiales, celui du modèle social français, celui de la monnaie unique européenne dans le concert monétaire international, ainsi que l'avenir de l'Union européenne et du lien transatlantique, etc.

Une fois encore, les Françaises et les Français sont conduits à devoir assister à un débat tronqué qui ne correspond en aucune manière à celui qui devrait être celui d'une telle échéance électorale dans un Pays dont la Constitution singulière confère au Président de la République bien d'autres prérogatives que celles d'un Premier ministre ou d'un ministre des Finances !

Henri Guaino a raison, le débat n'est pas au niveau d'une telle élection à ce moment particulier de l'histoire !

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 17:06

Bien qu'il ait été signé par l'Etat français, le traité instituant une Constitution pour l'Europe n'a pas été ratifié par la France. Et il a fait l'objet d'une renégociation qui a abouti au Traité de Lisbonne. Combien d'observateurs et commentateurs politiques présents sur les ondes et les plateaux de télévision feignent aujourd'hui de l'ignorer !

Le pacte budgétaire entériné lundi 29 janvier par 25 des chefs d'Etat et de gouvernement l'Union européenne doit encore être signé en mars ("1.Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire a été établi dans sa version définitive. Il sera signé en mars." - cf. Communication des États membres de la zone euro (Bruxelles, 30 janvier 2012) ) puis ratifié par au moins 12 Etats membres de la zone euro pour entrer en vigueur.

Pour l'heure, il ne revêt rigoureusement aucune valeur juridique ni contraignante !

La signature de la France ne sera pleinement engagée à son égard qu'à la condition expresse qu'il ait été ratifié par les voies idoines, c'est à dire soit par le Congrès associant le Sénat et l'Assemblée nationale, soit par référendum !

Eu égard aux calendriers de son édification et des échéances nationales en France, il est très hautement probable que la procédure de ratification n'interviendra pas avant la fin de la 13ème législature !

Par ailleurs, la probabilité pour que ce Pacte soit ratifié par 12 Etats membres de la zone euro avant le début de la 14ème législature est quasi nulle !

Enfin, la formule de la communication citée plus haut selon laquelle "Dans le même temps, un arrangement sera adopté en ce qui concerne la procédure à suivre pour saisir la Cour de justice des cas de non-respect du traité. " ne saurait être considérée comme anodine ! Car le Traité de Lisbonne n'attribue pas en son état actuel une quelconque compétence à statuer juridiquement en pareille ! D'ailleurs, est-ce souhaitable d'un point de vue démocratique ? Et est-ce vraiment possible en regard de la hiérarchie des normes en vigueur aujourd'hui en Europe (cf. Des traités !) ? La Cour constitutionnelle de Karlsruhe, par exemple, autorisera-t-elle le gouvernement allemand à prendre une telle décision ?*

On le voit bien, rien n'est encore vraiment acquis en matière de gouvernance budgétaire au niveau européen !

Aussi, François Hollande ne court aucun risque en affirmant que, dans l'hypothèse où les électeurs français le désigneraient Président de la République, il renégocierait ce Pacte !

Par contre, Angela Merkel court celui d'apparaître fragilisée dès lors que François Hollande serait effectivement en position de demander au Conseil européen de revoir la copie !

 

Voir également : Une crise européenne est-elle possible ?

 

 

 

Par Jean Poche - Publié dans : Lettres ouvertes
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 16:59

Voir la première partie de l'article : Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (1)

.../...

La seconde raison est d'ordre doctrinal.

Au-delà des facteurs conjoncturels de cette période et des (mauvais) choix de politique économique qui, en privilégiant la rigueur et l'austérité et, en s'interdisantde ce fait toute relance par les investissements, accentuent mécaniquement le problème des déficits et de la dette souveraine des Etats membres de l'eurozone (cf. notamment à cet égard http://www.touteleurope.eu/fr/actions/economie/euro/presentation/comparatif-l-austerite-en-europe.html ainsi que La rigueur, mais aussi la croissance (Déclaration du CEO de Notre Europe)) malgré des initiatives trop peu connues de la Commission européenne en la matière (cf. Les propositions de la Commission européenne en matière budgétaire et économique), il y a incontestablement des insuffisances de nature systémique et/ou structurelle qu'il est devenu urgent d'affronter, en responsabilité et en toute transparence !

Sous l'influence de l’Allemagne, il a été interdit dans les Traités européens de pratiquer une autre monétisation que celle qui profite, de fait, quasi uniquement aux banques. Il est constitutionnellement interdit de faire des avances directement au Trésor des Etats au même taux qu’aux banques. Il est aussi interdit à la BCE d’acheter directement de la dette des Etats à l’émission de cette dette (et donc qu'elle devienne 'prêteur en dernier ressort'), tout au plus, lui est-il permis, et là encore en prenant une certaine liberté avec les textes, d’acheter de la dette sur le marché secondaire pour ’fausser’’ le marché par cette offre nouvelle qui fait baisser les taux et ceci afin d’éviter de trop fortes pertes aux banques qui ont de la dette souveraine….

Mais ce pari est une fuite en avant. Il pousse le système dans ses logiques ultimes jusqu’à l’absurde, tout en ne réglant rien des déficits structurels des pays du Sud de la zone euro. (cf. à cet égard Ce dont il faudrait absolument réussir à convaincre Angela Merkel pour sauver la zone euro ! par Jean-Luc Schaffhauser (Atlantico)).

Partant d'une analyse sans concession des erreurs qui ont abouti à la panique actuelle, l'économiste Michel Aglietta ouvre le débat : " s'il n'est pas possible de consolider les dettes sans se créer un avenir commun, comment sortir de cette spirale descendante ? La voie de la croissance reste ouverte. Mais elle exige des choix forts. L'accord européen du 9 décembre 2011 introduit un début de gouvernance commune mais reste prisonnier d'un carcan de règles sans véritable action collective. Cet accord ne trace pas la voie d'une sortie de la crise par la croissance. Car la dérive des finances publiques traduit une crise beaucoup plus profonde, qui trouve son origine dans les choix opérés lors de la création de la monnaie unique. Incapable de contrer la polarisation des économies entre un centre industriel toujours plus compétitif et une périphérie dopée au crédit, la zone euro reste minée par les divergences politiques sur la finalité de la construction européenne. L'avenir de l'euro demeure incertain ».

Eu égard aux difficultés économiques et sociales considérables que connaissent aujourd'hui la quasi totalité des pays ancrés dans la zone euro, on peut s'interroger sur l'absence dans les décisions de ces sommets européens à répétition de dispositions ayant trait à la protection des plus démunis face à la crise et dont le nombre ne cesse de croître dans des proportions qui ont de quoi inquiéter les populations (cf. Attention à ne pas laisser de côté la dimension sociale lors de l'élaboration des instruments de gouvernance économique ! (nouvelle édition)).

Par ailleurs, les élites politiques, technocratiques et économiques qui s'attèlent à la recherche de solutions aux problèmes graves du moment semblent avoir écarté de leurs préoccupations communes (ou en tout état de cause, n'agissent pas avec l'efficacité attendue en ce sens) les pistes d'effort qui devraient être explorées à l'égard de trois autres dimensions clé de la stratégie monétaire européenne :

 * la nécessité d'une ouverture au sein de l'UEM d'un cadre propice au développement d'un processus de coordination budgétaire et fiscale qui ouvre la voie à plus de convergence, voire même à une harmonisation que d'aucuns jugent aujourd'hui souhaitable bien qu'elle ait été rendue juridiquement improbable par des dispositions restrictives du traité en la matière (une mention excluant une harmonisation apparaissant à plusieurs reprises dans le Traité de Lisbonne),  

 * la nécessité de revisiter l'ensemble des garanties de sécurité, des mesures de confiance et des mesures de réassurance qui doivent garantir la sécurité et la stabilité de l'euro afin d'en accroitre l'effectivité et l'efficacité,

et enfin,

 * la nécessité de revisiter l'ensemble des garanties de sécurité, des mesures de confiance et des mesures de réassurance qui doivent garantir la sécurité économique et financière de la zone euro afin d'en accroitre l'effectivité et l'efficacité !

Engagements après engagements, garanties après garanties, la valse des mesures visant à assurer et à rassurer sans y parvenir est entrée dans sa phase la plus frénétique ... et la plus critique !

Sans écarter d'un revers de main dédaigneux celle d'un retour à un euro reconsidére en tant que monnaie commune et non unique comme le suggèrent certains économistes lucides qui ne sauraient être taxés d'antieuropéanisme primaire (tel que, par exemple Jacques Sapir - cf. Pour Jacques Sapir, la sortie de l'euro est inévitable) en prenant appui sur une évaluation sérieuse des processus qui ont été engagés depuis l'entrée en vigueur de la monnaie européenne (cf. notamment à cet égard Retour sur images : Examen de la convergence pour l'entrée de la Grèce dans la zone euro au 1er janvier 2001 (Banque de France)) !

Parmi les premières garanties à produire figure bien évidemment celle de la solvabilité de la Banque centrale européenne (cf. à cet égard La Banque Centrale Européenne risque-t-elle d’exploser en prêtant aux banques ? par Georges Ugeux)

De toute évidence garantir à tout-va, quand on est hyperdendetté comme le sont aujourd'hui les Etats membres de l'eurozone autant que le Royaume-Uni,  revient à ne plus rien garantir du tout (cf. Garantir à tout-va revient, quand on est hyperendetté, à ne plus rien garantir du tout ! (nouvelle édition). Car les volumes monétaires et financiers en jeu sont tels que garantir sans disposer d'une couverture de risque supplémentaire crédible qui garantisse l'activation effective de ces mesures le moment venu, revient à prendre " les enfants du bon dieu pour des canards sauvages " ! Et rien n'est véritablement entrepris pour agir là où le bat blesse le plus douloureusement (cf. La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale).

L'heure est venue, pour les Etats, comme pour les institutions financières internationales et les banques centrales, de prendre des mesures de réassurance crédibles afin que les protagonistes des atteintes quotidiennes à la stabilité et à la sécurité, monétaires et financières, soient réellement dissuadés de poursuivre leur jeu spéculatif ravageur ! Comment accepter que les Etats payent jusqu'à 800 fois plus d'intérêt que les banques ? (cf.  Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? par Michel Rocard et Pierre Larrouturou (Le Monde)) !

Et qui ignore que ledit Pacte a très peu de probabilité d'être ratifié par la France eu égard aux contraintes de son agenda électoral ?

L'heure n'est plus à la politique spectacle ni à la communication, mais à la mise en oeuvre d'une véritable stratégie opérationnelle dépourvue d'arrières pensées électorales nécessairement court termistes !

Pourquoi a-t-on voulu doter la politique monétaire européenne d'un concept stratégique articulé sur des 'conditions institutionnelles' et des 'orientations'  (cf. à cet égard les articles suivants : De la notion de 'concept stratégique" dans le domaine de la politique monétaire  ainsi que Les trois phases de l'Union économique et monétaire) sinon, d'une part, pour permettre la cohérence de l’analyse économique en la recoupant avec l’analyse monétaire, notamment au sein de l'UEM qui est animée par une double dynamique : son pilier économique et son pilier monétaire (4ème orientation), et, d'autre part, pour apprécier les effets complexes des chocs et ne pas « surréagir » dans le cas de chocs ne comportant pas nécessairement d’effets de moyen terme, en plaçant la stratégie monétaire dans une perspective de moyen terme (2ème orientation) ?

De toute évidence, il ne suffira certainement pas de travailler à l'adaptation des conditions institutionnelles inscrites dans ce concept stratégique (comme le Pacte de stabilité et de croissance, la quatrième condition institutionnelle selon la classification proposée par Jean-Claude Trichet) à l'objectif de sortie de crise économique et sociale, pour que l'euro et la zone euro ne sortent pas trop affaiblis de cette période crisogène exceptionnellement déstabilisante où ni la croissance, ni l'emploi, ni la confiance ne sont au rendez-vous !

Il semble par conséquent de bonne politique de s'interroger sur la pertinence du concept stratégique actuel, ou tout au moins, sur la suffisance de ses orientations pour apporter les garanties de sécurité, les mesures de confiance et les mesures de réssurance indispensables à la sécurité monétaire de l'euro comme à sécurité économique et financière de la zone euro dans une période propice à la superposition de crises systémiques multiples !

Qui peut imaginer une seule seconde que tel n'est pas le cas aux Etats-Unis s'agissant de la sécurité monétaire du dollar et de la sécurité économique et financière de la zone dollar ?

Au-delà de ces deux premières dimensions, un certain nombre d'acteurs européens ont compris la nécessité d'une ouverture au sein de l'UEM d'un cadre propice au développement d'un processus de coordination budgétaire et fiscale qui ouvre la voie à plus de convergence, voire même à une harmonisation rendue juridiquement improbable eu égard aux dispositions restrictives du traité en la matière : l'UEM a incontestablement besoin d'une 4ème phase (cf. à cet égard Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques) ; une phase d'intégration qui déterminera les conditions cadres requises pour l'émission d'Euro-obligations et pour une réforme générale des prélèvements obligatoires (cf.  à cet égard De l'hypothèse d'un "emprunt européen" à la nécessité d'une réforme générale des prélèvements obligatoires en Europe ! (nouvelle édition))  ; une quatrième phase qui aurait pu être instituée au moyen de l'instrument de la coopération renforcée (dès lors qu'au moins 9 Etats membres de l'eurozone satisfaisaient aux critères d'adhésion à cette phase d'intégration fiscale et budgétaire), après avoir procédé aux décisions requises pour remédier aux défaillances du traité en recourant à la clause de flexibilité (Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité), ce qui aurait alors permis d'éviter d'ouvrir un exercice périlleux de négociation d'un nouveau traité sur des bases hasardeuses !

Sur un plan plus général, parce qu'une véritable globalisation stratégique est à l'oeuvre qui met en scène des jeux d'acteurs et des processus qui ne se limitent pas aux seuls dynamiques de marchés, de transactions, de régulations et de médiations, il importe plus que jamais de soutenir la dimension politique de l'Union et de sa monnaie.

L'Union européenne, et notamment l'Eurogroupe, ont plus que jamais besoin de se penser et d'agir en acteur politique et stratégique cohérent au sein d'une économie mondiale qui est explosive (cf. Economie et finance mondiales : Etat des lieux, perspectives et prospectives ! ; Six questions pour comprendre les marchés des changes (Le Figaro) - nouvelle édition - ainsi que Dollar contre euro : la bataille d'Athènes) !

Un acteur qui, à l'image des Etats-Unis, de la Chine ou du Japon, ne se contente pas de déclarations, de mesures normatives et d'instruments généreusement ouverts à tous ses partenaires, notamment à ceux qui ont le privilège de jouir du statut de partenaire stratégique et/ou du régime du "tout sauf les institutions" !

Un acteur qui se pense et agit en Union politique et stratégique mue par des buts ambitieux, des objectifs clarifiés et pérennes, des principes et des valeurs à la fois partagés et respectés, et des intérêts clairement identifés qui ne se diluent pas dans la grande bleue dès les premiers orages !
Autant il est nécessaire de consolider l'Union économique et monétaire et la monnaie unique, autant il est devenu indispensable d'en étayer la double dimension politique et stratégique en les articulant sur une Union politique et stratégique cohérente elle-même bâtie, à l'image de l'UEM, sur des conditionnalités institutionnelles et des orientations d'un concept stratégique irréductible à un concept propre à d'autres organisations internationales (telles que celui de l'Otan, par exemple) ! L'heure est également venue de
Relancer sans délai le projet d’Union politique autonome pour éviter le rétrécissement stratégique de l'Europe ! Ce qui nécessite d'abord de se poser les bonnes questions à cet égard (cf. Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ainsi que Vouloir bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! (nouvelle édition)).

Affirmer être un acteur global dans le monde n'est suffisant : Encore faut-il agir avec une volonté sans faille pour qu'il en soit effectivement ainsi. Nous en sommes encore loin bien !

La tâche est d'autant plus ardue que des jeux parasites se développent au sein des Etats qui nourrissent une opposition de principe à une telle orientation (cf. à cet égard Europe politique : un espoir est-il raisonnable ? par Alain Richard (Revue Politique étrangère)) ! Que les institutions européennes 'compétentes' poursuivent des buts et mènent des actions qui paraissent en opposition avec une telle ambition (cf. Les 7 péchés capitaux de la PESC !) ! Et que les Etats-Unis semblent tirer un réel parti des difficultés de la zone euro (cf. Les Etats-Unis, grands gagnants de la crise européenne, par Françoise Garteiser (La Chronique Agora)).

Les batailles doivent par conséquent être engagées sur plusieurs fronts !
Toutes ne seront pas perdues !

Mais à la double condition que le Conseil européen, en toute liberté, n'aie pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée et qu'aux mots soit enfin préférée la chose !

L'Union européenne dispose-t-elle aujourd'hui de leaders politiques en capacité de mener de tels combats ?

Plus que jamais "Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé "

L'Histoire nous a enseigné que les véritables Hommes d'Etat se révèlent souvent dans les circonstances les plus dramatiques.

La Chancellière Angela Merkel ne vient-elle pas d'appeler à plus d'Europe pour sortir de la crise ? (cf. Plus d'Europe pour sortir de la crise, selon Angela Merkel (Touteleurope.eu) )

Montrons que nos principes et nos valeurs démocratiques sont encore bien vivants !

N'ayons pas peur d'engager un grand débat démocratique sur ces questions (cf. Lançons un véritable audit public des responsabilités à l'égard des crises systémiques qui obscurcissent nos vies et nos horizons ! ainsi que Grand débat sur la réponse européenne à la crise, à la Maison de la Chimie, Paris, le 6 mars 2012 ) !

Et ensuite, sachons trancher en repartant sur les deux jambes, les yeux ouverts, la tête haute et le coeur vaillant !

 

Voir également sur ce blog :

 * De l'urgence de cesser de recourir à la démagogie et au populisme au sein d'une Europe en proie à ses propres incohérences

 * "Solidité, stabilité", les règles de l'euro selon Angela Merkel

 * Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR - octobre 2010) - nouvelle édition -

 * Retour sur images : Les pays émergents vent debout contre la Fed (La Tribune - 04 novembre 2011)

 * Retour sur image : "Se préparer au pire, pour l’éviter", par Jacques Attali (L'Express - 11 septembre 2011)

 * Les Français demandent que l'Europe les protège ! Mais que veulent-ils vraiment qu'elle protège ? - nouvelle édition -

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - sixième partie -

 * Crise de la dette en Europe : l’action des agences de notation en question (Vie-publique.fr)

 * De cette autre Europe proposée par le Manifeste de Confrontations Europe  
 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (1)

 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (2)

 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (3)

Par Patrice Cardot - Publié dans : Regards-citoyens.com analyse et propose
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 16:55

Le contenu du Pacte budgétaire et fiscal adopté lors du Conseil européen qui s'est tenu le 30 janvier 2012 comme la communication politique qui en a résulté (cf. Déclaration des membres du Conseil européen(1) sur la voie d'un assainissement axé sur la croissance et d'une croissance favorable à l'emploi (Bruxelles, 30 janvier 2012  ainsi que Communication des États membres de la zone euro (Bruxelles, 30 janvier 2012)) ne parviennent à rassurer ni les citoyens, ni les consommateurs, ni les marchés (cf. La perspective d’un nouveau traité européen ne parvient pas à rassurer les marchés (Touteleurope.eu)).

Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, ce traité qui est désormais intitulé TREATY ON STABILITY, COORDINATION AND GOVERNANCE IN THE ECONOMIC AND MONETARY UNION (cf. l'excellente analyse de son processus d'léaboration proposée par Valentin Kreilinger - Le « making-of » d’un nouveau traité : six étapes de négociations politiques, par Valentin Kreilinger (Notre Europe)), pour utile et nécessaire qu'il soit, ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! D'autres mesures sont encore nécessaires !

Le président actuel de la Bundesbank, Jens Weidmann, ne vient-il pas de reconnaître que ce traité était insuffisant face à la crise ? (cf. Le pacte budgétaire insuffisant face à la crise, selon Jens Weidmann, le président de la Bundesbank ) 

Le Parlement européen a tiré à boulets rouges sur ce texte en déclarant ce Traité inutile quelques jours avant le sommet européen tout en étant conscient que le désaccord au fond entre la position allemande et la position française ne créait pas les conditions requises pour une solution plus fédéraliste !

Plus récemment, le Mouvement Européen-International (ME-I) s'est réjoui des progrès réalisés lors du sommet européen du 30 janvier tout en soulignant que les mesures prises ne sont pas suffisantes. « Les résultats obtenus ne sont pas assez ambitieux et arrivent trop tard. Ce dont nous avons besoin c’est d’un pacte fiscal assorti d’un pacte de solidarité », a déclaré Jo Leinen, Président du ME-I. Le ME-I regrette que seuls 25 Etats membres aient accepté les règles communes. « Le fait que le gouvernement tchèque ait rejoint le Royaume-Uni dans l’opt-out sur l’accord fiscal montre les limites de la méthode intergouvernementale » a critiqué Jo Leinen. « Nous avons besoin d’un gouvernement économique européen, basé sur la méthode communautaire et responsable devant le Parlement européen ». « Les objectifs fixés dans le pacte pour la croissance et l’emploi, et particulièrement les mesures envisagées pour réduire le chômage massif des jeunes sont bienvenus », a poursuivi Jo Leinen. « Les chefs d’Etats et de gouvernements européens se penchent enfin sur les aspects sociaux de la crise. La croissance et le chômage doivent bénéficier du même niveau de priorité que les questions économiques et fiscales. Mais outre la nécessité de redistribuer les fonds disponibles pour la réalisation d’objectifs sociaux, ce dont l’UE a besoin pour sortir de la crise, ce sont de nouveaux programmes pour l’emploi et la croissance », a insisté le président du ME-I.

Les députés socialistes français et allemands membres du Parlement européen jugent quant à eux inacceptable certaines dispositions du traité ayant un impact sur les salaires et/ou une dimension sociale  (cf. Le pacte Merkel-Sarkozy est inacceptable tant au niveau de la méthode que du contenu – Der Merkel-Sarkozy-Pakt ist inakzeptabel – was die Methode anbelangt wie auch den Inhalt ) 

Comme le souligne Carole Ulmer (cf. Un Traité mal conçu d’un effort nécessaire ? par Carole Ulmer (Interface n°73 - Confrontations Europe)), "un traité centré sur la seule diminution de la dette publique alors que la dette privée est plus lourde passe à côté des difficultés du processus de désendettement ! Pour sortir de la crise, « les déficits publics sont des contreparties naturelles et le principal facilitateur pour le nécessaire désendettement du privé » affirme Martin Wolf. Seul un surplus de balance extérieure permet de réduire le déficit d’un Etat dans le contexte du désendettement du secteur privé. Or tout le monde ne peut pas, par définition, être en surplus ! Le resserrement budgétaire doit donc bel et bien être sélectif et une coopération entre Etats membres s’impose."

D'autres économistes, et non des moindres, tels Jacques Sapir considère que ce traité ajoute encore aux lacunes graves de la monnaie unique introduite pour répondre à d'autres motivations que des motifs économiques (cf. à cet égard Pour Jacques Sapir, la sortie de l'euro est inévitable).

Dans un précédent article soulignant que l'accord des chefs d'Etat et de gouvernement obtenu lors du sommet européen des 8 et 9 décembre 2011,  j'ai émis l'idée que d'autres voies que celle d'un tel traité auraient dû étre explorées en préalable (cf. Un accord utile mais qui ne peut être considéré comme l'alpha et l'omega ! ainsi que Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques).
Depuis sa parution, outre les positions très claires en la matière de quelques députés européens, et non des moindres (Guy Verhofstadt, Daniel Cohn-Bendit, Elmar Brok, Andrew Duff, Roberto Gualtieri, Sylvie Goulard, etc.), peu de réactions publiques sont allées dans le même sens, les regards restant étrangement focalisés sur le processus d'établissement du nouveau traité.

De toute évidence, au delà des aspects sociaux de la crise qui motiveraient effectivement l'établissement d'un pacte de solidarité comme le demande Jo Leinen, ce traité ne résoudra pas l'ensemble des problèmes structurels et macroéconomiques que traversent non seulement la zone euro, mais, plus globalement l'Union économique et monétaire.

Quelles peuvent bien en être les raisons ?

La première raison tient à l'inefficacité du système actuel de gouvernance multilatérale. Les peuples assistent aujourd'hui, impuissants, à la manifestation régulière de l’incapacité de la puissance publique internationale incarnée dans des fora de régulation multilatéraux (G-8, G20, Union européenne, etc.) et internationaux (Institutions financières internationales) de produire un sursaut salvateur à même de pallier le défaut d’autorégulation des marchés financiers et des opérateurs bancaires par des mesures prudentielles et assurantielles appropriées autant que la défaillance des analystes et prévisionnistes de tous poils a participé à amplifier la défiance des agents économiques et sociaux à l’égard des gouvernants autant que de l’expertise technique sur laquelle les premiers tendent à appuyer leurs décisions.

Combien de décisions politiques prises au plus haut niveau des Etats n'ont pas été respectées depuis dix ans, qu'il s'agisse du Pacte de stabilité et de croissance, des termes des accords issus des différents sommets européens de la "dernière chance", du processus dit de Lisbonne, ou tout simplement du Traité du même nom ?

Que de temps perdu, de tergiversations improductives et de drames économiques et sociaux depuis que l'institution communautaire désignée par le Traité comme l'instance de l'Union en charge de la gouvernance économique a publié ses propositions pour améliorer celle-ci (cf. Gouvernance économique de l'UE : la Commission propose une surveillance budgétaire, macro-économique et structurelle renforcée ), ainsi que pour relancer la croissance ainsi que la confiance (cf. "Ensemble pour une nouvelle croissance" : L'Acte pour le marché unique - Douze leviers pour stimuler la croissance et renforcer la confiance (Communication de la Commission européenne - avril 2011) ) !

Que d'erreurs d'analyse et de communication politique de la part de celles et de ceux qui, bien qu'étant en responsabilité, confondent encore banques et marchés (cf. Ne confondons pas banques et marchés ! par Charles-Henri Filippi (Le Monde)).

Les agences de notation sanctionnent désormais ce laxisme politique aux effets économiques et sociaux catastrophiques !

Qui peut s'en plaindre vraiment puique aucune autre organisation n'a jusqu'ici osé poser les diagnostics qu'elles posent ?
L'agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating prédit pour 2012 une aggravation de la crise financière mondiale. Pour elle, "au lieu de s'atténuer progressivement, [la crise] va s'accentuer, ce qui signifie qu'une crise monétaire va se développer à partir de l'actuelle crise des dettes souveraines", selon un rapport publié mercredi 18 janvier. La situation est particulièrement grave dans la zone euro, selon l'agence chinoise, car à "une bulle de dettes des gouvernements s'ajoute une bulle de dettes du secteur bancaire". (cf. L'agence de notation chinoise très pessimiste pour 2012 (Gecodia.fr)

A la différence des 3 grandes agences Moody's, Fitch et S&P, l'agence chinoise met l'accent sur la croissance et sous-pondère des critères comme la privatisation et la libéralisation des marchés.
" L'interaction entre les deux prend la zone euro dans un cercle vicieux " et " le facteur d'instabilité que constitue les dettes entre Etats dans la zone euro et l'expansion excessive du secteur bancaire ". La mention du secteur bancaire est intéressante car l'agence de notation chinoise insiste fortement sur le risque de crise bancaire grave nécessitant des mesures de soutien coûteuses.
De plus, selon Dagong, le risque de contagion des pays les plus fragiles aux pays cœur (Allemagne, France, Benelux, Autriche et Finlande) est très fort. Les pare-feux mis en place par les autorités européennes (FESF et bientôt MES) ne suffisent pas à stabiliser la zone. Le FMI ne dispose pas non plus des fonds nécessaires. Le FMI a d'ailleurs annoncé sa volonté d'augmenter de 500 milliards de dollars. 192 milliards de dollars sont déjà censés venir des Etats de l'Union européenne sous la forme de prêts bilatéraux. Les Etats-Unis resteront à l'écart et le restant devra provenir des pays émergents. Or, ces sommes sont très conséquentes, ce qui pose problème pour les Etats européens déjà très endettés aussi bien que pour les pays émergents qui n'ont pas forcément cette priorité. Et la croissance ne sera pas nécessairement au rendez-vous en 2012 (cf. à cet égard Le FMI réduit sa prévision de croissance mondiale).
Il y a plus que jamais urgence à Reconstruire la confiance dans la capacité des Etats à honorer leurs engagements, notamment politiques et financiers (cf. également à cet égard Rétablir la confiance, par Martin Wolf (Le Monde))

.../...

Voir la suite de l'article : Malgré les avancées substantielles qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (2)

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Regards-citoyens.com analyse et propose
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