Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 14:34

Lors d'un colloque à l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale - IHEDN - qui s'est tenu à Paris le 28 juin 2011, le Vice-amiral d'escadre Xavier Païtard, représentant militaire permanent de la France auprès de l'Union européenne et de l'OTAN, évoquant notamment l'opération militaire en Lybie, a appelé à " être lucide sur les limites, les lacunes et les faiblesses de l'OTAN au cours de cette intervention ".

" La cohésion de l'Alliance est en question, quand certains de ses membres critiques les modes d'action et quand moins d'un sur cinq participe aux frappes aériennes ", estime-t-il.

" Il a été difficile de s'entendre sur les plans d'opérations. Le principe de solidarité a besoin d'être rappelé. les capacités opérationnelles ne sont jamais honorées. Les conférences de génération de force - réunions los desquelles les pays annoncent les moyens qu'ils peuvent mobiliser - vont de déception en déception ".

" L'OTAN est-elle crédible si elle reste dépendante de la réponse américaine ? " s'interroge cet officier général cité par Le Monde interactif.

Le fonctionnement interne de la " machinerie de l'OTAN " n'est pas exempt de critiques. Jouant sa propre stratégie politique, en " forçant le consensus ", le Secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a braqué certains alliés. " Les nations ainsi forcées résistent aux demandes de contribution " explique l'amiral qui ajoute que " des officiers, dans le commandement, obéissent à un agenda national ".  Certains " réagissent en fonctionnaires, font du chiffre sans souci d'optimiser les ressources, par exemple en bombardant les mêmes dépôts de munitions jour après jour ", dénonce-t'il encore.

Quant aux étas-majors de Naples (interarmes) et de Poggio Renatico (aérien), en Italie, ils se sont trouvé en sous-effectifs, incapables de mobiliser des personnels de la structure permanente de l'OTAN.

" Au bilan, entre ceux qui instrumentalisent la structure et ceux qui résistent, l'outil est peu manoeuvrant ", souligne l'amiral qui constate que " La France et le Royaume-Uni ont été obligés d'agir par effraction, en forçant les procédures. "

L'Union européenne en prend également pour son grade. Grande absente de tous les fronts stratégiques, elle est demeurée entièrement passive face aux printemps arabes, et plus particulièrement à l'égard du dossier lybien. Au-delà de l'absence totale d'engagement de son Haut Représentant pour les questions de sécurité, c'est l'ensemble de la machine institutionnelle (SEAE, COPS, Conseil) qui est aujourd'hui inhibée. " Les structures du Service européen d'action extérieure se sont interdit d'étudier l'option de l'OTAN, et même celle de l'embargo maritime. L'alignement sur le moins disant a été sympathique chez les Etats membres " et " l'approche globale - censée articuler l'action civile militaire - devient un prétexte pour ne rien faire ", constate Xavier Païtard, avant de conclure : " L'OTAN a besoin d'Europe ; il faut à celle-ci un état-major de planification stratégique ".

  

Source : Europe, Diplomatie & Défense - EDD -

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le partenariat transatlantique dans tous ses états
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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 09:48

Le groupe Orion de la Fondation Jean-Jaurès vient de publier une note de Henry Olivier et Catherine Fraissinet intitulée : " Des gesticulation à contretemps de l'ordre international qui émerge ".

Voir la note : Note Orion - Politique Etrangère de la France Note Orion - Politique Etrangère de la France

Cette note rédigée par deux diplomates, traite de la politique étrangère de la France. Face aux défis de la mondialisation, la politique étrangère française a adopté une posture défensive et réactive, à contretemps de l’histoire. Incapable de concilier ses ambitions et ses moyens, obnubilée par le court terme et les coups médiatiques, la politique de la France est devenue erratique, entraînant l’Europe dans son sillage.

Il nous faut jeter les bases d’une nouvelle politique étrangère, expliquent les deux auteurs, moins arrogante, plus européenne, et qui refera de la France un médiateur et un catalyseur. Elle doit construire une véritable politique d’influence, en tirant partie de son réseau et de ses outils pour retrouver cette voix singulière, crédible et utile. C’est ce défi qu’il faut désormais être prêt à relever.

En voici la conclusion :

" La « rupture » sarkozienne a encore un peu plus mis la France à contretemps. Le défi est désormais bien de jeter les bases d’une nouvelle politique étrangère et européenne pour lancer enfin la France dans le XXIème siècle. Enoncer les grandes lignes d’une nouvelle ambition pour une France crédible et utile. Refaire de la France un médiateur et un catalyseur. Réaffirmer une ambition européenne, en Europe et dans le monde.

Construire une ambition politique globale.

L’opinion a d’autres priorités que la politique étrangère. Mais nos compatriotes comprennent que les affaires internationales les touchent de plus en plus, des enjeux les plus classiques (sécurité et échanges économiques) aux nouveaux sujets(environnement, migrations, Internet) : nos concitoyens constatent que la mondialisation modifie leur vie quotidienne, et attendent une politique étrangère qui en tire toutes les leçons. Bernard Kouchner l’avait peut-être pressenti quand il avait voulu faire du Quai d’Orsay « le ministère de la mondialisation ». Il aura en tous cas échoué à convaincre qu’il pouvait aller au-delà de l’intuition. Les appréhensions de nos concitoyens sont en partie liées à l’incapacité du gouvernement à expliquer le monde et à montrer qu’au-delà de la gesticulation médiatique, il est en prise avec ces courants de fond. C’est ce défi qu’il faut désormais être prêt à relever. "

 

L’ensemble des notes Orion peuvent être retrouvées en cliquant sur le lien
ci-contre : http://www.jean-jaures.org/Publications/Orion-Observatoire-de-la-defense
 - La puissance stratégique et militaire chinoise – 13 mai 2011
 - Pourquoi les militaires devraient-ils se taire ? (dossier) - 11 avril 2011
 - Libye, embrouilles opérationnelles et paralysie européenne - 25 mars 2011
 - Libye, entre imminence et imprévisibilité - 18 mars 2011
 - Politique étrangère : des "ruptures" de Nicolas Sarkozy aux alternatives pour la gauche - 1er mars 2011
 - Externalisations dans le domaine de la défense : éviter le piège idéologique - 11 février 2011
 - Côté d’Ivoire : faire échec à la politique du pire - 28 janvier 2011
 - Aqmi : un problème régional - 10 janvier 2011
 - Du service diplomatique européen à la puissance européenne - 9 décembre 2010
 - Le sommet de l'Otan à Lisbonne, entre confusion et recul - 22 novembre 2010
 - Présentation et analyse du budget de la mission Défense (2011-2013) - 8 novembre 2010

 

 

Par Louis Gautier - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 15:51

Au cours de sa visite au Somaliland, le commissaire européen chargé du développement, M. Andris Piebalgs, a annoncé, ce jour, que l’Union européenne envisageait de fournir une aide supplémentaire de quelque 175 millions € à la Somalie, et au Somaliland inclus.

Dans son discours devant le parlement du Somaliland, il a déclaré:«L'Union européenne salue la contribution apportée par le Somaliland à la paix et à la bonne gouvernance dans la région. Il s'agit d'un exemple encourageant de paix, de démocratie et de stabilité. C'est pourquoi nous sommes disposés à y investir davantage de fonds de développement, sachant que la sécurité et les conditions socio-politiques sont propices au développement durable».

Le soutien supplémentaire de l'UE au Somaliland portera sur des domaines stimulant le développement économique, l'éducation et la gouvernance.

Au cours de sa visite, M. Piebalgs a rencontré le président, M. Silanyo, et prononcé un discours devant la chambre des représentants, à Hargeisa. Il a souligné le fait que le Somaliland était un modèle de stabilité et de démocratie, qui devrait, on peut l'espérer, faire tâche d'huile pour la promotion d'un dialogue politique élargi, du développement et de l'intégration. Il a insisté sur le fait que le Somaliland a un rôle à jouer dans l’intégration économique et le développement de la région de la Corne de l’Afrique.

Il a encouragé le Somaliland à rester engagé dans les efforts internationaux visant à endiguer la piraterie et salué les efforts déployés par les garde-côtes, la police et le pouvoir judiciaire du Somaliland.

Lors d'une réunion organisée avec des membres de la société civile et de la communauté des affaires, le commissaire chargé du développement a abordé la situation politique, sociale et économique du Somaliland. Il s'est félicité du rôle constructif joué par la diaspora du Somaliland, tout en réaffirmant l'importance de l'engagement de l'Union européenne vis-à-vis des acteurs non étatiques – dont la société civile et le secteur privé – dans ses efforts de développement.

M. Piebalgs a conclu sa visite au Somaliland par un tour du port de Berbera et la visite d'une installation de mise en quarantaine de troupeaux. Il a également rencontré le principal et les étudiants de l'école vétérinaire technique de Sheikh, financée par l'UE.


Complément d'informations

L'UE a alloué à la Somalie un ensemble d'aides sur cinq ans (2008-2013) d'un montant de 212 millions d'euros.

L'aide de l'UE au Somaliland est principalement axée sur les domaines suivants:

- Développement économique (notamment les infrastructures): l'UE a octroyé 19 millions d'euros en faveur de la réhabilitation et de l'extension des infrastructures hydriques urbaines dans plusieurs villes du Somaliland. D'autres domaines susceptibles de bénéficier d'une aide aux infrastructures seront recensés dans le cadre du programme d'aide en hausse.

- Éducation: grâce à l'aide importante de l'UE, le taux de scolarisation est déjà passé de 38,6 % en 2006 à environ 60 % en 2010. Le ministère de l'éducation du Somaliland sera soutenu par des experts techniques détachés par l'UE afin de trouver une solution durable à la politique d'enseignement primaire gratuit récemment annoncée.

- Gouvernance: l'UE est déjà le principal donateur des grands programmes des Nations unies d'assistance au secteur public, à la police, aux instances judiciaires, aux institutions démocratiques, aux processus électoraux et à la société civile au Somaliland. Afin de donner suite à l'engagement politique clair affiché par le Somaliland à l'égard des réformes du secteur public, cette assistance sera intensifiée et étendue, en particulier dans le domaine de la gestion des finances publiques.

Pour en savoir plus

MEMO/11/486

Site internet de la DG Développement et coopération EuropeAid :

http://ec.europa.eu/europeaid/index_fr.htm

Site internet du commissaire européen au développement, Andris Piebalgs:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/piebalgs/index_fr.htm

 

 

 

 

  

 

Source : Service de presse de la Commission européenne

 

Par ERASME - Publié dans : UE et développement
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 15:41

Le lecteur trouvera ci-après le texte de la Résolution du Parlement européen du 8 juin 2011 sur " le PIB et au delà – Mesurer le progrès dans un monde en mutation " (2010/2088(INI) )

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+20110608+ITEMS+DOC+XML+V0//FR&language=FR#sdocta11

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 12:28

La France envisage d'organiser une conférence des donateurs pour les Palestiniens " dans la première quinzaine de septembre ", laquelle pourrait se transformer en conférence de paix avec Israël, a déclaré mardi 5 juillet le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé.

Paris repousse ainsi son calendrier après avoir proposé une telle conférence pour le mois de juin, puis pour le mois de juillet.

Auditionné par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Alain Juppé a estimé que la prochaine échéance importante était la réunion du Quartet pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, ONU, Union européenne) prévue le 11 juillet à Washington et dont la France espère qu'elle lancera un appel à la reprise des négociations israélo-palestiniennes.

" Si cet appel est lancé, nous passons à une deuxième phase. Est-ce que les parties acceptent de se remettre autour de la table – il y a encore un doute, mais ce n'est pas impossible –, et quid de la conférence internationale ?, a-t-il poursuivi. (...) Il apparaît aujourd'hui qu'une conférence des donateurs dans la première quinzaine de septembre serait en toute hypothèse utile, car l'Autorité palestinienne a besoin de fonds. "

" Est-ce que cette conférence pourrait être la conférence de paix et de négociations que nous avons envisagée ? Il est trop tôt pour le dire, a-t-il encore indiqué. Vous voyez que notre initiative n'est pas abandonnée et qu'elle a quelques chances de prospérer. "

Le ministre français a estimé qu'il y avait " une bonne chance pour que le Quartet lance un appel aux parties à renégocier sur ces bases-là : renonciation au terrorisme et à la violence, acceptation des accords paix antérieurs, abandon de toute autre réclamation une fois que l'accord est conclu et surtout l'objectif de deux Etats-nations pour deux peuples ".

" Les paramètres [de la négociation], c'est la frontière de 1967 avec des échanges mutuellement agréés et la question des garanties et de sécurité et, dans un second temps, dans le cadre d'un accord global, la question des réfugiés et de Jérusalem ", a-t-il expliqué.

 

Source : Le Monde et AFP

 

Voir également sur ce blog, notamment :

 * Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! - nouvelle édition

 * Géopolitique fiction : et si les printemps arabes annonçaient un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ?

 

 

Par ERASME - Publié dans : Le monde arabe en ébullition
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