Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne

Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 22:59
  • Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, hier à Bruxelles. Le chef de l'État a relancé l'idée d'une « coordination des politiques économiques ».
    Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, hier à Bruxelles. Le chef de l'État a relancé l'idée d'une « coordination des politiques économiques ». Crédits photo : AP


    Le président français a salué une « inflexion intéressante » dans le programme annoncé par José Manuel Barroso.

    À trois jours d'un congrès où il veut relancer son projet économique et social face aux élus, Nicolas Sarkozy a esquissé vendredi ses idées pour l'Europe. Sur fond d'incertitudes à Bruxelles - tant à propos du traité de Lisbonne que pour le futur visage de la Commission - il est « difficile de prendre de nouvelles initiatives », reconnaît-il. Mais nul doute que six mois après une présidence française de l'UE qui l'a galvanisé, le chef de l'État guette la première occasion de relancer les projets restés dans ses cartons.


    Le sommet achevé vendredi à Bruxelles a vu les Vingt-Sept investir beaucoup de temps et d'énergie sur des questions de procédure : le
    calendrier de reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission et les garanties juridiques accordées à l'Irlande, dans l'espoir qu'elle votera «oui» aux nouveaux pouvoirs européens l'automne prochain. Deux semaines après des élections qui ont livré un mandat politique clair en France comme dans le reste de l'Union, on sent le chef de l'Élysée impatient d'agir sur du concret sur tous les fronts.


    Avec la panne de croissance et la montée du chômage, le chef de l'Élysée dit vouloir pousser à nouveau les feux de « la coordination des politiques économiques». L'automne dernier, l'idée d'un «gouvernement économique de l'Europe» avait fini par agacer.

    Une présidence stable

     


    Nicolas Sarkozy sent que l'allongement de la crise lui donne une autre chance. Elle explique aussi la réouverture annoncée d'un chantier sur lequel la présidence française de l'UE avait déjà beaucoup travaillé en 2008 : c'est « une politique européenne de l'immigration plus ambitieuse ».


    Tout sera «plus simple» lorsque les Irlandais auront,
    cet automne comme on l'espère, levé l'hypothèque sur l'Europe de Lisbonne. Nicolas Sarkozy se considère, il est vrai, comme père du traité en panne depuis douze mois. Le texte prévoit entre autres l'établissement d'une présidence stable de deux ans et demi au moins, au lieu de l'actuelle « tournante » de six mois. Le président français souhaite « quelqu'un de fort et d'ambitieux ». Tony Blair ? Il refuse de s'avancer sur un nom précis. Avec l'Allemagne, l'accord s'est déjà fait sur un parcours : ce sera un président ou un premier ministre, ancien ou toujours en exercice. Question de stature internationale.


    Pour le Parlement européen, fraîchement renouvelé, la question de la légitimité ne se pose pas. Cela laisse, au dernier sommet du triangle institutionnel européen, une Commission européenne qui, aux yeux de Nicolas Sarkozy, « n'a pas assez d'autorité sur les Vingt-Sept, du point de vue institutionnel ». Le jugement ne vise pas la personne de José Manuel Barroso, mis en selle vendredi pour un second mandat et victime de critiques que le président français juge injustes.

     

    Confirmation rapide

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « J'ai beaucoup apprécié les six mois qu'il a passés à travailler avec moi (…), la présidence de la Commission a joué un rôle extrêmement positif », disait vendredi le chef de l'État, sans peur de heurter quelques lieux communs. Il relève aussi comme une « inflexion intéressante » dans le programme affiché par José Manuel Barroso pour un mandat qui l'emmènerait jusqu'en 2014.


    La France se dit satisfaite de l'accent placé sur la « protection » des intérêts de l'UE dans le monde, de la définition d'une Europe « politique » capable d'agir sur la scène internationale et - cerise sur le gâteau - de l'importance reconnue de l'agriculture pour l'Union.


    Au passage, le président plaide pour la confirmation rapide du président Barroso par le Parlement européen. « Il y a du chômage, il y a une crise, dit-il. Je ne pense pas que ce serait responsable, ni pour le Conseil (les vingt-sept chefs d'État et de gouvernement, NDLR), ni pour le Parlement, de se retrouver en opposition et en situation de blocage. » Là encore, l'Europe est invitée à agir vite.

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 12:22

Un accouchement compliqué.


La composition des groupes politiques du nouveau Parlement européen sera connue la semaine prochaine. On disposera alors d'éléments solides pour évaluer le poids réel des différentes forces politiques, les alliances probables ou possibles, et donc, en même temps, les perspectives des premières décisions opérationnelles, notamment sur la présidence du Parlement lui-même et sur la formation de majorités pour ou contre le renouvellement du mandat de M. Barroso à la présidence de la Commission. Ce qu'on lit et qu'on entend pour le moment à ce sujet, et sur quelques autres questions urgentes, relève de manœuvres plus ou moins souterraines qui peuvent évoluer d'un moment à l'autre. Les équilibres seront différents si le groupe socialiste s'étend (en modifiant sa dénomination) à la vingtaine d'élus du Parti démocratique italien, ou si ces élus se dispersent dans plusieurs groupes ; la situation des eurosceptiques, après l'anéantissement décidé par les électeurs du mouvement financé par Declan Ganley, dépend largement de la possibilité pour les Conservateurs britanniques de trouver un nombre suffisant de partenaires pour constituer un groupe homogène. On pourrait prolonger cette énumération, mais à quoi bon ? On y verra plus clair d'ici quelques jours. En attendant, les analyses et les réactions au résultat des élections se poursuivent, et trois points méritent quelques remarques.


L'appui à l'unité européenne est confirmé.


Premier point : [...] la faible participation aux élections, pour regrettable qu'elle soit, ne signifie pas que les opinions publiques se détachent de la construction européenne. Quatre éléments le prouvent : 1° les sondages d'opinion qui ont précédé les élections ont indiqué un soutien à la construction européenne et à la participation à l'UE dépassant partout les 60 % et atteignant souvent les 80 % ; 2° tout autour des frontières de l'UE, il n'y a que des pays qui rêvent de l'adhésion et font pression pour l'obtenir ; 3° les citoyens qui ont voté ont largement soutenu les personnalités politiques qui s'étaient exprimées en faveur des progrès de la construction européenne et ils ont largement rejeté ceux qui n'ont fait état que d'ambitions nationales ; 4° le mouvement explicitement eurosceptique a été anéanti par les électeurs.


Cette évaluation est de plus en plus partagée. L'absentéisme n'a pas indiqué une lassitude des opinions publiques à l'égard de l'idée européenne et encore moins son rejet ; elle a prouvé plutôt une large incompréhension du rôle et des pouvoirs réels du Parlement européen. Mais ce sont plutôt les eurosceptiques et les europhobes qui n'ont pas atteint les résultats espérés.


Encouragements à l'abstention ?


Deuxième point : l'un des anciens parlementaires heureusement confirmés, Alain Lamassoure, cite un autre facteur qui, à son avis, a encouragé l'abstentionnisme : la rigueur excessive des règles qui limitent presque partout la liberté d'action des candidats. A son avis, « la crainte est telle de voie les candidats dépasser leur plafond de dépenses, ou les moyens d'information avantager un candidat au détriment d'un autre, que le silence et l'inaction sont les seuls moyens sûrs de n'être pas en faute » . Au moment où les politiques ont le plus à dire et sont les plus attendus des électeurs, on leur coupe les moyens de s'exprimer. Selon A. Lamaasoure, les organses de surveillance « jouent le rôle d'un Conseil supérieur de l'abstention ». Ceci dit, à son avis, ceux qui ne votent pas ont toujours tort : « ils ne seront plus pris au sérieux lorsqu'ils se plaindront des décisions prises par des dirigeants qu'ils ont laissé élire par d'autres ».


On pourrait évoquer aussi les calculs savants qui prouvent que, dans les anciens Etats membres, le taux de participation est resté à peu près stable. Ce sont en grande partie les Etats membres d'Europe centrale et orientale qui ont tiré vers le haut le nombre des abstentions. Mais à quoi bon ? Les opinions publiques de ces pays ont encore plus de besoin que d'autres d'apprendre le fonctionnement institutionnel de l'UE et les répercussions directes de leurs choix des parlementaires sur leur vie quotidienne. Il faudra quelques années de plus pour qu'ils en soient totalement conscients.


Réconciliation définitivement acquise.


Troisième point, le plus instructif peut-être : dans les sondages d'opinion, les personnes âgées ont encore indiqué, parmi les bienfaits de la construction européenne, la paix, la fin des guerres intra-européennes. Les jeunes, jamais ; pour eux, une guerre entre Etats membres n'est même pas concevable. Pour nous, les anciens, celle-ci est une constatation heureuse ; elle signifie que le premier objectif des pères de l'Europe, la réconciliation entre les pays qui se déchiraient en moyenne tous les vingt ans, est atteint. Les jeunes considèrent comme un objectif rêvé la fin des conflits là où encore ils sévissent. L'Europe l'a atteint, on n'y pense plus, on regarde ailleurs. Tant mieux


(Article paru dans l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9922 en date du 17 juin 2009)

Par Ferdinando Riccardi - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /Juin /2009 22:34

President Barroso has written to the EU heads of state and government to set out his policy ambitions for the next five years in advance of today's European Council dinner. Building on the statement he made on 9th June 2009 where he announced his agreement for his name to go forward for a second mandate, president Barroso sets out some of the key principles that he intends to pursue should he be nominated by heads of state and government and approved by the European Parliament. " My ambition for the next five years, he said, is a Europe of responsability and action, where citizens can exercice their rights in an environment of justice, freedom and security ", considering that in times of crisis " we need more than ever a strong European Union and a strong European Commission (...) this is the moment to raise our ambition for Europe, not to lower it. This is, more than ever, the moment for action. The world will not wait for Europe  ".

 

Read the letter : http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/index_fr.htm

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 08:55

La Commission européenne a adopté, le 10 juin 2009, une communication sur le programme de Stockholm, constituée d'un ensemble de propositions, pour les cinq années à venir, dans les domaines de la citoyenneté, de la justice, de la sécurité, de l'asile et de l'immigration.

Lors d'une conférence de presse, le président de la Commission européenne a insisté sur l'importance majeure de ce programme, lequel se fonde sur les valeurs clés du modèle de société européen et de l'intégration européenne, y compris la solidarité vis-à-vis des plus vulnérables, et la solidarité entre les Etats membres.

 

Il y a 20 années encore, " ces politiques fondamentales pour les citoyens relevaient du domaine purement intergouvernemental, sans aucune dimension européenne dans le sens communautaire du mot ", a rappelé José Manuel Barroso.

Depuis lors, les activités de l'Union européenne se sont accrues de manière considérable. Et aujourd'hui, " l'espace de liberté, de sécurité et de justice a atteint sa maturité ".

Avec ce nouveau programme, la Commission veut surtout s'adresser aux citoyens et répondre à leurs soucis. Le nouveau programme de Stockholm " doit se construire sur la base des progrès considérables qui ont été accomplis pendant ces dernières années " (cf. à cet égard la communication que vient également d'adopter la Commission sur le bilan du programme de La Haye).

Parmi ces progrès, le président de la Commission a cité :

  - la levée des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen (qui permet maintenant à plus de 400 millions de citoyens de vingt cinq pays de voyager de la péninsule ibérique aux Etats baltes et de Grèce en Finlande sans contrôle aux frontières) ;

  - la " coopération accrue" des autorités nationales en matière de sécurité ;

  - la gestion " plus cohérente " des frontières extérieures de l'UE, notamment par la création et le fonctionnement de l'agence Frontex ;

  - la création des bases non seulement d'une politique commune de l'immigration mais encore d'un système d'asile européen commun ;

  - le mandat d'arrêt européen.

Cependant, " cette maturité des politiques ne doit pas nous mener à l'inaction, bien au contraire ", a mis en garde M. Barroso. Il a plaidé pour davantage de vision, d'ambition et d'actions. Car les défis restent nombreux, par exemple, en matière d'exercice des droits des citoyens et de protection des droits fondamentaux, en matière de justice civile, de lutte contre les crimes transfrontaliers, de lutte contre le terrorisme, de gestion des pressions migratoires surtout dans certaines zones de l'Union européenne, de lutte contre l'immigration illégale et, enfin, de solidarité entre Etats membres en matière d'asile.

 

" Les défis dépassent largement les limites de nos frontières nationales. Il faut une réponse européenne, les frontières nationales ne peuvent pas être la limite de l'effort. On doit avoir une cohérence européenne. Il est donc clair que les réponses adéquates doivent être développées au niveau européen, en coopération avec nos partenaires dans le monde. Aujourd'hui, avec ce futur programme de Stockholm, la Commission veut mettre le citoyen au centre. Il vise à assurer une liberté plus grande pour nos citoyens dans un environnement plus sûr. Ces deux priorités ne sont pas en contradiction; la sécurité pour nos citoyens est un droit fondamental sans lequel les autres droits ne peuvent pas s'exercer pleinement. "

 

La Commission européenne a organisé le futur programme autour de quatre piliers :


1. Promouvoir les droits des citoyens, en créant une Europe des droits : l'espace de liberté, de sécurité et de justice doit être un espace unique dans l'Union européenne de protection des droits fondamentaux ; 


2. Faciliter la vie des citoyens, en créant une Europe de la Justice : les citoyens doivent pouvoir faire valoir partout leurs droits et bénéficier d'un niveau de protection équivalent ;   

 

3. Protéger les citoyens, en créant une Europe qui protège ; notamment face aux menaces de la criminalité organisée et du terrorisme, l'Europe doit se doter d'une stratégie de sécurité intérieure, en renforçant la coopération en matière de police et  de justice pénale ;


4. Enfin, la promotion d'une société plus intégrée pour le citoyen, en créant une Europe solidaire : il faut pour ceci consolider et mettre en oeuvre une politique commune d'immigration et d'asile, en plein respect de la dignité humaine. Cette politique devra garantir la solidarité entre les Etats membres et le partenariat avec les pays tiers.  

 

Pour conclure, la Commission propose une stratégie vaste et ambitieuse, digne  d'une Europe des valeurs et de ses fortes traditions démocratiques et légales. Cette stratégie sera débattue avec le Parlement européen et au sein du Conseil " Justice et Affaires intérieures", en vue de l'adoption du programme de Stockholm par le Conseil européen, les 10 et 11 décembre, sous Présidence suédoise ; laquelle attache une grande importance à ce dossier.

Ensuite, un plan d'action visant à la mise en oeuvre de ce programme sera adopté au printemps prochain, sous Présidence espagnole.

Pour plus d'informations : voir notamment le Bulletin Quotidien Europe n° 9918 en date du 11 juin 2009

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 08:17

José Manuel Barroso peut se préparer à un second mandat à la Commission européenne, comme Jacques Delors avant lui. Mais contrairement à son prédécesseur, il doit plus cette performance à un pragmatisme poussé à l'extrême qu'à un grand dessein pour l'Europe.

Depuis cinq ans, " il a été un président compétent, consensuel, un bon communicateur mais pas un dirigeant européen particulièrement visionnaire ou dynamique ", tranchait récemment le quotidien britannique Financial Times, qui compte pourtant parmi les moins négatifs des grands journaux à son égard.

A 53 ans, ce Portugais volubile aux allures de boxeur à la retraite est passé maître dans l'art de l'évitement des conflits. Le chef de file des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, le traite de " caméléon " : un président qui " change de position au gré du vent ", reste prisonnier des intérêts contradictoires des grands Etats et se contente d'une Europe a minima.

Ce polyglotte, père de trois enfants, a déjà changé plusieurs fois de cap.

Membre d'un mouvement maoïste à l'époque de la révolution des Oeillets au Portugal, il vire ensuite sa cuti en entrant à partir de 1980 dans le Parti social-démocrate portugais (centre-droit).

Après plusieurs postes au gouvernement, il accède en 2002 à celui de Premier ministre qu'il n'occupera que deux ans avant d'aller à la surprise générale présider la Commission européenne.

C'est Tony Blair qui pousse alors la candidature de cet atlantiste convaincu - il avait accueilli l'année précédente aux Açores le sommet des chefs de gouvernement de l'UE favorables à la guerre en Irak - après avoir bloqué celle préconisée par Paris et Berlin : le Belge Guy Verhofstadt, jugé trop fédéraliste.

M. Barroso débute à Bruxelles avec un programme ouvertement libéral - il défend notamment la controversée directive Bolkestein sur la libéralisation des services - et en se faisant le chantre d'une Commission modeste: " moins et mieux légiférer ".

Mais la crise institutionnelle provoquée par le rejet du projet de Constitution européenne ébranle M. Barroso et infléchit son discours vers plus de social. La crise financière mondiale achèvera de le convaincre de changer son fusil d'épaule.

Pressé par Paris et Berlin qui le jugent trop passif, il se convertit à la régulation des marchés. Pas assez pour ses détracteurs, qui lui reprochent de ne vouloir fâcher personne pour être reconduit.

" La Commission a tellement peur maintenant des Etats membres et chacun pense tellement à sa réélection que l'on a des propositions qui ne sont pas à la hauteur ", dénonçait récemment l'ancien secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.

L'intéressé s'estime victime d'attaques " dogmatiques ". Agacé par les comparaisons avec Jacques Delors, qui bénéficia d'un environnement autrement plus favorable à l'intégration européenne avec François Mitterrand et Helmut Kohl au pouvoir, il fait valoir que les gouvernements de l'UE ne supportent plus aujourd'hui une Commission donnant le " la ".

"Avec les instruments dont nous disposons, nous faisons tout ce qui est possible", dit-il, en reconnaissant ne faire des propositions qu'à condition qu'elles aient de bonnes chances d'être acceptées.

Il revendique aussi un bon bilan sur le climat, avec l'adoption d'ambitieux objectifs européens de réduction des émissions de CO2 malgré la crise économique.

Mais ses adversaires continuent de voir en lui un pis-aller arrangeant des gouvernements soucieux d'éviter la contradiction à Bruxelles.

" Barroso est tellement faible qu'il sera récompensé par un autre mandat ", persiflait avec prémonition fin 2008 l'ex-chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer.

Par ERASME - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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