Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 21:40

Vous trouverez ci-joint une note Orion de la Fondation Jean Jaurès sur la Libye. Note Orion - Libye Note Orion - Libye

Au lendemain du vote au Conseil de sécurité de la résolution 1973 autorisant des frappes militaires sur la Libye, Louis Gautier fait le point sur les enjeux. Les possibilité militaires ouvertes par cette résolution sont plus importantes qu'on ne le dit, n'excluant notamment pas totalement toutes formes d'intervention terrestres. Mais le succès de l'opération, dans un contexte où la France s'est politiquement très exposée, ne se résumera pas aux premières interventions militaires mais se jugera dans la durée aux capacités à maintenir une cohésion de la coalition, à réagir à l'imprévisibilité de Kadhafi et de ses troupes et, in fine, à préserver efficacement les populations civiles.

L'ensemble des notes Orion peuvent être retrouvées en cliquant sur le lien ci-contre : http://www.jean-jaures.org/Publications/Orion-Observatoire-de-la-defense
  - Politique étrangère : des "ruptures" de Nicolas Sarkozy aux alternatives pour la gauche ­ 1er mars 2011
  - Externalisations dans le domaine de la défense : éviter le piège idéologique ­ 11 février 2011
  - Côté d'Ivoire : faire échec à la politique du pire - 28 janvier 2011
  - Aqmi : un problème régional - 10 janvier 2011
  - Du service diplomatique européen à la puissance européenne - 9 décembre 2010
  - Le sommet de l'Otan à Lisbonne, entre confusion et recul - 22 novembre 2010
  - Présentation et analyse du budget de la mission Défense (2011-2013) - 8 novembre 2010

 

 

 

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 21:16
La France, les Etats-Unis et le Royaume Uni, ainsi que des pays arabes, ont adressé vendredi soir un ultimatum à Mouammar Kadhafi lui demandant de mettre fin immédiatement à ses attaques contre des civils libyens, sous peine de représailles militaires.

" La France, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et des pays arabes, estiment qu'un cessez-le-feu doit être mis en oeuvre immédiatement, c'est-à-dire que toutes les attaques contre les civils doivent prendre fin ", a déclaré la présidence française dans un communiqué, sans préciser quels pays arabes.

" Kadhafi doit mettre fin à l'avancée de ses troupes sur Benghazi et les retirer d'Adjdabiyah, Misratah et Zawiyah ", ajoute l'Elysée. " L'approvisionnement en eau, électricité et gaz doit être rétabli dans toutes les zones. La population libyenne doit pouvoir recevoir l'aide humanitaire."

" Ceci n'est pas négociable ", conclut le communiqué français. " Si Kadhafi ne se conforme pas à la résolution 1973, la communauté internationale lui en fera subir les conséquences et la mise en oeuvre de la résolution sera imposée par des moyens militaires. "

La résolution 1973, votée jeudi par le Conseil de sécurité de l'Onu, autorise le recours à la force contre les troupes de Mouammar Kadhafi.

Nicolas Sarkozy avait réuni en fin d'après-midi le Premier ministre François Fillon, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Alain Juppé et Gérard Longuet, et le chef d'état major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.

La France organise samedi un sommet des dirigeants de l'Union européenne, de la Ligue arabe et de l'Union africaine, auxquels se joindront des responsables de pays prêts à participer à des opérations militaires en Libye.

 

Source : Reuters

 

 

 

Par De la Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 17:42
Présentée comme un test pour les nouvelles ambitions internationales de l'UE après l'adoption du traité de Lisbonne, la crise libyenne a mis en évidence les carences de la diplomatie européenne.
 Les diplomates ayant participé aux négociations à Vingt-sept ces derniers jours estiment que l'épisode libyen laissera des traces dans le bloc communautaire, alors que le couple franco-britannique s'est affirmé en opposition à une Allemagne réticente à s'engager sur le terrain militaire.

" Nous souhaitons depuis des années que l'Union européenne parle d'une seule voix, mais nous devons reconnaître que cela n'est pas en train de se produire ", confesse un diplomate européen de haut rang.

" La dispute entre l'Allemagne d'une part et la France et la Grande-Bretagne d'autre part n'est pas vraiment une surprise. Mais cela montre combien avoir une politique étrangère commune reste difficile ", poursuit-il.

Parmi les principales critiques faites à l'UE figure celle de ne pas parvenir à se faire entendre sur la scène internationale au même titre que l'Otan, par exemple.

Comme souvent dans de pareilles crises internationales, les Vingt-sept ont été efficaces pour organiser rapidement l'évacuation de leurs ressortissants et mettre en oeuvre une assistance humanitaire. De même, ils ont agi relativement vite pour imposer des sanctions financières au colonel Kadhafi et à son entourage.

En revanche, lorsqu'il a fallu poser un diagnostic commun sur la crise et décider d'une action coordonnée, le processus de décision s'est révélé plus délicat.

La responsabilité d'Ashton

Des diplomates estiment que la responsabilité en revient avant tout à la Haute Représentante pour les Affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton, qui n'a pas pleinement joué son rôle de moteur de la diplomatie européenne.

Plusieurs d'entre eux indiquent que sans l'initiative franco-britannique sur la Libye, le sommet européen du 11 mars aurait accouché d'une souris.

" L'impulsion des chefs d'Etat est toujours nécessaire. Cela était le cas dans le passé, cela le reste aujourd'hui ", explique un diplomate de haut rang. Mais le volontarisme de Nicolas Sarkozy et David Cameron a également sonné le glas d'une véritable approche commune de l'Union européenne.

" Dès que les Français ont été en faveur d'une intervention militaire, il était clair que cela n'arriverait pas ", explique un diplomate d'un autre Etat membre.

Quant à Catherine Ashton, elle se défend de manquer d'ambition et invite à ne pas mélanger les rôles. " Le rôle de l'Otan est clair, et celui de l'UE l'est aussi (...) Je pense qu'il ne faut pas confondre les responsabilités ", a-t-elle déclaré vendredi. (NDLR Regards-Citoyens : voir les objectifs de l'UE en matière de PESC et les missions assignées à la PSDC qui sont explicitées dans le Traité de Lisbonne - cf. notamment Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) : dispositions générales inscrites dans le traité de Lisbonne - ; voir également M. A. Moratinos a exposé à Münich avec brio les grandes lignes de la stratégie globale de l'UE en matière de sécurité ; ensuite, prendre note que la France a confirmé qu'elle refusait de prendre appui sur l'OTAN pour intervenir en Lybie).

" Nous pouvons être contents de ce que nous avons fait en réunissant les Vingt-sept pour fournir une assistance sur le terrain (...) Cette politique commune a fonctionné extrêmement bien ", a-t-elle ajouté.

Divisions européennes

Mais une majorité de diplomates estiment que les divisions nées de la crise libyenne laisseront des traces.

Si les apparences sont sauves car la France et la Grande-Bretagne ont finalement obtenu un compromis a minima lors du sommet européen puis au Conseil de sécurité de l'Onu, l'UE risque d'en payer le prix fort.

Vendredi, diplomates et dirigeants allemands, britanniques et français n'ont d'ailleurs pas hésité à se renvoyer la responsabilité de ces divisions, mises sur le compte de situations internes parfois difficiles à accorder.

Angela Merkel a ainsi été critiquée pour ne s'intéresser qu'aux conséquences de ses décisions sur les élections locales prévues lors des deux week-ends à venir en Allemagne.

Nicolas Sarkozy est quant à lui décrié pour son empressement à intervenir en Libye alors qu'il avait reçu en grande pompe à Paris le colonel Kadhafi il y a trois ans à peine et que la diplomatie française a tardé à réagir en Tunisie.

Quant à David Cameron, il est accusé de céder à la pression de son opinion publique.

Une réunion des ministres européens des Affaires étrangères lundi à Bruxelles devrait permettre de rapprocher les positions et aplanir les différences mais aucune décision, au-delà d'un troisième train de sanctions et d'une poursuite de l'assistance humanitaire, ne devrait y être prise.

 

Source : Reuters

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 17:33

A l’UE, l’humanitaire et l’économique

Commentant l’action de l’Union européenne et son propre rôle, elle s’est décerné un autosatisfecit. « Nous pouvons être satisfaits » a-t-elle expliqué. Nous avons pris « des sanctions très dures » contre le régime libyen, nous avons apporté une réponse politique – « regardez les conclusions du Sommet, les positions des Etats membres, et ce que nous arrivons au niveau de l’Union européenne » vous verrez la différence. Nous avons apporté une action humanitaire importante et rapide. Et, pour le futur, c’est autour de ces notions qu’il faut travailler. « Ce que nous pouvons faire est de renforcer les sanctions économiques et d’intensifier le soutien humanitaire à la population libyenne« . Les ambassadeurs du COPS – réunis en format restreint (ambassadeurs + 1), terminent actuellement une réunion consacrée à ce sujet.

A l’OTAN, l’action militaire

Concernant l’action militaire, elle a été très claire. « Il y a différents acteurs qui jouent différents rôles. Le rôle de l’OTAN est clair. Le nôtre également. (Notre action) c’est de faire du soutien humanitaire, avec des moyens militaires. (Et) c’est important de bien le faire. » La participation militaire de l’Union européenne est « très très petite » car l’organisation militaire de l’UE est « infime« , par rapport à un rôle plus général d’une organisation militaires, a-t-elle ajouté. Le rôle de l’UE « est de coordonner les moyens des Etats membres, en se concentrant particulièrement sur les problèmes humanitaires auxquels on a à faire face ». Et d’ajouter l’orientation qu’elle souhaite faire prendre dans l’avenir. « il faut améliorer la planification de crise du service diplomatique, pour faire mieux et encore mieux ».

NB : on comprend ainsi mieux pourquoi la Haute représentante n’a donné aucune impulsion politique aux différentes options militaires qui lui ont été présentées, n’a pas vraiment demandé à l’Etat-Major militaire ni au comité militaire de l’UE de travailler ou d’approfondir certaines questions.

Commentaire : un manquement aux fonctions ?

Nous sommes ici dans une relecture du rôle de l’UE qui ne correspond ni au texte ni à l’esprit du Traité de Lisbonne. Même si elle encore très parcellaire, l’Europe de la Défense dispose de certains outils qui auraient pu être utilisés durant la crise libyenne et ont ainsi été laissés en jachère. On sait maintenant que ce n’est pas par hasard mais sciemment. Répartir de façon fixe les rôles entre les deux organisations – à l’UE l’économique et l’humanitaire et à l’OTAN l’action militaire – relève également d’une vision erronée, en termes juridique, politique et historique. Et, en accroissant la confusion entre humanitaire et militaire, sans préciser de gardes-fous et des modalités, on s’aventure sur un terrain plus que dangereux et glissant. Il y là, à mon sens, un grave manquement au rôle du Haut représentant, d’autant que cette décision ne suscite pas un consensus des Etats membres.

 

Cet article a été préalablement publié sur mon blog www.bruxelles2.eu

 

 

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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Vendredi 18 mars 2011 5 18 /03 /Mars /2011 15:37

L'évolution de la situation en Libye met en valeur l'improvisation "bernard henri-léviesque" à laquelle le Président de la République s'est laissé aller en reconnaissant non pas un Etat mais un gouvernement, chose radicalement nouvelle dans la tradition diplomatique française. Il eût été prudent de s'assurer que le « transfert de légitimité » ainsi opéré correspondait bien à une inversion du rapport de forces sur le terrain que seule pouvait garantir une intervention extérieure potentielle (zone d'exclusion aérienne) dont les conditions n'ont jamais été réunies.

Le Président de la République repoussait, à juste titre, l'idée d'une intervention de l'OTAN mais c'était au bénéfice d'une intervention franco-britannique : il était sans doute bien jeune au moment du « coup de Suez », mais il semble avoir oublié que celui-ci n'a pas laissé que de bons souvenirs dans la région.  

La communauté internationale ne peut agir qu'avec le soutien des pays arabes et notamment de l'Egypte pour contenir la violence exercée par le régime du Colonel Khadafi à l'égard de son peuple. On peut regretter l'irrésolution de la communauté internationale mais c'est toujours une erreur de mettre les orientations de notre diplomatie sous l'Empire de la Communication.

Que M. Bernard Henri-Lévy lance, dans la tradition de Malraux, des brigades internationales pour Benghazi, c'est son affaire ! Mais que la France s'isole au plan international en brandissant un sabre de bois est un faux-pas infiniment plus grave. On ne semble pas s'être avisé, en haut lieu, que, dans ce qu'il est convenu d'appeler « les révolutions arabes », le comportement de l'armée est décisif. En Tunisie comme en Egypte, elle a refusé de tirer sur les manifestants. Ce n'est pas le cas partout ailleurs. Chaque pays a une situation spécifique dont il serait opportun de s'aviser avant d'appeler inconsidérément des citoyens justement épris de démocratie à verser leur sang.

« Aller à l'idéal, mais comprendre le réel » disait Jaurès.

 

Source : http://www.chevenement.fr/Revolutions-arabes-Aller-a-l-ideal-mais-comprendre-le-reel_a1094.html

 

Voir également :

 * Manoeuvres diplomatiques : la "victoire" du camp de l'intervention en Lybie aura nécessairement un coût politique et diplomatique ! Lequel ?

 * De la contre-insurrection ! Ou du recours aux forces armées pour réduire au silence des populations civiles !

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Le monde arabe en ébullition
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