Gouvernances multilatérales

Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 17:23

Londres et Washington vont promouvoir un "programme de soutien" politique et économique au "printemps arabe" lors du G8 en France, a déclaré mercredi 25 mai à Londres le premier ministre britannique, David Cameron, lors d'une conférence de presse avec le président Barack Obama.

Obama salue un "changement historique"

"Le président et moi-même sommes déterminés à être du côté de ceux qui oeuvrent pour la liberté", a souligné M. Cameron au deuxième jour de la visite à Londres du président Obama. "C'est le message que nous adresserons au sommet du G8 demain où nous appuierons un vaste programme de soutien politique et économique aux pays qui veulent des réformes", a-t-il ajouté.

Pour leur première réunion depuis le début du "printemps arabe", les dirigeants des huit pays les plus industrialisés comptent notamment apporter un appui massif aux transitions démocratiques en cours dans le monde arabe. "Nous sommes tous les deux engagés à tout faire pour soutenir les peuples qui recherchent la démocratie et les dirigeants qui mettent en place des réformes démocratiques", a ajouté le président Obama, évoquant un "changement historique" dans les pays arabo-musulmans.

"Nous discuterons demain avec nos partenaires du G8 comment certains d'entre nous, au sein de la communauté internationale la plus large, peuvent soutenir les pays qui construisent la démocratie", a poursuivi M. Obama.
Le président américain a dévoilé la semaine dernière son propre plan d'aide de plusieurs milliards de dollars pour encourager la démocratisation des pays arabes.

Le temps presse pour l'Egypte et la Tunisie

Le président français, Nicolas Sarkozy, a choisi de faire de Deauville le "moment fondateur" d'un nouveau "partenariat de longue durée" entre les pays arabes qui soutiennent la démocratie et le G8 (Etats-Unis, Russie, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada), selon l'Elysée. Sur le modèle de l'aide à l'Europe de l'Est après la chute du mur de Berlin, le savoir-faire de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) sera déployé sur les rives sud de la Méditerranée.


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Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 17:45

Trois réunions ont été programmées : les 18 et 19 février à Paris, le 15 avril à Washington et le 15 octobre à Paris. Par ailleurs un séminaire s'est tenu en Chine fin mars 2011.

  • 18 et 19 février, Paris. Comme prévu par le sommet de Séoul de la fin 2010, les discussions ont notamment porté sur des indicateurs permettant de mesurer les déséquilibres mondiaux. Les indicateurs retenus sont la dette et le déficit public ; le taux d'épargne et l'endettement privé ; les déséquilibres extérieurs à travers la balance commerciale, les flux nets de revenus des investissements et les transferts.
  • Séminaire de Nankin du 31 mars. Un des points forts de ce séminaire est que les pays ont commencé à parler de la réforme du Système monétaire international. Pourtant « chacun est resté sur ses positions et il faudra du temps et de la confiance pour faire émerger des concessions réciproques ». La Chine n'est pas encline à réévaluer le Yuan comme le leur demande les américains notamment et semble réticente à en faire une monnaie internationale. En effet, pour Christian de Boissieu cela impliquerait des avantages et des devoirs que la Chine, comme auparavant l'Allemagne et le Japon, ne semble pas vouloir assumer actuellement. Lors du séminare, il a été aussi question faire des DTS une monnaie de réserve internationale. (cf. Le G20 se réunit en Chine pour améliorer le système monétaire international )
  • Réunion du 15 avril à Washington. En raison des risques financiers qu'ils représentent pour l'économie mondiale, la France et six autres pays dont l'Allemagne, la Chine, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Inde et le Japon, seraient mis sous surveillance par le Groupe des vingt (cf. Déséquilibres économiques: sept pays surveillés de près par le G20). Ironiquement ce sont ces pays qui ont insisté pour l'adoption d'indicateurs qui ont conduit à cette situation. Parmi les critères qui ont abouti à cette décision on trouve :
    •  - Le fait de représenter au moins 5% du PIB du G20
    •  - Trois séries d'indicateurs ou lignes directrices indicatices :
      •      * Déficit public et dette publique
      •      * Taux d'épargne privé et dette privée
      •      * Balance extérieure.
    • Au niveau statistique, la période de référence est 1990-2004, considérée comme antérieure aux grands déséquilibres mondiaux
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  • Source : Wikipedia 

  • (http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_des_20#Les_G20_Finances_sous_pr.C3.A9sidence_fran.C3.A7aise)
  •  

  • Voir à propos du G20 : Connaissez-vous le G20 ?

 

Voir également :

 - Le FMI en un clin d’œil

 - La Banque centrale européenne

 - ECB : Key interest rates / BCE : taux d'intérêts clés

 

Voir enfin :

 - UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - première partie -

 - UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - seconde partie -

 - Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR - octobre 2010)

 Six questions pour comprendre les marchés des changes (Le Figaro) -

 -  Le désordre des monnaies au menu du G20 des Finances (Le Figaro)

 

 

 

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 - L'agence de notation S&P s'inquiète pour la première fois de la dette américaine (AFP)

Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 21:43

Les représentants des vingt et un Etats et des neuf organisations internationales qui participaient, mardi 10 mai, à Paris, à un G8 élargi sur le trafic de drogue, ont adopté un "plan d'action" en sept points, dont le ministre de l'intérieur français a dévoilé les principaux axes.

Il a été décidé d'"améliorer la collecte et la mutualisation du renseignement" à propos des trafics internationaux de stupéfiants, a souligné Claude Guéant devant la presse. A cet effet, les quatre plates-formes opérationnelles européennes devraient être reliées aux "centres régionaux d'échange d'informations établis en Afrique de l'Ouest, à Accra (Ghana) et à Dakar (Sénégal), en offrant à l'Amérique latine" d'en créer d'identiques sur ses territoires, a indiqué M. Guéant.

L'ONU chargée de créer un Fonds mondial

Les participants ont chargé l'Organisation des Nations unies de lutte contre la drogue (UNODC, The United Nations Office on Drugs and Crime) du dossier visant à la création d'un "fonds fiduciaire international", comme l'avait proposé lundi Nicolas Sarkozy, a poursuivi M. Guéant. Le président français souhaite que ce fonds international de lutte contre le trafic de drogue soit alimenté par les avoirs saisis des narcotrafiquants.

Par ailleurs, il faut "faciliter les interceptions maritimes (des bâtiments transportant la drogue), en simplifiant les cadres internationaux qui les régissent", a poursuivi Claude Guéant. Le G8 s'est prononcé pour la mise en place d'"accords bilatéraux ou régionaux". M. Guéant a également fait part de la volonté des participants d'"améliorer les capacités de réaction" des différents Etats avec, notamment, la formation de leurs forces de sécurité et l'identification des éventuelles faiblesses à corriger.
... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

 

Voir également à ce sujet : De l'échec de la lutte mondiale contre la drogue (nouvelle édition)

 

Voir également : La gouvernance mondiale est-elle au service de l’intérêt général global ? par Joseph Stiglitz - nouvelle édition -

 

 

Par ERASME - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Jeudi 28 avril 2011 4 28 /04 /Avr /2011 17:36

L'initiative européenne en faveur d'une condamnation de la répression des manifestations antigouvernementales en Syrie a échoué mercredi au Conseil de sécurité de l'Onu en raison de l'hostilité de la Russie, de la Chine et du Liban.

" Il n'y aura pas de déclaration ", a déclaré à Reuters un diplomate siégeant au Conseil.

Le projet rédigé par l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Portugal a été mis en circulation lundi 25 avril. Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, qui a jugé la répression " odieuse et déplorable ", s'est également prononcée pour une condamnation du Conseil de sécurité.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'organisation, a quant à lui souhaité ce week-end l'ouverture d'une enquête indépendante.

Après la résolution autorisant le recours à la force en Libye pour protéger les civils, la Chine et la Russie se sont opposées à ce que le Conseil de sécurité se saisisse d'un autre conflit interne qui relève, selon elles, des affaires intérieures du pays.

" Leur tolérance à l'égard des initiatives européennes et américaines pour protéger des civils au Moyen-Orient semble épuisée ", a commenté un représentant de l'Onu.

Le Liban, seul état arabe membre du Conseil de sécurité qui entretien de longue date des relations compliquées avec Damas, s'est également montré hostile à l'adoption d'une déclaration.

Un projet similaire au sujet du Yémen avait déjà échoué la semaine dernière.

 

Source : Reuters

 

Voir également : Attention ! Danger ! La Syrie n'est pas la Lybie ! La réponse de la communauté internationale à la dégradation de la situation en Syrie doit être non seulement graduée mais responsable !

 

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 10:50

Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés. Les créanciers du Club de Paris  leur accordent un allègement de dette pour les aider à rétablir leur situation financière. Cet allègement de dette peut être obtenu par un rééchelonnement ou, en cas de traitements concessionnels, une réduction des obligations du service de dettes pendant une période définie (traitements de flux) ou une date fixée (traitements de stock).

L’origine du Club de Paris remonte en 1956 lorsque l'Argentine accepta de rencontrer ses créanciers publics à Paris. Depuis, le Club de Paris  a conclu 421 accords avec 88 pays endettés. Depuis 1956, le montant total de la dette traitée par les accords du Club de Paris s'élève à 553 milliards de $.

Les cinq principes clés

• Décisions au cas par cas

Le Club de Paris prend ses décisions au cas par cas de façon à s’adapter en permanence à la situation particulière de chaque pays débiteur.

• Consensus

Aucune décision ne peut être prise au sein du Club de Paris si elle ne reflète pas un consensus des pays créanciers participants.

• Conditionnalité

Le Club de Paris rencontre un débiteur seulement lorsque :

- il y a un besoin d'allègement de dette. Le pays débiteur doit fournir une description détaillée de sa situation économique et financière. Et

- le débiteur a mis en œuvre et s'engage à mettre en œuvre les réformes pour restaurer sa situation économique et financière.

Cela signifie en pratique que le débiteur doit avoir un programme en cours avec le FMI soutenu par un accord auquel sont attachées des conditions (accord de confirmation, accord élargi, Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance, Instrument de Soutien à la politique économique). Le niveau du traitement de dette est fondé sur le besoin de financement identifié dans le programme du FMI.

Dans le cas d'un traitement de flux, la période de consolidation est celle pendant laquelle l'accord du FMI fait apparaître un besoin de financement. Lorsque ce traitement de flux s'étend sur une période de temps longue (généralement plus d'un an), l'accord du Club de Paris est divisé en phases. Les montants venant à échéance au cours de la première phase sont traités dès que l'accord du Club de Paris entre en vigueur. Les phases suivantes sont mises en œuvre en fonction des conditions indiquées dans le Procès-Verbal agréé, entre autres l'absence d'accumulation d'arriérés et l'approbation de la revue du programme du FMI.

• Solidarité

Dans le cadre de leurs négociations avec un pays endetté, tous les membres du Club de Paris agissent en tant que groupe et sont sensibles aux répercussions que la gestion de leurs propres créances est susceptible d’avoir sur les créances d’autres membres.

• Comparabilité de traitement

Le pays débiteur qui signe un accord avec ses créanciers du Club de Paris s’engage à ne pas accepter de ses créanciers non membres du Club de Paris un traitement de sa dette selon des termes moins favorables pour lui que ceux agréés dans le cadre du Club de Paris.

Comment travaille le Club de Paris?

L’activité du Club de Paris s’articule autour de sessions mensuelles.

Ces sessions sont préparées par un Secrétariat Général.

La Présidence et le Secrétariat Général du Club de Paris sont assurées par de hauts fonctionnaires du Trésor français.

Les relations avec les créanciers du secteur privé et les pays créanciers non membres du Club de Paris

Depuis 2001, le Club de Paris tient des réunions techniques régulières avec les représentants des principaux créanciers privés pour discuter de sujets d’intérêt commun de façon informelle.

Pour la première fois lors de la réunion du 11 juin 2008, des créanciers souverains émergents (Afrique du Sud, Turquie, l’Exim Bank chinoise, la Kuwait Investment Authority et l’Abu Dhabi Fund for Development) se sont joints aux discussions.

Dans son discours de clôture, le Président du Club de Paris a proposé de mettre en place un nouveau groupe de travail ad hoc avec les représentants des principaux créanciers souverains émergents, dont le but est d’approfondir les discussions sur les questions de dette et d’encourager le partage d’information entre ses membres, sur une base informelle. Comme indiqué dans sa contribution à la Conférence de Doha sur le financement du développement, les membres du Club de Paris sont fortement favorables à un resserrement des liens entre créanciers. L’action coopérative est en effet au cœur du raisonnement du Club de Paris et constitue un pré requis pour une réponse internationale efficiente aux problèmes de dette.

Le Club de Paris s’est de fait engagé à renforcer sa politique d’outreach vis à vos des principaux créanciers souverains des pays en développement. Etant donné l’importance qu’il attache à un dialogue soutenu et substantiel avec tous les créanciers, le Club de Paris se félicite des interactions avec tous les créanciers en tant qu’opportunités pour apprendre des approches alternatives et revoir, le cas échéant, ses propres principes et approches.

Les défis de la soutenabilité de la dette pour les pays à faible revenu

La crise de la dette des deux décennies passées s’est avérée extrêmement coûteuse à la fois pour les pays débiteurs et pour leurs créanciers. Pour résoudre cette crise, la communauté internationale, et notamment les créanciers du Club de Paris, a offert aux pays à faible revenu un allègement massif de dette, en particulier dans le cadre de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM).

Néanmoins, préserver la soutenabilité à long terme reste un défi, même après les allègements de dette.

Seulement neuf des PPTEs ayant atteint le point d’achèvement (sur 23) ont un faible risque de crise de dette grave. La distribution du risque s’est même détériorée entre mi-2007 et mi-2008, le nombre de pays ayant un risque élevé de crise de dette grave ayant été multiplié par 4 (passant de 1 à 4).

La soutenabilité de la dette dans les pays à faible revenu est sensible à un certain nombre de facteurs extérieurs, dont les chocs à l’exportation et le volume et les conditions des nouveaux financements.

Dans environ 60% des analyses de soutenabilité de la dette des PPTEs ayant atteint le point d’achèvement, des conditions moins favorables pour les nouveaux emprunts (c'est-à-dire une hausse de 2% des taux d’intérêt appliqués aux nouveaux prêts) entrainent une augmentation du ratio de dette extérieur (en VAN) sur exports au dessus du seuil correspondant, comparé à 30% pour les non PPTEs.

Les créanciers du Club de Paris veulent prévenir les risques de crises futures de la dette, notamment dans les pays ayant bénéficié des initiatives PPTE et IADM. A cette fin, ils ont pour objectif de faire en sorte que les nouveaux financements des pays à faible revenus soient accordés en cohérence avec les capacités réelles de remboursement de ces pays.

Les membres du Club de Paris se sont engagés à utiliser le Cadre de Soutenabilité de la Dette (CSD) pour les pays à faible revenu du FMI et de la Banque Mondiale comme référence pour éclairer leurs décisions de prêt à la lumière des évaluations des risques de crise de dette grave.

Toutefois, tous les créanciers, qu’ils soient publics ou privés, ont également un rôle important à jouer à ce sujet en adoptant des politiques de prêt soutenable. Les créanciers du Club de Paris considèrent que la coordination des créanciers est cruciale pour préserver la soutenabilité de la dette à long terme dans les pays à faible revenu.

Par conséquent, le Club de Paris invite tous les créanciers à respecter les exigences minimales de concessionnalité fixées dans les analyses de soutenabilité de la dette du FMI et de la Banque Mondiale dérivant du CSD, visant à prévenir et limiter l’endettement insoutenable.

L'action du Club de Paris contre les créanciers procéduriers

Le montant total des plaintes des créanciers procéduriers (dans 54 procédures distinctes contre 12 PPTEs) s’élève à environ 1,5 milliard de dollars, dont 1,2 milliard de dollars ont déjà été reconnus par les tribunaux à fin 2007. Il est probable que ce montant augmente, un certain nombre de pays éligibles à l’initiative PPTE n’ayant pas encore atteint le point d’achèvement disposant de stocks de dettes commerciales importants –en particulier, le Liberia, la Côte d’Ivoire, la République Centrafricaine et le Soudan.

Ce phénomène a des conséquences très négatives pour les pays débiteurs visés. En particulier, le FMI et la Banque Mondiale ont relevé que les longues poursuites devant les tribunaux peuvent peser fortement sur les budgets et les ressources institutionnelles des PPTE.

Dans certains cas, le refus des créanciers commerciaux de s’engager à participer à l’initiative PPTE pourrait également compromettre l’octroi d’un allègement de dette au titre des initiatives PPTE et IADM (Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale) : la politique du FMI et de la Banque Mondiale exige un minimum de participation de 80% des créanciers pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Les procédures contentieuses agressives pourraient ainsi priver les pays visés du plein bénéfice des initiatives internationales et bloquer leur retour à des ratios de dette soutenable.

Le Club de Paris a exprimé son inquiétude et a adopté plusieurs mesures concrètes pour prévenir les actions contentieuses agressives à l’encontre des PPTE.

Par un communiqué de presse en date du 22 mai 2007, le Club de Paris a exprimé son inquiétude face à l’action des créanciers procéduriers qui tirent profit des efforts d’annulation de dette consentis par les autres créanciers et privent ainsi la lutte contre la pauvreté de ressources financières importantes.

Les créanciers du Club de Paris ont également rappelé qu’ils se sont engagés à mettre en œuvre intégralement l’initiative PPTE. Ils appellent tous les créanciers officiels et commerciaux ainsi que les pays débiteurs à prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre de cette initiative. En particulier, en cohérence avec le principe de comparabilité de traitement du Club de Paris et étant donné les conséquences très dommageables de ces procédures contentieuses pour les pays PPTE, les créanciers du Club de Paris ont confirmé leur engagement à ne pas vendre leurs créances sur des pays PPTE à d’autres créanciers qui n’envisageraient pas de mettre en œuvre les allègements de dette de l’initiative PPTE, et ils ont appelé les autres créanciers à faire de même. Cet appel pour une action coopérative renforcée a été réitéré dans la contribution du Club de Paris à la Conférence de Doha sur le financement du développement.

Lors de sa session de juillet 2007, le Club de Paris a adopté plusieurs mesures visant à améliorer la prise de conscience face au problème des procédures contentieuses agressives et à aider les PPTE à obtenir un allègement de dette de leurs créanciers non membres du Club de Paris, réduisant ainsi le risque que ces créances soient vendues aux créanciers procéduriers :

- Le Club de Paris a renforcé son rôle de conseil aux PPTE sur les termes d’allègement de dette qu’ils doivent attendre de tous leurs créanciers dans le cadre de l’initiative PPTE. Ce conseil est fourni par le Secrétariat après la conclusion d’un accord avec le Club de Paris, avec la remise d’un document présentant précisément les taux d’allègement que le pays débiteur doit obtenir sur les différentes catégories de créances. En outre, pour soutenir les PPTE engagés dans des négociations avec d’autres créanciers, le Secrétariat analyse, sur demande, les offres de traitement de dette reçues des autres créanciers pour évaluer leur comparabilité avec les termes du Club de Paris.

- Le Club de Paris fournit de nouvelles informations sur son site Internet pour attirer l’attention du public sur le problème des procédures contentieuses à l’encontre des PPTE et la nécessité que tous les créanciers accordent des allègements de dette.

- D’autres pays créanciers (au-delà de ceux associés traditionnellement) sont invités à prendre part aux négociations du Club de Paris avec les PPTE.

Les membres du Club de Paris ont soutenu la décision de l’Association Internationale pour le Développement en avril 2008 de renforcer la Facilité de Réduction de la Dette, qui a été utilisée pour aider les pays pauvres fortement endettés à réduire leur dette extérieure souveraine commerciale.

En outre, le Conseil d’Administration de la Banque Africaine de Développement a approuvé en avril 2008 l’établissement d’une facilité de soutien juridique qui a pour but de fournir une assistance technique juridique aux pays visés par des procédures.

Les créanciers du Club de Paris ont également soutenu et se sont félicités des engagements de l’Union européenne en mai 2008 et des ministres des finances du Commonwealth en octobre 2008 de ne pas vendre leurs créances sur les PPTEs à d’autres créanciers.

 

Source : www.clubdeparis.org/

 

 
 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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