UE, UEO, OSCE, sécurité & défense

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 15:57

Près d'un an après sa nomination, Claude-France Arnould a décidé de recentrer l'action de l'agence européenne de défense (AED) sur un nombre limité de projets très concrets. Pour elle, la mise en commun d'équipements militaires est le seul moyen de compenser la baisse des budgets de défense au sein de l'Union.

Disposer de capacités de défense dignes de ce nom est absolument essentiel pour l'Europe. Il en va de son influence et de son pouvoir. Nous ne pouvons pas y renoncer. Compte tenu de la situation budgétaire très difficile des Etats, il nous faut donc tout faire pour être plus efficaces ensemble. Si l'on y parvient, alors on a une chance de les persuader que cela vaut la peine d'investir dans la défense. Il faut réenclencher un cercle vertueux.

Vous venez de proposer 11 projets de coopération aux 26 Etats membres de l'Agence européenne de défense. On a déjà vu des initiatives similaires dans le passé. Qu'est-ce qui vous fait croire que cette fois-ci, les ministres de la Défense vont s'en saisir ?

J'y crois d'abord parce que les Etats membres ont accepté cette liste de projets. Ensuite, parce qu'une vingtaine d'entre eux se sont engagés à les faire aboutir. Parmi eux, certains ont accepté d'en prendre la direction. C'est le cas de la France par exemple pour l'entraînement des pilotes d'avions de transport, de l'Italie pour le soutien médical ou encore de l'Irlande pour la formation maritime, ce qui traduit, pour ce dernier, un revirement d'attitude. J'ajoute que certains projets peuvent être mis en oeuvre immédiatement. C'est le cas de la surveillance maritime puisque les 9 pays qui ont décidé de rejoindre ce projet mené par la Finlande n'ont qu'à connecter leur système national à l'interface développée par l'Agence.

Pourtant, la France s'est engagée dans une coopération sans précédent avec le Royaume-Uni. Cela ressemble à un signe clair de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense...

Je ne peux pas penser une seule seconde qu'il s'agit d'un mouvement de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense. Ce type de coopération, bi ou tri nationale, va dans le bon sens, celui d'une confiance mutuelle. Le traité franco-britannique ne suit pas une logique contraire à celle que l'Agence est censée mener. Je peux citer l'exemple du projet de guerre des mines que nous pilotons (ce projet fait partie des axes de coopération recherchés par Paris et Londres, NDLR). Le traité montre que le succès d'une coopération dépend de la force de l'impulsion politique. Nous sommes complémentaires.

Quelle a été la réaction des autres pays membres de l'Agence à l'annonce du traité franco-anglais ?

La question qu'ils se sont posée a été : la porte reste-t-elle ouverte sur certains des domaines de coopération listés dans le cadre du traité ? Dans la mesure où la réponse qu'il leur a été apportée est positive, ils n'ont pas d'inquiétude à avoir. Le travail à deux peut nourrir une coopération plus large.

 

Propos recueillis par Alain Ruello

 
Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 15:57

Près d'un an après sa nomination, Claude-France Arnould a décidé de recentrer l'action de l'agence européenne de défense (AED) sur un nombre limité de projets très concrets. Pour elle, la mise en commun d'équipements militaires est le seul moyen de compenser la baisse des budgets de défense au sein de l'Union.

Disposer de capacités de défense dignes de ce nom est absolument essentiel pour l'Europe. Il en va de son influence et de son pouvoir. Nous ne pouvons pas y renoncer. Compte tenu de la situation budgétaire très difficile des Etats, il nous faut donc tout faire pour être plus efficaces ensemble. Si l'on y parvient, alors on a une chance de les persuader que cela vaut la peine d'investir dans la défense. Il faut réenclencher un cercle vertueux.

Vous venez de proposer 11 projets de coopération aux 26 Etats membres de l'Agence européenne de défense. On a déjà vu des initiatives similaires dans le passé. Qu'est-ce qui vous fait croire que cette fois-ci, les ministres de la Défense vont s'en saisir ?

J'y crois d'abord parce que les Etats membres ont accepté cette liste de projets. Ensuite, parce qu'une vingtaine d'entre eux se sont engagés à les faire aboutir. Parmi eux, certains ont accepté d'en prendre la direction. C'est le cas de la France par exemple pour l'entraînement des pilotes d'avions de transport, de l'Italie pour le soutien médical ou encore de l'Irlande pour la formation maritime, ce qui traduit, pour ce dernier, un revirement d'attitude. J'ajoute que certains projets peuvent être mis en oeuvre immédiatement. C'est le cas de la surveillance maritime puisque les 9 pays qui ont décidé de rejoindre ce projet mené par la Finlande n'ont qu'à connecter leur système national à l'interface développée par l'Agence.

Pourtant, la France s'est engagée dans une coopération sans précédent avec le Royaume-Uni. Cela ressemble à un signe clair de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense...

Je ne peux pas penser une seule seconde qu'il s'agit d'un mouvement de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense. Ce type de coopération, bi ou tri nationale, va dans le bon sens, celui d'une confiance mutuelle. Le traité franco-britannique ne suit pas une logique contraire à celle que l'Agence est censée mener. Je peux citer l'exemple du projet de guerre des mines que nous pilotons (ce projet fait partie des axes de coopération recherchés par Paris et Londres, NDLR). Le traité montre que le succès d'une coopération dépend de la force de l'impulsion politique. Nous sommes complémentaires.

Quelle a été la réaction des autres pays membres de l'Agence à l'annonce du traité franco-anglais ?

La question qu'ils se sont posée a été : la porte reste-t-elle ouverte sur certains des domaines de coopération listés dans le cadre du traité ? Dans la mesure où la réponse qu'il leur a été apportée est positive, ils n'ont pas d'inquiétude à avoir. Le travail à deux peut nourrir une coopération plus large.

 

Propos recueill

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN RUELLO
 
Par ERASME - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 19:43

La tendance à la baisse des budgets de défense n’est pas une vue de l’esprit. Selon les dernières données, produites par l’Agence européenne de défense (Defence Data 2010), les dépenses diminuent régulièrement : 209 milliards en 2006, 206 en 2007, 203 en 2008, 198 en 2009 et 194 en 2010. Une baisse d’environ 2% chaque année (entre 1,4% et 2,5%). Ce alors que le PIB a augmenté (sauf en 2009 chute de 4,2%) et que les dépenses publiques (tous secteurs confondus) a lui aussi régulièrement augmenté (surtout en 2008 et 2009, années du début de la crise). Et cette baisse ne devrait pas s’arrêter en 2011 et 2012.

La défense représente une dépense de 390 euros par habitant en 2010 (pour un revenu moyen de 24.280 euros). Il faut cependant signaler que cette baisse, plutôt qu’un désintérêt manifeste des Européens pour la défense, est aussi la traduction d’une (lente) transformation des armées européennes : moins d’hommes, plutôt mieux payés et davantage équipés. Cette transformation est cependant très lente, et relativement tardive, pour inverser le retard européen. Fait aussi notable : on note toujours une faible propension des dépenses consacrée à la recherche, voire une diminution. Ce qui est plutôt inquiétant.

Presque 20% de personnel en moins en 5 ans

Si on examine la répartition de ces dépenses (hors inflation cette fois), on peut voir effectivement que cette baisse est largement imputable au personnel : les dépenses baissent de plus de 10% en 5 ans : de 110 milliards en 2006 à 98,65 milliards en 2010, par pallier de deux ans (106 et 107 milliards en 2007 et 2008 ; 98 milliards en 2009 et 2010). Le personnel ne représente ainsi plus que 51% des dépenses militaires contre 55% cinq ans plus tôt.

Si on regarde les chiffres des armées, cette baisse est encore plus importante : alors qu’elles employaient dans l’UE près de 2,5 millions de personnes en 2006 (2,425 exactement dont 1,94 millions de militaires), ce chiffre était tombé à peine 2 millions en 2010 (dont 1,62 millions de militaires). Soit 17% de baisse. Si on regarde la part des civils et des militaires, on voit que le ratio reste sensiblement le même entre 2006 (20% de civils) et 2010 (19,4%) : il y a toujours 1 civil pour 4 militaires.

Cette différence de presque le double entre la baisse des dépenses militaires et la baisse des effectifs peut s’expliquer, selon nous, par la professionnalisation, la revalorisation de certains salaires ainsi que les primes de départ. La dépense par militaire tend ainsi à augmenter : de 101.622 euros par an le militaire en 2006 à 119.455 euros par an en 2010. A cela il faut ajouter une part d’équipement qui croit de 20.000 euros environ en 2006 à 26.500 euros environ en 2010, soit un tiers d’augmentation.

Un engagement dans la recherche toujours faible

Les dépenses en investissement (équipements, R&D) tendent plutôt à augmenter, mais très doucement : de 38 milliards en 2006 à près de 42 milliards en 2010. Elles représentent 22% aujourd’hui des dépenses, en croissance d’environ 1 point chaque année (sauf en 2009). Ce chiffre ne doit pas induire en erreur cependant. Ce sont essentiellement les dépenses d’équipement qui augmentent, tandis que les dépenses de recherche & développement tendent plutôt à diminuer : de 9,67 milliards d’euros en 2006 à 8,56 milliards en 2010. Ce qui est trop faible pour rattraper l’écart technologique.

Les dépenses d’opérations et de maintenance, après avoir connu un pic en 2007 (+ 4 milliards à 47 milliards) sont relativement stables, autour de 44 milliards d’euros. Elles représentent 23% des dépenses. Les autres dépenses représentent 4%.

L’externalisation progresse lentement.

L’externalisation a augmenté d’un point en cinq ans, et occupe aujourd’hui presque 8% des dépenses contre 7% des dépenses cinq ans plus tôt. En volume, cela représente en 2010 15,4 milliards d’euros contre 14,1 milliards en 2006.

Les achats d’équipement restent essentiellement nationaux.

Les achats nationaux concernent toujours plus de 3/4 quart du budget : 76,6% en 2010 contre 77,1% en 2006. Les marchés de défense passés en commun au niveau européen progressent légèrement, passant de 6 milliards d’euros en 2006 à 7,5 milliards en 2010, soit 22% des dépenses d’équipement contre 20% cinq ans plus tôt. Ce sont les marchés passés en commun non européens qui diminuent plutôt. Après avoir connu une hausse en 2008 et 2009 (à 1 milliard d’euros), ils retombent à moins de 0,5 milliards en 2010 (contre 0,59 milliards en 2006), soit 1,4% des dépenses d’investissement (contre 2% cinq ans plus tôt et 3% lors du pic de 2008-2009). Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de la directive européenne « marchés publics » ; mais elle devrait sans doute accélérer une tendance qui reste encore minoritaire.

(*) Sur la base des chiffres corrigés de l’inflation.

 

Cet article a été préalablement publié sur mon propre blog : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/la-baisse-des-depenses-de-defense-attestee-par-les-chiffres.html

 

Voir à cet égard sur ce blog :

 * Il est plus que temps de rationaliser les dépenses d'équipements militaires des Etats européens surendettés ! et les articles auxquels il renvoie

 * Les institutions européennes comme les capitales nationales restent étonnamment sourdes aux nombreux appels en faveur d'une relance des investissements européens en matière de défense

 * "La contraction des budgets de défense va relancer les coopérations", par Patrick Bellouard (La Tribune)

NB : d'autres études antérieures avaient déjà établi de manière très précise un constat analogue. (cf. notamment rapportSWP-impact crise secteur defense[1] rapportSWP-impact crise secteur defense[1] )

  

Voir également la  résolution du Parlement européen intitulée " Impact of the financial crisis on the defence sector"
(European Parliament resolution of 14 December 2011 on the impact of the financial crisis on the defence sector in the EU Member States (2011/2177(INI))) Resolution LISEK Resolution LISEK



 

 

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 21:03

On pouvait croire qu’avec les mois qui passent, le temps des « lettres » à Cathy Ashton paraissait loin.  On avait eu effectivement la lettre des pays Benelux sur le SEAE, celle sur le Moyen-Orient de B. Kouchner, la lettre des 3 du Triangle de Weimar, devenus 5 ensuite, sur la défense… Eh bien, non. Voici maintenant une lettre de douze ministres des Affaires étrangères destiné à présenter quelques « suggestions » pour « améliorer le fonctionnement du service diplomatique européen ». Les ministres français, allemand, polonais et italien l’ont signé ainsi que ceux du Benelux, ce qui est relativement peu étonnant. Moins courant, on trouve les signatures de tous les pays baltes et des Nordiques, sauf le Danemark (*).

Une lettre très politique

Cette lettre s’inscrit dans un processus d’évaluation plus général qui verra la Haute représentante présenter un rapport général d’ici la fin de l’année, suivie en 2013 d’une révision générale de la décision fixant l’organisation et le fonctionnement du SEAE. Ce mode d’expression est très politique. Car si ces lettres ne sont pas « ouvertes » officiellement, elles en ont presque le caractère car elles viennent rapidement aux oreilles journalistiques et tout de l’écriture au contenu suggèrent leur publication.

Cette lettre est très polie mais aussi très élaborée. Beaucoup de sujets sont abordés : le fonctionnement des délégations, le financement, les méthodes de recrutement, la coordination avec les Etats membres, la préparation des conseils de ministres. Elle donne quasiment une ligne directrice, visant soit à appuyer certaines réformes déjà engagées, soit à combler certaines lacunes récurrentes. Elle s’intéresse surtout aux procédures plutôt qu’au contenu produit. Et  constitue sans nul doute plutôt qu’une critique en bonne et due forme, un habile soutien à un renforcement du service et  à une organisation, un peu plus … « ordonnée » du SEAE…

(*) Signataires : Didier Reynders (Belgique), Urmas Paet (Estonie), Erkki Tuomioja (Finlande), Alain Juppé (France), Guido Westerwelle (Allemagne), Giulio Terzi di Sant’Agata (Italie), Edgars Rinkēvičs (Lettonie), Audronius Ažubalis (Lituanie), Jean Asselborn (Luxembourg), Uri Rosenthal (Pays-Bas), Radosław Sikorski (Pologne), Carl Bildt (Suède).

Mieux préparer les Conseils des ministres

Les 12 souhaiteraient disposer d’un agenda annuel des Conseils des ministres, ajusté au besoin selon les nécessités. Et ils souhaiteraient aussi que le SEAE chargé de produire des documents préparatoires ou des projets de décision, fassent circuler ces papiers « suffisamment à l’avance ». Nb : un problème récurrent depuis plus d’un an, les documents sont effectivement disponibles très peu de temps à l’avance pour les Etats membres, qui ont à peine le temps nécessaire pour lire des documents. Une situation qui, selon nos informations, est largement voulue par le cabinet de la Haute représentante qui veulent ainsi laisser le moins de marges possibles aux Etats membres pour introduire des modifications. Ce qui n’est pas sans provoquer effectivement ce type de tensions.

Mieux se coordonner avec la Commission.

Les décisions extérieures doivent être mieux préparées avec la Commission, tant au niveau politique au sein du groupe des commissaires « relations extérieures » qu’au niveau technique. Les Douze recommandent que les unités du SEAE soient plus impliquées dans le travail avec la Commission et se demandent si la structure organisationnelle du service est assez efficace pour assurer cette coopération. Nb : il y a effectivement un problème. Et si dans certains secteurs ou zones géographiques, la coordination fonctionne bien ; dans d’autres, la situation n’est pas meilleure, voire… pire.

Revoir les procédures internes du SEAE.

Le SEAE a déjà fait d’importants progrès pour développer un « esprit de corps » (en français dans la lettre). De même, en matière de formation commune (SEAE / Etats membres). Mais des « formations complémentaires, conjointes avec les Etats membres, devraient être envisagées ». La coopération pratique entre le Service, la Commission et le secrétariat du Conseil doit être « revue » (lieu des réunions, infrastructure…).

Nb : on sait que certains problèmes apparemment mineurs ne facilitent pas la vie de tous les jours (système informatique sécurisé, « barbare » et « rigide », qui fait que des notes se perdent en route. Pour plus d’efficacité, les agents ont d’ailleurs pris pour habitude de doubler par un mail, non sécurisé, leurs envois… Efficace…

Donner aux délégations leur plein potentiel

.../...

Voir la suite de l'article : http://www.bruxelles2.eu/politique-etrangere/service-diplomatique/la-lettre-des-douze-sur-le-service-diplomatique-europeen.html





Par ERASME - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 22:00

No debate about CSDP in 2011 can ignore the financial crisis which has had led to a wave of Defence budget cuts across the EU. This has resulted in both the increased focus on pooling and sharing of military capabilities and; in the current staff shortfalls we are experiencing in important CSDP missions and operations. The demand for the EU to do more and better is getting stronger. We need to be able to respond to the complex threats of today (violent crises, cyber-threats, energy security), and assume our global responsibilities whilst showing real value for money.

To deliver value for money we need CSDP action to be based on coherent and effective strategies, a truly comprehensive approach and, equipped with the right capabilities – as restated by FAC on 1 Dec.

The budgetary constraints force us to save, but they are also a driver of closer collaboration. Whether on “pooling and sharing” of defence assets, “joint programming” of development aid, or solidarity in the evacuation of European nationals from scenes of conflict or disaster, the message is clear: doing better with less.

The 1 December FAC endorsed my call to maximise synergies and strengthen cooperation - complementing instead of duplicating each other. I am committed to ensuring that the actions by the EEAS, the Commission and the EU Member States reinforce rather than compete with each other.

At the 1 December FAC we also agreed that the EU needs to improve its CSDP operations by more clearly identifying needs and acting with clear objectives and exit strategies.

The EP, alongside national parliaments and governments, plays an important role in ensuring the democratic oversight of EU foreign, security and defence policy, as recognised in my Declaration on political accountability.

I’d like to focus on some important achievements of the last year :

At the level of structures, the EEAS has been established and is now equipped to deal with crises better, faster and smarter.

When the EEAS was launched in January 2011, the Arab spring required our immediate response. In light of this experience, we have set up the Crisis Management Board and Crisis Platform which also dealt effectively with crisis situations in Ivory Coast, Libya and Horn of Africa. These structures are central to our capacity to respond, and maintain their direct reporting line to myself while working closely with the rest of the service.

We have also improved the early warning capacity through the Situation Room and the Conflict Prevention Group. We are currently exploring how to strengthen the security policy expertise in EU Delegations.

All of this has been achieved using and restructuring the existing resources and improving their flexibility and efficiency rather than by seeking expensive and complex solutions.

We are turning comprehensive approach into comprehensive action. The EEAS is uniquely placed for this. We can join up all EU instruments and cover conflict prevention, development and conflict resolution. We are putting this to full use in the Horn of Africa and in Southern Neighbourhood.

Some have said we are facing “CSDP Fatigue” yet 2011 has been a year of intensive work on CSDP with concrete results and ending with comprehensive, forward-looking Council conclusions.

On military capabilities, the 30 November EDA Steering Board delivered concrete Member States' commitments in specific projects, including in areas where the Libya crisis showed our shortfalls.

This is a good first step towards more substantial achievements next spring, also in view of the NATO Chicago summit.

As indicated by the Lisek Report, there is no alternative to cooperation in this area. Multinational cooperation must become the rule rather than the exception, in order to preserve and develop Europe's defence capabilities. I agree with MEP Lisek that Pooling & Sharing is a means of delivering enhanced capabilities and of offsetting defence budget cuts. As the Head of the European Defence Agency, I will continue to make every effort to facilitate cooperation among and between Member States and to increase the global competitiveness and efficiency of the European defence industry.

In July I presented a comprehensive report on CSDP. It set out the parameters for further work on CSDP, both in terms of “hardware” (military and civilian capabilities) and “software” (how we plan and conduct operations, engage with partners). The FAC on 1 December welcomed my work to strengthen the CSDP.

Member States' initiatives, such as the "Weimar initiative" and subsequent contributions have provided an added impetus to work.

I am pleased we found a pragmatic way forward on the issue of planning and conduct of CSDP operations. We are now beginning planning for the activation of the Operations Centre for the Horn of Africa operations, by the next Foreign Affairs Council In January. This will allow us to test this tool, with a view to strengthening civilian-military synergies, and to draw lessons for the future.

We have also achieved a lot of progress in working with our partners.

In the area of security and defence, the relationship with NATO is essential. It is recognized in the Lisbon Treaty, which is the first of the EU Treaties to explicitly refer to NATO. The breadth of EU instruments can be usefully combined with the depth of NATO's role on defence. The two organisations can and should reinforce each other's work. I have worked hard to establish a good, close working relationship with NATO SG Rasmussen to bring EU and NATO closer through a pragmatic step-by-step approach, while maintaining the overall objective of a true organisation-toorganisation relationship.

The Libya crisis again showed clear need for this. We work hand in hand in many theatres, and we owe it to our people in the field. I am also pleased to confirm that on capabilities in particular - whether labelled pooling and sharing or smart defence - we now have achieved an unprecedented level of cooperation.

The UN remains a longstanding partner, and we are turning this partnership into reality: in theatres where both are or could be engaged (Afghanistan, Somalia, Kosovo, Libya) and through strategic dialogue.

I have also personally engaged on security and defence with our strategic partners, not least regarding strategic theatres (Horn of Africa, Libya). I signed a framework agreement with the US in June on their participation in CSDP civilian missions (already 60 Americans under EU chain of command in Kosovo and Afghanistan). I also want to foster closer cooperation with other partner countries, including contributors and the neighbours to the South and the East.

I would like to end my remarks with the possible way ahead.

We have to further operationalise the comprehensive approach, by better linking our conflict prevention, mediation, development and conflict resolution activities. CSDP has a vital role to play in addressing forms of organised crime, such as trafficking of drugs, weapons and human beings. These are directly linked to conflict. For example, the security threats in Sahel also relate to the influx of weapons and militias as a result of developments in Libya. On this the combination of all EU tools in a coherent strategy is essential.

We have to pay constant attention to force generation and capabilities.

The Council undertook to make every effort to address this challenge. I will examine innovative ways to improve force generation in order to make proposals in the first half of 2012.

Work on military capabilities should continue towards a systematic Pooling & Sharing, not only as an answer to financial constraints but also as means of enhanced operational effectiveness in the long term.

We also have to. enhance the effectiveness of missions and operations The EU should act through CSDP missions and operations to add value, on the basis of identified needs, with clear objectives and exit strategies to deliver and sustain results.

As long as we can deliver on the existing missions, I am ready to take work forward on possible new CSDP missions – in particular in regions of such strategic importance to Europe’s security as such as Sahel and Libya.

CSDP can only be as effective and ambitious as we let it be. It relies on collective political will and ambition to act. It also means that the CFSP budget should be able to respond to the financial aspects of force generation. The European Parliament support in the last months has been essential on this, and I would like to take this opportunity express you my gratitude. I would like to close my intervention by thanking you for your support on my work on CSDP, to reconfirm my continued commitment to CSDP as integral and indispensable part of EU external action.

_____________________

Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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