Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 21:19

Une place égale dans la société française : Stratégie du gouvernement français pour l’inclusion des Roms dans le cadre de la communication de la Commission du 5 avril 2011 et des conclusions du Conseil du 19 mai 2011

 

La Commission européenne a demandé aux Etats membres d’établir des stratégies nationales pour l’inclusion des Roms. Dans cet exercice, elle assimile sous le terme « Roms » diverses populations, telles que les Sintis (Manouches), Gens du voyage, Kalé, qui se heurtent à des défis communs en termes d’inclusion. Chacun de ces groupes a sa culture, son histoire, ses modes de vie et ses problématiques économiques et sociales spécifiques. Certains sont sédentaires, d’autres pas. Et il est apparu, aux termes des consultations qui ont été conduites par les autorités françaises, que cette approche englobante pouvait parfois contredire l’objectif même qui était poursuivi dans les conclusions adoptées par le Conseil des ministres des affaires sociales (EPSCO) du 19 mai 2011.

Deux problèmes se posent en particulier. Le premier est que cette assimilation peut venir contredire l’un des objectifs des politiques d’intégration, qui est précisément de reconnaître les cultures et des identités des différents groupes qui composent la société française pour leur permettre d’y trouver toute leur place dans une logique d’égalité des droits. Si l’on ne prend pas le temps de regarder dans le détail les particularités de chacun, on se privera des moyens efficaces pour construire une stratégie.

La deuxième difficulté est que le terme « Roms » renvoie à une notion ethnique qui est inopérante en droit français pour construire des politiques publiques. La tradition républicaine française, qui se traduit par une conception exigeante du principe d’égalité, ne permet pas d’envisager des mesures qui seraient spécifiquement ciblées sur un groupe ethnique. L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 énonce en effet que la République assure l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race ou de religion. Le gouvernement français se refuse donc avec une grande vigueur à toute différence des droits fondée sur l’appartenance à une communauté définie par son origine, et continuera de le faire dans le cadre des processus nationaux, communautaires et internationaux. De même, s’agissant du suivi des politiques qu’il présentera dans cette stratégie, il respectera scrupuleusement les prescriptions constitutionnelles telles qu’elles ont été récemment précisées dans une décision de son Conseil constitutionnel n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007. Comme l’a souligné le président de la République, dans son discours de Palaiseau du 17 décembre 2008, « répondre au défi de la diversité en recourant à des critères ethniques ou religieux conduirait à prendre le risque de dresser les unes contre les autres des communautés rivales et au fond à enfermer chacun dans son identité ». C’est précisément une orientation inverse qui inspire les actions qui seront conduites par le gouvernement français.

Il n’en reste pas moins que le nouveau cadre européen défini le 19 mai 2011 est de nature à permettre des réponses coordonnées des différents Etats de l’Union européenne pour aborder des défis sociaux et sociétaux qui nous sont à l’évidence communs et que nous échouons à traiter séparément depuis trop d’années. La situation économique et sociale des populations sur laquelle la Commission européenne attire l’attention est marquée par la pauvreté, une espérance de vie inférieure à la moyenne, des discriminations dans l’accès au marché du travail, des difficultés d’accès aux droits, de faibles taux de scolarisation voire, dans certains pays, des atteintes manifestes aux droits fondamentaux.

La France a adopté de longue date des mesures ambitieuses pour favoriser l’intégration républicaine des personnes qui vivent sur son sol, notamment en matière de logement et d’éducation. Elle a également développé un cadre juridique propre aux gens du voyage, pour tenir compte des particularités de leur mode de vie itinérant.

Des mesures spécifiques ont été développées depuis la fin des années 1990 afin de favoriser la scolarisation des enfants, l’alphabétisation des adultes, l’accès aux soins et la promotion de la santé des familles, mais aussi afin de permettre l’adaptation économique des gens du voyage, d’aider ces derniers dans l’accomplissement de leurs démarches administratives pour l’accès aux droits, et de développer la fonction de médiation entre les familles et les services prestataires, administratifs et sociaux.

Cette approche demeure compatible avec un traitement de droit commun pour les gens du voyage qui le souhaitent1. L’objectif est bien que l’intégration se fasse dans le cadre des politiques de droit commun, complétées, le cas échéant, par des mesures spécifiques pour tenir compte de leur mode de vie2.

Des progrès restent à faire en France, comme dans tous les Etats membres. Les engagements que le gouvernement français a pris dans le cadre des conclusions du Conseil du 19 mai 2011 en sont l’occasion. Sur la base des propositions formulées par la Commission européenne le 5 avril 2011, prend forme un cadre d’intervention européen qui doit permettre de répondre à des défis considérables. Assurer l’intégration économique et sociale des citoyens de l’Union européenne est en premier lieu une responsabilité de chaque Etat membre. L'Union européenne dispose toutefois de divers outils juridiques et financiers qui pourraient être efficaces pour favoriser l’intégration sociale des Roms et le strict respect de leurs droits fondamentaux, obligation inhérente à l’appartenance à l’Union européenne régie par le Traité. Le gouvernement français se félicite de l’action entreprise pour mettre ces outils au service d’une stratégie européenne, qui viendrait compléter plus efficacement l’action des Etats membres. De plus, l’analyse approfondie des différentes stratégies nationales renvoyées par les Etats membres devrait faire émerger des exemples de bonnes pratiques qui pourraient utilement faire l’objet d’actions conjointes communautaires dans les prochains mois.

C’est dans ce cadre, tel qu’il a été fixé par les conclusions du Conseil européen du 23 et 24 février 2011, que se situent les mesures présentées dans ce document. L'objet de cette contribution répond à la volonté des Etats membres et de la Commission européenne d'aborder exclusivement les outils nationaux et communautaires utiles à une inclusion sociale réussie.

Ces mesures couvrent une période allant jusqu’en 2020. Elles contribueront ainsi à l’atteinte des objectifs que le gouvernement français s’est fixé dans le cadre de la stratégie Europe 2020, en particulier les objectifs de réduction de la pauvreté, d’accroissement du taux d’emploi et de lutte contre le décrochage scolaire.

En phase avec l’objectif de réduction de la pauvreté fixé dans le cadre de la stratégie Europe 2020 et la déclinaison nationale de cet objectif, la France poursuit une politique visant à garantir l’inclusion sociale des personnes les plus vulnérables. Cette politique bénéficie aux citoyens européens, quelle que soit leur origine.

Les mesures qui sont ici présentées sont pensées comme une stratégie globale, intervenant dans tous les domaines concernés, en particulier l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la santé et au logement, domaines considérés comme prioritaires dans la communication de la Commission et les conclusions du Conseil sur « un cadre de l’Union européenne pour les stratégies nationales d’intégration des Roms jusqu’en 2020 ». Les politiques présentées sont parfois spécifiques ce qui signifie en France qu’elles prennent en considération des particularités du mode de vie. Mais le moteur le plus puissant d’intégration en France est celui des dispositifs de droit commun ou des dispositifs conçus pour permettre aux populations les plus marginalisées d’accéder aux politiques de droit commun. Des mesures d’accompagnement sont notamment prévues pour pallier les difficultés particulières quant à l’accès aux droits. Ne pas présenter ce cadre général conduirait à une vision déséquilibrée des actions entreprises et ne permettrait pas d’assurer le lien avec le Programme National de Réforme (PNR) attendu par la Commission.

Cette stratégie engage l’Etat français mais ne peut être mis en oeuvre par lui seul. Compte tenu du mode de vie itinérant ou semi-itinérant, comme de la situation de précarité d’une partie de la population des gens du voyage, l’Etat poursuit le financement de dispositifs d’action sociale en direction de cette population. Son action doit étroitement s’articuler avec celle des collectivités locales et notamment des Conseils généraux, qui gardent la compétence de droit commun en matière d’accompagnement social. Les collectivités locales ont été consultées sur la première mouture de cette stratégie nationale le 6 janvier 2012. Certaines ont formulé des commentaires, d’autres ont fait le choix de transmettre des contributions écrites au gouvernement français, voire directement à la Commission européenne.

Les acteurs associatifs ont également été consultés le 25 janvier 2012, par l’intermédiaire des deux grands conseils consultatifs. Ils seront également des partenaires indispensables dans la mise en oeuvre de ces mesures. Une partie du soutien financier de l’Etat est en effet réalisé, au niveau national, au bénéfice des têtes de réseau associatif qui structurent l’action des diverses associations locales sur le terrain, fournissent un appui juridique et promeuvent l’accès aux droits et la lutte contre les discriminations et l’exclusion des gens du voyage, notamment, par la diffusion de bonnes pratiques (formation, information, participation citoyenne). Il est complété par des aides financières aux initiatives des associations locales qui réalisent un accompagnement social sur le terrain avec pour objectif de favoriser l’insertion sociale et professionnelle des gens du voyage et de faciliter leur accès aux droits et prestations sociales.

Conformément aux indications données par le gouvernement français lors du Conseil EPSCO du 19 mai 2011, la première priorité de cette stratégie est donnée à la scolarisation des enfants. Sur la base du travail qui s’engage au niveau européen, le travail sera poursuivi dans les années à venir, en lien avec la Commission européenne, ainsi que les acteurs locaux et associatifs, pour enrichir ce programme d’actions et mettre en avant les bonnes pratiques. Le présent document définit ainsi des priorités et décrit de nouvelles modalités de travail.

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Voir la suite du document : StratégieFR-7fev.version finale.doc StratégieFR-7fev.version finale.doc

 

1 L'intitulé d'un récent rapport adressé par le Président de la Commission Nationale Consultative des Gens du Voyage au Premier ministre illustre cette approche : "Gens du voyage : pour un statut proche du droit commun" (Pierre Hérisson, Sénateur, juillet 2011) 2 Le mode itinérant des gens du voyage rend importante la question de leur domiciliation, nécessaire pour le maintien de leurs liens avec les administrations et les services publics. La loi du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes prévoit le rattachement à une commune au choix du demandeur. Ce rattachement est prononcé par le préfet, après avis motivé du maire, sous réserve que la présence de gens du voyage sur la commune ne dépasse pas 3% de la population recensée. Par dérogation aux dispositions de la loi de 1969, les gens du voyage ont, depuis 2007, la possibilité d’élire domicile soit auprès d’un centre communal d’action sociale (CCAS) soit auprès d’un organisme agréé à cet effet, dans les conditions prévues par les articles L. 264-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles, pour bénéficier des prestations sociales. Les associations spécialisées dans l’accueil des gens du voyage proposent généralement la domiciliation parmi tout un ensemble de services d’accompagnement.

 

Par ERASME - Publié dans : Information sur la vie publique en France
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 21:01

L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 énonce en effet que la République assure l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race ou de religion.

Mais au-delà de cette disposition essentielle du texte fondamental, la France, par la voie de son président en exercice, ne cesse d'affimer ses principes et ses valeurs à l'égard de ses citoyens et de son ouverture sur le monde.

" ... Il faut toujours se remémorer l'expérience historique quand on se prend à rêver d'un modèle qui appartient à une autre culture, qui s'inscrit dans une autre histoire.

C'est une vérité éternelle que les institutions ne valent qu'au regard de l'identité des peuples pour lesquels elles sont faites.

Il y a une singularité française. On ne gouverne pas la France comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Espagne.

La France n'est pas une race, n'est pas une ethnie, n'est pas une tribu. La France n'est pas un pays homogène. La France n'est pas une donnée de la nature.

La France c'est le pays de la diversité, des paysages, des climats, des cultures. La France c'est un agrégat de peuples et de provinces unis par une volonté. La France c'est une construction politique. La France c'est un projet. Pour que la France existât, il a fallu que nos Rois la veuillent avec obstination pendant des siècles, et que la République à son tour la veuille aussi avec la même passion, et la même obstination.

Il a fallu pendant mille ans travailler à unir mille petites patries pour en faire une grande. Et depuis mille ans la France n'a cessé d'être travaillée par l'obsession de son unité.

La France une et indivisible n'est pas une invention de la Révolution Française, ce n'est pas une invention du jacobinisme.

La France une et indivisible, c'est un idéal national qui a cheminé durant des siècles jusqu'à son plein accomplissement.

La France une et indivisible, c'est l'idéal d'une nation qui sait ce que son unité lui a coûté de peines et de sacrifices et qui ne veut rien accepter qui puisse remettre en cause cette unité. Voilà pourquoi on ne gouverne pas la France comme on gouverne l'Allemagne, le Royaume-Uni ou l'Espagne.

Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de la passion française pour l'égalité. L'égalité c'est la clé de voûte de l'unité de la France. L'égalité c'est ce par quoi les Français ont surmonté leurs particularismes pour devenir les citoyens d'une seule nation. Ce n'est pas parce qu'ils sont semblables les uns aux autres. Ce n'est pas parce qu'ils se sont forgé au cours des siècles une histoire, des valeurs, une destinée communes que les Français éprouvent le sentiment de leur unité, c'est parce qu'ils veulent se sentir, les Français, égaux en droits et en devoirs.

Si l'unité française se trouve aujourd'hui fragilisée, c'est d'abord parce que pour un nombre de plus en plus grand de français le sentiment d'égalité tend à s'effriter. Avec ceux qui pensent qu'il y en a qui abusent de leurs droits, sans assumer leur devoir. Et les autres qui pensent que malgré le respect de leur devoir, ils n'auront pas les mêmes droits que les autres.

Pour que l'unité soit préservée, il faut qu'il y ait au-dessus de tous les partis, de tous les intérêts, de toutes les tendances un Etat ayant assez d'autorité pour les dominer..... "

(Extraits de l'Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l'occasion de son déplacement à Epinal sur le thême de la démocratie irréprochable (Epinal, le 12 juillet 2007 ) - 1ère partie)

« répondre au défi de la diversité en recourant à des critères ethniques ou religieux conduirait à prendre le risque de dresser les unes contre les autres des communautés rivales et au fond à enfermer chacun dans son identité ».

elever le défi de la diversité et de l'égalité des chances" - http://www.elysee.fr/president/les-dossiers/diversite/egalite-des-chances/ouverture-de-l-enseignement-superieur-a-la-diversite/discours-de-palaiseau-17-decembre-2008/relever-le-defi-de-la-diversite-et-de.5717.html - ) 

(Extrait du discours de Palaiseau du 17 décembre 2008 intitulé "R

Par Paul Auster - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 19:55

Le contenu du texte de Pacte budgétaire esquissé lors du Conseil européen qui s'est tenu le 30 janvier 2012 comme la communication politique qui a suivi (cf. Déclaration des membres du Conseil européen(1) sur la voie d'un assainissement axé sur la croissance et d'une croissance favorable à l'emploi (Bruxelles, 30 janvier 2012  ainsi que Communication des États membres de la zone euro (Bruxelles, 30 janvier 2012)) ne parviennent à rassurer ni les citoyens, ni les consommateurs, ni les marchés (cf. La perspective d’un nouveau traité européen ne parvient pas à rassurer les marchés (Touteleurope.eu)).

Le président actuel de la Bundesbank, Jens Weidmann, ne vient-il pas de reconnaître que le pacte budgétaire finalisé le 30 janvier était insuffisant face à la crise ? (cf. Le pacte budgétaire insuffisant face à la crise, selon Jens Weidmann, le président de la Bundesbank ) 

Le Parlement européen a tiré à boulets rouges sur ce texte en déclarant ce Traité inutile quelques jours avant le sommet européen tout en étant conscient que le désaccord au fond entre la position allemande et la position française, qui trouve dans la différence profonde des visions de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel pour le poursuite de la construction européenne ne créait pas les conditions requises pour une solution plus fédéraliste !

Plus récemment, le Mouvement Européen-International (ME-I) s'est réjoui des progrès réalisés lors du sommet européen du 30 janvier tout en soulignant que les mesures prises ne sont pas suffisantes. « Les résultats obtenus ne sont pas assez ambitieux et arrivent trop tard. Ce dont nous avons besoin c’est d’un pacte fiscal assorti d’un pacte de solidarité », a déclaré Jo Leinen, Président du ME-I. Le ME-I regrette que seuls 25 Etats membres aient accepté les règles communes. « Le fait que le gouvernement tchèque ait rejoint le Royaume-Uni dans l’opt-out sur l’accord fiscal montre les limites de la méthode intergouvernementale » a critiqué Jo Leinen. « Nous avons besoin d’un gouvernement économique européen, basé sur la méthode communautaire et responsable devant le Parlement européen ». « Les objectifs fixés dans le pacte pour la croissance et l’emploi, et particulièrement les mesures envisagées pour réduire le chômage massif des jeunes sont bienvenus », a poursuivi Jo Leinen. « Les chefs d’Etats et de gouvernements européens se penchent enfin sur les aspects sociaux de la crise. La croissance et le chômage doivent bénéficier du même niveau de priorité que les questions économiques et fiscales. Mais outre la nécessité de redistribuer les fonds disponibles pour la réalisation d’objectifs sociaux, ce dont l’UE a besoin pour sortir de la crise, ce sont de nouveaux programmes pour l’emploi et la croissance », a insisté le président du ME-I.

De plus, comme le souligne Carole Ulmer (cf. Un Traité mal conçu d’un effort nécessaire ? par Carole Ulmer (Interface n°73 - Confrontations Europe)), "un traité centré sur la seule diminution de la dette publique alors que la dette privée est plus lourde passe à côté des difficultés du processus de désendettement ! Pour sortir de la crise, « les déficits publics sont des contreparties naturelles et le principal facilitateur pour le nécessaire désendettement du privé » affirme Martin Wolf. Seul un surplus de balance extérieure permet de réduire le déficit d’un Etat dans le contexte du désendettement du secteur privé. Or tout le monde ne peut pas, par définition, être en surplus ! Le resserrement budgétaire doit donc bel et bien être sélectif et une coopération entre Etats membres s’impose."

Dans un précédent article soulignant que l'accord des chefs d'Etat et de gouvernement obtenu lors du sommet européen des 8 et 9 décembre 2011,  j'ai émis l'idée que d'autres voies que celle d'un tel traité auraient dû étre explorées en préalable (cf. Un accord utile mais qui ne peut être considéré comme l'alpha et l'omega ! ainsi que Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques).
Depuis sa parution, outre les positions très claires en la matière de quelques députés européens, et non des moindres (Guy Verhofstadt, Daniel Cohn-Bendit, Elmar Brok, Andrew Duff, Roberto Gualtieri, Sylvie Goulard, etc.), je n'ai relevé aucune réaction allant dans le même sens, les regards restant étrangement focalisés sur le processus d'établissement du Pacte.

De toute évidence, au delà des aspects sociaux de la crise qui motiveraient effectivement l'établissement d'un pacte de solidarité comme le demande Jo Leinen, ce nouveau Pacte ne résoudra pas l'ensemble des problèmes structurels et macroéconomiques que traversent non seulement la zone euro, mais, plus globalement l'Union économique et monétaire.

Quelles peuvent bien en être les raisons ?

La première raison tient à l'inefficacité du système actuel de gouvernance multilatérale. Les peuples assistent aujourd'hui, impuissants, à la manifestation régulière de l’incapacité de la puissance publique internationale incarnée dans des fora de régulation multilatéraux (G-8, G20, Union européenne, etc.) et internationaux (Institutions financières internationales) de produire un sursaut salvateur à même de pallier le défaut d’autorégulation des marchés financiers et des opérateurs bancaires par des mesures prudentielles et assurantielles appropriées autant que la défaillance des analystes et prévisionnistes de tous poils a participé à amplifier la défiance des agents économiques et sociaux à l’égard des gouvernants autant que de l’expertise technique sur laquelle les premiers tendent à appuyer leurs décisions.

Combien de décisions politiques prises au plus haut niveau des Etats n'ont pas été respectées depuis dix ans, qu'il s'agisse du Pacte de stabilité et de croissance, des termes des accords issus des différents sommets européens de la "dernière chance", du processus dit de Lisbonne, ou tout simplement du Traité du même nom ?

Que de temps perdu, de tergiversations improductives et de drames économiques et sociaux depuis que l'institution communautaire désignée par le Traité comme l'instance de l'Union en charge de la gouvernance économique a publié ses propositions pour améliorer celle-ci (cf. Gouvernance économique de l'UE : la Commission propose une surveillance budgétaire, macro-économique et structurelle renforcée ), ainsi que pour relancer la croissance ainsi que la confiance (cf. "Ensemble pour une nouvelle croissance" : L'Acte pour le marché unique - Douze leviers pour stimuler la croissance et renforcer la confiance (Communication de la Commission européenne - avril 2011) ) !

Que d'erreurs d'analyse et de communication politique de la part de celles et de ceux qui, bien qu'étant en responsabilité, confondent encore banques et marchés (cf. Ne confondons pas banques et marchés ! par Charles-Henri Filippi (Le Monde)).

Les agences de notation sanctionnent désormais ce laxisme politique aux effets économiques et sociaux catastrophiques !

Qui peut s'en plaindre vraiment puique aucune autre organisation n'a jusqu'ici osé poser les diagnostics qu'elles posent ?
L'agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating prédit pour 2012 une aggravation de la crise financière mondiale. Pour elle, "au lieu de s'atténuer progressivement, [la crise] va s'accentuer, ce qui signifie qu'une crise monétaire va se développer à partir de l'actuelle crise des dettes souveraines", selon un rapport publié mercredi 18 janvier. La situation est particulièrement grave dans la zone euro, selon l'agence chinoise, car à "une bulle de dettes des gouvernements s'ajoute une bulle de dettes du secteur bancaire". (cf. L'agence de notation chinoise très pessimiste pour 2012 (Gecodia.fr)

A la différence des 3 grandes agences Moody's, Fitch et S&P, l'agence chinoise met l'accent sur la croissance et sous-pondère des critères comme la privatisation et la libéralisation des marchés.
" L'interaction entre les deux prend la zone euro dans un cercle vicieux " et " le facteur d'instabilité que constitue les dettes entre Etats dans la zone euro et l'expansion excessive du secteur bancaire ". La mention du secteur bancaire est intéressante car l'agence de notation chinoise insiste fortement sur le risque de crise bancaire grave nécessitant des mesures de soutien coûteuses.
De plus, selon Dagong, le risque de contagion des pays les plus fragiles aux pays cœur (Allemagne, France, Benelux, Autriche et Finlande) est très fort. Les pare-feux mis en place par les autorités européennes (FESF et bientôt MES) ne suffisent pas à stabiliser la zone. Le FMI ne dispose pas non plus des fonds nécessaires. Le FMI a d'ailleurs annoncé sa volonté d'augmenter de 500 milliards de dollars. 192 milliards de dollars sont déjà censés venir des Etats de l'Union européenne sous la forme de prêts bilatéraux. Les Etats-Unis resteront à l'écart et le restant devra provenir des pays émergents. Or, ces sommes sont très conséquentes, ce qui pose problème pour les Etats européens déjà très endettés aussi bien que pour les pays émergents qui n'ont pas forcément cette priorité. Et la croissance ne sera pas nécessairement au rendez-vous en 2012 (cf. à cet égard Le FMI réduit sa prévision de croissance mondiale).
Il y a plus que jamais urgence à Reconstruire la confiance dans la capacité des Etats à honorer leurs engagements, notamment politiques et financiers (cf. également à cet égard Rétablir la confiance, par Martin Wolf (Le Monde))

La seconde raison est d'ordre doctrinal.

Au-delà des facteurs conjoncturels de cette période et des (mauvais) choix de politique économique qui, en privilégiant la rigueur et l'austérité et, de ce fait, en s'interdisant toute relance par les investissements, accentuent mécaniquement le problème de la dette souveraine (cf. notamment à cet égard http://www.touteleurope.eu/fr/actions/economie/euro/presentation/comparatif-l-austerite-en-europe.html ainsi que La rigueur, mais aussi la croissance (Déclaration du CEO de Notre Europe)) malgré des initiatives trop peu connues de la Commission européenne en la matière (cf. Les propositions de la Commission européenne en matière budgétaire et économique), il y a incontestablement des insuffisances de nature systémique et/ou structurelle qu'il est devenu urgent d'affronter, en responsabilité et en toute transparence !

Sous l'influence de l’Allemagne, on a interdit dans les Traités européens de pratiquer une autre monétisation que celle qui profite, de fait, quasi uniquement aux banques. Il est constitutionnellement interdit de faire des avances directement au Trésor des Etats au même taux qu’aux banques. Il est aussi interdit à la BCE d’acheter directement de la dette des Etats à l’émission de cette dette (et donc qu'elle devienne 'prêteur en dernier ressort'), tout au plus, lui est-il permis, et là encore en prenant une certaine liberté avec les textes, d’acheter de la dette sur le marché secondaire pour ’fausser’’ le marché par cette offre nouvelle qui fait baisser les taux et ceci afin d’éviter de trop fortes pertes aux banques qui ont de la dette souveraine….

Mais ce pari est une fuite en avant. Il pousse le système dans ses logiques ultimes jusqu’à l’absurde, tout en ne réglant rien des déficits structurels des pays du Sud de la zone euro. (cf. à cet égard Ce dont il faudrait absolument réussir à convaincre Angela Merkel pour sauver la zone euro ! par Jean-Luc Schaffhauser (Atlantico))

Partant d'une analyse sans concession des erreurs qui ont abouti à la panique actuelle, l'économiste Michel Aglietta ouvre le débat : " s'il n'est pas possible de consolider les dettes sans se créer un avenir commun, comment sortir de cette spirale descendante ? La voie de la croissance reste ouverte. Mais elle exige des choix forts. L'accord européen du 9 décembre 2011 introduit un début de gouvernance commune mais reste prisonnier d'un carcan de règles sans véritable action collective. Cet accord ne trace pas la voie d'une sortie de la crise par la croissance. Car la dérive des finances publiques traduit une crise beaucoup plus profonde, qui trouve son origine dans les choix opérés lors de la création de la monnaie unique. Incapable de contrer la polarisation des économies entre un centre industriel toujours plus compétitif et une périphérie dopée au crédit, la zone euro reste minée par les divergences politiques sur la finalité de la construction européenne. L'avenir de l'euro demeure incertain ».

Eu égard aux difficultés économiques et sociales considérables que connaissent aujourd'hui la quasi totalité des pays ancrés dans la zone euro, on peut s'interroger sur l'absence dans les décisions de ces sommets européens à répétition de dispositions ayant trait à la protection des plus démunis face à la crise et dont le nombre ne cesse de croître dans des proportions qui ont de quoi inquiéter les populations (cf. Attention à ne pas laisser de côté la dimension sociale lors de l'élaboration des instruments de gouvernance économique ! (nouvelle édition)).

Par ailleurs, les élites politiques, technocratiques et économiques qui s'attèlent à la recherche de solutions aux problèmes graves du moment semblent avoir écarté de leurs préoccupations communes (ou en tout état de cause, n'agissent pas avec l'efficacité attendue en ce sens) les pistes d'effort qui devraient être explorées à l'égard de trois autres dimensions clé de la stratégie monétaire européenne :

 * la nécessité d'une ouverture au sein de l'UEM d'un cadre propice au développement d'un processus de coordination budgétaire et fiscale qui ouvre la voie à plus de convergence, voire même à une harmonisation que d'aucuns jugent aujourd'hui souhaitable bien qu'elle ait été rendue juridiquement improbable par des dispositions restrictives du traité en la matière (une mention excluant une harmonisation apparaissant à plusieurs reprises dans le Traité de Lisbonne),  

 * la nécessité de revisiter l'ensemble des garanties de sécurité, des mesures de confiance et des mesures de réassurance qui doivent garantir la sécurité et la stabilité de l'euro afin d'en accroitre l'effectivité et l'efficacité,

et enfin,

 * la nécessité de revisiter l'ensemble des garanties de sécurité, des mesures de confiance et des mesures de réassurance qui doivent garantir la sécurité économique et financière de la zone euro afin d'en accroitre l'effectivité et l'efficacité !

Engagements après engagements, garanties après garanties, la valse des mesures visant à assurer et à rassurer sans y parvenir est entrée dans sa phase la plus frénétique ... et la plus critique !

De toute évidence garantir à tout-va, quand on est hyperdendetté comme le sont aujourd'hui les Etats membres de l'eurozone autant que le Royaume-Uni,  revient à ne plus rien garantir du tout (cf. Garantir à tout-va revient, quand on est hyperendetté, à ne plus rien garantir du tout ! (nouvelle édition). Car les volumes monétaires et financiers en jeu sont tels que garantir sans disposer d'une couverture de risque supplémentaire crédible qui garantisse l'activation effective de ces mesures le moment venu, revient à prendre " les enfants du bon dieu pour des canards sauvages " ! Et rien n'est véritablement entrepris pour agir là où le bat blesse le plus douloureusement (cf. La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale).

L'heure est venue, pour les Etats, comme pour les institutions financières internationales et les banques centrales, de prendre des mesures de réassurance crédibles afin que les protagonistes des atteintes quotidiennes à la stabilité et à la sécurité, monétaires et financières, soient réellement dissuadés de poursuivre leur jeu spéculatif ravageur ! Comment accepter que les Etats payent jusqu'à 800 fois plus d'intérêt que les banques ? (cf.  Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? par Michel Rocard et Pierre Larrouturou (Le Monde)) !

Et qui ignore que ledit Pacte a très peu de probabilité d'être ratifié par la France eu égard aux contraintes de son agenda électoral ?

L'heure n'est plus à la politique spectacle ni à la communication, mais à la mise en oeuvre d'une véritable stratégie opérationnelle dépourvue d'arrières pensées électorales nécessairement court termistes !

Pourquoi a-t-on voulu doter la politique monétaire européenne d'un concept stratégique articulé sur des 'conditions institutionnelles' et des 'orientations'  (cf. à cet égard les articles suivants : De la notion de 'concept stratégique" dans le domaine de la politique monétaire  ainsi que Les trois phases de l'Union économique et monétaire) sinon, d'une part, pour permettre la cohérence de l’analyse économique en la recoupant avec l’analyse monétaire, notamment au sein de l'UEM qui est animée par une double dynamique : son pilier économique et son pilier monétaire (4ème orientation), et, d'autre part, pour apprécier les effets complexes des chocs et ne pas « surréagir » dans le cas de chocs ne comportant pas nécessairement d’effets de moyen terme, en plaçant la stratégie monétaire dans une perspective de moyen terme (2ème orientation) ?

De toute évidence, il ne suffira certainement pas de travailler à l'adaptation des conditions institutionnelles inscrites dans ce concept stratégique (comme le Pacte de stabilité et de croissance, la quatrième condition institutionnelle selon la classification proposée par Jean-Claude Trichet) à l'objectif de sortie de crise économique et sociale, pour que l'euro et la zone euro ne sortent pas trop affaiblis de cette période crisogène exceptionnellement déstabilisante où ni la croissance, ni l'emploi, ni la confiance ne sont au rendez-vous !

Il semble par conséquent de bonne politique de s'interroger sur la pertinence du concept stratégique actuel, ou tout au moins, sur la suffisance de ses orientations pour apporter les garanties de sécurité, les mesures de confiance et les mesures de réssurance indispensables à la sécurité monétaire de l'euro comme à sécurité économique et financière de la zone euro dans une période propice à la superposition de crises systémiques multiples !

Qui peut imaginer une seule seconde que tel n'est pas le cas aux Etats-Unis s'agissant de la sécurité monétaire du dollar et de la sécurité économique et financière de la zone dollar ?

Au-delà de ces deux premières dimensions, un certain nombre d'acteurs européens ont compris la nécessité d'une ouverture au sein de l'UEM d'un cadre propice au développement d'un processus de coordination budgétaire et fiscale qui ouvre la voie à plus de convergence, voire même à une harmonisation rendue juridiquement improbable eu égard aux dispositions restrictives du traité en la matière : l'UEM a incontestablement besoin d'une 4ème phase (cf. à cet égard Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques) ; une phase d'intégration qui déterminera les conditions cadres requises pour l'émission d'Euro-obligations et pour une réforme générale des prélèvements obligatoires (cf.  à cet égard De l'hypothèse d'un "emprunt européen" à la nécessité d'une réforme générale des prélèvements obligatoires en Europe ! (nouvelle édition))  ; une quatrième phase qui aurait pu être instituée au moyen de l'instrument de la coopération renforcée (dès lors qu'au moins 9 Etats membres de l'eurozone satisfaisaient aux critères d'adhésion à cette phase d'intégration fiscale et budgétaire), après avoir procédé aux décisions requises pour remédier aux défaillances du traité en recourant à la clause de flexibilité (Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité), ce qui aurait alors permis d'éviter d'ouvrir un exercice périlleux de négociation d'un nouveau traité sur des bases hasardeuses !

Sur un plan plus général, parce qu'une véritable globalisation stratégique est à l'oeuvre qui met en scène des jeux d'acteurs et des processus qui ne se limitent pas aux seuls dynamiques de marchés, de transactions, de régulations et de médiations, il importe plus que jamais de soutenir la dimension politique de l'Union et de sa monnaie.

L'Union européenne, et notamment l'Eurogroupe, ont plus que jamais besoin de se penser et d'agir en acteur politique et stratégique cohérent au sein d'une économie mondiale qui est explosive (cf. Economie et finance mondiales : Etat des lieux, perspectives et prospectives ! ; Six questions pour comprendre les marchés des changes (Le Figaro) - nouvelle édition - ainsi que Dollar contre euro : la bataille d'Athènes) !

Un acteur qui, à l'image des Etats-Unis, de la Chine ou du Japon, ne se contente pas de déclarations, de mesures normatives et d'instruments généreusement ouverts à tous ses partenaires, notamment à ceux qui ont le privilège de jouir du statut de partenaire stratégique et/ou du régime du " tout sauf les institutions " !

Un acteur qui se pense et agit en Union politique et stratégique mue par des buts ambitieux, des objectifs clarifiés et pérennes, des principes et des valeurs à la fois partagés et respectés, et des intérêts clairement identifés qui ne se diluent pas dans la grande bleue dès les premiers orages !
Autant il est nécessaire de consolider l'Union économique et monétaire et la monnaie unique, autant il est devenu indispensable d'en étayer la double dimension politique et stratégique en les articulant sur une Union politique et stratégique cohérente elle-même bâtie, à l'image de l'UEM, sur des conditionnalités institutionnelles et des orientations d'un concept stratégique irréductible à un concept propre à d'autres organisations internationales (telles que celui de l'Otan, par exemple) ! L'heure est également venue de
Relancer sans délai le projet d’Union politique autonome pour éviter le rétrécissement stratégique de l'Europe ! Ce qui nécessite d'abord de se poser les bonnes questions à cet égard (cf. Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ainsi que Vouloir bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! (nouvelle édition)).

Affirmer être un acteur global dans le monde n'est suffisant : Encore faut-il agir avec une volonté sans faille pour qu'il en soit effectivement ainsi. Nous en sommes encore loin bien !

La tâche est d'autant plus ardue que des jeux parasites se développent au sein des Etats qui nourrissent une opposition de principe à une telle orientation (cf. à cet égard Europe politique : un espoir est-il raisonnable ? par Alain Richard (Revue Politique étrangère)) ! Que les institutions européennes 'compétentes' poursuivent des buts et mènent des actions qui paraissent en opposition avec une telle ambition (cf. Les 7 péchés capitaux de la PESC !) ! Et que les Etats-Unis semblent tirer un réel parti des difficultés de la zone euro (cf. Les Etats-Unis, grands gagnants de la crise européenne, par Françoise Garteiser (La Chronique Agora)).

Les batailles doivent par conséquent être engagées sur plusieurs fronts !
Toutes ne seront pas perdues !

Mais à la double condition que le Conseil européen, en toute liberté, n'aie pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée et qu'aux mots soit enfin préférée la chose !

L'Union européenne dispose-t-elle aujourd'hui de leaders politiques en capacité de mener de tels combats ?

Il est permis d'en douter (cf. Retour sur image : Nominations : les décisions du Conseil européen procèdent d'un euroréalisme quelque peu cynique ! ) !

Mais sait-on jamais !

L'Histoire nous a enseigné que les véritables Hommes d'Etat se révèlent souvent dans les circonstances les plus dramatiques.

La Chancellière Angela Merkel ne vient-elle pas d'appeler à plus d'Europe pour sortir de la crise ? (cf. Plus d'Europe pour sortir de la crise, selon Angela Merkel (Touteleurope.eu) )

 

Voir également sur ce blog :

 * De l'urgence de cesser de recourir à la démagogie et au populisme au sein d'une Europe en proie à ses propres incohérences

 * "Solidité, stabilité", les règles de l'euro selon Angela Merkel

 * Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR - octobre 2010) - nouvelle édition -

 * Retour sur images : Les pays émergents vent debout contre la Fed (La Tribune - 04 novembre 2011)

 * Retour sur image : "Se préparer au pire, pour l’éviter", par Jacques Attali (L'Express - 11 septembre 2011)

 * Les Français demandent que l'Europe les protège ! Mais que veulent-ils vraiment qu'elle protège ? - nouvelle édition -

 * Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - sixième partie -

 * Crise de la dette en Europe : l’action des agences de notation en question (Vie-publique.fr)

 * De cette autre Europe proposée par le Manifeste de Confrontations Europe  
 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (1)

 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (2)

 * Retour sur image : Gouvernance économique : il faut donner un cadre conceptuel et doctrinal clair à la revitalisation de l'UEM ! (3)

Par Patrice Cardot - Publié dans : Regards-citoyens.com analyse et propose
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 19:13

Le document final présentant le plan de redressement négocié entre la Grèce, l'UE et le FMI a finalement été remis ce matin aux dirigeants des trois partis de la coalition gouvernementale. Ces derniers doivent désormais avaliser ce texte de 50 pages dont les dernières retouches ont été apportées durant la nuit, rapporte l'AFP.
Les négociations se sont poursuivies hier soir à Athènes, en vue de parvenir à un accord permettant de débloquer le fonds de renflouement nécessaire pour éviter la faillite du pays, décidé fin octobre par la zone euro. Face aux nouvelles mesures d'austérité qui devraient en découler, 20 000 personnes ont défilé à Athènes et Salonique.
Les réunions se sont succédées pour le Premier ministre grec Lukas Papademos, avec les créanciers privés du pays dans un premier temps puis avec les responsables des autres partis de la coalition gouvernementale: le socialiste Georges Papandréou, le conservateur Antonis Samaras et le leader d'extrême droite Georges Karatzaféris, rapporte
Le Point.

La Grèce, dont la situation provoque l'exaspération de ses pairs européens et de la troïka, est également menacée de sortir de la zone euro. Ce à quoi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a clairement rétorqué que "Nous voulons que la Grèce reste dans l'euro", d'après l'AFP, avant d'ajouter que "les coûts d'une sortie de la Grèce de l'euro seraient plus élevés que les coûts pour continuer à soutenir la Grèce".
En même temps que se déroulaient les négociations, des milliers de personnes étaient rassemblées ce mardi sur la place centrale d'Athènes, Syntagma, à l'appel des deux principaux syndicats du pays pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité, selon
l'AFP.

Parmi les mesures envisagées, figurent la baisse d'environ 20% du salaire minimum, des coupes dans les retraites complémentaires et la suppression rapide de 15 000 emplois dans la fonction publique. Si le trio politique soutenant le gouvernement donne son aval, le texte devra être soumis à un vote du parlement grec, qui pourrait intervenir dès ce week end [AFP].

Par Jean Poche - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 19:04

Les négociations menées depuis plus de dix ans sur le brevet unique européen seraient-elles en passe d'aboutir ?

Le sujet sera en tout cas au coeur de la deuxième session plénière du Parlement européen de février 2012, avec une discussion commune autour de trois rapports, l'un sur la mise en oeuvre de la coopération renforcée dans le domaine, le second sur les dispositions relatives à la traduction, et le dernier sur le système juridictionnel à mettre en place pour régler les litiges éventuels.

C'est principalement la question des langues qui a bloqué ces dernières années l'avancée du dossier, poussant la Commission européenne à privilégier la coopération renforcée, qui permet à neuf Etats membres ou plus d'aller plus loin dans un domaine lorsque qu'aucun accord au niveau de l'ensemble de l'Union européenne ne semble possible à moyen terme.

Retour sur un dossier sensible.

 

Source : http://europarlement.touteleurope.eu/comprenez/les-grands-dossiers/un-brevet-unique-europeen-enfin.html


 

Par ERASME - Publié dans : UE, formation, recherche, technologie & industrie
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