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Points de vue publiés dans la presse

Mercredi 16 janvier 2013 3 16 /01 /Jan /2013 16:32

Pour François Bayrou, l'urgence au Mali "est que nous soyons appuyés par nos alliés". "Où est l'Europe? Où est l'OTAN?", a-t-il interrogé en les appelant à se mobilier au plus vite, mercredi 16 janvier sur BFM TV.

JJ. Bourdin - François Hollande a déclaré hier : "Nous n'avons pas vocation à rester au Mali". Nous engageons nos troupes au sol à partir d'aujourd'hui. Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'enlisement ?

François Bayrou - Il ne pouvait pas prendre une autre décision que celle qu'il a prise. J'aurais fait la même chose. Je crois qu'il l'a fait avec suffisamment de détermination et de rapidité dans l'urgence, pour que ça fasse un coup d'arrêt à ce qui était en train de se produire. Les troupes djihadistes, dont beaucoup viennent de l'ancienne armée de Kadhafi en Libye - beaucoup d'hommes et d'armes - avaient pris le Nord du Mali, ont fait des exactions énormes là-bas : démolition de mausolées historiques, lapidations, amputations, interdiction de fumer sous peine d'être flageller. Des choses qui, dans notre idée de la civilisation, sont insupportables.
Ces troupes ont décidé de conduire un assaut contre le Sud, c'est-à-dire de gagner la capitale, Bamako. Il y avait le risque de voir installer un État terroriste, un refuge pour les terroristes, au cœur de l'Afrique de l'Ouest et à proximité de chez nous. Il y a là-bas 6.000 Français et autant d'Européens. Nous qui avons déjà huit otages, nous en avions alors 6.000 autres en puissance. C'était donc la décision qu'il fallait prendre. D'ailleurs, toute la communauté internationale et l'immense majorité des sensibilités politiques françaises le disent aussi. De ce point de vue là, il y a une union nationale et elle est légitime.
Il y a des risques. Il est plus facile d'entrer en guerre que d'en sortir, je l'avais dit à la tribune de l'Assemblée nationale pour demander à Nicolas Sarkozy de penser à la suite de l'intervention en Libye. Les troupes au sol que nous engageons, ce sont des blindés. Nous voyons bien que c'est pour créer un rapport de force aviation et blindés face à des troupes qui n'ont pas les mêmes moyens.

Mais nous sommes partis au Mali au secours d'un pouvoir qui n'existe pas, d'une armée qui se débande, et nous sommes partis seuls. Où est l'esprit européen ? Où est l'Union européenne ?
Nous ne sommes pas partis au secours d'un régime ou d'une armée qui a des faiblesses. Nous sommes partis au secours de nous-même. Le risque qui était en train de grandir au Mali, notamment au sud du Mali, c'était un risque pour nous et nos compatriotes qui sont là-bas, dont vous avez vu le soulagement. Vous savez les liens qui existent entre la France et le Mali. La situation comme elle se présentait, c'était une situation extrême de risque pour nous. Où est l'Europe ? Comme d'habitude, insuffisante, absente, lointaine. Hier, le Parlement européen a justement délibéré en disant que la France avait raison et qu'il fallait la soutenir, mais ce ne sont que des paroles. Vous ne savez pas à quel point, en Européen convaincu, je me bats depuis des années pour que l'Europe existe. Il y a très souvent des sentiments en France qui disent "Mais non, nous n'avons pas besoin et nous ne voulons pas de l'Europe". Mais voyez bien que, si elle existait, nous aurions là un appui et un soutien. Si l'Europe de la Défense existait, nous n'aurions pas besoin d'avoir toutes les interrogations qui sont les nôtres sur les transports : nous ne savons pas assurer les transports de nos troupes, nous avons des armements qui nous manquent comme les drones, ces avions sans pilote. Tout cela ne pourra être acquis que le jour où nous aurons fait le pas décisif d'avoir une Europe de la volonté, notamment en matière de Défense et de protection du territoire européen.

Il y a des voix discordantes qui s'élèvent en France, celle de Dominique de Villepin et celle de Noël Mamère qui dit que nous n'avons fait en Afrique qu'aider des gouvernements corrompus des dictateurs, des spoliateurs depuis 50 ans.
Tout cela est vrai, mais en l'occurrence, à cet instant précis il ne s'agit pas de dictateurs ou de spoliateurs, mais des intérêts vitaux de notre pays. C'est la France qui est en jeu, ce sont des compatriotes à nous qui sont en jeu. Nous n'avons pas le droit de fermer les yeux sur des risques de cet ordre. Que cela a été fait dans l'urgence, c'est vrai. Je note toutefois une préparation diplomatique, puisque vous avez vu à quel point les pays d'Afrique de l'Ouest nous ont soutenu. Mais tant que nous n'aurons pas une Europe volontaire, déterminée, construite, organisée pour faire face à des conflits de cet ordre, en effet nous serons insuffisants.

Jusqu'où faut-il aller ? Nettoyer tout le nord du Mali ?
Je ne donnerai pas d'orientations. Je ne suis pas en situation de décider. Mais vous voyez bien que nous ne pouvons pas laisser des menaces de cet ordre grandir et se renforcer. L'urgence est que nous soyons demain appuyés par d'autres. D'abord par les pays de l'Afrique de l'Ouest, qui n'ont envoyé pour le moment que de petits contingents. Ensuite par nos alliés. Nous sommes entrés dans le Commandement intégré de l'Otan. Où est l'Otan dans cette affaire ? Avec l'Europe, c'est le deuxième absent. Pour l'instant, je ne vois pas d'investissement à la hauteur de ce qu'on nous avait promis.

Par ERASME - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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Samedi 12 janvier 2013 6 12 /01 /Jan /2013 07:55

Sous la pression de quelques députés populistes de son parti, David Cameron se trouve acculé dans une impasse politique à propos des relations du Royaume-Uni avec l'Union européenne. Bien qu'il ait déclaré, comme le pense la totalité de la classe dirigeante britannique, que l'intérêt de son pays était de rester membre de l'Union, il s'apprête à confirmer - vraisemblablement le 22 janvier à La Haye - la tenue d'un référendum sur l'Europe.

Voila ce qui se produit quand une classe politique néglige la politique européenne en faisant croire que tout se décide au niveau national, quand des leaders s'engagent dans des promesses inconsidérées dans le seul but de gagner les élections, quand on fait de l'Europe le bouc émissaire de ses propres turpitudes!

Pourtant les mises en garde n'ont pas manqué. D'abord à l'intérieur du Royaume-Uni où des personnalités éminentes, émanant d'horizons divers, ont fait connaître leur inquiétude et leur opposition à cette politique. Ensuite chez les partenaires et amis des Britanniques: les Allemands, les Français, les Européens, les "bruxellois" ou même les Américains.
Le Secrétaire d'Etat adjoint américain chargé de l'Europe, Phil Gordon, a été des plus clairs en rendant un hommage direct à l'Union: "Nos liens se renforcent avec l'UE en tant qu'entité qui a une influence grandissante dans le monde et nous voulons que le Royaume-Uni ait une influence croissante en son sein....Nous souhaitons une Union européenne tournée vers l'extérieur et que le Royaume-Uni en fasse partie".

Certes, la majorité de Cameron est faible et ne tient qu'à une fragile coalition, certes, la situation économique du pays est au moins aussi difficile qu'ailleurs en Europe, mais on n'attendait pas des héritiers du glorieux Empire un repli frileux à ce moment précis du triomphe de la mondialisation. Peut-être encore plus que d'autres en Europe, les intérêts du Royaume-Uni paraissent mieux défendus dans une Union respectueuse des diversités et des spécificités, mais additionnant intelligemment leurs forces économiques et attirant les grands flux financiers mondiaux.
La City a-t-elle un avenir sans un accès privilégié au continent européen? Les industries britanniques ont-elles tant de débouchés qu'elles puissent se passer de la profondeur du marché unique continental?
La démocratie britannique a-t-elle tant d'alliés dans le monde qui partagent ses convictions et ses valeurs démocratiques, qu'elle puisse tourner le dos à l'Europe dont elle fait historiquement et culturellement partie?

La surprise populiste, qu'on attendait plutôt ailleurs en Europe, s'incarne au Royaume-Uni, autour du parti UKIP et de l'extrême-droite, dans des réflexes nostalgiques, nationalistes, rétrogrades et égoïstes. Ils ont été montés en épingle par une presse de bas niveau, largement financée par des étrangers mal intentionnés. Ainsi, le pays inventeur de la démocratie parlementaire se trouve frappé au coeur par le populisme, cet égoïsme de riches et risque, comme des personnalités aussi avisés que les Lords Mandelson, Brittan, Kerr ou Heseltine le craignent publiquement, de voir le gouvernement conduire "par accident", le Royaume-Uni hors de l'Europe.

Conscient de ce danger, David Cameron pourrait se contenter d'un référendum sur la "redéfinition des relations avec l'UE", pour, en quelque sorte, transférer son dilemme à ses partenaires européens.
Déjà exempté de l'obligation faite à tout adhérent à l'Union d'adopter l'Euro, déjà en dehors des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes qui va pourtant de soi avec celles des biens et des capitaux, déjà marginalisé en matière de diplomatie et de défense, s'étant exclu de la Charte des Droits fondamentaux (esprit de la Magna Carta es-tu là?) et de l'Union bancaire à venir, le Royaume-Uni pourrait-il se dispenser d'autres politiques européennes?
Ne voudrait-il pas "le beurre et l'argent du beurre", comme le dit un proverbe français? C'est-à-dire le marché unique mais pas les obligations qui en découlent?
Une Europe à la carte paraît, en effet, peu probable tant elle froisserait les intérêts légitimes de ses partenaires qui, eux, jouent le jeu de l'intégration.

La crise a conduit les meilleurs restaurants à proposer désormais un menu, accompagné d'un seul verre de vin, tant déguster à la carte et boire une bonne bouteille est devenu un luxe!
Il en va de même pour l'Europe communautaire: dans la crise, il existe bel et bien un "menu européen" commun, minimum acceptable pour avoir le privilège de s'asseoir à la table. Et s'il est d'usage que les gouvernements européens s'efforcent de ne pas compliquer la tâche d'un partenaire en difficulté intérieure, ils auront, cette fois-ci, beaucoup de mal à aider M. Cameron.
Il ne lui restera plus que la voie du courage et de la clarté: poser clairement à ses compatriotes la question de l'appartenance de son pays à l'Union en misant sur le courage, le pragmatisme, le réalisme et la compréhension de ses intérêts, qualités incontestables du peuple britannique, qui pourrait alors bien choisir de clore cette comédie en acceptant, comme il l'a déjà fait, d'occuper loyalement sa place et de jouer tout son rôle au sein de l'Union européenne.

Editorial publié sur mon site: www.jd-giuliani.eu

Par Jean-Dominique Giuliani - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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Mercredi 2 janvier 2013 3 02 /01 /Jan /2013 11:34

Grèce, Espagne, Italie, Sarkozy, Merkel, Obama, G 20, triple A, démocratie, austérité : chaque semaine qui passe donne lieu à de nouveaux développements, de nouvelles annonces, de nouvelles incertitudes. La crise actuelle est pour les Européens comme pour les Américains au moins comparable à celle de 1929 et sans doute encore plus grave, tant les bouleversements à l'œuvre, ou à venir, sont profonds. Il y va aujourd'hui d'un certain mode de vie et de croissance. Il y va aussi de nos modèles sociaux européens, dans leurs diverses variantes. L'austérité annoncée un peu partout va-t-elle provoquer leur démantèlement ?  

Revenons d'abord sur les caractéristiques du modèle social européen, qui nous est peu ou prou commun. Dans un tel modèle, la société s'oblige à des devoirs envers ses citoyens: accès à des biens de base (éducation, santé), garantie d'un minimum vital pour tous, protection contre certains risques (maladie, chômage, vieillesse), redistribution en faveur de certains groupes (familles, handicapés), droit à une activité rémunératrice, conditions de travail décentes et sécurité - même relative - de l'emploi. Ajoutons-y un droit du travail et des relations professionnelles qui déterminent les salaires et nombre de conditions d'emploi, etc.... : tous ces « acquis », issus de conquêtes ou de compromis sociaux ont par le passé contribué à réduire nombre d'inégalités, notamment de revenus. Par ailleurs, ce sont ces mêmes protections et cohésion sociales qui ont permis la croissance et donc la performance d'un certain type de capitalisme. Comme viennent de l'affirmer les principaux responsables syndicaux européens, "le social est le ciment de l'UE".
Pourtant du fait du chômage, de la démographie, d'un système financier qui capte une partie démesurée de la valeur, le système se grippe : son fonctionnement devient problématique, ses protections sont de moins en moins universelles et, par dessus tout, les inégalités se creusent à nouveau, parfois de manière considérable. Les gouvernements ont privilégié réduction de l'inflation et stabilité macroéconomique plutôt que plein emploi, les actifs sont moins enclins à prendre en charge les inactifs et le leitmotiv est à la valorisation du travail. Nous sommes entrés dans l'époque du donnant-donnant, le droit à des prestations étant lié à des devoirs envers la société. La mise sous condition des aides sociales ne cesse de monter : il faut occuper un emploi quelle qu'en soit la rémunération - on pense ici aux jobs à 1 € en Allemagne - et de nombreuses prestations reposent désormais sur des efforts de mobilité, là sur des conditions d'activité, de séjour, le tout couronné par le renforcement de la lutte contre les fraudes sociales. Enfin, et peut-être de ce fait, la crédibilité dans les vertus du système s'étiole aux deux bouts de la pyramide sociale : en haut par ceux qui peuvent s'en passer - tout en profitant largement, ça va de soi, en bas par ceux qui n'en bénéficient pas, plus, ou si peu. Le modèle social européen a-t-il donc un avenir ?
Vu de la Chine, ou du moins de certains de ses dirigeants, ce modèle autrefois exemplaire ne fait plus rêver et la notion d'Etat-providence européenne serait la cause première de la crise de la dette. "Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d'acquis sociaux. Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l'indolence, plutôt qu'à travailler dur. Le système d'incitation est complètement détraqué" a ainsi déclaré Jin Liqun, président du Fonds souverain chinois CIC dans une interview récente à la chaîne Al-Jazeera. Ces commentaires ne pèseraient guère si les systèmes n'étaient pas déjà fortement ébranlés de l'intérieur. C'est pourquoi la crise met gravement à l'épreuve nos modèles sociaux. Si ceux-ci ont plutôt bien fonctionné en 2008-2009 en jouant le rôle d'amortisseurs sociaux grâce au régime d'assurance-chômage et au chômage partiel, les temps qui viennent s'annoncent beaucoup plus incertains avec des puissances publiques très affaiblies financièrement.

C'est toute la transition de notre modèle social qui est à imaginer et à construire. Contre quels risques nous protéger demain ? Les assurances sociales sont-elles un remède universel ? Quels périmètres pour la solidarité : universels ou professionnels, nationaux ou transnationaux ? Quelle place pour le travail et pour le salariat dans nos vies, nos sociétés et nos dispositifs sociaux ? Que pourrait signifier entreprendre et donc entreprises ? Comment conjuguer nouveaux modèles de croissance et cohésion sociale ? Il est bien sûr très facile de questionner et bien difficile de répondre. Mais il est plus que probable aussi que l'on ne pourra pas se contenter de camper sur la défensive.    

Source : http://www.metiseurope.eu/crise-nos-mod-les-sociaux-ne-pourront-resister-sans-se-renouveler_fr_70_art_29256.html

 

 

Par ERASME - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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Mercredi 2 janvier 2013 3 02 /01 /Jan /2013 11:09

Créer une menace pour forcer le Congrès à agir et éviter une calamité supposée: le procédé est devenu une habitude ces dernières années aux Etats-Unis et le "mur budgétaire" en était la dernière illustration en date. Mais son efficacité reste à démontrer.

L'idée de départ, en août 2011, consistait à fixer une date butoir, celle du 31 décembre 2012, en brandissant la menace d'une réduction draconienne et automatique des dépenses publiques conjuguée à celle d'une lourde augmentation de l'impôt sur les revenus, afin de contraindre des élus divisés à s'attaquer sérieusement au déficit budgétaire.

Cette idée était elle-même censée résoudre un autre problème de date butoir, celui de la dette fédérale, qui dépasse 16.000 milliards de dollars (12.000 milliards d'euros).

Mais cela n'a pas marché.

Le Congrès, partagé entre une Chambre républicaine et un Sénat démocrate, a fait peur à tout le monde mais n'a pas même fait mine de s'attaquer au déficit. Au contraire, le plan adopté mardi soir devrait creuser les déficits de près de 4.000 milliards de dollars sur dix ans.

"Nous avons créé un monstre", a affirmé mardi soir Charles Rangel, député démocrate de New York, juste avant le vote qui a permis de faire tomber ce mur dans lequel l'économie américaine risquait de s'écraser.

"Ce cirque est très embarrassant", a lui aussi regretté Norm Ornstein, universitaire de l'American Enterprise Institute, qui parle de "repoussoir".

"Le fait que, dans deux mois, nous allons assister à une nouvelle confrontation désastreuse sur le plafond de la dette, avec une aile droite du groupe républicain à la Chambre prête à nous renvoyer dans les cordes si elle n'obtient pas gain de cause, est effectivement effrayant.

"La Chambre aurait pu faire pire en rejetant le compromis, mais elle n'a rien fait pour remettre en cause sa réputation de pire Congrès que nous ayons vus de notre vivant, au mieux", a-t-il ajouté.

"LA PLUS GRANDE INSTANCE DE DÉLIBÉRATION"

La nouvelle confrontation annoncée sur la dette devrait débuter dans les toutes prochaines semaines. Il s'agira une fois de plus d'en relever le plafond, faute de quoi les pouvoirs publics seront en cessation de paiement.

Les élus républicains, dont beaucoup admettent que le compromis sur le mur budgétaire constitue une victoire pour Barack Obama, se sont juré de relancer avec d'autant plus de vigueur leur campagne pour la réduction du déficit et d'en faire une condition de leur aval au relèvement de ce plafond lors des débats à la Chambre.

A chaque nouvel épisode, l'affrontement entre conservateurs et démocrates sur le déficit gagne en virulence. Alice Rivlin, experte en la matière à la Brookings Institution, redoute ainsi que l'issue de la bataille du mur budgétaire ne durcisse celle de la dette, tout en accréditant l'idée selon laquelle les institutions américaines sont impuissantes face aux grands enjeux économiques.

"C'est très mauvais pour notre économie et pour notre image dans le monde. Nous ne passons pas pour un pays responsable de son propre destin. C'est difficile à quantifier, mais ce n'est pas bon", a-t-elle dit à Reuters.

"Ce Congrès a du mal à faire son travail, notamment en ce qui concerne les grands problèmes du jour", observe également Sarah Binder, politologue à l'université George Washington.

"Le dégoût de l'opinion pour le Congrès est un fait acquis depuis des années. Les attentes du public sont tellement faibles qu'il a du mal à nous surprendre", poursuit-elle.

Mitch McConnell, chef de file du groupe républicain au Sénat et principal architecte du mur budgétaire, n'en parlait pas tout à fait dans les mêmes termes le 1er août 2011.

"Certains ont pu avoir l'impression que leur gouvernement ne travaillait pas, mais c'est le contraire. Le va et vient auquel les Américains ont assisté à Washington ces dernières semaines n'était pas stérile. C'était la volonté du peuple qui germait dans un système qui n'a jamais cherché à faire joli", disait-il.

"Il s'agit de la plus grande instance de délibération de mémoire d'homme", a renchéri mardi David Dreier, député républicain de Californie.

Par ERASME - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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Mardi 25 décembre 2012 2 25 /12 /Déc /2012 18:32

Alors que l’enjeu pour toutes les nations en développement et émergentes consiste à renforcer l’État de droit et consolider des institutions nationales compétentes et dynamiques; alors que – comme lors de la crise de 1929 - les peuples redécouvrent le rôle indispensable de l’État face aux crises financières et économiques dues à un système qui prétendait substituer au gouvernement des hommes l’administration des choses, une curieuse mécanique de sape mettant à mal l’autorité et l’unité des États est toujours en action au sein de l’union européenne. Le risque de balkanisation vient d’être rappelé par le débat sur le séparatisme qui a dominé les élections régionales en Catalogne espagnole, le 25 novembre 2012.

Lors d’un récent forum sur la communauté Atlantique, le cher- cheur états-unien Youssef Bodansky pouvait affirmer que l’union européenne a voulu affaiblir les États nations. Du même coup, elle a encouragé les séparatismes aussi bien en son sein qu’à sa périphé- rie. Après le Kosovo arbitrairement détaché de la Serbie, après la montée en puissance de mouvements comme la Ligue du Nord en Italie ou la Nouvelle Alliance flamande en Belgique, la menace séparatiste en Catalogne espagnole constitue un risque majeur dans un processus d’émiettement des nations européennes. Ce processus est essentiellement la conséquence d’une idéologie supranationale ne pouvant prospérer que par la disparition des États et des na- tions. La ritournelle est connue : l’époque serait celle des « grands ensembles » et le cadre des nations trop étroit pour faire face aux défis modernes et répondre à la logique d’un ultralibéralisme qui conduit d’ailleurs les peuples à la faillite. D’où l’urgence de multi- plier les micro-Etats. Comprenne qui pourra!

À vrai dire, c’est l’Etat-nation qui est visé. En effet, non seu- lement le système eurocrate s’emploie à priver les États de leur souveraineté fiscale, budgétaire et monétaire mais encore, il tend à faire éclater les nations sous couvert d’une Europe des régions c’est- à-dire un système eurofédéral qui était déjà prôné dans un ouvrage comme L’Europe aux cent drapeaux de Yann Fouéré, condamné pour collaboration avec l’occupant allemand à la Libération et l’un des rédacteurs de la charte européenne des langues régionales par- rainée par le Conseil de l’Europe. La boucle est bouclée.

On remarquera que les cartes illustrant ce projet de divisions ethniques, souvent calqué sur la vision ethno-racialiste des pen- seurs pangermanistes du XIXe siècle dépècent à peu près toutes les nations d’Europe, à l’exception de... l’Allemagne! Alors que ces funestes théories conduisent au démantèlement des autres nations, en particulier la France, l’Allemagne sortirait fortifiée par ce redécoupage. Il est vrai qu’il n’y a pas de fédération sans fédérateur et il est très clair que la chancellerie de Berlin aspire à jouer ce rôle de chef de file. Dans ces conditions, on comprend mieux le sens de l’appel lancé, en mai 2000, par le ministre des affaires étrangères Joschka Fischer, puis par le chancelier Schröder, lors du congrès de son parti, le 30 avril 2001, en faveur de la création d’une Europe fédérale et des régions, c’est-à-dire une Europe façonnée sur un modèle fédératif proche de l’Allemagne des länder qui serait ni plus ni moins qu’une ressassée du Saint Empire germanique. Faire remonter tout le cours de l’histoire européenne sur un millé- naire pour construire une sorte de Ligue hanséatique du troisième millénaire et ressusciter les particularismes et l’esprit des anciennes féodalités, est sans doute ce que certains considèrent comme une idée « moderne ».

l’Europe c’est la guerre?

En tout cas, c’est encore l’Allemagne, de nouveau sûre d’elle- même et dominatrice, qui sert les revendications minoritaires visant à détruire les États en les dépouillant de leur souveraineté, en encourageant tous les instruments de décomposition des nations; charte des langues régionales, comité pour la protection des minorités, charte de l’autonomie locale, assemblée des régions de l’Europe (ARE), comité des régions (CdR) de l’Europe, etc. On commence à défendre l’idéologie des minorités confessionnelles, ethniques, dogmatiques et sectoïdes au nom du droit de microcultures d’enfermement pour finir par préserver la « race », quitte à se livrer comme l’ETA en Espagne à ce que l’écrivain Jon Juaristi a dénoncé comme la « violence de la purification ethnique ». Tous les irrédentismes qui ont ensanglanté l’Europe au XXe siècle se lisent ici en filigrane. Dès lors, il est légitime de se demander si l’Union européenne, titulaire d’un niais prix Nobel de la paix, ne serait pas la matrice de nouveaux conflits. Et si, comme l’a écrit Orwell, la paix c’était la guerre?

De fait, la construction supranationale, qui est en train de se substituer au marché commun de l’Europe des nations, marquera une formidable marche en arrière, un retour aux temps médiévaux des petites principautés repliée sur d’intérêts particuliers, ethniques, com- munautaires, pseudo-identitaires, folkloriques et parfois crapuleux et mafieux (par exemple en Corse). Ce morcellement a un nom, le tribalisme. Bienvenue au Moyen âge!

Charles Saint-Prot est Directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques 

Source : www.etudes-geopolitiques.com 

Par ERASME - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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