Lettres ouvertes

Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 21:08

Deux sommets tenus à Bruxelles ont illustré le contraste entre puissantes émergentes mobilisées autour de stratégies d'avenir à court/moyen terme et cette puissance "immergée" qu'est en train de devenir l'Europe, "caporalisée" par ses craintes, ses refus de solidarité interne, ses idées "back to the Thirties" (affaire des Roms, replis identitaires, montée des extrême-droites, etc.), ses nostalgies de vielles comtesses désargentées ...
Le récent sommet UE-ASEM, et surtout le sommet UE-Chine, faisaient en effet penser à ce balancier de l'Histoire si bien analysé par l'historien britannique Arnold Toynbee qui voyait l'Histoire des Civilisations comme une sorte de balancier multiséculaire de puissance entre Orient et Occident.
Les comptoirs de Hong-Kong et Macao, après les concessions de Shang'Haì, sont de retour dans la mère-patrie : maintenant c'est désormais au tour de la Chine de s'offrir des comptoirs en Grèce, des concessions dans les ports portugais et du Sud de l'Italie, ce dernier pays étant près -- par ailleurs -- à offrir à l'Empire du Milieu tous les "compradores" que celui-ci exigera ...
La Chine rachète en grande quantité les dettes souveraines grecques et espagnoles. Pour soutenir l'Euro ? pas seulement ... Pour diversifier son portefeuille d'avoirs monétaires et d'investissements stratégiques ? pas seulement. Pour résorber une partie de l'excès de liquidités que représentent ses immenses réserves de devises ? pas seulement. Pour disposer, le moment venu, de moyens de pressions sur l'Europe comme tout bon créancier? Sûrement, mais peut-être pas exclusivement.
Lorsqu'on constate la courte vue, les lâchetés (petites ou grandes, selon le principe "à chacun selon ses... moyens"), la priorité donnée aux lobbies et aux corporatismes sur le bien commun, comment s'étonner que toutes les analyses prospectives internationales (dont celles de la CIA et du CSIS in "The World in 2025" et "The World in 2040")  prévoient que la part européenne dans le  PIB mondial passera de 30% en 2009 à 9% en 2025/2030 ?  Et que toutes ces analyses concordent pour ne pas incriminer les seules tendances quantitatives ou mécaniques ...?
Comment s'étonner que l'UE soit si peu entendue par ses interlocuteurs qui la voient disparaître des radars internationaux ? 

A la caporalisation de ce qui tient lieu de pensée stratégique aux élites européennes, correspond en effet tout naturellement une provincialisation du continent européen tout entier.

 

(Cet article a été publié une première fois le 9 octobre 2010)

 

 

 

 

Par Paula Raizon - Publié dans : Lettres ouvertes
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 10:28

Dans un ouvrage paru en 2007 sous l'intitulé 'Sarko l'américain', Jean-Philippe Immarigeon se posait alors les questions suivantes : Nicolas Sarkozy est-il si pro-américain et atlantiste qu'on le dit ? Va-t-il mettre fin à quarante ans d'indépendance nationale et s'aligner militairement dernière les Etats-Unis ? Que cache son intention avouée de conduire nos institutions vers un régime présidentiel à l'américaine ?

Les craintes et/ou intuitions de l'auteur à cet égard auraient pu faire long feu si les quatre premières années du mandat présidentiel n'avaient participé à les confirmer, peu ou prou.

Qu'il s'agisse des ruptures observées à l'égard de la doctrine de sécurité nationale, de la place du projet politique européen, de la position singulière de la France au sein de l'Alliance atlantique comme de la politique arabe d'inspiration gaullienne dans la politique étrangère de la France, et/ou des projets de réforme comme celui relatif au système judiciaire pénal, force est d'y percevoir l'empreinte d'une fascination - qui confine à de l'idéologie - pour ce qui vient de l'autre côté de l'Atlantique nord !

Certains s'en émeuvent (cf. par exemple :  "La diplomatie de l'éléphant", par Roland Hureaux, "Des gesticulation à contretemps de l'ordre international qui émerge", par Henry Olivier et Catherine Fraissinet (Note du groupe Orion de la Fondation Jean Jaurès) ou encore Sarkozy l'Américain et Obama l'Européen (Courrier International)), d'autres s'en félicitent, y trouvant même parfois la marque salutaire d'une normalisation de la position de la France en regard des positions adoptées par ses partenaires européens (cf. notamment à cet égard Les institutions européennes se seraient-elles mises au service d'une prophétie autoréalisatrice d'Union transatlantique ? )

Cette fascination pour la référence américaine à toutes les sauces n'exaspère pas seulement une partie importante des militants ou sympathisants du parti toujours présidé par Nicolas Sarkozy, simultanément président de tous les Français, mais elle sidère une partie importante des citoyens d'Europe, d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique du Sud.

Elle les sidère d'autant plus qu'après la crise bancaire suivie de la crise financière importée directement de cette terre source très longtemps d'un "rêve américain" magnifié, le spectacle qu'offre aujourd'hui le traitement judiciaire et et médiatique - du mélodrame DSK par ces mêmes Etats-Unis n'est pas de nature à redorer le blason de ce thuriféraire béat du "modèle US" !

Il leur est de plus en plus difficile de développer un plaidoyer à décharge lors d'un réquisitoire populaire imaginaire qui serait prononcé aux dépends du présumé innocent Sarko !

Mais voilà, Sarko l'américain n'est pas isolé dans ce prétoire imaginaire !

D'autres poids lourds de la vie politique française cultivent également un tropisme 'bon teint' pour ce modèle de société supposé libéral et progressiste ! 

Des personnalités célèbres classées "à gauche" ont également une partie de leur coeur, de leurs convictions idéologiques, de leurs compte en banque et de leurs "amis" (sic !), de l'autre côté de l'Atlantique !

Et il en est de même, contrairement aux apparences, de quelques leaders du Front national  ! 

Il ne s'agit pas de faire ici quelque procès que ce soit aux Etats-Unis, à ses politiques, aux aspirations du Peuple américain et à ses choix de société, ou à quelque autre pays qui présenterait les mêmes pouvoirs de fascination ébahie (il en existe d'autres), mais de refuser à leur égard une allégeance consentie - mais cachée - par des personnalités politiques qui auraient à exercer un jour les responsabilités suprêmes à la tête de la Nation et de l'Etat de France.

Il s'agit au contraire de rappeler que l''accès par la voie démocratique à la présidence de la République française ne saurait se résumer à un choix entre deux candidats ayant fait d'une manière ou d'une autre quelque peu allégeance aux USA, à son modèle d'économie de marché, à son modèle de société inégalitaire, à son modèle de sécurité, à son modèle d'injustice sociale quand bien même force est de constater - et de saluer -  "Le succès de la vision réaliste du monde de Barack Obama", par Zaki Laïdi (Le Monde) autant que les appels à la relance de la croissance économique dans le monde du secrétaire au Trésor (cf. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner plaide pour une action globale sur la croissance ) !

Il s'agit enfin d'appeler les électeurs et citoyens français - et européens - à ne pas adhérer aussi aveuglément que jadis à ces programmes électoraux que la prochaine campagne électorale va leur servir quotidiennement (cf. "La vérité si j'mens" : un programme qui ne fait recette nulle part ! ou encore Démocratie, élections et terrorisme - ou de l'art de convoquer les peurs pour se maintenir au pouvoir) en apportant leur propre concours à l'élaboration de voies alternatives davantage respectueuses des principes et des valeurs qui singularisent la France et son voisinage européen !

L'heure est venue de redonner confiance aux citoyens qui doivent retrouver la voie démocratique et liérale pour faire société (cf. Recréons les bases d'une confiance salvatrice dans nos sociétés ainsi que Les deux principes de "liberté" et de "différence" de John Rawls ), de vérttables marges de manoeuvre politique pour faire face aux effets pervers de la globalisation ( Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition - ) et crédit à l'Etat (cf. Comment un Etat peut retrouver du crédit ? par David Le Bris (Le Monde) )

 

 

 

Par Paul Auster - Publié dans : Lettres ouvertes
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 18:11

DSK a des problèmes aigus de libido, au point d'avoir quelques soucis graves avec la justice ! Certes !

Mais il a souvent eu raison en matière d'économie et de finance internationales ! Et en particulier à l'égard de la crise de la dette souveraine en Europe !

N'en déplaise à ceux qui se targuent aujourd'hui d'être parvenus à un accord "historique" tout en oubliant qu'il y a quelques mois, le premier ministre François Fillon jugeait "irresponsable" d'effacer la dette grecque comme le suggérait DSK depuis plusieurs mois !

Un article publié dans le quotidien Le Monde  nous raffraichit la mémoire à cet égard ! En voici les termes :

" La phrase a été quelque peu oubliée. Elle avait pourtant fait du bruit. Le 18 septembre, Dominique Strauss-Kahn donnait à TF1 une interview-vérité, essentiellement consacrée à ses ennuis judiciaires, mais pas seulement. L'ex-président du FMI y évoquait également la crise grecque, et proposait une solution.

"La dette de la Grèce (...) il faut la réduite à tout prix. À tout prix, sauf, au prix de la stagnation, voire de la récession. Alors, le chemin de crête est difficile (...) les européens ont du mal à le suivre (...) parce qu'ils ne veulent pas prendre la mesure de l'ampleur du problème (...) On peut dire, les Grecs paieront tout seuls. Mais ils ne peuvent pas. Ou on peut dire, parce que nous sommes dans une Union, que nous allons partager cela (...) Le problème c'est que pour ça, il faut accepter de reconnaître qu'il faut “prendre sa perte”. Il y a une perte, il faut la prendre". Dominique Strauss-Kahn jugeait que "pour prendre la perte, tout le monde doit la prendre. Les États, vous avez raison, et les banques".

DSK veut effacer la dette de la Grèce

Cette sortie de Dominique Strauss-Kahn avait aussitôt déclenché les foudres de François Fillon. En meeeting à Pons, en Charente-Maritime, le 19 septembre, le premier ministre avait fortement critiqué l'idée de M. Strauss-Kahn, qu'il qualifiait "d'irresponsable". "Cela signifie que le laxisme budgétaire d'un Etat est financé par les autres, cela signifie des pertes pour tous les pays qui ont prêté à la Grèce", jugeait-il.

Et le premier ministre d'ajouter, dans une allusion claire à DSK : "Certains dans leur panique envisagent de couvrir ou d'exclure tel pays incapable d'assumer les contraintes de la monnaie unique (...) Ceux qui jouent avec l'idée que l'Europe renonce au remboursement des prêts consentis à la Grèce, bref 'prenne ses pertes', ont-ils réfléchi aux conséquences de ce type de décision ? Ceux qui mettent en avant cette solution pensent qu'il s'agit d'une recette miracle qui allègerait la contrainte qui pèse actuellement sur la Grèce. Mais rien n'est moins certain."

Pour François Fillon, alors, "si la Grèce faisait défaut sur ses engagements, ce serait à court terme plus de difficultés pour ce pays, avec une récession encore plus sévère, avec un chômage encore plus élevé, et des difficultés supplémentaires pour trouver à l'extérieur les sources de financement dont il a besoin pour se redresser".

Au-delà de la rivalité politique et de l'attaque contre un ex-adversaire putatif, François Fillon visait aussi, dans cette sortie musclée, à assurer que la France avait toute confiance dans le plan de sauvetage grec adopté le 21 juillet et attaqué par les marchés, qui doutaient de la capacité de la Grèce à tenir ses engagements de réduction du déficit et à rembourser ses emprunts. La solution d'un effacement de la dette était alors refusée en bloc par la BCE et la France.

Un peu plus d'un mois après l'intervention du premier ministre contre "DSK", la donne a fortement changé. Le poids des mesures de rigueur nécessaires au remboursement de la dette enfoncent la Grèce dans la récession. D'où la décision européenne de prendre en charge une partie de cette dette, un choix proche de la stratégie alors exposée par DSK, entre autres. L'accord européen signé dans la nuit du 25 au 26 octobre prévoit l'effacement de la moitié de la dette grecque, qui sera en partie réglée par les banques, pour 100 milliards d'euros, et en partie aussi réglée par les Etats, qui vont devoir abonder le Fonds européen de stabilité financière, à hauteur de 130 milliards d'euros.

De fait, donc, la Grèce a bien "fait défaut sur ses engagements", pour reprendre les mots de François Fillon. Et l'Union européenne a bel et bien accepté de prendre en charge une partie de la dette de ce pays, qui reste confronté à une période de rigueur sévère. Le scénario de récession redouté par le premier ministre reste donc possible. L'accord européen, jugé inachevé et qui fait appel à l'aide des pays émergents, soulève nombre de questions. Il n'en reste pas moins que le plan "irresponsable" a été mis en oeuvre. "

 

 

Par Jean Poche - Publié dans : Lettres ouvertes
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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 09:58

Après le Mexique, le Gabon, la Lybie, et bien d'autres encore, c'est désormais au tour du Royaume-Uni et de l'Italie d'essuyer les affronts et autres sarcasmes publiques de Nicolas Sarkozy !

La France n'a aucune leçon de rigueur et d'éthique à donner à quiconque ! Et notamment pas en matière de gestion des finances publiques !

Elle n'a pas non plus vocation ni même intérêt à outrager ses partenaires internationaux sans motifs mettant en péril les intérêts essentiels de sécurité de la nation.

Et le président de la République lui-même n'a ni vocation, ni mandat, ni intérêt à outrager les partenaires internationaux de la France.

Chassez le naturel ! Il revient au galop !

Nicolas Sarkozy devrait mettre à profit ses nombreux déplacements pour lire (ou relire ...) le " discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences " de René Descartes (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54921042.r=.langFR) ainsi que " L'art de la paix en Europe : Naissance de la diplomatie moderne XVIe-XVIIIe siècle " de Lucien Bély (http://www.mollat.com/livres/lucien-bely-art-paix-europe-naissance-diplomatie-moderne-xvie-xviiie-siecle-9782130553656.html) ! Et à en tirer les enseignements dans l'exercice de ses hautes responsabilités !

La France ne s'en porterait que mieux !

 

 

 

 

 

Par Jean Rage - Publié dans : Lettres ouvertes
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 16:09

De l’alliance et de la différence ...

Venant après la nôtre, et plutôt réussie quant à la participation et à la maîtrise générale des débats, la primaire des socialistes a témoigné une fois encore de l’aspiration de nos concitoyens à participer davantage à la décision politique et à l’arbitrage des compétitions ou rivalités au sein de la « classe  politique ».
Ce n’est pourtant faire injure ni à celle là  ni à celle ci que de le constater : la procédure ainsi installée pourrait contribuer, si on n’y prenait garde, à renforcer la fâcheuse tendance à l'affaissement de notre démocratie en pure démocratie d’opinion  (de l’instantané, du court terme ou des sondages) et à la polarisation sur la fonction présidentielle, qui est la plaie de « nos » institutions.
Et cela, au moment justement où ce qui manque, c’est une vision du temps long, appuyée sur des formes démocratiques complètement renouvelées.
Dans ce contexte, les primo électeurs n’ont pas à l’évidence dans leur nette majorité, arbitré en faveur d’un contenu ou d’un programme.
Ils ont plutôt manifesté leur préférence pour un certain style, pour une certaine pacification, pour une certaine rondeur du débat public, après des années de gesticulations, de manipulations et de violences politiques venues du camp d’en face...
Il ont ainsi choisi un candidat de second tour, crédité, à tort ou à raison, d’une meilleure capacité à réussir les alliances nécessaires pour battre le sortant, puis à gouverner tranquillement, et d’une certaine façon en surplomb de la mêlée, à distance des appareils de partis ...
La leçon, à trois étages , doit donc être méditée par tous pour les mois qui viennent :
La primaire socialiste, si elle lui confère une vraie légitimité, ne vaut pas « bon pour pouvoir absolu » au candidat
, en particulier sur le scontenus de l'alliance et dans ses relations avec ses partenaires
Serait perdant à l’avenir tout ce qui ferait  courir à l’alliance de la gauche et des écologistes le risque de la défaite.

De ce double point de vue, remettre en cause les pas en avant effectués ensemble ces dernières années et dont témoignent les premières avancées de la discussion , en vue de 2012 par exemple sur la sortie du  nucléaire, serait inévitablement sanctionné par l’opinion. 
Mais seraient pénalisées également les négociations entre les partis de gauche pour gouverner, si elles s'en tenaient à  de simples tractations de sommet
, conduites au détriment d’un débat public clair, participatif et transparent.

Maintenant que le paysage est, pour l’essentiel, en place à gauche, notre feuille de route est claire:
Convaincus que sans implication forte du peuple de l’écologie et sans les ruptures nettes qu’il attend,  aucune victoire ne sera  possible en 2012, nous allons nous porter  au devant du pays, faire connaitre notre projet, réussir la campagne de notre candidate Eva Joly, réaliser le plus beau score des écologistes à une élection présidentielle. 
Tous nos efforts  des mois à venir  tendront à la mobilisation  de celles et ceux pour qui ni le ronron gestionnaire, ni les aboiements populistes protestataires n’épuisent la recherche d’alternatives radicales , indispensables par temps de crise.
Sans animosité ni volonté polémique, soulignons sereinement  ce qui rend indispensable la prise en compte des solutions écologistes, en matière de transition énergétique, d’emplois et de conversion de l’économie, de 6eme République, de libertés collectives, de santé publique, de travail, d’immigration,  d’agriculture, d’alimentation, d’éducation, ou d’équipements publics...
Sachons être nous mêmes, c’est à dire tranquillement unitaires et différents.

Jacques Archimbaud
Secrétaire National Adjoint d’EELV

 

Source : http://www.eelv.fr/actualites/a-la-une/7763-de-lalliance-et-de-la-difference/

 

 

Par ERASME - Publié dans : Lettres ouvertes
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