UE, UEO, OSCE, sécurité & défense

Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 21:52

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes :

"LE CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE,

AYANT À L'ESPRIT:

- l'article 167 du TFUE qui souligne que l'Union contribuera à l'épanouissement des cultures des États membres dans le respect de leur diversité nationale et régionale, en mettant en évidence l'héritage culturel commun;

- le titre V du TFUE relatif à l'espace de liberté, de sécurité et de justice, et en particulier son article 87, concernant la coopération policière qui associe toutes les autorités compétentes des États membres, y compris les services de police, les services des douanes et autres services répressifs spécialisés dans les domaines de la prévention ou de la détection des infractions pénales et des enquêtes en la matière ;

- les articles 34 et 36 du TFUE qui prévoient expressément la libre circulation des marchandises, y compris des biens culturels, au sein de l'Union européenne et permettent que certaines restrictions soient imposées sur les importations et les exportations lorsqu'elles sont justifiées par des raisons de protection des trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou archéologique;

- le programme de Stockholm (1) qui prévoit qu'il est essentiel, pour assurer la protection contre les menaces transnationales, de renforcer les mesures prises au niveau européen et de mieux les coordonner avec celles qui sont déployées aux niveaux régional et national et que la lutte contre la criminalité au niveau européen ne sera pas efficace à défaut de coopération en matière répressive entres les États membres et d'échange de bonnes pratiques et sans mesures visant à éviter les doubles emplois;

- le règlement (CE) n° 116/2009 du Conseil du 18 décembre 2008 concernant l'exportation de biens culturels (2) qui prévoit des mesures en vue d'assurer un contrôle uniforme des exportations de tels biens aux frontières extérieures de l'Union européenne;

- la directive 93/7/CEE du Conseil du 15 mars 1993 (3) qui présente les procédures relatives à la restitution de biens culturels ayant quitté illicitement le territoire d'un État membre;

- les conclusions du Conseil du 28 novembre 2008 relatives à la prévention et à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels (4) qui soulignent l'importance d'une coopération étroite entre les services spécialisés existant dans les États membres afin de lutter contre le trafic des biens culturels;

- les conclusions du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur le plan de travail 2011-2014 en faveur de la culture (5);

NOTANT que l'Union européenne est une région importante d'origine, de transit et de destination des biens culturels;

CONSTATANT que le système d'enregistrement type des biens culturels qui est appliqué dans quelques États membres ne constitue pas un système uniforme permettant de rassembler des informations sur les collections possédées;

RELEVANT l'absence d'approche harmonisée de l'UE pour conserver la trace, dans les bases de données nationales, des biens culturels disparus;

SOULIGNANT que l'échange rapide d'informations et le partage des bonnes pratiques entre les États membres améliorerait l'efficacité de la lutte contre la criminalité visant les biens culturels;

INSISTANT sur l'importance du soutien à apporter aux actions d'Interpol pour améliorer l'enregistrement dans la base de données des biens culturels disparus;

METTANT L'ACCENT sur l'importance de la convention de l'UNESCO signée le 17 novembre 1970, concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels et la Convention UNIDROIT signée le 24 juin 1995 sur les objets culturels volés ou exportés illégalement qui constituent des instruments importants permettant de renforcer la protection du patrimoine culturel mondial;

CONCLUT qu'il est nécessaire de prendre des mesures qui renforceront l'efficacité de la prévention de la criminalité visant les biens culturels et de la lutte contre ce phénomène et par conséquent :

RECOMMANDE aux États membres

- de réfléchir à la ratification de la convention de l'UNESCO de 1970 et de la convention UNIDROIT de 1995;

- de coopérer plus étroitement avec l'UNESCO en matière de prévention de la criminalité visant les biens culturels grâce à la mise en oeuvre de mesures communes (en envisageant des programmes de formation en commun et l'échange de bonnes pratiques, en étudiant les cadres légaux existants et la participation à des campagnes d'information et de sensibilisation);

- de se pencher sur la nécessité d'introduire des dispositions spécifiques dans leurs législations nationales pour les infractions portant sur des biens culturels;

- d'intensifier leur coopération avec Interpol pour la mise au point et la mise en oeuvre du système de signalement urgent des événements essentiels liés à la criminalité visant les biens culturels;

- de renforcer la coordination entre les services répressifs et les autorités chargées de la culture ainsi que les entités privées (par exemple les magasins d'antiquités, les maisons de vente aux enchères et les sites d'enchères en ligne) en vue de faciliter l'échange d'informations conformément à la législation applicable et aux meilleures pratiques aux niveaux national et international et de désigner, à cette fin, des points de contact pour la prévention de la criminalité visant les biens culturels et la lutte contre ce phénomène;

- d'étudier la possibilité de mettre en place des registres des transactions que tiendraient les vendeurs d'oeuvres d'art afin d'accroître la traçabilité de biens culturels importants et de prévenir le trafic;

- d'établir, dans la mesure du possible, une norme uniforme et transparente permettant d'identifier les biens culturels, telle que la norme Object ID figurant en annexe, de prendre des mesures complémentaires pour standardiser et simplifier les procédures d'enregistrement des biens culturels disparus dans les bases de données nationales des États membres et d'adapter celles-ci à la base de données d'Interpol sur les oeuvres d'art volées;

- de réfléchir à des dispositifs spécifiques de coopération avec les pays tiers pour la protection du patrimoine culturel et la lutte contre le trafic international, en particulier en cas de conflits et de catastrophes naturelles, ainsi que pour les procédures de restitution des biens volés;

- d'élaborer en coopération avec Interpol un manuel afin de lutter plus efficacement contre la criminalité visant les biens culturels; ce manuel devrait notamment avoir pour objet de présenter une vue générale des instruments juridiques concernant les biens culturels, de fournir une base de données des points de contact et d'indiquer la nature et le domaine de compétence des autorités répressives nationales participant à la prévention de la criminalité visant les biens culturels dans les États membres et à la lutte contre ce phénomène;

RECOMMANDE à la Commission européenne :

- d'apporter son appui aux États membres pour protéger de manière efficace les biens culturels en vue de prévenir et de combattre le trafic et de promouvoir des mesures complémentaires, le cas échéant;

- d'associer les parties prenantes compétentes lors de la mise sur pied du groupe d'experts dans le cadre du plan de travail 2011-2014 en faveur de la culture pour élaborer une "boîte à outils" concernant la lutte contre le trafic et le vol de biens culturels;

- d'étudier la possibilité de fournir un soutien financier à des projets innovateurs promouvant la prévention du trafic de biens culturels et la lutte contre ce phénomène;

RECOMMANDE à Europol :

- de recourir aux mesures existantes pour fournir un soutien pratique dans le cadre de la lutte contre la criminalité visant les biens culturels, par exemple en faisant appel à la plateforme d'experts Europol (EPE);

RECOMMANDE au CEPOL :

- de continuer à organiser périodiquement des sessions de formation à l'intention des agents des services répressifs concernant la lutte contre la criminalité visant les biens culturels, y compris la coopération avec les partenaires compétents, par exemple l'UNESCO et le réseau européen de formation judiciaire et à prendre ce thème en compte dans les programmes d'échange."

 

1 JO C 115 du 4.5.2010, p. 1.

2 JO L 39 du 10.2.2009, p. 1.

3 JO L 74 du 27.3.1993, p. 74, modifiée par la directive 96/100/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 février 1997 (JO L 60 du 1.3.1997, p. 59) et la directive 2001/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2001 (JO L 187 du 10.7.2001, p. 43).

4 Doc. 14224/2/08 REV 2 CRIMORG 166 ENFOPOL 191.

5 JO C 325 du 2.12.2010, p. 1.


 

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 21:48

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes:

"LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,

CONSIDÉRANT la décision 2008/615/JAI du Conseil relative à l'approfondissement de la coopération transfrontière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière (1), et la décision 2008/616/JAI du Conseil concernant la mise en oeuvre de la décision 2008/615/JAI relative à l'approfondissement de la coopération transfrontalière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière (2), en vertu desquelles les États membres sont mutuellement tenus de rendre accessibles et d'échanger les profils ADN, les données dactyloscopiques et les données relatives à l'immatriculation des véhicules ;

ESTIMANT qu'une des priorités les plus importantes du programme de Stockholm est de renforcer la sécurité des citoyens de l'Union européenne en intensifiant la coopération transfrontière en matière de maintien de l'ordre ;

CONFIRMANT qu'il est nécessaire d'améliorer l'échange d'informations, sur la base notamment du principe de disponibilité, entre les autorités des États membres chargées de la prévention des infractions pénales et des enquêtes en la matière ;

RAPPELANT les termes des conclusions du Conseil sur la mise en oeuvre des "décisions Prüm" (3), tout en établissant un état des lieux et en invitant les parties prenantes à prendre les mesures qui s'imposent pour faciliter le processus de mise en oeuvre des décisions ;

SOULIGNANT l'efficacité d'instruments tels que la consultation et la comparaison automatisées de profils ADN, ainsi que la consultation automatisée de données dactyloscopiques et de données relatives à l'immatriculation des véhicules, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontière ;

CONSIDÉRANT qu'un échange d'informations effectif entre les autorités répressives des États membres constitue une mesure fondamentale pour réagir face aux menaces que constituent des auteurs d'infractions agissant à l'intérieur d'une Union européenne dépourvue de frontières intérieures ;

SALUANT les progrès réalisés dans l'ensemble par les États membres dans la mise en oeuvre de la décision 2008/615/JAI ;

RECONNAISSANT les efforts déployés par les États membres opérationnels et la Commission pour faciliter le processus de mise en oeuvre de ceux qui ne sont pas encore opérationnels en mettant sur pied des initiatives telles que la "Mobile Competence Team" et le service d'assistance (help desk) au sein d'Europol ;

CONSIDÉRANT que de nombreuses évaluations ont été menées à bien l'année dernière ;

RECONNAISSANT que, sur la voie de la mise en oeuvre des "décisions Prüm", plusieurs États membres sont confrontés à des problèmes de nature législative ;

PRENANT EN CONSIDÉRATION les coûts élevés supportés par les États membres pour la visite d'évaluation ;

CONSCIENT que la mise en oeuvre complète de la décision 2008/615/JAI dans les législations nationales exige des États membres un travail complexe, une stratégie effective de mise en oeuvre et une coopération étroite entre experts dans différents domaines ;

ESTIMANT que, pour mettre en oeuvre la décision 2008/615/JAI, il faut une volonté politique claire et une aide financière non négligeable prélevée sur les budgets nationaux ;

CONSTATANT que le délai fixé pour la mise en oeuvre, soit le 26 août 2011, a été respecté par douze États membres en ce qui concerne l'échange des profils ADN, par neuf États membres pour ce qui est de l'échange des empreintes digitales et par neuf États membres pour l'échange de données relatives à l'immatriculation des véhicules ;

CONSTATANT, sur la base des résultats du questionnaire sur l'état de la situation après l'expiration du délai fixé pour la mise en oeuvre des décisions Prüm et sur la MCT, que la majorité des États membres n'ont pas respecté le délai en raison de problèmes financiers, législatifs ou techniques ou encore de problèmes de ressources humaines ;

CONSIDÉRANT qu'il est nécessaire de simplifier les procédures et les règles d'attribution des fonds du programme spécifique "Prévenir et combattre la criminalité" ;

INSISTANT sur le fait que la mise en oeuvre des "décisions Prüm" dans les États membres non opérationnels devrait être réalisée dans les meilleurs délais ;

CONSCIENT qu'un échange d'informations efficace et rapide entre les services répressifs doit se conformer aux différentes exigences formelles prévues par les systèmes juridiques des États membres ;

DEMANDE aux États membres qui ne sont pas opérationnels :

§ d'achever leurs procédures internes de mise en oeuvre sur le plan juridique et technique ;

§ de redoubler d'efforts pour mettre totalement en oeuvre les "décisions Prüm" ;

§ d'affecter des ressources financières et humaines suffisantes au processus de mise en oeuvre des "décisions Prüm" ;

§ d'introduire si nécessaire auprès de la Commission européenne une nouvelle demande de financement au titre du programme spécifique "Prévenir et combattre la criminalité" ;

§ de coopérer plus étroitement avec les États membres opérationnels dans la phase de préparation et d'essai ;

§ d'envisager de couvrir/partager les dépenses supportées par les experts mandatés ;

INVITE les États membres opérationnels :

§ à utiliser plus fréquemment les outils offerts par les "décisions Prüm" ;

§ à consentir tous les efforts possibles tendant à élargir les connaissances sur les mécanismes d'échange d'informations effectivement accessibles qui sont utiles aux institutions participant directement ou indirectement à un échange d'informations transfrontière ;

§ à renforcer le soutien qu'ils apportent aux États membres non opérationnels en vue de la mise en oeuvre des "décisions Prüm" et à participer plus activement aux missions d'évaluation dans le domaine des données ADN, des empreintes digitales et des données relatives à l'immatriculation des véhicules ;

§ à étudier et prendre les mesures qui conviennent pour utiliser les formulaires statistiques prévus pour les "décisions Prüm" ;

§ à préparer l'évaluation de l'efficacité des "décisions Prüm" en tant qu'outil d'échange d'informations;

DEMANDE à la Commission européenne :

§ de continuer à soutenir, dans le cadre des ressources financières existantes, la mise en oeuvre des "décisions Prüm" et de faciliter l'accès des États membres à un financement au titre du programme spécifique "Prévenir et combattre la criminalité" ;

§ de revoir les mécanismes existants en matière d'aide financière, plus particulièrement pour la mise en oeuvre des "décisions Prüm" sur le plan technique et pour leur évaluation ;

§ de soutenir, dans le cadre des ressources existantes, la "Mobile Competence Team" (MCT) et la mise en place du service d'assistance (help desk) Prüm au sein d'Europol, conformément aux résultats des travaux qui ont été menés par le Conseil JAI à Bruxelles les 8 et 9 novembre 2010;

§ de tenir compte des présentes conclusions du Conseil lors de l'élaboration du rapport sur la mise en oeuvre de la décision 2008/615/JAI, que la Commission, conformément à l'article 36, paragraphe 4, de ladite décision, doit soumettre au Conseil, au plus tard le 28 juillet 2012, assorti des propositions qu'elle jugera appropriées en vue d'un développement futur;

INVITE Europo l:

§ à poursuivre les efforts destinés à mettre en place le service d'assistance dans le prolongement du travail effectué par la "Mobile Competence Team" pour faciliter l'application des "décisions Prüm" au quotidien ;

DEMANDE aux prochaines présidences :

§ de continuer à encourager la mise en oeuvre des "décisions Prüm" et de présenter au Conseil tous les six mois des rapports/conclusions sur la situation en la matière."

______________________

1 JO L 210 du 6.8.2008, p. 1.

2 JO L 210 du 6.8.2008, p. 13.

3 Doc. 10653/11.


Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 15:40

Les Ministres de l'intérieur des pays membres de l'Union européenne (UE) doivent se retrouver aujourd'hui pour aborder les questions de contrôle aux frontières au sein de l'espace européen, ainsi qu'avec l'extérieur.

Le débat est né du constat de l'incapacité de la Grèce à contrôler son immigration en provenance de Turquie : la Grèce est en effet considérée comme une véritable porte d'entrée à l'immigration illégale en Europe.

Mais également, la décision de Nicolas Sarkozy de renforcer le contrôle à la frontière franco-italienne après l'arrivée sur l'île italienne de Lampedusa de centaines de migrants tunisiens a nourri la polémique.

La Commission européenne a proposé de vérifier la légalité de tout contrôle au frontière qui durerait plus de 5 jours, et pourrait dénoncer les Etats qui ne respecteraient pas les règles (un droit qui doit revenir à la Cour de justice de l'Union européenne selon plusieurs sources.

Peu de résultats concrets sont attendus de la réunion d'aujourd'hui, étant donnée la division des Etats membres à ce sujet.

 

Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 09:22

Chypre à la tête de certains groupes de travail « défense » dès le 1er janvier 2012. C’est une réalité. La petite ile de Méditerranée prendra en effet la présidence de l’UE le 1er juillet. Mais de manière anticipée, elle assurera la présidence de certains groupes de travail « défense » dès le 1er janvier. Le Danemark qui est à la manoeuvre à partir du 1er janvier bénéficiant d’un opt-out en matière de défense européenne. Chypre présidera ainsi notamment le groupe de travail Athena – qui s’occupe du financement des opérations militaires – ainsi que le groupe de travail sur les capacités militaires. Les principaux autres groupes de travail sont présidés par un représentant de Catherine Ashton ou du service européen d’action extérieure (SEAE).

Cela ne va pas arranger les affaires avec les Turcs qui avaient promis de ne pas entretenir de relations avec l’UE quand Chypre aura la présidence ; la Turquie qui participe à une opération militaire de l’UE, particulièrement en Bosnie-Herzégovine où elle contribue de façon importante à l’opération Althea.




Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 06:07
L'Institut de relations internationales et stratégiques, en partenariat avec le German Institute for International and Security Affairs (SWP) et The Polish Institute of International Affairs (PISM) a réfléchi aux moyens de lancer des projets structurants et fédérateurs dans le cadre du Triangle de Weimar (Allemagne, France et Pologne), forum de rencontre, de dialogue et d'échange informel entre ces trois pays, instauré officiellement en août 1991, deux ans après la chute du Mur de Berlin. Ces propositions ont été discutées lors d'un séminaire, mené par Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, lundi 5 décembre 2011 à Paris.

Le résultat de ce travail de réflexion, mené par plusieurs chercheurs, dont Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, Marcel Dickow, Hilmar Linnenkamp (SWP) et Marcin Terlikowski (PISM), a été publié dans une note de l'IRIS en novembre qui propose 3 exemples de ce pourraient des coopérations concrètes en matière de défense dans le cadre de Weimar.
Les auteurs constatent en introduction que : "les récentes initiatives sur la réforme de la défense sont principalement menées par l'austérité dans les budgets nationaux, elles se concentrent prioritairement sur la préservation ou la suppression de capacités militaires nationales. Cependant, la rareté des ressources rend nécessaire une planification commune européenne des capacités. Vous économisez davantage si vous économisez ensemble" Ils ajoutent : "Le noyau d'une telle coopération permanente, bien structurée et pratique peut avoir lieu dans le contexte de Weimar. Cela pourrait servir – si certaines conditions sont remplies – comme exemple de la façon dont des petits groupes peuvent ouvrir la voie à des efforts plus large de l'Union européenne (UE) rassemblant plus d'Etats membres qu'une avant-garde : trois pays ne sont pas de trop pour travailler à des projets communs – l'expérience avec les 26 pays de l'Agence européenne de défense suggère cette évaluation; trois n'est pas non plus trop peu puisqu'il n'y a pas le risque d'entraîner la suspicion d'un bilatéralisme exclusif; et enfin, le Triangle de Weimar a été et est encore un symbole important de la réorganisation de l'ordre européen après la guerre froide. Le Triangle de Weimar réunit trois pays avec des visions complémentaires de l'intégration européenne mais avec différentes approches s'agissant des étapes pratiques."
Les experts ont donc choisi 3 exemples de coopération possible à différents horizons, expliquant lors du séminaire que depuis 20 ans il n'y a plus de "grands programmes de coopération comme l'A400M, avion de transport militaire".
Ils distinguent une option à court terme (à horizon de deux ans), une groupement tactique permanent et commun; une option à moyen terme (un horizon de 5 à 10 ans), vers une plate-forme de drone civilo-militaire de surveillance, et enfin une option à long terme (10 à 20 ans), une coopération industrielle sur les véhicules blindés et protégés.
Les propositions sont stimulantes et elles "sont ouvertes à d'autres pays" que les 3 du Triangle de Weimar, insiste un expert.

 

Voir la suite de l'article : http://www.fenetreeurope.com/php/page.php?section=actu&id=23522



 

Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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