UE, UEO, OSCE, sécurité & défense

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 21:55

Les conclusions des conseils des ministres sur la défense européenne sont souvent assez rituelles rappelant ce qui a été fait dans l’année et annonçant des décisions prochaines assez courantes : prolongation ou annonce d’opérations, lancement de projets… Un texte souvent administratif et quelque peu ennuyeux (il faut l’avouer). Celles qui viennent d’être adoptées (*) doivent cependant être regardées à la loupe. Car sous ces dehors rituels, se cache autre chose. Un peu comme une reprise en main de la lente dérive qui avait marqué ces derniers mois, vers une baisse continuelle des ambitions que ce soit en termes d’opérations ou d’outils de gestion de crise.

Du pain sur la planche pour six mois

Il y a d’abord la planification de plusieurs nouvelles opérations situées en Afrique : le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, l’étude d’éventuelles missions au Sahel ou en Libye, la prolongation de l’opération Atalanta, ainsi que le lancement de 11 projets capacitaires par l’Agence européenne de Défense. En reliant, tous les paragraphes, les uns aux autres, elles forment une véritable feuille de route que les Etats membres ont voulu tracer, donnant à la Haute représentante le mandat pour développer et renforcer l’Europe de la défense. Comme l’a expliqué cet après-midi, devant le Parlement européen, l’ambassadeure polonaise au COPS,  Beata Peksa-Krawiec, c’est une « politique de petits pas. Et nous avons du pain sur la planche pour six mois ».

Des rapports à la pelle jusqu’à une possible strategic review

Plusieurs rapports d’étape ou dates butoirs pour aboutir à des accords ont, en effet, été fixés : sur les nouvelles missions, les battlegroups, la refonte des procédures de gestion de crises, le mécanisme Athena, l’activation de l’Ops-center, les procédures de génération de force, le renforcement des capacités militaires …

De façon générale, les 27 ont surtout demandé à la Haute représentante de leur faire un « rapport de progrès » sur tous les aspects de la PSDC en général dans les six mois, « d’ici juin 2012 ». Une opportunité que pourrait saisir la Haute représentante pour faire un état des lieux ambitieux en traçant des perspectives, et des lignes de force, tel un « Livre blanc ». Même si le terme n’est pas prononcé, il n’est pas interdit. Et dans la version anglaise « reviewing progress made » on n’est pas loin de la « Strategic review » engagée par les Britanniques pour leurs propres forces.

Une demande croissante d’action européenne

Le contexte est parlant. Il y a une demande croissante pour que l’Union européenne devienne un « acteur stratégique mondial, plus capable et plus cohérent », précisent les conclusions. Les 27 soulignent l’importance de la PSDC « comme un élément essentiel de cette approche globale » et insistent sur les « nécessaires progrès » à accomplir. Ils réitèrent ainsi « le plein engagement pour maintenir les engagements actuels sur les missions en cours de la PSDC » alors qu’ils « envisagent de nouvelles actions de la PSDC ». Il faut utiliser « de manière efficace et activement toute la palette des instruments à disposition dans la prévention des conflits et la gestion de crises ».

Evaluation et valeur ajoutée nécessaires pour les missions de la PSDC

Les 27 endossent la nécessité d’améliorer la performance de la PSDC, notamment à travers l’évaluation des résultats, le ‘benchmarking’, l’étude d’impact, l’identification et l’application des retours d’expérience (lessons learned) tout comme le développement des meilleures pratiques. Ils fixent aussi ce qu’on peut retenir comme cinq critères à l’utilisation des missions de la PSDC : 1) la valeur ajoutée, 2) sur la base de besoins identifiés, 3) avec des objectifs clairs, 4) des stratégies de sorties, 5) pour aboutir à des résultats durables.

Nouvelles missions : décisions à prendre d’ici la fin de l’année ou début 2012

Les 27 ont demandé à la Haute représentante d’accélérer le travail préparatoire sur l’opération PSDC au Sahel dans l’objectif d’un nouveau rendez-vous fixé « d‘ici la fin de l’année (2011) » pour examiner les suites à donner.  Ils ont réaffirmé la disponibilité de l’UE à prêter assistance à la Libye, sur un nombre variable de secteurs, notamment la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières. Des « options pour une possible action de la PSDC » devraient être élaborées début 2012 selon les deux conditions fixées par le SEAE : le principe de l’appropriation par les Libyens et la coopération avec l’ONU. Quant à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalatanta, n’ayant pu pour des raisons de procédure la prolonger jusqu’à 2014, ils ont convenu de revenir sur la question début 2012 en vue d’une décision. Quant à la mission de sécurité sur l’aéroport au Sud-Soudan, ils ont pris note du travail en cours.

Capacités civiles : un cadre réglementaire de génération de force

Faute d’avoir atteint les objectifs fixés dans les « Headline Goals 2010″, les 27 avaient l’année dernière, tout bonnement, décidé d’en repousser l’application. Ils rappellent aujourd’hui combien la « recherche de synergies entre le développement de capacités civiles et militaires » est nécessaire, pour la gestion de crises à l’Européenne, et répondre à la fois aux lacunes existant et à la demande grandissante dans ce domaine.

Ils fixent un délai : au 1er semestre 2012 à la Haute représentante et à la Commission pour ensemble réexaminer les moyens d’améliorer la génération de force « dans un cadre réglementaire solide ». Ils demandent aussi aux Etats membres d’avoir des stratégies plus efficaces permettant l’utilisation de personnels civils, en provenance de différents ministères (Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Finances…). Cela passe aussi par « davantage de formations, des incitatifs de carrière… » pour permettre de disposer de personnels motivés et qualifiés pour les missions de la PSDC.

Les contours d’une politique industrielle de défense

La crise frappant, les 27 ont voulu intégrer ces nouvelles contraintes dans le travail capacitaire. Il ne s’agit plus seulement – comme auparavant – de résoudre les lacunes constatées mais de « développer la coopération en matière de capacités militaires sur des bases plus systématiques et à long terme ». Les Etats membres doivent indiquer sur quels projets ils prennent le « lead ». La situation sera examinée en avril 2012. Et les 27 rappellent l’engagement pris par les chefs de défense de l’UE d’établir ou d’élargir des projets de coopération d’ici la mi-2012.

Ils veulent ainsi examiner en détail « l’impact de la réduction des dépenses de défense sur les capacités, notamment l’impact possible sur les capacités technologiques et industriels à maintenir et développer en Europe ». L’agence européenne de défense (EDA) sera chargée de ce travail. Et demandent à la Commission comme à l’EDA d’accélérer la recherche de « synergies », notamment en intégrant ces préoccupations dans le futur programme cadre de recherche et technologies à l’horizon 2020.

Amélioration de la réaction de crise : au rapport.

Les 27 ont endossé la création d’un entrepôt permanent pour les équipements civils en 2012 et la rédéfinition des procédures. Mais ils aussi demandé à la Haute représentante de plancher sur différents sujets pour améliorer la réaction de crises. Il en sera ainsi sur les battlegroups et leur interaction avec des éléments civils (voir article séparé), rapport attendu au 1er semestre 2012.

.../...

Voir la suite de l'article : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/des-conclusions-defense-en-forme-de-feuille-de-route.html



 


 

Par ERASME - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 18:14

You will find attached the report on the impact of the financial crisis on the defence sector in the EU Member States adopted on 30 November 2011. A7-0428 2011 LISEK EN A7-0428 2011 LISEK EN

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 17:59

Le Conseil d’administration (le board) de l’Agence européenne de défense – c’est-à-dire les 26 ministres de la Défense de l’Union européenne – ont approuvé mercredi une série de projets concrets. Une liste qui pourrait être complétée plus tard. Car d’autres projets sont encore dans les cartons, par exemple celui sur les engins explosifs artisanaux (IED), un programme que l’Espagne voulait promouvoir (le changement de gouvernement a empêché apparemment une prise de position officielle).

Tous les pays ne participeront pas à tous les projets. Mais « quasiment tous les pays ont indiqué leur intention de participer à au moins un des projets de l’Agence » a indiqué Claude-France Arnould la directrice exécutive de l’Agence. Un projet rassemble en général de 6 à 8 pays. On retrouve généralement la France et le Royaume-Uni. Mais d’autres pays, comme la Finlande par exemple, ont été très allants marquant leur intérêt pour plusieurs des projets et prenant le « lead » du projet de surveillance maritime.

Certains des projets sont déjà démarrés ou vont l’être incessamment avec des effets dès 2012 ou 2013. D’autres sont à plus long terme, avec des études préalables et des effets à l’horizon 2020. On peut remarquer que tous ont une dimension très pratique, avec une visée de retour sur investissement assez rapide, et une dimension plus programmatique, pour permettre une rationalisation des investissements dans le futur.


Lire également :

Pour le détail des projets, coir l'article de Nicolas Gros-Verheyde : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%E2%80%93-exercices-ue/leurope-muscle-sa-defense-11-projets-operationnels-liste-et-details.html



Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 16:24

Victoire ! C’est un peu le message d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères à sa sortie du Conseil des ministres des Affaires étrangères. Avant tout autre sujet, Juppé a tenu à dire aux journalistes (dont B2) qui l’attendaient  qu’il y avait un accord sur la PSDC (la politique de sécurité et de défense commune). « Un bon accord. On va lancer de nouvelles opérations (NB : pour le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, et pour soutenir la coopération régionale anti-terroriste au Sahel). Nous avons décidé d’activer le centre de commandement (OpsCenter) d’ici janvier pour nos opérations dans la Corne de l’Afrique. Et nous avons convenu de continuer à travailler à la planification d’une capacité permanente de conduite des opérations. La PSDC est relancée » a-t-il conclu.

Le texte des conclusions

Le texte des conclusions atteste de façon plus diplomatique cet accord mais en entérine les principaux points. « Le Conseil appelle à une utilisation optimale des structures existantes. Dans ce contexte, quand la nature de l’opération ne requiert pas un quartier-général national, le Conseil est prêt à activer sur une base ad hoc le centre d’opérations (NB : Ops Center) en accord avec ses termes de référence, pour une opération spécifique de la PSDC. Sur cette base, le Conseil est d’accord pour accélérer la planification de l’activation du centre d’opérations pour les opérations dans la Corne de l’Afrique, au plus tard au prochain Conseil des Affaires étrangères. » est-il précisé au point 32, selon la dernière version (en anglais) que B2 a pu obtenir. « Le Conseil est d’accord pour continuer à examiner l’efficacité de la performance de l’Union européenne dans la planification et la conduite des opérations civiles et militaires de la PSDC. Rappelant les principes d’unanimité et d’inclusivité sous-tendant la PSDC, le Conseil décidera sur les améliorations possibles sur ces bases, sans préjudice des Traités et à la lumière du rapport de la Haute représentante sur la PSDC de juillet 2011. » est-il précisé au point 33.

Cela signifie notamment que l’idée un tant évoquée par les Weimar d’une Coopération structurée permanente sur le sujet est abandonné. Une idée évoquée en fait surtout comme moyen de pression comme nous l’ont confirmé plusieurs diplomates de différentes origines. Cela signifie aussi que les 2 options mises sur la table par Catherine Ashton – QG permanent ou amélioration du système existant – restent sur la table.

L’OpsCenter activé dès janvier, ce que cela signifie

.../...

 

Voir la suite de cet article sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%e2%80%93-exercices-ue/accord-sur-la.html

 

Voir le texte officiel des conclusions (en anglais) : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/EN/foraff/126504.pdf

 

Voir également : Sous l'impulsion d'Alain Juppé et de Gérard Longuet, la France revient en force sur les grands dossiers de la politique de défense et de sécurité commune de l'UE





 

 

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 14:26

La décision devra formellement être entérinée par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles les 30 novembre et 1er décembre prochain. Mais elle a été avalisée au comité militaire de l’Union européenne (CMUE) qui s’est tenu hier (mardi). Le général français de l’armée de l’air, Patrick de Rousiers, devrait bien être le prochain président du Comité militaire de l’Union européenne. Fonction qu’il exercera à compter d’octobre 2012. Aucun pays ni aucun chef d’Etat-Major n’a présenté de candidature. Et la candidature du Français a paru s’imposer à tous.

Actuellement inspecteur général des armées (depuis septembre 2010), il a surtout été le chef de la représentation militaire de la France auprès de l’UE à un moment-clé, celle de la présidence française. Et y a laissé un excellent souvenir. Il assure aussi le retour de la France au commandement intégré de l’OTAN, et cumulera à partir de 2009 la fonction de chef de la représentation militaire à l’UE comme à l’OTAN (la France met ainsi fin à une exception dans le panorama bruxellois). Il avait été aussi un temps candidat à l’Agence européenne de la Défense (quand la France avait plusieurs fers au feu, le ministère de la Défense et les Affaires étrangères présentant plusieurs candidats).

Né en 1955 à Dijon (Côte d’Or), de Rousiers suit la promotion 1975 «Capitaine DUTHOIT » de l’Ecole de l’air et est breveté pilote de chasse en 1979. Il commande l’escadron de chasse « La Fayette » de Luxeuil (1986-1988), la base aérienne 133 de Nancy (1999). En 2002, il est l’adjoint au major-général de l’Etat-major des armées, chef du bureau « études et stratégie militaire générale », puis en 2004, chef de la division « Euratlantique ». En 2006, il prend le commandement de la Défense aérienne et des Opérations aériennes, avant de prendre la direction de Bruxelles.

 

Cet article a été préalablement publié sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/le-general-de-rousiers-au-comite-militaire-de-lue.html




Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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