Dans les années 1995-2005, qui n'a pas été séduit par cette 'troisième voie' expérimentée par les gouvernements travaillistes de Tony Blair et de Gordon Brown ?
Cette troisième voie avait pour ambition de moderniser le socialisme européen en réconciliant libéralisme économique et justice sociale. Elle s'est attachée à distinguer 'services d'intérêt général' (SIG) et 'services d'intérêt économique général' (SIEG), de manière à les envisager selon des modalités économiques et réglementaires différenciées.
Or, indubitablement, la 'troisième voie' des travaillistes britanniques a failli !
Pour preuves d'abord l'état des finances publiques du Royaume-Uni, ensuite celui des services publics d'antan dans les secteurs hospitalier ou des transport, enfin, le taux de la population qui se trouve dans une situation extrêmement précaire, ... et la parité de la Livre-sterling par rapport aux grandes monnaies internationales !
Cette troisième voie est-elle condamnée elle aussi alors même que le socialisme d'antan comme le capitalisme spéculatif se meurent à petit feu ?
Si cette 'troisième voie' recèle encore des ressorts suffisants pour offrir aux Européens les moyens d'un sursaut, ce ne saurait être en prenant appui sur l'expérimentation britannique !
Or il existe une autre conception de cette troisième voie qui a d'ores et déjà fait l'objet d'expérimentations convaincantes : celle que proposent les Pays scandinaves !
Des expérimentations qui produisent des résultats positifs, que ce soit sur le plan économique ou sur le plan social !
Au point même que nombreux sont les autres pays de l'UE qui envisagent de reproduire tout ou partie de ce modèle au moment même où leurs économies sont particulièrement fragilisées ; et ce, indifféremment des couleurs politiques affichées !
L'Union européenne est elle-même interpelée !
Et l'eurozone plus encore, elle dont le taux de croissance et le taux de chômage sont moins bons que dans les pays scandinaves qui se maintiennent en dehors de son champ !
Un test s'offre à l'UE pour évaluer sa volonté et sa capacité à repenser cette troisième voie sur des bases appropriées à la conjoncture économique et sociale : celui des services d'intérêt général.
Or, en la matière, le scepticisme est actuellement de mise quant à la volonté ou à la capacité de l'UE de garantir la pérennité, la qualité et l'accessibilité de ces services alors même qu'ils agissent comme des stabilisateurs automatiques particulièrement utiles en situation de crise économique, financière et sociale.
S'agissant plus particulièrement des 'services sociaux d'intérêt général' (SSIG), la situation semble des plus critique !
En tout cas, c'est ce que considèrent, et à l'unisson, la Confédération européenne des syndicats (CES), le Comité des Régions (CdR) et le Comité économique et social européen (CESE).
Pourtant, la Commission européenne considère que l'UE ne fragilise pas les services sociaux mais vise simplement à permettre leur mise en oeuvre au meilleur coût pour la collectivité. Il en va parfois du maintien même de ces services. L'ambition de la Commission est :
(1) de simplifier la vie des collectivités et de leurs contractants ;
(2) de mettre l'accent sur la qualité des services publics et sur leur accessibilité à tous ;
(3) d'élargir la problématique en s'intéressant à de nouvelles démarches visant au soutien de l'inclusion, l'idée étant de faire du marché unique lui-même un instrument de plus grande cohésion sociale.
Elle estime qu'il faut développer une économie sociale de marché qui fonctionne au plus près des citoyens. Une économie qui n'oppose pas le marché et le social mais qui les fait aller de pair ; une troisième voie européenne en quelquesorte !
C'est dans cet esprit qu'elle prépare son pacte pour le marché unique.
Elle appelle les Européens à se saisir du sujet, à se l'approprier.
Dont acte !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

