UE, UEO, OSCE, sécurité & défense

Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 17:47

Si l'on en croit les experts, l'opération libyenne aurait porté un coup fatal à la politique commune de sécurité et de défense (PSDC) de l'Union européenne : ce qui marche ce sont les coalitions de "volontaires", la coopération franco-britannique et l'OTAN, mais pas l'Europe, trop divisée. Près de vingt ans après la crise balkanique qui avait provoqué un sursaut européen avec une série d'initiatives communes, l'Union européenne de la sécurité et de la défense, en perte de vitesse, semblerait incapable de surmonter cette nouvelle crise.

Le manque d'unité politique au sein des vingt-sept Etats membres, une certaine culture de la démilitarisation et la volonté de jouer cavalier seul ont eu raison de cette impulsion. Aucune nouvelle opération militaire ni mission de police n'a été lancée depuis plus de deux ans, malgré les acquis du traité de Lisbonne. Ce ne sont pourtant pas les crises qui manquent. La région du Sahel en est un cas d'école, avec des menaces immédiates, illustrées par les prises d'otages, et des problématiques de plus long terme, tels que les flux migratoires, la sécurité alimentaire et l'instabilité institutionnelle. On sait ce qu'il faut faire et les plans d'action sont prêts. Ils articulent sécurité et développement au travers d'actions d'assistance, de formation de civils et de militaires, de fourniture d'équipements, de reconquête des services publics et d'aide au développement. Mais ces plans restent dans des cartons. Décidément, la politique a des raisons que la raison ne semble pas connaître.

La bonne nouvelle est que le contexte politique est susceptible de changer. Le Royaume-Uni a besoin de développer un agenda européen plus positif pour contrebalancer ses demandes de désengagement dans le domaine social. Il pourrait choisir d'adopter une attitude plus entreprenante en matière de sécurité commune et de relations extérieures. Marquée par l'opération libyenne, l'Allemagne ne pourra échapper à un rôle stratégique à la mesure de sa stature de géant économique, et qui s'inscrira dans l'UE.

La France doit, quant à elle, clarifier les ambiguïtés d'une position en faveur d'une PSDC ambitieuse, mais aussi séduite par la dynamique des coopérations bilatérales et par le retour au sein du commandement de l'OTAN.

De leur côté, les institutions européennes se mobilisent et sont attentives à l'érosion possible de la crédibilité de l'UE sur la scène internationale, comme l'a rappelé le président de la Commission dans son discours à Berlin le 9 novembre. Enfin, les Etats-Unis se font de plus en plus pressants, car ils veulent partager le fardeau financier des dépenses de sécurité et attendent de l'Europe qu'elle prenne ses responsabilités, comme l'ont rappelé récemment Robert Gates et Léon Panetta, les deux derniers secrétaires américains à la défense.

93 milliards d'euros

Les progrès que l'Europe économique fait sous la pression de la crise de la dette montrent le chemin à suivre pour relancer et renforcer la PSDC. Une intégration accrue est nécessaire si l'on veut tirer les leçons du passé. Les axes d'action possibles ne manquent pas mais sans une communautarisation de la PSDC, une "européanisation" de la mise en commun des moyens militaires et l'élaboration d'une nouvelle stratégie européenne de sécurité et de défense, il sera difficile de faire un réel saut qualitatif.

Le renforcement de la base industrielle européenne de défense est également indispensable et indissociable du volet politique. L'industrie européenne de défense pèse 93 milliards d'euros, 30 % de la production mondiale et près de 400 000 emplois. Mais elle souffre des restrictions budgétaires - les dépenses militaires de l'UE sont passées de 3 à moins de 1,7 % du PIB en trente ans.

Le président de la Commission vient de demander à Michel Barnier et à Antonio Tajani d'animer un groupe de projet au sein de la Commission dont l'objectif est d'explorer les options possibles pour rendre l'industrie européenne de défense et de sécurité plus forte et plus compétitive. Ce chantier permettra à la Commission de mobiliser tous les instruments de sa boîte à outils politique industrielle, marché unique, financement de technologie et d'innovation, et d'alimenter le dialogue et la coopération avec l'Agence européenne de défense, autre acteur-clé dans ce domaine.

Enfin, rien de durable ne pourra être effectué sans un renouvellement du discours politique sur la nécessité pour l'Europe d'utiliser toutes les cordes à son arc diplomatique, y compris la force.

Dans un monde globalisé dans lequel chaque acteur défend ses intérêts et ses valeurs bec et ongles, il ne faut pas être naïf. Il s'agit de la capacité de l'Europe de défendre la sécurité et la prospérité de ses citoyens.


Les opinions présentées dans cet article n'engagent pas la Commission européenne.

 

Eric Peters est conseiller au bureau de politique européenne du président de la Commission européenne (BEPA)

 

Voir également :

 * Une task force "défense" est créée au sein de la Commission européenne

 * Sous l'impulsion d'Alain Juppé et de Gérard Longuet, la France revient en force sur les grands dossiers de la politique de défense et de sécurité commune de l'UE

 * Financer la défense par des fonds communautaires. Une idée qui sent le soufre, par Nicolas Gros Verheyde (Bruxelles2.eu)

 * Il est plus que temps de rationaliser les dépenses d'équipements militaires des Etats européens surendettés ! 

 * "La contraction des budgets de défense va relancer les coopérations", par Patrick Bellouard (La Tribune)  

 * Quelle est la véritable stratégie du Royaume-Uni ? Ne joue-t-il deux partitions sur les dossiers internationaux : celle de Londres et celle de C. Ashton ! (nouvelle édition)

 * Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) - première partie -

 * Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) - seconde partie - 

 

  

 

Par De La Boisserie - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 07:33

L'Occar, qui gère une partie des programmes d'armement réalisés conjointement à plusieurs pays européens, fête ses dix ans d'existence. Son patron, Patrick Bellouard, regrette la frilosité des Européens en matière de coopérations.

L'Occar a dix ans. Quel bilan tirez-vous ?

L'Occar a démontré avec succès toute son utilité dans la gestion et le suivi des programmes d'armement réalisés en coopération à plusieurs pays qui lui ont été confiés depuis dix ans. Notre fierté est d'avoir contribué aux réussites opérationnelles de plusieurs grands systèmes d'armes dont certains sont déjà présents en Afghanistan comme l'hélicoptère de combat Tigre (France) et le système Cobra (Grande-Bretagne), et d'autres très prochainement comme le véhicule blindé Boxer (Allemagne). En 2012, la version allemande du Tigre (UHT) devrait également être déployée en Afghanistan. Par ailleurs, les programmes FSAF (famille de missiles de défense aérienne) et Fremm (frégates multimissions) se déroulent comme prévu. Côté français, la Fremm a effectué avec succès un mois d'essai à la mer tandis que côté italien la mise à l'eau est prévue en juillet.

 

Pour autant, l'A400M a longtemps été menacé d'un échec retentissant. Quelles leçons avez-vous tirées de ce psychodrame européen ?

Le programme A400M sera sans aucun doute une grande réussite. Nous n'avons pas de problèmes particuliers sur le développement de cet avion. Les quatre appareils ont accumulé à fin mai 1.600 heures conformément au nouveau calendrier défini entre AMSL, l'Occar et les sept pays clients. Nous livrerons le premier avion dans sa version initiale à la France fin 2012, début 2013 et la dernière version (sur les cinq) sera livrée à partir de 2018. Quelles leçons avons-nous tirées ? Nous avons accordé une trop grande confiance à l'industriel à la signature du contrat commercial initial. Nous avons voulu innover sur le plan de la contractualisation et nous sommes allés trop loin dans la flexibilité. Nous n'avions pas de visibilité sur ce qui se passait chez l'industriel. C'est pourquoi nous avons exigé, à l'image des autres programmes militaires que nous gérons, d'avoir une meilleure visibilité chez l'industriel sur la gestion de l'A400M, sans pour autant perdre les avantages de l'approche commerciale.

 

Qu'avez-vous mis en place pour une meilleure gestion ?

Nous avons des points de rendez-vous réguliers. Le reporting est plus précis, plus complet. Il y a maintenant une très bonne coopération entre l'équipe OCCAR et l'équipe d'AMSL (Airbus Military Sociedad Limitada). Nos équipes travaillent de façon bien plus intégrée dans tous les domaines : le développement et la gestion, le suivi des essais en vol, la mise en route de la production et la préparation du soutien en service. Sans être intrusif, nous avons aujourd'hui une meilleure visibilité sur le programme et nous pouvons déceler rapidement les aléas qui peuvent surgir. Et contrairement à ce qui a été dit, l'avion n'est pas trop compliqué à développer et toutes les spécifications, à l'exception d'une seule option sur le Flight Management system, ont été gardées.

 

N'êtes-vous pas déçu par le peu de programmes réalisés en coopération et confiés à l'Occar ?

Les Etats ne lancent pas beaucoup de nouveaux programmes en coopération. Le repli sur soi ne me semble pas une bonne stratégie sur le long terme même s'ils le font pour préserver certaines de leurs activités. Sur les 50 milliards d'euros d'investissements annuels des pays européens en matière d'armements, le montant des programmes réalisés en coopération s'élève à 9 milliards d'euros. Soit moins de 20%. Sur ces 9 milliards, l'Occar en gère environ trois milliards. C'est une proportion faible mais elle devrait augmenter avec la contraction des budgets de défense. Car l'Occar permet de réduire les duplications et assure une meilleure rationalisation industrielle et opérationnelle. L'Italie et la France ont d'ailleurs récemment confié à l'Occar le programme satellitaire Musis.

 

Pourquoi les programmes en coopération sont-ils aussi peu nombreux ?

Il existe un déphasage au plan calendaire et budgétaire dans le lancement des programmes dans les différents pays. Il y a également une réelle difficulté à faire converger les besoins des armées européennes. Enfin, les industriels se livrent parfois à une compétition féroce qui nuit à la mise en place de programmes en coopération. Et la dispersion des moyens industriels (trois avions de combat européens...) ne facilite pas non plus la coopération.

 

En même temps, le NH90, un des programme phares de la coopération européenne, a été confié à une agence de l'Otan, la Nahema.

Dans le cadre de la restructuration de ses agences de programmes, l'Otan pourrait étudier le transfert à l'Occar de la gestion de ce programme. Cela aurait une certaine logique.

 

L'Agence de défense européenne (AED) est-elle en concurrence avec l'Occar ?

Non, les deux organisations sont complémentaires et partenaires. L'AED travaille en amont en identifiant les besoins capacitaires et les possibilités de coopération entre les pays. Elle n'a pas vocation à gérer les programmes à l'exception de certains projets de R&D et d'étude de réduction des risques. Nous avons convenu d'éviter strictement les duplications et de nous focaliser sur ce que les deux organisations peuvent apporter chacune de plus efficace aux nations. Avec le programme Essor (Software Defined Radio), nous avons montré un bon exemple de complémentarité.

 

L'axe franco-britannique est-il une menace pour l'Occar ?

Ce n'est pas du tout une menace. L'Occar sait aussi bien accompagner une coopération bilatérale que multilatérale. Nous sommes les mieux placés pour gérer des programmes franco-britanniques. D'ailleurs, la France et la Grande-Bretagne devraient confier prochainement à l'Occar un démonstrateur portant sur la lutte contre les mines maritimes. A terme, il devrait déboucher sur un programme destiné à succéder aux actuels chasseurs de mines.

 

Quel est l'avenir de l'Occar ?

L'une des grandes idées fortes pour pérenniser l'Occar est de s'occuper de la gestion des programmes tout au long de leur vie c'est-à-dire d'être en charge non seulement des phases de développement et de production, mais également du soutien en tant que maître d'ouvrage pour le compte des Etats. C'est déjà le cas pour des programmes comme le Tigre et le Cobra, et bientôt pour les missiles de défense aérienne (FSAF) et pour l'A400M. La France et la Grande-Bretagne, qui ont une approche commune, ont l'intention de confier à l'Occar le soutien des A400M. La Turquie nous consulte. L'Espagne et la Belgique sont moins pressées. Enfin, l'Allemagne n'a pas encore complètement défini sa politique sur ce dossier.

 

Si l'Occar obtenait la gestion d'un futur programme d'avions de combat, elle aurait une plus grande légitimité...

Bien sûr il serait très important que l'Occar soit partie prenante d'un tel programme sur le long terme ... mais ce n'est certainement pas pour demain. Il nous faudra déjà être présents au moment des étapes intermédiaires, par exemple dans le développement d'un Ucav à la suite des démonstrateurs européens en cours de développement. En outre, nous participons aux discussions dans le cadre de l'AED en vue de la mise en place d'une formation commune des pilotes d'avions de combat.

 

Patrick Bellouard est le directeur de l'Occar

 

Source : La Tribune.fr (Propos recueillis par Michel Cabirol)

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 21:09

Trois thinks tanks se sont regroupés pour présenter des propositions pour la coopération en matière de défense dans le cadre du triangle de Weimar (France, Allemagne, Pologne). Jean-Pierre Maulny (IRIS), Marcel Dickow et Hilmar Linnenkamp (SWP), et Marcin Terlikowski (PISM) viennent de publier « Weimar Defence Cooperation – Projects to Respond to the European Imperative » Document qui a fait l’objet d’une discussion à Varsovie lundi (14 novembre). Ces trois centres de recherche ont voulu montrer trois projets concrets – hors ceux déjà engagés (comme les hélicoptères) – qui permettraient aux trois pays d’unir leurs efforts, à court, moyen ou plus long terme. Une initiative que je trouve très intéressante car loin des analyses générales, elle s’attache à trouver des projets concrets, à mettre en oeuvre plus en rapidement.
Le renforcement des battlegroups est le premier d’entre eux. La création du Weimar Battlegroup à titre semi-permanent serait efficace, selon eux. Avec une spécialisation des fonctions : le soutien médical aux Français, la logistique aux Allemands, le système C3 (commandement, contrôle et communications) resterait effectué en coopération. Mais le but du trio de Weimar est d’avoir « des éléments intégrés pour bâtir graduellement une architecture C3 commune » dans le cadre du projet « battlegroup Plus ». On pourrait même envisager – explique un officiel polonais – que le commandement du FHQ à Ulm soit quasi-permanent. Les auteurs estiment que cette coopération devrait être supportée par un « petit secrétariat ».
2e projet : une plateforme commune pour les avions sans pilote (MALE). Projet d’avenir mais sensible quand on sait que les Français et Britanniques ont commencé une coopération sur le sujet. Mais l’utilité d’un UAV ne saurait se limiter aux aspects militaires. Il pourrait aussi être utile dans la sécurité : surveillance des frontières notamment (une étude de concept est déjà engagée sur ce point à l’agence européenne de défense) ou reconnaissance lors de catastrophes naturelles ou technologiques (on pense à l’accident nucléaire de Fukushima).
3e projet : les blindés. Sujet aussi épineux. On comptait jusqu’à peu 23 projets différents pour 27 Etats membres. Autant dire une pléthore qui ne pourra pas durer éternellement. Les Allemands veulent acheter le Puma, la France a développé le VCBI et la Pologne veut remplacer ses BMP1 post-soviétiques par un nouvel AFV. Mais personne ne semble vouloir renoncer à ce qui pourrait faire son industrie de demain. Le « terrestre » est un sujet auxquel tiennent les Polonais qui ont, eux aussi, une industrie qu’ils voudraient bien préserver. Là aussi il y a une opportunité, estiment les auteurs de la note. Le temps du « je peux le faire tout seul » paraît révolu. Les gouvernements du triangle de Weimar devraient proposer l’établissement d’un groupe de coordination stratégique sur les véhicules blindés, estiment les auteurs de la note.
Télécharger le document

 

Source : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%E2%80%93-exercices-ue/trois-projets-concrets-pour-les-weimar.html

 

Voir également : La crise économique atteint les budgets de défense. Le Parlement sonne l’alarme



 



Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 20:58

Quel impact la crise économique a sur les budgets de défense ? La question hante tous les militaires et les industriels du continent. Sans aucune exception. Car aucun pays ne semble épargné par les reports ou suppressions d’investissements, fermeture de casernes, diminution des effectifs quand ce n’est pas le licenciement sec ou la fin de contrats de plusieurs centaines de militaires, civils ou contractuels, sans oublier les répercussions pour l’emploi dans l’industrie. La question suscite aussi de l’inquiétude au Parlement européen qui doit adopter un rapport d’initiative, préparé par le polonais de la plate-forme civique, Krzysztof Lisek, et qui sera adopté en commission ce 17 novembre (en plénière en décembre). Le parlement s’inquiète « des coupes sans précédent opérées dans les budgets de la défense, trop souvent mises en œuvre au coup par coup, avec peu ou pas de coordination avec les partenaires de l’UE ou de l’OTAN ». Ces coupes budgétaires non coordonnées « risquent d’entraîner la perte totale de certaines capacités militaires en Europe ».

Un rappel au règlement

Le Parlement s’alarme également de « l’actuelle dépendance disproportionnée vis-à-vis des États-Unis dans les affaires liées à la défense » Les USA contribuent à 75% des dépenses de défense totales de l’OTAN, précise-t-il. Les États membres dépensent collectivement environ 200 milliards d’euros par an pour la défense, « soit à peine un tiers du budget américain de la défense ». Il appelle ainsi tous les États membres de l’Union à « assumer pleinement leur part de responsabilité dans la paix et la sécurité de l’Europe, de son voisinage et du monde dans son ensemble ». Chaque Etat s’est engagé « dans le Traité et dans les conclusions du Conseil européen notamment, à renforcer leurs capacités militaires ».

Seul moyen : changer de méthode, travailler plus en commun

Pour les eurodéputés, la seule « façon d’aller de l’avant » repose sur « une coopération accrue ». Ils proposent de mettre en place une nouvelle démarche : une meilleure coordination de la planification de la défense, ce qui inclut l’harmonisation des exigences militaires, la mise en commun et au partage de certaines fonctions et moyens, une coopération améliorée dans la recherche et le développement technologique, la collaboration et de la consolidation industrielles, l’optimisation du processus de passation des marchés et à la suppression des entraves au marché. L’Union européenne ayant en la matière « des outils et des mécanismes qui peuvent aider les Etats membres à atteindre cet objectif », notamment en « identifiant les domaines qui pourraient bénéficier de fonds européens accrus ».

Un semestre européen de la défense

Le Parlement demande aux Etats de procéder à des « examens systématiques de la sécurité et de la défense selon des critères et un calendrier communs ». Mais pas seulement. Il veut aller plus loin et suggère d’en faire un « exercice régulier lié aux procédures budgétaires, à l’instar d’un « semestre européen » des examens de la sécurité et de la défense » à l’image de ce qui se fait en matière économique et sociale. Dans l’esprit des parlementaires, c’est l’Agence européenne de défense qui aurait un rôle moteur dans cet exercice.

L’agence européenne de défense chargée de définir l’utile et l’inutile

Dans une première étape, les États membres soumettraient « pour avis » leur projet d’examen de la sécurité et de la défense nationales à l’Agence, laquelle les évaluera à la lumière du plan de développement des capacités, des plans des autres États membres et des initiatives pertinentes de l’OTAN; estime qu’à très court terme, l’AED pourrait également jouer un rôle important dans la définition des priorités en matière de capacités et dans l’identification des « répétitions inutiles au niveau des capacités des États membres ».

Supprimer le superflu

La prochaine étape pourrait passer par « un processus de consultations mutuelles des États membres en vue d’harmoniser leurs exigences militaires ». Le Parlement estime que les États membres devraient profiter « de ce processus pour évaluer également les surcapacités existantes, surtout en ce qui concerne les ressources matérielles et humaines moins prioritaires sur le plan opérationnel ».

La Mise en commun n’est plus un choix

Le Parlement se montre « fermement convaincu que la mise en commun et le partage des capacités ne sont plus une option, mais une nécessité ». Il estime que plusieurs secteurs peuvent être au coeur de cette mise en commun : « le transport stratégique, du soutien logistique, la maintenance, les capacités spatiales, le soutien médical, l’éducation et la formation ». Tout comme les Etats ont intérêt à rechercher en commun comment résoudre les déficits de capacités : le ravitaillement en vol, la surveillance maritime, les véhicules aériens sans pilote (UAV), la protection CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire), la lutte contre les engins explosifs improvisés, la communication satellitaire, les capteurs et plateformes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (RSR) et les systèmes de combat et d’information.

Plusieurs modèles existent pour cette coopération, détaille le rapport qui ne se contente pas de généralités mais donne quelques exemples concrets qui pourraient/devraient être mis en coopération :

- la propriété conjointe (à l’image de Galileo, par exemple les capacités spatiales, les drones, les avions de transport stratégique) ;

- la mise en commun de moyens détenus nationalement (à l’image de l’EATC, par exemple hélicoptères de transport, les avions de patrouille maritime et les moyens d’évacuation par mer) ;

- la mise en commun de l’acquisition de biens (à l’image de l’A400M) ;

- le partage des rôles et des tâches (par exemple, les académies militaires, les installations d’essai et d’evaluation et des installations de formation des pilotes, les unités CBRN les avions sanitaires).

.../...

Voir la suite de cet article sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/la-crise-economique-atteint-les-budgets-de-defense-le-parlement-sonne-lalarme.html

 

Voir également :

 * Il est plus que temps de rationaliser les dépenses d'équipements militaires des Etats européens surendettés !

 * Trois projets concrets pour les « Weimar », par Nicolas Gros Verheyde (Bruxelles2.eu)

 * Avis budgétaire de F. Cornut-Gentille sur les crédits d’équipement des forces armées et de la dissuasion pour 2012





Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 22:59

C’est un rapport critique que devrait adopter prochainement le Parlement européen sur les dépenses en Afghanistan. Rédigé par le député allemand, Jens Geier (Sociaux et Démocrates), un projet de rapport a été adopté par la commission du contrôle budgétaire jeudi (10 novembre). Ce n’est pas la première fois que le Parlement européen est critique sur l’action européenne en Afghanistan. On se souvient que l’Italien Pino Arlacchi (du même parti des Sociaux et Démocrates) avait produit un rapport, très acéré, pronant une « Nouvelle stratégie en Afghanistan ». Que dit-il ? « Les mesures actuelles pour gérer les fonds de l’UE en Afghanistan sont inappropriées. » Mais si « certaines conditions préalables étaient respectées », ce serait mieux.

L’Afghanistan = 2 milliards d’euros depuis 2002

L’aide versée à l’Afghanistan par l’Union européenne n’est, en effet, pas négligeable. Le pays fait même partie des principaux bénéficiaires de l’aide civile au titre du budget européen : plus de 2 milliards d’euros ont ainsi été engagés et plus de 1,8 milliard d’euros déjà versés depuis 2002 au titre de l’aide au développement et d’aide humanitaire. Le problème est que ces fonds sont, dans une large mesure, acheminés par des organisations des Nations unies. Or, celles-ci jusqu’à peu étaient plutôt réticentes à la communication.

Peu de contrôle, peu d’audit, ou alors peu accessible

Ce n’est que récemment que quelques agences de l’ONU ont décidé d’octroyer l’accès de ces rapports d’audit interne aux institutions de l’Union européenne, mais seulement dans les locaux des agences. « ce qui complique toute tentative de les utiliser correctement », souligne le rapporteur Jens Geier (socio-démocrate allemand).

La commission parlementaire s’est montrée particulièrement préoccupée par l’absence d’indépendance du bureau afghan de contrôle et d’audit, qui est étroitement lié à l’administration afghane, ce qui entrave sérieusement l’octroi d’une aide budgétaire directe. « Le gouvernement américain a appris ses leçons à ses dépens. Aujourd’hui, après avoir mis en place des systèmes de gestion et de contrôle dans certains ministères afghans, l’aide budgétaire directe commence à porter ses fruits », a déclaré le rapporteur. Pourquoi pas l’Europe, pourrait-on dire.

Des conditions sévères requises

La commission parlementaire appelle la Commission européenne à fixer des conditions rigoureuses et clairement définies ainsi que des objectifs clairs et mesurables, pour le versement de l’appui budgétaire. « Un soutien budgétaire direct permettrait au gouvernement de la République islamique d’Afghanistan de se doter des capacités à long terme dont il a besoin d’urgence », plaide le rapporteur.

Quant à aller vérifier sur place comment l’argent est dépensé, c’est une illusion… On doit donc croire sur parole que tout a été bien dépensé. Ce qui est tout le dilemme de l’engagement international en Afghanistan : continuer de donner pour soutenir le pouvoir, quitte à avoir une déperdition (plus ou moins importante), aller vérifier sur place (au risque de la vie) ou cesser les financements.

(*) ce rapport devrait être débattu et voté à la session plénière en décembre.

 

Pour accéder au rapport, voir l'article sur le blog de l'auteur : http://www.bruxelles2.eu/orient-asie/orient-afghanistan-pakistan/afghanistan-on-depense-sans-compter.html

 



 


 

 

Par ERASME - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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