Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 15:36

L'Iran annoncera prochainement de "très importantes" avancées dans son programme nucléaire, a promis samedi 11 février 2012 le président Mahmoud Ahmadinejad dans un discours prononcé à l'occasion du 33e anniversaire de la Révolution islamique.

Aux cris de "Mort à Israël ! Mort aux Etats-Unis!", des dizaines de milliers d'Iraniens agitant des drapeaux de la République islamique et brandissant des portraits du guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, ont participé aux célébrations organisées dans tout le pays.

"Dans les jours qui viennent, l'Iran annoncera au monde ses réussites nucléaires très importantes et d'une très grande portée", a déclaré le président dans ce discours prononcé place Azadi (Liberté) à Téhéran et retransmis en direct à la télévision.

Ismaël Haniyeh, qui dirige les autorités du Hamas palestinien dans la bande de Gaza, était présent.

La publication en novembre d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique qui conclut à l'existence d'un volet militaire dans les recherches nucléaires iraniennes a amené les puissances occidentales à durcir leurs sanctions.

Après les Etats-Unis en décembre, les Etats membres de l'Union européenne se sont entendus fin janvier pour boycotter le pétrole iranien à compter du 1er juillet. L'UE représentait 25% des exportations iraniennes au troisième trimestre 2011.

Israël, qui considère le programme nucléaire supposé de Téhéran comme une menace pour sa survie, n'a pas exclu une frappe militaire contre l'Iran. La République islamique a promis dans ce cas une riposte "douloureuse" qui viserait Israël et les bases américaines dans le Golfe. Elle a aussi menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, par où transitent plus de 35% du pétrole transporté par voie maritime à travers le monde.

"PRÊTS À NÉGOCIER"

"Si nous sommes attaqués par le régime sioniste, nous réduirons celui-ci en poussière", a déclaré l'un des chefs des Gardiens de la révolution, Mohammad Shirdel, à l'agence de presse Fars. "Des milliers de nos missiles viseront Israël et les quarante bases américaines dans la région."

Mahmoud Ahmadinejad, dans son discours, a réaffirmé que l'Iran était favorable à de nouvelles discussions sur son programme nucléaire. Les entretiens sont bloqués depuis un an en raison du refus de Téhéran de mettre fin à l'enrichissement d'uranium.

"Ils disent qu'ils veulent négocier. Cela nous va parfaitement, nous avons toujours été prêts à discuter sur la base de la justice et du respect mutuel", a dit le président iranien. "La nation iranienne ne déviera pas de son chemin", a-t-il toutefois souligné.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui s'est récemment rendu à Téhéran, a déclaré vendredi que l'Iran avait accepté une reprise des discussions sur le nucléaire. Un diplomate représentant l'un des cinq pays membres permanents au Conseil de sécurité a toutefois indiqué n'avoir perçu aucun signe d'une reprise des négociations.

Les autorités iraniennes minimisent l'impact des sanctions économiques mais le parlement envisage de riposter en interdisant les exportations de pétrole iranien vers l'Union européenne.

"Je le dis clairement: vous (Occidentaux) pouvez continuer à tenir ce discours d'intimidation et de menace mais jamais notre nation ne se courbera devant vous", a assuré Ahmadinejad.

Selon les analystes, les sanctions internationales touchent le secteur pétrolier, vital pour l'économie iranienne, provoquant une baisse de la production et des exportations qui devrait encore s'accélérer.

L'IMPACT DES SANCTIONS

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a révisé à la baisse ses prévisions pour le sixième mois consécutif en raison de la détérioration de la conjoncture économique, la demande pétrolière mondiale augmentera de moins de 1% en 2012.

L'AIE estime que le marché mondial semble disposer d'une "flexibilité suffisante en matière d'offre" pour faire face à l'impact potentiel des sanctions visant le secteur pétrolier iranien.

Malgré les conséquences des sanctions et un taux d'inflation de plus de 20%, Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que l'économie iranienne était "florissante". "Nous avons mis de côté 30 milliards de dollars pour les mauvais jours. Les exportations iraniennes hors pétrole dépasseront 43 milliards de dollars en mars. Les importations ont baissé de 5% ces dix derniers mois."

"Nous étions des importateurs de fioul, maintenant nous sommes parmi les principaux exportateurs de fioul et de produits pétroliers", a-t-il dit.

A quelques semaines des élections législatives du 2 mars et face aux sanctions décidées par les Etats-Unis et l'Union européenne, l'Iran a commencé à proposer des paiements en or ou des accords de troc -pétrole contre nourriture- pour se procurer des denrées.

Selon des courtiers en matières premières, l'Iran éprouve des difficultés, depuis le début de l'année, à assurer ses importations de riz, d'huile de cuisine, de nourriture animale ou de thé. Des cargaisons de céréales ont été retenues dans des ports, les vendeurs refusant de décharger les cargaisons s'ils n'ont pas été payés.

L'effondrement du rial, la monnaie iranienne, face au dollar en conséquence du renforcement des sanctions, a provoqué une flambée du prix de denrées comme le riz, le pain ou la viande qui a doublé ces derniers mois.

 

Source : Reuters

 

Par De La Boisserie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 15:05

François Hollande a présenté samedi au forum Futurapolis, à Toulouse, ses propositions pour la recherche et l'innovation et a proposé d'accélérer le grand emprunt de Nicolas Sarkozy.

Le candidat socialiste à la présidentielle a estimé que l'on constatait "au final peu de retombées directes du grand emprunt dans le domaine de la recherche".

"Je veux continuer ce qui a été engagé avec le grand emprunt. Il manque aujourd'hui 20 milliards d'euros qui ne sont que des promesses", a-t-il dit.

Soulignant que "sur la manière, faire le grand emprunt n'était pas le meilleur moyen pour rassurer les marchés", François Hollande a néanmoins dit vouloir aller de l'avant.

"Donc moi, je vais continuer, aller plus vite, accélérer le versement", a-t-il dit.

Sur la question du crédit impôt-recherche, François Hollande a assuré que celui-ci a "connu un développement appréciable, avec à la clé un avantage fiscal de 5 milliards d'euros".

Il a estimé qu'il fallait désormais "recentrer le dispositif en direction des petites entreprises, qui en sont souvent privées".

Pour le candidat socialiste, le gouvernement actuel "a aggravé la complexité en matière de recherche" et "le lien est désormais distendu entre la recherche et l'université."

"Que de temps perdu avec les évaluations! Il faut de la liberté, laisser du temps", a-t-il dit.

François Hollande a précisé sa conception d'une science humaniste.

"Peut-on laisser la recherche se faire sans limites? Je veux réaffirmer la confiance dans la recherche et dans la science. C'est un devoir d'expliquer que la science est au service de l'humanité mais il faut mettre également des règles éthiques", a-t-il dit.

Interrogé sur le pessimisme supposé des Français et leur manque de confiance dans l'avenir, François Hollande, sous forme de boutade, a lancé : "Qui vous a mis dans cet état là?", déclenchant des rires dans le public.

"Nous vivons un sentiment de déclin. Mais le rêve français, c'est que la génération qui vient vivra mieux que nous. Et cela vient par l'innovation, la matière grise", a-t-il assuré.

François Hollande a ensuite décliné ses priorités en matière de recherche s'il était élu, à savoir les sciences de la vie, la recherche de nouveaux médicaments et de nouveaux vaccins.

Il a également cité l'enjeu numérique, pour faire en sorte que "cesse le fait que l'on crée ici en France, et que l'on produise et que l'on fasse des profits ensuite ailleurs".

Le député de Corrèze prône dans ce but une politique plus favorable aux chercheurs français mais aussi étrangers.

"Nous devons garder nos chercheurs ici en France, en créant les conditions favorables, et nous devons accueillir les chercheurs étrangers et ne pas les bloquer pour des histoires de visas", a-t-il dit, faisant allusion à la polémique sur les visas étudiants, que le ministre de l'Intérieur a été accusé de vouloir restreindre.

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : La France en mouvement et en débat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 14:05

Il n’est pas nécessaire de décrire en détail les symptômes d’affaiblissement de l’ambition collective qu’a représentée jusqu’à un passé récent la construction politique de l’Europe. Les signes en sont évidents et se sont accumulés depuis une décennie. On ne peut que les citer sommairement et les analyser pour chercher comment peut survenir un rebond.

Le plus préoccupant est la distance politique qui s’est élargie entre le centre de décision que représente le nom de Bruxelles et les perceptions des centaines de millions de citoyens européens au nom – et en principe dans l’intérêt – de qui s’élaborent et finalement se prennent lesdites décisions.

L’Europe de ces dernières années semble à beaucoup non seulement éloignée (ce qui est inévitable, comme aux États-Unis le nom de Washington symbolise cet éloignement) mais, plus en profondeur, déconnectée de leurs demandes et de leurs problèmes. Les expressions dispersées de tous ceux qui ont vocation à parler en son nom ne semblent plus faire sens, ni se rattacher à un projet vivant.

Dans la vie civique de chacune de nos nations, l’objectif si souvent affiché de « plus d’Europe » n’est plus partagé ; il n’est énoncé, par des acteurs qui y croient, ou se sentent tenus de sembler y croire, que par fidélité à un engagement ancien, et sans nourrir d’illusion sur l’accueil populaire d’un tel appel. Il n’est alors exprimé que comme un rite destiné à contourner des contraintes et rarement assorti de propositions opératoires ouvrant un débat réel. Un « souverainisme » résigné ou méfiant donne le ton aux quatre coins du continent et semble signer un arrêt de l’espoir européen.

Si l’on cherche à classer les facteurs qui ont conduit à ce fort détachement, l’explication première est indéniablement économique. Depuis dix ans,l’Europe, collectivement – avec des exceptions positives dans certains pays ou ensembles régionaux, équilibrées par des poches de dépression –, enregistre une croissance faible : moins de 1,5 % annuel entre 2000 et 2010 pour l’ensemble de l’Union européenne (UE). Cette situation frustrante contraste à la fois avec les signes frappants de la croissance des pays émergents les plus en vue et avec une dynamique passée que beaucoup d’Européens, sans se pencher sur les statistiques, avaient enregistrée au long des décennies dans leurs conditions de vie et leurs mentalités.

L’impact de ce relatif échec sur la vie de nos sociétés, sur la vie de ce qui est aussi notre société européenne, se mesure bien sûr par le chômage et le sous-emploi. La montée de ce mal social est déjà frappante quand on observe les données globalisées de l’emploi. Mais ses effets sociétaux vont plus loin. Le terme de précarisation les résume sommairement. Ce sont non seulement les emplois les moins qualifiés, ou ceux des secteurs les plus concurrencés, qui disparaissent, mais de proche en proche une masse toujours plus étendue d’actifs, salariés ou indépendants, qui se sentent menacés et qui éprouvent un stress croissant dans leur activité professionnelle.

La promesse d’une croissance à peu près régulière, apportant à chacun sa part de progrès, n’est plus tenue.

Comment s’exprime l’inquiétude

L’état défavorable de l’économie européenne alimente depuis des années une masse de commentaires, parfois hâtifs, sur « l’Europe dépassée par la mondialisation et sclérotique face au tonus irrésistible des économies émergentes ». Sans débattre ici du bien-fondé de cette appréciation, martelée dans certains milieux économiques, retenons son versant politique, qui domine les perceptions de millions d’Européens. Chez les salariés du bas de l’échelle, chez beaucoup d’actifs qualifiés aussi, s’est imposée l’idée d’une Europe vouée à passer sous le rouleau compresseur de la concurrence internationale.

Ce pessimisme devenu lieu commun génère déception, voire ressentiment, notamment chez les citoyens des générations de la maturité, qui regardent cette évolution comme un reniement du projet central de l’Union européenne. Faite pour construire un espace unique de production et d’échanges stimulant la croissance de ses membres, elle est devenue à leurs yeux une « zone ouverte à tous vents, où les producteurs émergents sans protection sociale ni règles environnementales viennent détruire des emplois européens ».

Cette représentation est certes sommaire, et l’on conviendra aisément que de larges variations la diversifient selon les nations. Toutefois, même dans les pays dont la compétitivité hors prix a pu sauvegarder les parts de marchés, et dans ceux où les mentalités collectives sont les plus favorables aux échanges ouverts, s’exprime la perception d’une Europe manquant à ses responsabilités pour égaliser les conditions de concurrence et assurer un développement industriel et technologique interne suffisamment tonique.

La globalisation fait en Europe des gagnants et des perdants dans toutes les sociétés. La balance n’est pas égale entre eux et l’affaiblissement de la cohésion sociale qui en résulte est un des facteurs lourds de désaffection de larges couches sociales à l’égard de l’Union et de sa capacité à « remplir le contrat » de la prospérité partagée. L’idée d’« Europe sociale », terme vague pour évoquer telle ou telle forme de progrès social issu d’un accord européen, ne trouve plus à se concrétiser.

Transversalement à ces déficits économiques et sociaux, une autre donnée de société vient creuser les écarts de perception entre citoyens européens. Après une période de progrès dans le domaine de la « citoyenneté au quotidien », marquée notamment par le développement maîtrisé de la libre circulation sous le régime de la convention de Schengen, les chocs de poussées migratoires momentanées et les difficultés d’intégration sociale constatées dans plusieurs pays membres viennent fragiliser l’exercice de cette liberté.

Sur ce fond déjà démotivant se développent les controverses de la vie politique. L’éloignement du centre de décision bruxellois et la complexité de ses processus facilitent (sous le vocable doucereux d’« euroscepticisme ») les stratégies d’inspiration nationaliste, qui réclament le retour d’un maximum de pouvoirs au niveau national, stratégies fondées sur la prétendue capacité de chaque nation à relever ces défis économiques et sociaux sans les autres, voire en jouant contre les autres.

S’il ne s’agissait que de mouvements dits populistes éloignés des responsabilités gouvernementales, leur succès persistant dans les choix électoraux serait déjà un facteur d’affaiblissement du sentiment d’appartenance à l’Europe. Mais se portent à leur renfort nombre de rédactions, principalement de presse écrite, appuyant sur les thématiques émotionnelles et les préjugés pour enjôler un lectorat volage. Lorsque se manifeste une différence politique ou économique entre deux pays européens, une bonne part de la presse, d’un côté ou de l’autre, simplifie le débat ou le déforme en le pimentant de titres et de commentaires frôlant la xénophobie pure et simple.

Un autre facteur vient aggraver cette distanciation critique entre les opinions européennes : l’attitude de beaucoup de gouvernants. [...]

 

Voir la suite de cet article :  IFRI articlealainrichardpe42011 IFRI articlealainrichardpe42011

 

 

Par ERASME - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 14:02

Un nouveau souffle ? Dans l'histoire de l'unification de l'Europe, la tendance fédéraliste a toujours existé. Son histoire est célèbre et facilement accessible, ses promoteurs sont reconnus parmi les acteurs principaux de la construction européenne. Mais la concrétisation de leur rêve ne paraissait jamais vraiment mûre ; elle s'exprimait parfois de façon spectaculaire, mais sans donner l'impression que sa réalisation était imminente ou réaliste ; un rêve, en fait. Et voici que cette tendance semble avoir trouvé aujourd'hui un nouveau souffle, le cercle des partisans s'élargit, avec l'appui de personnalités de premier plan de la politique active, comme Mme Merkel.

Je ne crois pas à des conversions miraculeuses. Cette nouvelle jeunesse du rêve fédéral résulte essentiellement de l'évolution de la zone euro: le Traité sur la discipline budgétaire impose des procédures et des décisions ayant déjà un caractère fédéral, notamment pour les sanctions éventuelles qui se déclencheront automatiquement ; le pays qui ne respecterait pas les règles serait sanctionné sans que des décisions spécifiques soient nécessaires. La gestion de la monnaie européenne implique une réduction radicale de certains aspects des autonomies nationales; c'est dans ce contexte qu'a surgi récemment le malentendu entre certaines autorités allemandes et les autorités d'autres pays de la zone euro, à propos de la mise sous tutelle du gouvernement grec s'il s'éloigne des mesures d'austérité convenues.

Comment présenter un cadre des positions favorables à une évolution fédéraliste de l'UE ? Je retiens, pour simplifier, trois positions qui peuvent synthétiser les orientations actuelles, celles de Mme Merkel, Premier ministre de l'État membre le plus puissant, de M. Verhofstadt, chef de file des parlementaires européen fédéralistes et des mouvements politiques qui se définissent eux-mêmes comme fédéralistes.

Pour Mme Merkel, c'est un objectif à longue échéance. La chancelière fédérale n'a certes pas caché son opinion, car elle s'est exprimée dans des conditions de clarté maximale dans une interview simultanée à six grands quotidiens de six États membres, dont un avait choisi comme titre: « Ma vision, c'est l'Union politique ». En fait, la presque totalité de l'entretien répondait aux questions sur les objectifs et le fonctionnement de l'euro et sur les raisons pour lesquelles il est indispensable à présent que la zone euro soit dotée de pouvoirs contraignants: « Après nous être promis une centaine de fois de réduire les dettes publiques et de consolider les finances publiques, il faut qu'à l'avenir ces mesures puissent être imposées ou obtenues par voie de justice ».(Voir notre bulletin 10539).

Le passage final est consacré à l'avenir institutionnel, en réponse à une question sur les États-Unis d'Europe. « Ma vision est l'Union politique (…) car l'Europe, c'est de la politique intérieure »,a dit Mme Merkel, en précisant sa pensée dans un texte suffisamment bref pour être reproduit tel quel: « Ma vision est l'Union politique. Au fil d'un long processus, nous transférerons davantage de compétences à la Commission, qui fonctionnera alors comme un gouvernement européen pour les compétences communautaires. Cela implique un Parlement fort. Le Conseil qui réunit les chefs de gouvernement formera, pour ainsi dire, la Deuxièmes chambre. Pour finir, nous aurons la Cour européenne de justice comme cour suprême. Cela pourrait être la configuration future de l'Union politique, dans un certain temps et après de nombreuses étapes. »

L'objectif est donc clair, mais les délais pourraient être longs. Et rien n'est dit sur la possibilité que les États-Unis d'Europe puissent naître, le cas échéant, sans que tous les États membres y participent.

Pour M. Verhofstadt, il n'y a pas d'autre choix. Le président du groupe libéral du PE n'en fait pas une question de doctrine (ou du moins, cet aspect n'est pas au centre de son raisonnement), mais de nécessité. Il a déclaré: « Il n'y a pas d'autres choix qu'une Europe fédérale. La crise est un défi qui ouvre des possibilités qui ne se sont jamais présentées auparavant. On y est ! Il n'y a pas d'autres options. » À son avis, bien plus qu'a une crise de la dette, nous sommes face au manque d'une autorité crédible et efficace pour gérer l'Union monétaire. Ailleurs, les endettements publics dépassent largement celui de l'Europe ; mais personne ne doute qu'aux États-Unis, au Japon, les autorités peuvent prendre des décisions. Dans l'UE, ce n'est pas le cas.

Les mesures purement monétaires ne suffisent pas: ce qu'il faut, c'est « un transfert massif de compétences des États vers l'Europe ». Certes, l'austérité est nécessaire ; mais on oublie qu'on a déjà dépensé 1.000 milliards d'euros pour combattre la crise, et d'autres centaines de milliards vont suivre. La solution ne réside pas dans les « demi-mesures de M. Sarkozy et Mme Merkel ». L'échec de l'euro serait ruineux pour tous, l'Allemagne en tête. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle M. Verhofstadt se dit optimiste: parce que tous savent qu'il n'y a pas d'alternatives. À terme, aucun État membre individuellement ne pourra faire partie du G8 ; les chiffres le prouvent: tous dehors si l'UE n'est pas unie. Il n'y aura plus que des puissances multiculturelles et multilingues, comme la Chine, l'Inde et les USA. L'Europe doit devenir fédérale:  « Si elle ne réussit pas à gérer une société multiculturelle, c'est qu'elle a échoué ». Et que faire avec ces quelques États membres d'Europe centrale et orientale qui donnent l'impression de rejeter l'unité européenne ? « Les thèses populistes et nationalistes créent les tragédies. Regardez la dérive en Hongrie de la démocratie vers l'autoritarisme, avec des risques de retombées dans les pays voisins ».

Selon l'eurodéputée socialiste Ana Gomes, l'empreinte de la position de M. Verhofstadt s'étend: « Il ne représente pas seulement le point de vue de son groupe, mais souvent de tout le Parlement. Il a vraiment une vision européenne ». Et l'ancien Premier ministre belge est optimiste: « La pression des opinions publiques forcera les choses. Les élections européennes de 2014 deviennent capitales. Je prédis que les forces pro-européennes vont les gagner. »

Les Fédéralistes regardent loin. Je vais suivre, pour rendre compte de façon sommaire des positions des mouvements fédéralistes, la même démarche utilisée jusqu'ici: retenir un cas significatif, celui de l'Union des fédéralistes européens-France, présidée par Jean-Guy Giraud.

Son projet est simple: il faut convoquer une Convention qui modifierait les traités actuellement en vigueur. Par des « lettres ouvertes » aux parlementaires européens, M. Giraud a lancé une Campagne pour les États-Unis d'Europe qui prend position progressivement sur les différents aspects de son initiative. L'un des points de départ vise la suppression du droit de veto des États membres, actuellement applicable à toute modification des traités. L'accroissement du nombre des États membres a rendu de plus en plus difficile le consensus unanime sur la révision de ces traités. Il est vrai qu'une procédure simplifiée à cet effet existe ; mais la règle de l'unanimité est valable autant pour la décision de départ que pour la ratification de toute révision des traités. Il faudrait alors s'appuyer sur la clause prévoyant que tout État membre peut « décider de se retirer de l'UE » et négocier un accord relatif à des relations avec lui.

Il faudrait donc introduire un mécanisme de révision des traités par un accord d'une forte majorité d'États membres, mécanisme valable tant pour la décision de révision que pour sa ratification. La révision serait applicable erga omnes si elle était approuvée par une grande majorité d'États membres, représentant une forte majorité de la population de l'UE. Les États (très minoritaires) qui n'auraient pas ratifié la révision, pourraient soit s'y rallier ultérieurement, soit faire jouer leur droit de retrait, soit négocier un accord d'association avec l'UE (avec la faculté d'y revenir à un stade ultérieur). Le Parlement européen pourrait prendre l'initiative de lancer ces révisions ; il en a la faculté.

Ces aspects de base clarifiés, l'Union des fédéralistes européens-France s'est ensuite exprimée progressivement sur de nombreux aspects de ce que deviendrait cette nouvelle UE. Il ne faut pas être pessimiste à cause de certaines positions nationales actuelles: M. Giraud souligne qu'il ne faut pas confondre la position historique d'un pays avec celle de ses dirigeants occasionnels (sauf peut-être dans le cas du Royaume-Uni…). La plupart des concepts que son mouvement affirme sont partagés par d'autres mouvements fédéralistes, parfois de manière formelle grâce aux liens qui existent. Il est évident que pour certains détails il n'existe pas de position unique. Mais je crois que pour l'essentiel l'orientation générale des Mouvements fédéralistes est plutôt uniforme.

Il est évident que la concrétisation des réformes préconisées serait nécessairement une entreprise de longue haleine, ce qui pourrait susciter des réserves ou perplexités d'autres personnalités.

 

Source : Agence Europe

 

 

Par ERASME - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 13:39

Source : http://www.friendsofeurope.org/

 

Who we are

 Friends of Europe is an unusual think-tank in that we don't fit the mould of a group of researchers in a closed environment.

 

We open our activities to all who are interested in Europe's future. Our readers and debating partners are from the EU, its institutions and member governments, companies great and small, NGOs, civil society groups, industry associations, the press and academia.
Friends of Europe does not have an agenda other than making a contribution towards a better understanding of the challenges facing Europe and the world. The distinguished members of our Praesidium and Board of Trustees share this aspiration, and help to make Friends of Europe what it is: a think-tank for EU debate that spans the spectrum of European political opinion.
The running of Friends of Europe's expanding work programme is handled day-to-day by the team, headed by:

  •  * Giles Merritt, Secretary General;
  •  * Geert Cami, Co-Founder & Director; and
  •  * Nathalie Furrer, Director.

 

The direction and focus of our activities is decided in conjunction with our President, Viscount Etienne Davignon, and the Board of Trustees.

  

What we do

Friends of Europe is a leading European think-tank that aims to stimulate thinking on the future of the EU. For 10 years our contribution has been the confrontation of ideas that is vital to policymaking and to encouraging wider involvement in Europe’s future.
Different

We are the EU think-tank with a difference. We make Europe’s policy choices lively and relevant to people outside the ‘charmed circle’ of Brussels-based specialists, in our debatesand our publications. About half of those who take part in our events are not from Brussels.
Friends of Europe has never sought to compete with academic researchers who contribute analysis to the European political process. Our publications are widely disseminated and written by specialists or our Trustees. They are highly readable and explain complex issues in an easily understood manner.
The formats of our events are unusual. At one end of the spectrum there are “Café Crossfire” debates, in which leading experts and policymakers answer tough questions from the floor. At the other are major international conferences – “Policy Summits” – that attract top political figures and make headlines. And we are pioneers in harnessing new technology to debating Europe’s future, and its role in the world. Midway between the Café Crossfires and Policy Summits are the many half-day roundtable discussions organised by Friends of Europe. Breaking down the traditional distinction between speakers and participants, these seat some 40 experts around the table, with a further 100+ observers. Roundtables and Policy Summits aim to attract member-state stakeholders to Brussels, and some 30-50% of participants at these events come from abroad.
Friends of Europe seeks to offer a voice to groups not traditionally represented in the EU debate, but who can make a difference: from young people to inuits or explorers on topics such as climate change, to people on the ground when we address development issues.
Independent
Friends of Europe’s hallmark since its earliest days in 2000 has been its independence: We have no national or party political bias, nor do we advance the interests of any of the organisations we partner with.
We work with a wide variety of partners who are attracted by our lively and jargon-free approach to Europe’s big issues, and by our insistence that all sides and viewpoints must be fairly represented in the debates.
Our partners range from EU and non-EU governments to international bodies, from EU institutions to NGOs, and from ‘big business’ to trade associations. Leading media organisations are also regular partners. We are proud to work closely with other think-tanks and universities from across Europe and beyond.
Policy areas
Our portfolio of events and reports means that Friends of Europe contributes ideas on almost all EU-related issues. But we have developed special expertise in six key areas:
International development;  

 

 

 

 

 

Specific initiatives led by Friends of Europe include the Development Policy Forum (DPF), the Greening Europe Forum (GEF), and the Asia Programme.

 Friends of Europe is also teaming up with EUROCHAMBRES and ten other partners to implement the Understanding China programme that is co-funded by the European Commission. 

Par ERASME - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)

 

 

Recherche

Catégories

Recommander

Conseils de lecture

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés