Gouvernances multilatérales

Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 13:19

L’économie mondiale comme bien public global

La réflexion sur la gouvernance mondiale doit partir de la notion de bien public mondial. Les biens publics ont, en théorie économique, deux caractéristiques fondamentales : la non-rivalité dans leur consommation et la non-excluabilité de leurs consommateurs. Ils peuvent être purs ou impurs et l’échelle de leur mise oeuvre peut varier. Les exemples de biens publics mondiaux et d’externalités mondiales sont nombreux : la sécurité internationale (la stabilité politique globale), la stabilité économique, l’environnement, l’assistance humanitaire ou encore l’avancement des connaissances. Une des raisons d’être des institutions du système des Nations Unies fut précisément la nécessité de pouvoir disposer d’un moyen, à l’échelle mondiale, de réguler la sécurité internationale et ses externalités.

Il y a bien longtemps déjà que l’on a reconnu à la stabilité économique mondiale la caractéristique d’externalité internationale : un ralentissement économique dans un pays peut avoir des effets sur l’économie des pays voisins. A l’inverse, de nombreux pays profiteront d’une économie mondiale dynamique. Les institutions créées dans l’après-coup de la seconde guerre mondiale visaient justement à accroître la stabilité de l’économie mondiale, et donc à hâter la prise de conscience que celle-ci est un bien public mondial. Les normes internationales sont également des biens publics mondiaux. L’institution d’une palette de normes internationales judicieuses peut contribuer à améliorer l’efficacité des marchés de biens, de services et de capitaux (ici, la notion de normes est large et se réfère à l’ensemble des pratiques homogènes sur un marché donné). Il est évident que le développement de ces pratiques implique des gains d’efficacité considérables.
La mondialisation et l’action collective

C’est également un lieu commun d’observer que la mondialisation se développe et qu’il en résulte une intégration plus grande des pays du monde qui, du coup, se rapprochent les uns des autres. Ce rapprochement, rendu possible par l’abaissement des coûts de transport, de communication et de nombreux obstacles institutionnels, rend la problématique des biens publics mondiaux et des externalités qui y sont attachées de plus en plus centrale. A mesure que cette économie mondiale se renforce, la nécessité de l’action collective se fait de plus en plus pressante. Il faut comprendre à ce sujet qu’une action collective globale qui serait portée par une communauté globale devient potentiellement de plus en plus efficace à mesure que les biens publics mondiaux et les externalités, positives et négatives, montent en puissance.

Le problème est que cette action collective exige des mécanismes de prises de décision, que nous pouvons nommer « gouvernance », pour exister. Mais le système international qui s’est développé depuis des décennies de manière ad hoc est un système de gouvernance globale sans gouvernement global. Ainsi, alors que nous manquons à l’évidence d’un système complet de gouvernement global, semblable à celui que l’on peut observer au plan national ou local dans un pays, il existe cependant un réseau complexe d’arrangements internationaux, qui, pris ensemble, forment la gouvernance mondiale. Ce réseau comprend de nombreux traités internationaux (par exemple ceux de Montréal et de Kyoto) et un ensemble de lois internationales, plusieurs traités comprenant en outre des mécanismes de prise de décision. Qui plus est, de nombreuses décisions touchant à l’économie mondiale sont prises dans le cadre des institutions internationales du système des Nations Unies, notamment le Fond Monétaire International (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le problème vient de ce que, faute d’un véritable gouvernement mondial, ces institutions sont gravement défaillantes.

L’exemple de l’Uruguay Round est à cet égard éclairant. Les discussions qui ont porté sur les enjeux commerciaux des droits de propriété intellectuelle (plus connues sous le nom d’accord TRIPS) impliquaient de nombreuses conséquences pour la recherche, la santé et le développement des pays les moins avancés. Or, le représentant américain à l’OMC a choisi d’ignorer les mises en garde nombreuses et répétées que lui ont adressées le Council of Economic Advisers et l’Office of Science and Technology Policy de la Maison Blanche sur ces questions au nom de l’indépendance dont ce représentant jouissait dans l’exercice de son mandat. Le résultat de cet autisme fut un accord mauvais pour la recherche, encore plus mauvais pour les pays en développement et catastrophique pour la santé des citoyens. Ce système pyramidal de décision implique en outre que des intérêts privés peuvent plus facilement s’insinuer dans les négociations, rendant le processus de décision encore plus défaillant.
Le trop peu et le trop plein d’action internationale

En somme, deux problèmes résultent des faiblesses des institutions économiques internationales. Le premier problème est que des défaillances décisives de marché ne sont pas réglées : certains biens publics mondiaux devraient être produits et fournis aux populations et ils ne le sont pas, certaines externalités globales devraient prises en compte et elles ne le sont pas.

Le second problème tient au fait que la scène internationale est souvent utilisée, en revanche, pour trouver des solutions à des problèmes qui n’ont rien à y faire et que les acteurs de ces institutions tentent de régler à l’abri de l’opacité et du secret, ce qu’ils ne pourraient justement pas faire dans le cadre démocratique national. Et pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.
Les origines du système financier international

A la fin de la seconde guerre mondiale, le problème international auquel on accordait le plus d’importance était le fait qu’un ralentissement dans un pays était susceptible de nuire à un autre pays. Pour comprendre la raison de la création du FMI, il faut ainsi se replacer dans le contexte de la crise de 29 et de la première moitié des années 1930.

Constatant que l’économie mondiale n’était sortie de la crise de 29 que pour rentrer dans la Seconde guerre mondiale, de nombreux observateurs craignaient en 1945 qu’elle ne retombe dans la récession et le sous-emploi. Les institutions économiques internationales furent créées pour empêcher que cela ne se produise, au nom du fait que ce risque n’était ni local, ni national mais bien global. Mais comment permettre à des pays dont l’instrument monétaire pouvait ne pas être disponible ou ne pas bien fonctionner d’utiliser l’outil budgétaire pour sortir de la récession ? Il fallait leur permettre d’emprunter au plan international.

Le FMI fut ainsi initialement créé pour prêter des fonds à des pays en difficulté économique afin qu’ils puissent stimuler leur activité à l’aide de leurs finances publiques. La « pression des pairs » d’alors visait à s’assurer que chaque pays se tienne le plus près possible du plein emploi, dès lors que cette situation individuelle profitait en fait à tous.
Le défaut de démocratie et de transparence

Pour commencer, les institutions internationales sont non-démocratiques. Bien entendu, la plupart d’entre elles réfuteraient cette accusation en invoquant l’existence de mécanismes de vote contrôlés par des règles rigoureuses. Certes, mais au FMI, dont les décisions affectent des millions de personnes de par le monde, un seul pays possède le droit de veto : les Etats-Unis. Les droits de vote sont déterminés par l’étendue du pouvoir économique, telle que fixée à la fin de la Seconde guerre mondiale, à quelques ajustements près faits depuis. Ceci explique pourquoi les pays qui font aujourd’hui, et plus encore demain, la croissance mondiale, y sont sous-représentés.

Ces institutions sont ensuite opaques (ou, si l’on préfère, non-transparentes) et le perfectionnement de leurs sites Internet, qui ne permet que l’observation a posteriori des actions entreprises, n’y change rien. L’idée que les citoyens pourraient avoir une vision prospective de leurs agendas paraît tout bonnement incompréhensible à ces institutions internationales. Le contraste entre celles-ci et les institutions nationales est à cet égard frappant. Aux Etats-Unis, le « Freedom of Information Act » symbolise la préoccupation fondamentale d’un gouvernement travaillant pour le peuple et donc sous son regard. Un citoyen américain peut ainsi s’enquérir de ce que font les différentes agences gouvernementales, l’accès à l’information étant large, ce dont dépend d’ailleurs la presse pour faire son travail. Cette caractéristique essentielle de la démocratie est absente des grandes institutions internationales : un citoyen américain ou français ne peut pas savoir ce que font ses représentants au FMI ou comment ils votent sur tel ou tel sujet car cette information est tenue secrète.
La structure de décision pyramidale

Un problème supplémentaire auquel sont confrontées les institutions internationales est leur structure de décision pyramidale. En effet, autour de la table de l’OMC et du FMI, se trouvent des ministres du commerce extérieur, des ministres des finances et des banquiers centraux, mais les décideurs dont les champs de compétence seraient également pertinents dans les discussions ou les négociations sont exclus de celles-ci, qu’il s’agisse des spécialistes de protection sociale, de recherche, ou encore de justice. Seuls les banquiers centraux et les ministres des finances participent aux décisions qui touchent au système financier international au sein du FMI, et seuls les ministres du commerce extérieur sont admis à la table de l’OMC. Ceci implique par exemple que si l’on débat à l’OMC de décisions qui peuvent affecter l’environnement, les conséquences environnementales qui en résulteraient n’auront que peu de poids dans la discussion et donc dans la décision.
Le retournement de la doctrine internationale

Le changement de doctrine internationale a été spectaculaire dans la période récente : à l’inverse de son mandat initial, le FMI ne prête aujourd’hui aux pays en difficulté que s’ils acceptent de suivre une politique économique restrictive, ce qui revient à conseiller à un pays qui traverse une récession d’aggraver encore cette mauvaise passe.

Les politiques qui causaient tant d’inquiétude dans l’entre deux guerre étaient les politiques commerciales non-coopératives (« beggar-thy-neighbour ») : les pays qui connaissaient des difficultés économiques importantes imposaient des tarifs douaniers prohibitifs à leurs voisins dans le but de réduire les importations et d’augmenter la demande pour les produits domestiques. Bien entendu, le pays qui agissait ainsi améliorait sa situation au détriment de celle de ses partenaires commerciaux, dont la demande extérieure chutait brutalement.

Le FMI a depuis inventé un autre type de politique non-coopérative : la politique économique contre soi-même (« beggar-thy-self »). Non seulement les pays voisins pâtissent des effets des politiques restrictives, mais le pays qui les met en oeuvre n’en profite même pas : ces politiques dépriment la demande intérieure et réduisent les importations dans le même mouvement. C’est ce genre de stratégie économique, au terme de laquelle tout le monde y perd, qui a été mise en oeuvre au cours de la crise asiatique de 1998, avec les résultats que l’on connaît.

Or, comme on l’a vu, le mandat originel du FMI n’était pas de pousser les pays à accentuer leur récession en y entraînant leurs partenaires commerciaux. L’objectif initial de ses concepteurs était d’améliorer la stabilité du système économique mondial. L’action du FMI en de nombreuses occasions a hélas abouti au résultat exactement inverse, c'est-à-dire à un monde plus instable et la promotion de la libéralisation des marchés de capitaux a joué un rôle clé dans l’avènement de cette nouvelle instabilité globale.
La libéralisation des marchés de capitaux

En 1997, lors d’une réunion à Hong Kong, le FMI avança l’idée que les pays membres devaient ouvrir complètement leurs marchés de capitaux aux investissements spéculatifs de très court terme (« hot money »). Cette décision n’aurait pas pu intervenir à un plus mauvais moment : les observateurs du système financier international craignaient que l’Asie du Sud-Est ne plonge dans une lourde crise financière du fait précisément de ces mouvements de capitaux. Il était frappant de constater alors qu’aucune étude ne permettait de défendre les bienfaits de la libéralisation financière : rien ne prouvait que cette ouverture brutale pouvait avoir des effets bénéfiques pour la croissance et l’emploi des pays en voie de développement. Les études disponibles pointaient même dans la direction opposée : les rapides mouvements de capitaux spéculatifs ont tendance à déstabiliser des économies fragiles. La recherche a d’ailleurs progressé depuis et les propres données du FMI sur 100 pays du monde au cours des trente dernières années montrent que la libéralisation financière est étroitement associée à l’instabilité économique.

Pourquoi le FMI a-t-il alors tenté, et en partie hélas réussi à imposer cette libéralisation à travers le monde en outrepassant son mandat ? Comme dans le cas des politiques économiques restrictives, les externalités négatives engendrées par l’instabilité liée à la libéralisation financière sont considérables. Le FMI a certes révisé sa position depuis en reconnaissant le lien entre libéralisation et instabilité et il s’est fait bien plus prudent sur les bienfaits de l’ouverture financière. Pour autant, cet agenda n’a pas disparu de la scène internationale : il s’est déplacé sous l’influence européenne et américaine du FMI vers l’OMC.

Les nouveaux enjeux des négociations commerciales au sein de l’OMC, les « questions de Singapour » (« Singapore issues »), se sont ainsi imposées aux enjeux plus anciens tels que les questions agricoles ou le marché des services et la question de la libéralisation financière dans les pays en voie de développement est revenue sur le devant de la scène. Cette fois, cependant, les pays en voie de développement ont pu prendre appui sur le résultat de la recherche académique et cette tentative de libéralisation est apparue pour ce qu’elle était : une requête fondée sur des intérêts privés plutôt que sur l’intérêt général global.

Mais de nombreuses questions touchant à la gouvernance mondiale ne trouvent aujourd’hui pas de réponse compte tenu du caractère défaillant du système économique international actuel. Le traitement des risques par les marchés internationaux est ainsi particulièrement inquiétant. Dans la réalité, nous sommes loin d’assister au transfert supposé des risques, via les marchés de capitaux, de ceux qui ne peuvent pas les assumer vers ceux qui le peuvent. Les pays en voie de développement sont ainsi amenés à assumer des risques importants en termes de volatilité des taux de change et des taux d’intérêt dont les conséquences sont potentiellement dramatiques. La « décennie perdue » des années 1980 en Amérique Latine demeure le modèle de ces mécanismes dévastateurs, qui continuent de jouer aujourd’hui, par exemple en Moldavie. Le fait que le FMI se concentre à présent sur la question des « déséquilibres mondiaux » est un pas dans la bonne direction, qui le ramène en fait vers son mandat initial qui était de garantir la stabilité de l’économie mondiale, mais cette réorientation est davantage théorique que pratique.
Comment sauver la mondialisation d’elle-même ?

C’est une réalité de notre temps : la mondialisation implique l’émergence et le développement des biens publics mondiaux. Le problème dans le système économique international actuel de gouvernance sans gouvernement est qu’il n’existe pas de moyens efficaces pour collecter les ressources nécessaires au financement de ces biens publics mondiaux. Le besoin des institutions internationales telles que le FMI, la Banque mondiale et l’OMC n’a jamais été aussi grand, mais la confiance qui leur est accordée n’a jamais été aussi faible. Comment mettre la mondialisation politique au niveau de la mondialisation économique ?

La réponse peut venir de John Maynard Keynes, qui avait identifié le problème structurel des déséquilibres financiers internationaux associés au système de réserve global voici soixante ans. Keynes avait en effet compris dès les années 1940 que la création d’un nouveau système de réserve global à l’aide d’une monnaie internationale était la réponse fondamentale à l’instabilité financière mondiale. La leçon keynésienne vaut d’ailleurs plus généralement : Keynes n’est-il pas celui qui a permis de sauver le capitalisme de lui-même à la suite de la crise de 29 ? De la même manière, la création d’un nouveau système de réserves mondiales permettrait peut-être aujourd’hui de sauver la mondialisation d’elle-même (Pour le détail de cette proposition, voir Stiglitz, Un Autre Monde, Fayard, 2006).

PS : Cet article est une traduction partielle de Joseph Stiglitz, " Global Public Goods and Global Finance: Does Global Governance Ensure that the Global Public Interest is Served ? " in Advancing Public Goods, Jean-Philippe Touffut, ed., Edward Elgar Publishing, 2006. Source : www.ofce.sciences-po.fr/

 

Voir également à ce sujet l'article suivant : Europe is failing to shape the global governance debate, by Pedro Solbes & Richard Youngs (europesworld.org)

 



Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 14:02

Le cycle de négociations de Doha appartient à la catégorie d’événements qui n’incitent guère à porter un regard émerveillé sur le monde. Ce constat résulte moins du prosaïsme du sujet, les négociations commerciales, que de l’esprit général qui préside aux négociations ouvertes en 2001 au Qatar, astucieusement baptisées «Cycle du développement». Une appellation qui laisse d’abord penser à une réelle prise en considération de la revendication légitime de développement exprimée par les pays en voie de développement (PVD) et fait ensuite croire que les négociations, dans leur ensemble, seraient très finalisées et «polarisées vers l’objectif de développement», selon la formule de Gérard Blanc.

Ce cycle de négociations devrait en effet, selon la Déclaration de Doha, ouvrir la voie au développement des pays en développement (PED) par l’approfondissement du libéralisme, principalement à travers :

i) la suppression des obstacles invisibles aux échanges que sont les subventions à l’exportation versées par les pays développés à leurs agriculteurs; et

ii) l’ouverture des marchés des PVD aux produits manufacturés, à travers la suppression des obstacles visibles aux échanges que constituent les barrières douanières. Cependant, ces négociations s’enlisent dans d’interminables tribulations depuis leur ouverture en 2001, même si leur durée n’a encore rien d’exceptionnel au vu de l’histoire des négociations commerciales internationales..

Alors qu’il a commencé sur une note d’optimisme, le «Cycle de Doha» a connu un premier blocage lors de la 5e conférence ministérielle, qui s’est tenue à Cancún (Mexique) en septembre 2003. La première date butoir (janvier 2005) a ensuite été atteinte sans que les parties aux négociations ne parviennent aux accords projetés. Le Conseil général a alors adopté un programme de travail le 1er août 2004. La date du 30 avril 2006 a été fixée aux 149 pays membres de l’OMC comme nouvelle date butoir pour parvenir à un accord. Les résultats sont restés incertains jusqu’à la suspension des négociations par le directeur général de l’OMC. Les négociations ayant repris en septembre 2007 sur la base de la version corrigée du projet révisé de «modalités» que le président des négociations sur l’agriculture a initialement distribué le 17 juillet 2007 – la version corrigée a été distribuée le 1er août 2007 –, elles devaient entrer dans leur phase finale fin 2007, mais, cette fois, aucune échéance n’a été fixée pour leur clôture. Ces tribulations ne font pas uniquement planer des inquiétudes sur le Cycle de Doha. Elles pourraient compromettre la pertinence de l’OMC comme cadre de négociation du développement, en raison des stratégies parallèles déployées par les principaux acteurs économiques internationaux.

Une série d’interrogations préliminaires affleure aussitôt : le développement se négocie-t-il ? Les pays développés et asiatiques en expansion rapide ont-ils négocié leur développement ? Les préconditions endogènes du développement sont-elles réunies dans la majorité des pays sous-développés pour rendre l’action internationale fertile ? Si les Etats européens ont bien sûr bénéficié, pour leur développement, du Plan Marshall, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, cet effort n’a-t-il pas germé sur des conditions internes favorables ?

La question sacrilège peut aussi être posée : les pays d’Asie en expansion rapide et les nouveaux pays industrialisés (NPI) ont-ils bénéficié d’un Plan Marshall ? Le rapport de la Commission for Africa, mise en place par Tony Blair à la veille de la réunion du G8 en juillet 2005 en Ecosse, a rappelé une évidence : ce sont les pays pauvres qui doivent effectuer eux-mêmes leur propre développement. Plus de quatre décennies auparavant, Michel Virally avait déjà effectué le constat selon lequel «la coopération internationale ne peut que soutenir et compléter un effort qui constitue, premièrement et fondamentalement, celui de chaque peuple luttant pour son propre développement». Le pré-requis de la mise en place d’«une politique raisonnée de développement», tant au plan interne qu’au plan international, qu’évoque Jean-Pierre Colin, ne peut résulter des négociations de Doha, comme il n’a découlé des précédents cycles de négociations commerciales multilatérales (NCM).

La doctrine libérale imprègne en effet profondément le GATT et l’OMC. Cette dernière étant la consécration institutionnelle du néo-conservatisme triomphant au moment de sa mise en place, la question de savoir si le développement participe des visées du néo-conservatisme s’impose d’elle-même. La réponse étant négative, il devient presque superflu de se demander si l’OMC constitue bien le cadre pertinent de négociation du développement. Cette interrogation devient en revanche plus intéressante lorsqu’on situe ce cycle de négociations dans son contexte. Le Cycle de Doha se déroule dans un contexte général de remise en cause de l’«ultra-libéralisme». Les tribulations de ce cycle de négociations s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large, qui est celle de la répudiation, par les PVD, de l’ordre économique international en vigueur depuis cinq siècles.

S’agissant de l’objet même des négociations, les désaccords entre pays développés et PVD se superposent, d’une part, aux désaccords transatlantiques entre les Etats et l’Union européenne (UE) ou entre les membres de ce que Mehdi Abbas appelle «la nouvelle Quadrilatérale» et, d’autre part, aux exigences des pays développés vis-à-vis des pays en expansion rapide et des NPI. La configuration de la nouvelle Quadrilatérale témoigne du fait que les pays développés reconnaissent que, en ce début de millénaire, la question de la libéralisation des échanges ne peut être négociée, de bonne foi, qu’entre les Etats dont les intérêts s’opposent, c’est-à-dire entre pays développés et PVD, et non entre pays développés, comme ce fut naguère le cas et comme une partie de la doctrine persiste à croire.

Pendant que les pays développés s’acharnent à obtenir l’ouverture des marchés pour leurs produits manufacturés tout en essayant de maintenir leur secteur agricole à l’abri de la concurrence, les PVD ont pour objectif primordial l’élimination des protections dont bénéficie le secteur agricole des pays développés, tout en limitant l’ouverture de leur marché aux produits des pays développés. Dans cette perspective de confrontation, le lancement tumultueux du cycle des négociations de Doha, consécutif à l’échec de la Conférence ministérielle de Seattle de novembre 1999 – qui devait lancer le cycle de négociations dit «Cycle du Millénaire» –, préfugurait assurément les tribulations que connaît le premier cycle de négociations conduites sous l’égide de l’OMC. Ces tribulations procèdent, d’une part, du décalage entre l’orientation officielle des négociations et la teneur de l’agenda de Doha et, d’autre part, des difficultés de l’orientation du droit commercial en faveur du développement.

 

Le décalage entre l’orientation officielle des négociations et la teneur de l’agenda de Doha

.../...

Voir la suite de ce document : 13 Kobila OMC 13 Kobila OMC

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 15:33

Du point de vue de la communication, le sommet du G20 sous la présidence française, réuni à Cannes les 3 et 4 novembre, a été un ratage. La crise de la dette de la zone euro avec ses rebonds en Grèce et en Italie a occupé le devant de la scène et l'image qui en est restée est celle d'une Europe sermonnée par le reste du monde effrayé de pâtir de ses palinodies.

Le candidat du Parti socialiste à la présidentielle, François Hollande, en a profité pour souligner "qu'aucun objectif n'avait été atteint". Evidemment sa charge était destinée à apporter "la confirmation des limites de Nicolas Sarkozy", ce qui est injuste pour un G20 qui a fait progresser la gouvernance mondiale, mais à son rythme et de façon incompréhensible…

Si l'on considère le "plan d'action pour la croissance et l'emploi" arrêté à Cannes, les avancées sont notables (cf. Tour d'horizon des 6 thèmes du Sommet du G20 consacré à la crise de la dette dans la zone euro et à la situation économique mondiale (Cannes - 3 et 4 novembre 2011) ainsi que Déclaration finale du Sommet du G20 de Cannes (Cannes, 4 Novembre 2011)). Face au ralentissement en cours, les pays dont les finances sont les plus saines, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, l'Allemagne, la Corée et l'Indonésie, ont accepté de se tenir prêts à "soutenir la demande domestique" si la conjoncture économique se dégradait.

Barack Obama a salué les évolutions de Pékin. Pour la première fois, la Chine a accepté que soit écrit noir sur blanc qu'il fallait évoluer "plus rapidement" vers des taux de change souhaités par le marché. Elle a dit sa "détermination" à augmenter la flexibilité de sa monnaie et annoncé qu'elle s'efforcerait "de réduire le rythme d'accumulation de ses réserves en devises".

La régulation de la finance a fait un pas en avant avec l'attribution de la personnalité morale au Conseil de stabilité financière (CSF) - cf. Financial Stability Board - FSB - / Conseil de stabilité financière - CSF - - et avec la stigmatisation de onze "paradis fiscaux". S'il suscite toujours des oppositions fortes, le projet franco-allemand de taxe sur les transactions financières a été évoqué, tout comme les financements innovants pour lutter contre le réchauffement climatique suggérés par Bill Gates.

"Première" encore, l'affirmation de la priorité de l'agriculture pour faire face au défi alimentaire d'une population supplémentaire de 2 milliards d'hommes en 2050. Cela suppose recherche agronomique, lutte contre la spéculation et transparence des marchés, mais aussi constitution de stocks de nourriture d'urgence dans les pays où la faim est latente. Autre innovation, l'appel des chefs d'Etat à ratifier les textes fondamentaux de l'Organisation internationale du travail (OIT) afin de constituer un socle de protection minimale pour les travailleurs et commencer ainsi à maîtriser les dumpings sociaux qui ont déséquilibré les balances commerciales.

D'où vient alors cette impression d'inanité ? Héritier du G8, le G20 est un club où les gouvernants se convainquent mutuellement d'adapter leurs politiques. Xavier Musca, secrétaire général de l'Elysée et sherpa du président de la République, ne rate pas une occasion de dire que l'action des Vingt repose sur la conviction que "s'(ils) oeuvr(ent) ensemble, (ils) seron(t) plus efficaces que si chacun travaillait seul à défendre ses propres intérêts".

L'unanimisme des communiqués du G20 semble trop beau pour être vrai. Or chacun de leurs mots donne lieu à des heures de négociations. Mais il faudrait un dictionnaire pour en comprendre le sens. Quand on lit que le Fonds monétaire international (FMI) disposera des "ressources adéquates pour remplir ses missions systémiques", cela signifie que l'Allemagne et les Etats-Unis ne veulent pas augmenter ses réserves, mais qu'ils sont prêts à trouver une solution si une aggravation de la crise nécessitait de porter les 400 milliards de dollars (295,8 milliards d'euros) actuels à 1 000 milliards (voir à cet égard Les dirigeants du G-20 d'accord pour augmenter les ressources du FMI ).

Une autre cause d'incompréhension est la lenteur avec laquelle les Vingt parviennent à un consensus, puisqu'il n'y est question ni de majorité ni de contrainte. Il a fallu quatre ans pour porter de 4 % à 9 % le ratio des réserves des vingt-neuf grandes banques internationales dont la faillite pourrait traumatiser l'économie mondiale. Autre exemple, on sait que le G20 devrait avoir un secrétariat permanent pour gagner en efficacité, comme l'a proposé le premier ministre britannique David Cameron. De nombreux pays émergents ont peur d'y perdre leur pouvoir d'influence. Il a donc été décidé qu'en attendant mieux les travaux seraient pilotés par une troïka formée des présidences passée, présente et future.

Enfin, l'impression d'impuissance vient "de l'écart existant entre les décisions du G20 et leur impact concret sur l'économie", selon Xavier Musca, car le G20 est obligé de passer par d'autres pour les réaliser. Les onze projets interrégionaux de barrages, lignes à haute tension, voies ferrées, autoroutes, ports qu'il entend soutenir nécessiteront des milliards de dollars que seuls la Banque mondiale, les banques multilatérales de développement et le privé pourront mobiliser. Il faudra des lustres avant que ces projets voient le jour et le G20 de Cannes sera oublié.

Nicolas Sarkozy voulait profiter de sa présidence pour imprimer sa marque, notamment en refondant le système monétaire international et en combattant la spéculation sur les matières premières. Il est obligé de s'en remettre au Mexique, organisateur du prochain sommet du 18 et du 19 juin 2012 à Los Cabos, pour faire avancer la convertibilité du yuan et l'interdiction des excès des marchés à terme. Impotence d'un G20 "vain", selon la boutade de Jacques Attali ? Non, travail d'équipe.

 

Alain Faujas est journaliste au service Economie du quotidien Le Monde

 

Voir également à ce sujet :  

 * Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR - octobre 2010) - nouvelle édition -

 * Governance for growth - Building consensus for the future (A report by David Cameron - G20)   

 * Le Conseil de stabilité financière recense 29 banques systémiques (La Tribune)

 * Le Mexique et le G20 les défis de l'insertion mexicaine au sein d'un club de grandes puissances, par Mélanie Albaret (Le Monde)

 * Speech by Herman Van Rompuy, President of the European Council, at the European Parliament (Brussels - 16 November 2011)

 * Joint statement by President of the European Council Van Rompuy and President of the European Commission Barroso on the first day of the G20 Summit in Cannes (3 nov 2011)

 * G20 : les ambitions déçues de la présidence française, par Samuel Laurent (Le Monde)

 * Restoring European Competitiveness and Growth (Speech by Herman Van Rompuy, President of the European Council, at the Lisbon Council "2011 Euro Summit" - Brussels, 15 November 2011)

 * Du rôle de la technologie dans le dysfonctionnement des marchés financiers et des organisations humaines

 * La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale

 * Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition -

 

 

Par Jean Poche - Publié dans : Gouvernances multilatérales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 15:17

The Financial Stability Board (FSB) has been established to address vulnerabilities and to develop and implement strong regulatory, supervisory and other policies in the interest of financial stability.

 

Financial Stability Board Charter

 


Having regard to:
(1) the initial mandate given to the Financial Stability Forum by the Finance Ministers and Central Bank Governors of the Group of Seven (20 February 1999);
(2) the broadened mandate given by the Heads of State and Government of the Group of Twenty (London Summit, 2 April 2009, “Declaration on Strengthening the Financial System”);
(3) the call of the Heads of State and Government of the Group of Twenty to re-establish the Financial Stability Board “with a stronger institutional basis and enhanced capacity” (London Summit, 2 April 2009, “Declaration on Strengthening the Financial System”); and
Recognising the need to promote financial stability by developing strong regulatory, supervisory and other policies and fostering a level playing field through coherent implementation across sectors and jurisdictions.
We, the Members of the Financial Stability Board, have set forth the following Charter :
I. General provisions
Article 1. Objectives of the Financial Stability Board
The Financial Stability Board (FSB) is established to coordinate at the international level the work of national financial authorities and international standard setting bodies (SSBs) in order to develop and promote the implementation of effective regulatory, supervisory and other financial sector policies. In collaboration with the international financial institutions, the FSB will address vulnerabilities affecting financial systems in the interest of global financial stability.
Article 2. Mandate and tasks of the FSB
(1) As part of its mandate, the FSB will :
 (a) assess vulnerabilities affecting the global financial system and identify and review on a timely and ongoing basis the regulatory, supervisory and related actions needed to address them, and their outcomes;
 (b) promote coordination and information exchange among authorities
responsible for financial stability;  (c) monitor and advise on market developments and their implications for regulatory policy;
 (d) advise on and monitor best practice in meeting regulatory standards;
 (e) undertake joint strategic reviews of the policy development work of the international standard setting bodies to ensure their work is timely, coordinated, focused on priorities and addressing gaps;
 (f) set guidelines for and support the establishment of supervisory colleges;
 (g) support contingency planning for cross-border crisis management, particularly with respect to systemically important firms;
 (h) collaborate with the International Monetary Fund (IMF) to conduct Early Warning Exercises; and
 (i) undertake any other tasks agreed by its Members in the course of its activities and within the framework of this Charter.
(2) The FSB will promote and help coordinate the alignment of the activities of the SSBs to address any overlaps or gaps and clarify demarcations in light of changes in national and regional regulatory structures relating to prudential and systemic risk, market integrity and investor and consumer protection, infrastructure, as well as accounting and auditing.
Article 3. Consultation
In the development of the FSB’s medium- and long-term strategic plans, principles, standards and guidance, the FSB will consult widely amongst its Members and withother stakeholders including private sector and non-member authorities.
The consultation process will include regional outreach activities to broaden the circle of countries engaged in the work to promote international financial stability.
II. Members
Article 4. Members
(1) The following bodies are eligible to be a Member:
 (a) National and regional authorities responsible for maintaining financial stability, namely ministries of finance, central banks, supervisory and regulatory authorities;
 (b) International financial institutions; and
 (c) International standard setting, regulatory, supervisory and central bank bodies.
The eligibility of Members will be reviewed periodically by the Plenary in the light of the FSB objectives.
(2) Current Members of the FSB are listed in Annex A.
Article 5. Commitments of Members
(1) Member jurisdictions commit to:
 (a) pursue the maintenance of financial stability;
 (b) maintain the openness and transparency of the financial sector;
 (c) implement international financial standards; and
 (d) undergo periodic peer reviews, using among other evidence IMF/World Bank public Financial Sector Assessment Program reports.
The FSB will report on these commitments and the evaluation process.
(2) In support of the mission laid down in Article 2, (1) (e), the standard setting bodies will report to the FSB on their work without prejudice to their existing reporting arrangements or their independence. This process should not undermine the independence of the standard setting process but strengthen support for strong standard setting by providing a broader accountability framework.
(3) The international financial institutions will participate as Members in the FSB in accordance with their respective legal frameworks and policies.
III. Organisation
Article 6. Structure of the FSB
The FSB consists of the following internal structures:
 (a) the Plenary;
 (b) the Steering Committee;
 (c) the Chairperson; and
 (d) the Secretariat.
The Plenary
Article 7. Responsibilities of the Plenary
(1) The Plenary is the decision-making body of the FSB.
(2) Decisions by the Plenary shall be taken by consensus.
(3) The Plenary:
 (a) decides on the manner in which the Plenary conducts its affairs;
 (b) approves the work programme of the FSB;
 (c) adopts reports, principles, standards, recommendations and guidance developed by the FSB;
 (d) decides on Membership of the FSB;
 (e) appoints the Chairperson;
 (f) decides to amend this Charter; and
 (g) decides on any other matter governing the business and affairs of the FSB.
Article 8. Representation and attendance
(1) Representation at the Plenary shall be at the level of central bank governor or immediate deputy; head or immediate deputy of the main supervisory/regulatory agency; and deputy finance minister or deputy head of finance ministry.
Plenary representatives also include the chairs of the main SSBs and committees of central bank experts, and high-level representatives of the IMF, the World Bank, the Bank for International Settlements (BIS) and the Organisation for Economic Co-operation and Development.
(2) All Members shall be entitled to attend the Plenary Meetings. The Chair shall preside over the Plenary Meetings.
(3) The Chair can extend, after consultation with Members, ad-hoc invitations to representatives of non-FSB Members to attend the whole or part of the Plenary Meetings. In the context of specific sessions of the Plenary, the Chair can also invite, after consultation with Members, representatives of the private sector.
Article 9. Convocation
(1) The Chair shall convene at least two Plenary Meetings every calendar year, normally in March and in September.
(2) Additional extraordinary meetings may be held as circumstances arise, at such time and place as the Chair may designate, following consultation with Members.
(3) Regional Meetings of the FSB may also be held, as appropriate.
Article 10. Seat assignments
(1) The number of seats in the Plenary assigned to Member jurisdictions reflects the size of the national economy, financial market activity and national financial stability arrangements of the corresponding Member jurisdiction.
(2) Delegations with more than one seat have one representative seated at the back.
Representatives sitting at the back have the rights of the table. Representation at the table can be changed according to the topic discussed.
Article 11. Standing Committees and working groups
(1) To support the FSB’s missions, the Plenary may establish Standing Committees and working groups as necessary and mandate them.
(2) The chairs of Standing Committees are selected from and appointed by the Plenary at the Chair’s recommendation. They report to the Plenary on their work programs. The chairs of working groups are appointed by the Plenary at the Chair’s recommendation.
(3) Membership in Standing Committees and working groups is decided by the respective chairs in consultation with the Chair with due regard to the effectiveness, balanced representation and the mandate of the respective Standing Committee or working group. Membership is normally drawn from the Members of the Plenary.
(4) A Member jurisdiction can, in consultation with the Chair, decide whether its representation in a Standing Committee is through a Member or through a relevant agency of the Member jurisdiction that is not a designated FSB Member.
(5) The chairs of Standing Committees and working groups can extend ad-hoc invitations to non-members to attend the whole or part of their meetings.
(6) The FSB Secretariat supports the work of Standing Committees and working groups.
(7) Current Standing Committees and working groups of the FSB are listed in Annex B of the Charter.
Steering Committee
Article 12. Composition and appointment
(1) The composition of the Steering Committee is decided by the Plenary at the proposal of the Chair in a manner that ensures maximum effectiveness in taking forward the FSB’s work while having regard to balanced representation in terms of geographic regions and institutional functions.
(2) The composition of the Steering Committee shall be reviewed periodically in accordance with the criteria set out in the previous section.
Article 13. Responsibilities and authorities of the Steering Committee
(1) The Steering Committee shall provide operational guidance between the Plenary Meetings to carry forward the directions of the FSB.
(2) The Chair shall convene at least four Steering Committee Meetings every calendar year at such time and place as the Chair may designate.
(3) The Steering Committee may establish working groups as needed which may include representatives of non-FSB members.
(4) The duties of the Steering Committee include the following:
 (a) to monitor and guide the progress of FSB’s ongoing work;
 (b) to promote coordination across and commission work from the Standing Committees and other working groups;
 (c) to ensure effective information flow to all Members;
 (d) to conduct for the consideration of the Plenary joint strategic reviews of the policy development work of the international SSBs; and
 (e) to take forward, in consultation with the Plenary, directly any other work necessary for the FSB to fulfil its mandate.
Chairperson
Article 14. Appointment and Responsibilities
(1) The Chair is appointed by the Plenary from Members for a term of three years renewable once.
(2) The Chair shall have recognised expertise and standing in the international financial policy arena.
(3) The Chair convenes and chairs the meetings of the Plenary and of the Steering Committee. The Chair oversees the Secretariat.
(4) The Chair is the principal spokesperson for the FSB and represents the FSB externally. The Chair shall be informed of all significant matters that concern the FSB.
More generally, the Chair shall take all decisions and act as necessary to achieve the objectives of the FSB in accordance with the directions given by the Plenary.
(5) The Chair, in the discharge of the functions as the Chair, shall owe the duty entirely to the FSB and to no other authorities or institutions.
Secretariat
Article 15. Secretariat
(1) The Secretariat shall be directed by the Secretary General.
(2) The Secretary General shall be appointed by the Plenary at the proposal of the Chair.
(3) The Secretary General shall be under the responsibility, and shall act in accordance with the instructions, of the Chair. The Chair is responsible for providing general direction to the Secretary General, in accordance with any directions given by the Plenary.
(4) In appointing the Secretariat staff, the Secretary General shall, subject to the importance of securing the highest standards of efficiency and of technical competence, pay due regard to the importance of a balanced composition in terms of geographic regions and institutional functions.
(5) The Secretary General and the Secretariat staff, in the discharge of their functions, shall owe their duty entirely to the FSB and to no other authorities or institutions.
(6) The main responsibilities of the Secretariat shall be the following:
 (a) to support the activities of the FSB, including its Standing Committees and working groups;
 (b) to facilitate cooperation between Members and between the FSB and other institutions;
 (c) to ensure efficient communication to Members and others;
 (d) to manage the financial, material and human resources allocated to the FSB (including the appointment of staff who may be seconded by Members);
 (e) to maintain the records, administer the website and deal with the correspondence of the FSB; and
 (f) to carry out all other functions that are assigned by the Chair or the Plenary.
(7) The Secretariat shall be located in Basel at the BIS.
IV. Final provisions
Article 16. Legal Effect
This Charter is not intended to create any legal rights or obligations.
Article 17. Effective date
This Charter shall come into effect on 25 September 2009.

Annex A
List of FSB Members
A. Member Jurisdictions
Argentina
· Central Bank of Argentina
Australia
· Department of the Treasury
· Reserve Bank of Australia
Brazil
· Ministry of Finance
· Central Bank of Brazil
· Securities and Exchange Commission of Brazil
Canada
· Department of Finance
· Bank of Canada
· Office of the Superintendent of Financial Institutions (OSFI)
China
· Ministry of Finance
· People’s Bank of China
· China Banking Regulatory Commission
France
· Ministry of Economy, Industry and Employment
· Bank of France
· Autorité des Marchés Financiers (AMF)
Germany
· Ministry of Finance
· Deutsche Bundesbank
· Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (Bafin)
Hong Kong SAR
· Hong Kong Monetary Authority
India
· Ministry of Finance
· Reserve Bank of India
· Securities and Exchange Board of India
Indonesia
· Bank Indonesia
Italy
· Ministry of the Economy and Finance
· Bank of Italy
· Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (CONSOB)
Japan
· Ministry of Finance
· Bank of Japan
· Financial Services Agency
Korea
· Bank of Korea
· Financial Services Commission
Mexico
· Ministry of Finance and Public Credit
· Bank of Mexico
Netherlands
· Ministry of Finance
· Netherlands Bank
Russia
· Ministry of Finance
· Central Bank of the Russian Federation
· Federal Financial Markets Service
Saudi Arabia
· Saudi Arabian Monetary Agency
Singapore
· Monetary Authority of Singapore
South Africa
· Ministry of Finance
Spain
· Ministry of Economy and Finance
· Bank of Spain
Switzerland
· Swiss Federal Department of Finance
· Swiss National Bank
Turkey
· Central Bank of the Republic of Turkey
United Kingdom
· HM Treasury
· Bank of England
· Financial Services Authority
United States
· Department of the Treasury
· Board of Governors of the Federal Reserve System
· Securities and Exchange Commission
European Central Bank
European Commission

B. International Financial Institutions1
· Bank for International Settlements (BIS)
· International Monetary Fund (IMF)
· Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD)
· World Bank

C. International Standard-Setting, Regulatory, Supervisory and Central Bank
Bodies
· Basel Committee on Banking Supervision (BCBS)
· Committee on Payment and Settlement Systems (CPSS)
· Committee on the Global Financial System (CGFS)
· International Accounting Standards Board (IASB)
· International Association of Insurance Supervisors (IAIS)
· International Organization of Securities Commissions (IOSCO)
1 The acceptance of membership by the international financial institutions in the FSB is subject to
the approval of their respective governing bodies.

Annex B
List of Standing Committees and ad-hoc working groups
Standing Committees (3)
- Standing Committee on Assessment of Vulnerabilities
- Standing Committee for Supervisory and Regulatory Cooperation
- Standing Committee for Standards Implementation
Ad-hoc working groups (3)
- Cross-border Crisis Management Working Group
- Expert Group on Non-cooperative Jurisdictions
- Working Group on Compensation

 

For more informations about FSB : http://www.financialstabilityboard.org/

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Gouvernances multilatérales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 11:36

À partir de novembre 2011, la présidence du G20 est confiée, pour la seconde fois seulement, à un pays dit émergent. Le choix du Mexique paraît cohérent au regard de son assiduité au sein des clubs élargis à partir du G7-8. Présent dans le G22 et le G33 à la fin des années 1990, le Mexique prend part, à compter de 1999, au groupe élargi des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques centrales, dont l'une des réunions est organisée à Morelia (Mexique), en 2003. Aux côtés des membres du G7 et de l'Union européenne, il se joint à l'initiative pour la sécurité sanitaire mondiale, lancée en 2001.

Ensuite, les rencontres G8 + G5 inaugurées en 2005 au Royaume-Uni permettent au pays d'être associé aux grandes puissances, avant d'être pleinement intégré, depuis 2008, aux sommets des chefs d'État du G20.

L'entrée du Mexique dans un club de grandes puissances a de quoi étonner les familiers de la politique extérieure du pays. En effet, elle contraste avec la défiance historique de ce pays envers ce type de multilatéralisme. De sa proposition, à la Conférence de San Francisco de 1945, d'un Conseil de sécurité composé de six membres semi-permanents et d'un nombre égal de membres temporaires, à sa circonspection actuelle envers une augmentation du nombre de permanents dans ce même organe, le Mexique s'est montré réticent, non pas vis-à-vis de la diplomatie de club en général4, mais, bien plus, à l'égard du "minilatéralisme" des plus puissants. Cette appréhension résulte tout autant de la volonté mexicaine d'utiliser le multilatéralisme comme un frein aux politiques de puissance que de son incertitude quant à sa possibilité de faire partie de ce club.

Malgré cette méfiance, les dirigeants mexicains qui, depuis les années 1990, aspiraient à améliorer le statut de leur pays dans la hiérarchie mondiale n'ont pu résister aux sirènes de la reconnaissance, par les plus puissants, du rôle international de leur État. Cependant, la diplomatie mexicaine paraît mal armée pour tirer profit de son insertion dans le cercle restreint du G20. Tandis que la participation au G20 permet à des États comme le Brésil ou l'Inde de jouer sur leur double inscription au Nord et au Sud, le Mexique ne bénéficie pas d'une telle alternative. Au cours des années 1990, les dirigeants mexicains ont ainsi pensé que l'inclusion dans le "premier monde" n'était pas compatible avec leur engagement au sein du tiers-monde. L'adhésion du pays à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la signature de l'Accord de libre-échange nordaméricain (ALENA) l'ont conduit à abandonner les groupes diplomatiques qui rassemblent des pays du Sud, comme le G77 en 1994. En dépit de tentatives pour se rapprocher du Sud, le Mexique ne jouit plus, aujourd'hui, d'une crédibilité semblable à celle des pays émergents cités plus haut. De ce fait, sa seule présence dans le concert des nations les plus puissantes ne constitue pas une ressource pérenne. De la sorte, son appartenance au G20 le rapproche plus d'un joueur "connivent" que d'un acteur autonome et qui compte.

La présidence du G20 peut-elle contribuer à modifier cet état de fait ? À certains acteurs, notamment mexicains, elle apparaît comme une "opportunité". Pour le spectateur averti de la configuration mexicaine, elle semble beaucoup plus ambivalente. En effet, depuis fin 2006 et son arrivée au pouvoir, Felipe Calderón a opté pour le "profil bas" en matière de politique extérieure. Ce choix découle de la priorité accordée par son administration à la lutte contre le narcotrafic, ce qui entraîne un repli du pays sur sa situation intérieure. Il signale également une volonté d'apaisement, aussi bien à l'égard des pays avec lesquels les relations s'étaient tendues au cours du sexennat de Vicente Fox, qu'envers une société mexicaine très polarisée. Or de par la visibilité et la médiatisation qu'elle implique et les contestations, notamment altermondialistes, qu'elle engendre, la présidence du G20 tranche avec une politique extérieure feutrée et devient une source potentielle de déséquilibres et de crispations. À cela s'ajoutent deux points importants : une conjoncture internationale compliquée (crise financière et économique mondiale qui est l'un des thèmes centraux de l'agenda du G20) et une relation bilatérale mouvementée avec la France (affaire Florence Cassez, annulation de l'Année du Mexique en France) à laquelle le Mexique succède.

À la faveur de son insertion dans le G20, le Mexique a dépassé son malaise initial à l'égard du "minilatéralisme" des grandes puissances mais il doit désormais faire face à une nouvelle question : comment développer une stratégie d'autonomisation et d'affirmation de puissance moyenne à partir de cet engagement dans un club oligarchique ? En raison des contextes internationaux et nationaux, la présidence mexicaine du G20 apparaît moins comme une partie de la réponse que comme un défi complexe à relever.

 

 

Mélanie Albaret est post-doctorante du CERI-Sciences Po


Pour lire d'autres analyses, rendez-vous sur le site du CERI

 

 

Par ERASME - Publié dans : Gouvernances multilatérales
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)

 

 

Recherche

Catégories

Recommander

Conseils de lecture

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés