Méditerranée & Proche Orient

Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 22:13

Et maintenant, la théorie du complot ! Après un étonnant silence de plus de cinq jours, pendant lesquels la plupart des ministres israéliens ont fait chorus dans le débat très public sur l'opportunité ou non, pour Israël, d'envisager des frappes militaires contre les installations nucléaires iraniennes, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a demandé au Shin Bet, le service de renseignement intérieur, de diligenter une enquête sur l'origine des fuites concernant une discussion censée rester confinée au cénacle du cabinet restreint.

Haro donc sur la presse, coupable d'avoir rendu compte des états d'âme de ministres qui se sont notamment exprimés... à la Knesset, le Parlement israélien ! Mais comme les médias peuvent rendre des services, c'est par le biais du quotidien koweïtien Al-Jarida que le gouvernement israélien a choisi de faire part de la saisie du Shin Bet et de ses soupçons. Le bureau du premier ministre n'a ni confirmé ni démenti les informations d'Al-Jarida, un journal très souvent utilisé par l'exécutif israélien pour distiller informations, rumeurs et ballons d'essai.

DÉSIR DE REVANCHE

Que dit Al-Jarida ? Que ces fuites sont la manifestation du désir de revanche des anciens chefs du Mossad (renseignement extérieur) et du Shin Bet Meir Dagan et Youval Diskin, le premier n'ayant pas apprécié de ne pas être renouvelé dans ses fonctions, et le second de ne pas lui avoir succédé. Les deux hommes auraient "recruté" des journalistes pour nuire au premier ministre et au ministre de la défense, Ehoud Barak, et torpiller l'intention prêtée aux deux hommes de pousser les feux en faveur d'une intervention militaire contre l'Iran.

Mais Meir Dagan est du genre combatif : "Je suis un criminel qui viole les règles de sécurité ? Qu'ils me jugent donc ! Ceux qui ont poussé la question iranienne au centre de l'actualité, ce sont le premier ministre et le ministre de la défense", a ajouté l'ancien patron du Mossad. Dans cette ambiance de règlement de comptes, Moshé Yaalon, le ministre des affaires stratégiques, a dénoncé le comportement " cynique et irresponsable" de son collègue de la défense, par ailleurs soupçonné d'exagérer à dessein les menaces contre Israël pour obtenir des rallonges financières pour son ministère.

La plupart des éditorialistes de la presse israélienne dénoncent l'hypocrisie du gouvernement, qui, n'ayant pas fait usage de la censure militaire (une pratique pourtant courante sur des sujets sensibles), a laissé le débat prendre de l'ampleur, avant de désigner un bouc émissaire : la presse.

Que la tentation de frappes préventives contre l'Iran existe en Israël, nul ne peut en douter. La preuve : le débat s'est transporté, vendredi 4 novembre, de Jérusalem à... Cannes. Lors du sommet du G20, Nicolas Sarkozy s'est refusé à envisager une hypothèse guerrière, insistant au contraire sur la nécessité de multiplier les sanctions contre Téhéran. Le ton se voulait apaisant, mais non dénué d'une menace à peine voilée : "Si Israël était menacé dans son existence, la France ne resterait pas les bras croisés", a souligné le président français.

 

Voir également : Suivi de la relation politique bilatérale franco-israélienne

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 15:07

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde Israël quant à sa présence en mer Méditerranée, prévenant que la marine turque pourrait y envoyer des navires de guerre.

" Israël ne peut pas faire ce qu'il veut en Méditerranée orientale. Ils verront quelles seront nos décisions sur la question. Nos navires d'attaque peuvent être là à n'importe quel moment ", a dit Erdogan à Tunis, lors d'une conférence de presse.

Les relations diplomatiques entre les deux pays se sont dégradées depuis que l'armée israélienne a tué neuf militants pro-palestiniens turc dans un assaut contre une flottille qui tentait de forcer le blocus de la bande de Gaza en mai 2010.

Israël a refusé de présenter des excuses officielles, tout en disant vouloir apaiser les tensions avec son ancien allié.

La Turquie a suspendu ses échanges avec Israël en matière de défense et annoncé l'intensification de ses patrouilles navales en Méditerranée orientale.

La perspective d'une querelle maritime avec la Turquie, membre de l'Otan et allié des Etats-Unis comme Israël, inquiète Tel Aviv, qui doit déjà gérer la détérioration de ses relations avec l'Egypte et la question du nucléaire iranien.

Erdogan, qui cherche à accroître l'influence diplomatique d'Ankara, est en tournée en Egypte, en Tunisie et en Libye. Il a reçu au Caire un accueil enthousiaste, notamment en raison de sa critique de la diplomatie israélienne.

 

Source : Reuters

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 00:08

En toute discrétion, Tony Blair joue un rôle central dans les tentatives de relance du processus de paix au Proche-Orient et s'efforce notamment de dissuader l'Autorité palestinienne de demander dans quinze jours la reconnaissance de l'Assemblée générale de l'Onu.

L'ancien Premier ministre britannique, émissaire spécial du quartet des médiateurs internationaux qui réunit les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'Onu, a comblé le vide laissé par le sénateur américain George Mitchell, représentant spécial de Barack Obama dans la région, qui a démissionné en mai.

Le dialogue israélo-palestinien est au point mort depuis un an et la situation diplomatique pourrait s'aggraver davantage si Mahmoud Abbas demande effectivement la reconnaissance de l'Etat palestinien lors de l'Assemblée générale de l'Onu, qui débute le 19 septembre.

Doutant que le président palestinien et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aient réellement l'intention de renouer le dialogue, nombreux sont ceux qui jugent la mission de Tony Blair vouée à l'échec.

Il n'a toutefois pas renoncé à sa quête du compromis, qui s'est même accélérée ces derniers jours. Ainsi a-t-il rencontré discrètement Benjamin Netanyahu à Jérusalem, puis la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et la porte-parole de la diplomatie européenne Catherine Ashton à Paris.

L'ex-locataire du 10 Downing Street est en outre attendu ce week-end au Proche-Orient, où il devrait être à nouveau reçu par le chef du gouvernement israélien et des représentants de l'Autorité palestinienne.

"Probablement trop tard"

A l'issue de leur dernière entrevue, le 11 juillet, les membres du quartet n'ont diffusé aucun communiqué. De sources diplomatiques, on indique qu'ils ont été incapables de s'entendre sur la notion d'Etat juif, sur le rôle de l'Onu, les colonies de Cisjordanie ou les termes à employer pour évoquer les frontières.

" Il y a un vide. En fin de compte, je ne crois pas que Tony Blair pourra le combler ", estime un diplomate ayant requis l'anonymat. " Il est probablement trop tard pour trouver une solution diplomatique à 'septembre' ", poursuit-il, reprenant le terme devenu générique pour évoquer la crise à venir en cas de reconnaissance de l'Etat palestinien lors de l'Assemblée générale de l'Onu.

Une adhésion de plein de droit à l'organisation supposerait toutefois l'accord du Conseil de sécurité, or les Etats-Unis ne manqueront pas de recourir à leur droit de veto pour s'y opposer.

L'Autorité palestinienne pourrait dès lors demander le statut d'observateur, accordé au Vatican, ce qui, à défaut d'une pleine reconnaissance, lui permettrait d'adhérer à d'autres organisations internationales ou de signer des traités.

En Israël, on redoute qu'elle ne fasse valoir ce statut pour porter le conflit proche-oriental devant la justice internationale.

Pour Daniel Kurtzer, ancien ambassadeur américain en Israël et en Egypte, personne ne s'est réellement imposé en tant que médiateur depuis la démission de George Mitchell, sur lequel Washington misait tout depuis deux ans et demi.

" On sollicite un peu quelqu'un comme Tony Blair, juste pour voir s'il peut faire avancer les choses. S'il y parvient, l'administration (américaine) en prendra acte. Si ce n'est pas le cas, elle ne se sera pas mouillée ", conclut-il.

 

Source : Reuters

 

Voir également à ce sujet :

 * Israël doit sortir de la légende pour passer au réel, par (Le Monde)

 * La question de la Palestine (Source : Nations Unies)

 * Middle East Quartet Statement (August 16, 2011)

 * Retour sur images : La réunion du 'quartet' (de mars 2010) montre une nouvelle fois ses limites ! Il faut en finir avec ce simulacre de médiation !

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 22:00

Le président palestinien Mahmoud Abbas présentera le mois prochain une demande de reconnaissance d'un Etat de Palestine à l'Assemblée générale de l'Onu, a déclaré samedi son ministre des Affaires étrangères Ryad al Malki sans préciser la date exacte de cette initiative.

" Je pense que le président présentera la demande lorsqu'il se rendra aux Nations unies et rencontrera le secrétaire général ", a dit Ryad Malki lors d'un point de presse à Ramallah.

La 66e Assemblée générale de l'Onu débute officiellement le 13 septembre. Les réunions où sont attendus des dirigeants internationaux de haut niveau devraient commencer le 20 septembre.

Les pourparlers de paix israélo-palestiniens étant au point mort depuis des mois, Mahmoud Abbas espère obtenir à l'Onu la reconnaissance d'une souveraineté palestinienne dans l'ensemble de la Cisjordanie occupée, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza.

Mais les Etats-Unis, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, devraient s'opposer à toute démarche de Mahmoud Abbas visant à obtenir unilatéralement la reconnaissance d'un Etat palestinien par les Nations unies en l'absence de négociations de paix avec l'Etat juif.

Les Palestiniens ont indiqué par ailleurs qu'ils tenteraient d'obtenir que leur statut auprès de l'organisation passe de celui d'observateur à celui d'Etat non membre. On s'attend à ce que cette requête aboutisse parce qu'elle ne requiert pas l'approbation du Conseil de sécurité.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a publié un communiqué où il regrette l'initiative palestinienne.

" C'était attendu et c'est regrettable. (Le Premier ministre) pense toujours que c'est seulement par des négociations directes et honnêtes, et non par des décisions unilatérales, qu'il sera possible de faire progresser le processus de paix ", dit le communiqué.

Les Palestiniens n'ont certainement pas oublé que le retrait des colons israéliens de Gaza sur injonction du premier ministre Sharon avait été décidé et opéré de manière unilatérale ...

 

Source : Reuters

 

Par ERASME - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 10:05

Dans un article publié dans le numéro 94 (avril-juin 2011) de la Revue de Confrontations Europe (cf. http://www.confrontations.org/IMG/pdf/P_03_Somm-3.pdf), Jean-Louis Guigou, délégué général de l’IPEMED, insiste sur ce que doit faire l’Europe pour favoriser les transitions démocratiques dans les pays du Maghreb-Machrek à travers une aide institutionnelle, financière et technique.

 

Extraits :

" [...] L'Europe peut retrouver, grâce aux pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée, une place d'importance sur la scène internationale. A une condition : qu'elle fasse elle-même sa propre révolution, car la révolution du Sud appelle la révolution du Nord.

[...] On ne progressera pas si l'Europe ne change pas d'attitude par rapport à Israël, si l'Europe continue à être anxiogène par rapport à l'immigration et à l'Islam, si les Français continuent à mener des débats sur l'identité nationale, sur la laïcité, sur l'Islam, si l'Europe se croit toujours au centre du monde alors qu'elle ne l'est plus et qu'elle impose des conditionnalités au Sud. Or, pour l'instant, l'Europe n'a pas offert de réponse commune, tarde à la faire avec les bons mots. Avec comme risque possible que le Sud se tourne irrémédiablement vers la grande " ferme du monde ", l'Amérique latine et vers la grande " usine du monde ", la Chine. L'Europe va-t-elle être capable d'accompagner les mutations ? Ou restera-t-elle dans une optique sécuritaire de forteresse ?

[...] Si cette révolution est conduite à son terme, c'est à dire la démocratisation au Sud, accompagnée par le Nord, qui permette de retrouver la confiance, alors peut se dégager un très grand projet historique, celui de la régionalisation de la mondialisation dans un monde multipolaire qui s'articule autour de trois grands blocs. Celui qui va gagner, c'est celui qui saura le mieux articuler le Nord et le Sud dans des grands ensembles intégrés, sous forme de " quartiers d'orange ". Le bloc le plus important actuellement, c'est l'espace Chine+Inde+Australie+Japon+Asean. C'est un ensemble de 2,5 milliards de personnes dominé par la Chine, qui constitue un espace de libre-échange sans cependant offrir d'homogénéité parfaite mais qui est en train de se structurer en jouant sur la complémentarité, la proximité et les solidarités de fait : eau, énergie, environnement, tourisme, migration, agriculture. De l'autre côté, l'Alena avec le Mercosur et l'Amérique du Nord qui fait tout pour que les deux Amériques coopèrent. L'Europe-Afrique, avec pour levier la Méditerranée, peut devenir le foyer du développement du XXIème siècle en mutualisant ses proximités et complémentarités. Le chef de l'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika le disait le 17 novembre 2005 à Nicolas Sarkozy : " on a un destin commun, on ne peut rien contre les lois de la géographie ".

Cette régulation régionale s'offre comme un complément à la régulation mondiale, très difficile à 192 pays. Elle permet qu'apparaissent des solidarités."

 

Par ERASME - Publié dans : Méditerranée & Proche Orient
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