Les Français, comme l'ensemble des Européens, sont en demande de protection !
Mais de quelle demande s'agit-il vraiment ?
S'agit-il d'une demande de protection limitée, ou d'une demande plus globale ?
De quelles formes de protection sont-ils demandeurs ? Sur quels registres ? Par qui doivent être élaborées, mises en oeuvre,
évaluées et contrôlées ces différentes formes de protection ?
Toutes ces questions sont d'autant plus complexes qu'elles appellent des analyses sociopolitiques qui sont rarement conduites
!
Or "Protéger" ne veut rien dire vraiment en soi
outre ce que tout un chacun entend par cette fonction/mission qui vise à satisfaire l'exigence
régalienne de garantir la sécurité des biens, des personnes et des institutions, ainsi que l'ordre, la sécurité et la paix publiques !
Même les dictatures les plus sanguinaires et les autocraties les plus autoritaires "protègent", tant bien que mal, ces
mêmes attributs alors même que l'Etat de droit, les principes de la bonne gouvernance, les droits les plus
fondamentaux et les libertés les plus fondamentales y sont mis à mal, bafouées, piétinées !
En France, comme en Europe, il est aisé de comprendre que la demande de protection touche à bien d'autres registres, des
registres qui font pleinement sens quotidiennement chez les citoyens, qu'il s'agisse de l'emploi, de la protection sociale, de la santé, de l'alimentation, de l'éducation, ou, plus
généralement, des biens collectifs, y compris culturels, sociaux et politiques, comme des biens privés.
Le président de la République française l'a parfaitement compris comme en témoigne la teneur des voeux qu'il a adressés à la
Nation pour l'année 2011 (cf. Retour sur images :
Voeux de M. le Président de la République pour l'année 2011 ) !
" L'année 2010 s'achève. Je sais qu'elle fut rude pour beaucoup d'entre vous. La crise économique et financière,
commencée il y a 3 ans, a continué à faire sentir ses effets et nombreux furent ceux qui ont perdu leur emploi ce qui n'a fait qu'exacerber le sentiment d'injustice ressenti par des salariés qui
n'étaient en rien responsables de la crise.
Pourtant grâce au travail des Français, à leur courage, à leur capacité d'adaptation, à la force de notre économie, aux
avantages de notre modèle social, la récession fut moins sévère et d'une durée plus courte que ce que connurent nombre de nos partenaires.
[...]
L'Europe dans la tempête a su faire face certes pas assez complètement et souvent pas assez rapidement mais l'Europe a tenu
et l'Europe nous a protégés.
Ne croyez pas, mes chers compatriotes ceux qui proposent que nous sortions de l'euro. L'isolement de la France serait une
folie. La fin de l'euro serait la fin de l'Europe. Je m'opposerai de toutes mes forces à ce retour en arrière qui ferait fi de 60 ans de construction européenne qui ont apporté la paix et la
fraternité sur notre continent. Je le dis avec d'autant plus de fermeté que j'ai toujours milité pour la préférence communautaire, et que je me suis toujours battu pour la protection de notre
industrie, la réciprocité et la fin de la naïveté dans les discussions commerciales avec nos principaux partenaires. L'Europe est essentielle à notre avenir, à notre identité et à nos
valeurs.
Ma conviction la plus intime pour 2011 est qu'il nous faut continuer inlassablement à renforcer nos atouts et à effacer nos
points faibles en étant plus compétitifs, en formant mieux nos jeunes, en travaillant mieux, en réduisant nos dépenses publiques et nos déficits sous peine de voir notre indépendance gravement
menacée. Regardons ce qui s'est passé en Europe. Les pays qui ont voulu vivre au-dessus de leurs moyens sans penser aux lendemains ont été lourdement sanctionnés. Mon premier devoir est de
protéger la France de cette perspective. La France tiendra donc ses engagements en équilibrant ses comptes. Je ne transigerai pas sur cet objectif.
Je sais que 2012 sera un rendez-vous électoral de grande importance. Mais nous sommes en 2011, nous ne pouvons nous payer le
luxe d'une année d'immobilisme pré-électoral alors que le monde avance à une vitesse stupéfiante. 2011 doit donc être une année utile pour les Français. La difficulté ne compte pas lorsque sont
en jeu l'intérêt de la nation et le bien commun des Français.
Mon devoir est de privilégier en toutes circonstances l'intérêt général. Jusqu'à la dernière minute de mon mandat je n'aurai
d'autre règle que celle-là. Nous allons donc continuer à réformer parce que c'est la seule façon de préserver notre modèle et notre identité, c'est la seule façon de protéger la France et les
Français. Les protéger de la dépendance car chacun a le droit à sa dignité face aux souffrances du grand âge. Les protéger des délocalisations en harmonisant notre fiscalité avec nos voisins
Allemands. Les protéger de la violence chaque jour plus brutale de la part de délinquants multi-réitérant en ouvrant nos tribunaux correctionnels aux jurés populaires. Ainsi c'est le peuple qui
pourra donner son avis sur la sévérité de la réponse à apporter à des comportements qui provoquent l'exaspération du pays.
Avec le Premier Ministre François FILLON qui a toute ma confiance, avec le gouvernement, nous devons travailler sans
relâche toute cette année au service d'une prospérité française retrouvée qui nous permettra de créer les emplois dont nous avons besoin. Je ferai mon devoir en écoutant, en dialoguant, mais
lorsque le moment sera venu, en prenant les décisions qui s'imposent dans un esprit de vérité et de justice.
Je le ferai en respectant scrupuleusement nos principes républicains les plus chers. La laïcité et le refus du
communautarisme. La loi portant interdiction de la burqa sera appliquée dans l'esprit comme dans la lettre. Le rappel à chacun qu'il ne peut exister de droit sans la contrepartie de devoirs.
Ainsi l'école est obligatoire. L'absentéisme est inacceptable car il condamne à l'échec ceux qui s'y abandonnent. Le respect de la loi est intangible et on ne la bafoue pas. De même que le
respect dû à la France par ceux que nous accueillons est une exigence. L'égalité des chances et la justice qui ne sont ni l'égalitarisme ni l'assistanat et qui doivent nous conduire à considérer
la revalorisation du travail comme une priorité absolument intangible. La liberté enfin qui doit aller de pair avec le respect que chacun doit aux autres.
Tout au long de l'année, mes chers compatriotes, la France portera la lourde responsabilité de la double présidence du G 20
et du G 8. Elle défendra l'idée d'un monde plus régulé, moins brutal où l'interdépendance oblige chacun à davantage écouter l'autre. Elle défendra la France vigoureusement ses intérêts sans
jamais renoncer à ses valeurs, quant au multilatéralisme, au respect des droits de l'Homme, au combat pour le développement et à l'impératif de la protection de notre planète. "
Mais n'existe-t-il pas d'autres niveaux pertinents que l'Etat-nation pour protéger de tels intérêts (cf. en particulier à cet
égard : N'y a-t-il pas d'autres niveaux pertinents de décision que l'État-nation ? (1) ainsi que N'y
a-t-il pas d'autres niveaux pertinents de décision que l'État-nation ? (2) ) ?
Regards-citoyens propose de répondre à cette question au travers d'une série d'articles (dont le
premier s'intitule Redonnons
force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - première partie -).
Voir également à ce sujet, notamment, les quelques articles suivants :
Les Français plus préoccupés par le chômage
que par la sécurité
Les Français champions du monde du pessimisme
en 2011, selon BVA
De la définition et de la défense des intérêts nationaux
(nouvelle édition)
PENSER L'INTERET EUROPEEN : Du compromis entre
intérêts nationaux à l’intérêt général européen
Le massacre d'Alexandrie et le piège d'Al-Qaida (Editorial Du
Monde)
L'Union
européenne toujours en proie à la corruption
Démocratie, élections et
terrorisme - ou de l'art de convoquer les peurs pour se maintenir au pouvoir
Retour sur images : Au nom du 11 septembre..., par Catherine
Graciet (Bakhchich)
De la contre-insurrection ! Ou du
recours aux forces armées pour réduire au silence des populations civiles ! - nouvelle édition -
"L'Acta n'est pas bon", estime le président du Parlement
européen (Nouvel Observateur)
Retraites : Pour une autre
forme de capitalisme, par Fanny Picard (Les Echos - extrait)
Solidarité et participation sont
indispensables pour résoudre le problème de la pauvreté
La crise mondiale est pour demain (Entretiens de Michel Rocard avec Jean-Gabriel Fredet, François Armanet - Nouvel Observateur)
Comprendre la crise pour mieux
réformer l'Europe, par Confrontations Europe
Malgré les avancées substantielles
qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (1)
Malgré les avancées substantielles
qu'il rend juridiquement possibles, le Pacte budgétaire et fiscal ne résoud pas la totalité des défis auxquels sont confrontés l'euro et l'eurozone ! (2)
Lançons un véritable audit public des
responsabilités à l'égard des crises systémiques qui obscurcissent nos vies et nos horizons !
Redonnons force et espoir aux Européens
en construisant une Europe qui les protège ! - sixième partie -