Mercredi 8 décembre 2010
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Les dirigeants palestiniens ont imputé mercredi à " l'obstination israélienne " le renoncement de Washington à ses
efforts pour obtenir un nouveau gel de la colonisation juive en territoire occupé.
Ils se demandent dès lors si les Etats-Unis, qui envisagent désormais un retour à des discussions de paix indirectes, seront
jamais en mesure de les aider à obtenir l'indépendance.
Les Palestiniens voulaient un arrêt des nouveaux chantiers dans les colonies juives de Cisjordanie et à Jérusalem-Est avant
d'accepter la reprise de discussions directes sur la création d'un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël.
George Mitchell, émissaire de la Maison blanche, va effectuer une nouvelle visite au Proche-Orient la semaine prochaine, a
annoncé le porte-parole du département d'Etat, P.J. Crowley. " Le sénateur Mitchell va retourner dans la région la semaine prochaine pour des consultations ", a dit Crowley.
Des responsables à Washington ont indiqué que les Etats-Unis envisageaient des discussions séparées avec les deux camps, soit un
retour aux négociations indirectes qui ont rythmé la majeure partie de l'année dernière.
A l'instigation de Washington, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas ont eu
trois séries d'entretiens directs en septembre. Mais Abbas les a interrompus à l'expiration, fin septembre, d'un moratoire israélien de dix mois sur de nouvelles colonies en Cisjordanie
occupée.
Israël a dénoncé cet exigence d'un gel de la colonisation juive comme une condition préalable qui n'avait jamais été avancée au
cours des vingt dernières années de processus de paix.
Netanyahu a en outre reproché à Abbas d'avoir tardé à s'asseoir à la table de négociation après l'annonce de ce moratoire, en
novembre 2009. Le président palestinien exigeait qu'il porte aussi sur Jérusalem-Est, ce qu'a refusé son interlocuteur israélien.
Revers pour Obama
L'annonce par Washington d'un retour à des discussions indirectes constitue un gros revers pour le président Barack Obama, qui
avait jugé " vital pour la sécurité nationale " qu'un accord de paix soit signé dans un délai d'un an, juge Yasser Abed Rabbo.
Ce proche collaborateur d'Abbas a imputé ce changement de pied américain à l' " obstination israélienne ". Pour sa
part, le Hamas en a conclu à l'échec du processus de paix et a invité Abbas à mettre fin définitivement aux négociations.
Pour Catherine Ashton, Haute Représentante de la diplomatie européenne, l'actuelle coalition israélienne dominée par la droite
n'était pas en mesure de proroger le moratoire sur la colonisation, dont elle a rappelé qu'elle était illégale et nuisible aux efforts de paix.
L'échec des Etats-Unis aura " un coût pour eux dans la région ", prédit Samih Chahib, politologue à l'université de Bir
Zeït, près de Ramallah. " Leur crédibilité est devenue très faible auprès des Palestiniens et des Arabes. "
Mark Regev, porte-parole du gouvernement israélien, a assuré qu'Israël restait déterminé " à poursuivre l'effort en cours
pour parvenir à un accord de paix historique avec les Palestiniens ".
Zvi Hauser, collaborateur de Netanyahu, a déclaré à la radio israélienne qu'il ignorait en quoi consisterait la prochaine étape.
Mais, a-t-il ajouté, " apparemment les choses seront menées à ce stade via un canal indirect ".
Des responsables américains ont énuméré mardi trois raisons pour ne plus tenter d'obtenir un nouveau moratoire: le refus
d'Israël d'arrêter les chantiers à Jérusalem-Est, l'absence probable de progrès en cas de prorogation pour seulement quelques mois et l'ampleur des contreparties américaines à Israël: la
livraison de 20 chasseurs F-35, d'une valeur de trois milliards de dollars.
Quant à l'Union européenne, ce ne sont pas les quelques millions d'euros qu'elle consent à l'Autorité palestinienne chaque année
qui équilibre, aux yeux de palestiniens qui se sentent abandonnés dans leurs revendications politiques et territoriales les plus légitimes par des Européens qu'ils jugent quelquepeu "alignés",
les bénéfices substantiels qu'Israêl sait tirer du statut réhaussé dont elle jouit en Europe sans avoir à satisfaire en contrepartie quelques conditionnalités politiques que ce
soit.
Source : Reuters