Le Monde en mouvement et en guerre

Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 23:43

Toute intervention militaire des Etats-Unis contre des extrémistes islamistes au Pakistan serait inacceptable et susceptible d'entraîner des représailles, a déclaré jeudi le chef des puissants services de renseignement militaires pakistanais, selon les médias locaux.

Lors d'une réunion des principaux responsables pakistanais consacrée aux tensions diplomatiques entre Islamabad et Washington, le général Ahmed Shuja Pasha a prévenu que le Pakistan ne laisserait pas la situation atteindre un " point de non-retour ".

Selon la chaîne de télévision Express News, le directeur général de l'Inter-Services Intelligence (ISI) a jugé qu'" une attaque américaine contre le Pakistan au nom de (la lutte contre) l'extrémisme n'est pas acceptable ".

L'armée américaine bombarde régulièrement des repaires supposés d'extrémistes islamistes en territoire pakistanais à l'aide de drones.

Exprimant une opinion largement répandue à Washington, l'amiral Mike Mullen, qui va quitter sous peu la direction de l'état-major américain, a récemment accusé l'ISI de collusion avec le réseau Haqqani, désigné comme le responsable de l'attaque contre l'ambassade des Etats-Unis le 13 septembre à Kaboul.

" Je l'ai formulée comme je voulais la formuler ", a assuré l'officier, évoquant cette déclaration dans un entretien diffusé jeudi.

L'ISI, a-t-il poursuivi, apporte au réseau Haqqani une aide logistique et financière, ainsi qu' " une espèce de droit de passage " au Nord-Waziristan, zone tribale pakistanaise limitrophe de l'Afghanistan.

" Ils ne peuvent pas y mettre fin du jour au lendemain. Je ne dis pas que l'armée pakistanaise ou l'ISI contrôle entièrement les Haqqani. Mais les Haqqani gouvernent ce sanctuaire. Il y a également un repaire d'Al Qaïda dans ce sanctuaire ", a ajouté l'amiral.

GILANI REJETTE LES "PETITES ACCUSATIONS"

Les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan se sont considérablement dégradées après la mort d'Oussama ben Laden, tué en mai par un commando américain en territoire pakistanais. Islamabad a dénoncé une violation de sa souveraineté tandis qu'à Washington des responsables américains exprimaient leurs doutes quant à la fiabilité des autorités pakistanaises dans la lutte contre les extrémistes islamistes.

Une nouvelle intervention américaine au Nord-Waziristan contre les dirigeants du réseau Haqqani - qui ne figure pas pour l'instant sur la liste américaine des organisations terroristes - serait vécue comme une humiliation supplémentaire par l'appareil militaire pakistanais.

Jeudi, le Premier ministre pakistanais a prié les Etats-Unis de cesser de mettre en cause son pays.

" Le jeu des petites accusations doit cesser et les intérêts nationaux du Pakistan doivent être respectés ", a dit Yusuf Raza Gilani dans une allocution retransmise à la télévision et prononcée en présence du patron de l'ISI et du chef d'état-major de l'armée, Ashfaq Kayani, considéré comme le véritable homme fort du pays.

Le Pakistan juge avoir effectué plus de sacrifices que n'importe quel autre pays dans la lutte contre l'extrémisme islamiste, avec la perte d'environ 10.000 militaires et membres des forces de sécurité.

Le général Ahmed Shuja Pasha, à l'issue de la réunion de jeudi, a également démenti tout soutien de ses services au réseau Haqqani. " Il y a d'autres services de renseignement qui soutiennent des groupes actifs en Afghanistan. Nous n'avons jamais versé un sou ni fourni une seule munition au réseau Haqqani ", a-t-il dit à Reuters.

A Washington, le département du Trésor a annoncé jeudi des sanctions contre des individus liés selon lui à des groupes combattants islamistes en Afghanistan et au Pakistan.

Les compagnies et les ressortissants américains ont en conséquence été informés de ne pas effectuer de transactions avec ces individus, dont les avoirs aux Etats-Unis sont gelés.

Parmi les personnes visées par ces mesures figure Abdul Aziz Abbasin, que le Trésor américain présente comme un chef important du réseau Haqqani, qui serait responsable des opérations dans la province afghane de Paktika où il dirigerait notamment un camp d'entraînement pour volontaires étrangers.

Dans la liste se trouvent aussi Haiji Faizullah Khan Noorzai, un Afghan qui serait l'un des principaux financiers des taliban, et son frère Haiji Malik Noorzai, un homme d'affaires installé au Pakistan. Les deux frères ont investi "des millions de dollars" en faveur des islamistes, selon le département du Trésor.

 

Source : Reuters

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 11:14

C'est une antienne bien connue, une petite musique de fond régulièrement entonnée, à tort, lorsque l'horizon diplomatique tend à s'obscurcir. Ballotté au gré de vents défavorables, le partenariat de circonstance américano-pakistanais, bâti sur les ruines encore fumantes du 11-Septembre, serait voué à une lente et douloureuse agonie. La semaine dernière, la chef de la diplomatie pakistanaise, Hina Rabbani Khar, a d’ailleurs brandi elle-même la menace : les Etats-Unis risquent de "perdre un allié" s’ils s’obstinent à accuser le Pakistan de soutenir les insurgés islamistes. Pour autant, la relation bilatérale perdure. Et il ne saurait en être autrement. Pourquoi ?

La première raison tient à un contexte géopolitique singulier. Nul doute qu'une rupture franche et brutale du lien patiemment tissé au fil des années par Washington et Islamabad laisserait le champ libre à Al-Qaïda et à ses épigones dans une région historiquement instable depuis la partition de 1947. La nébuleuse islamiste, même privée de sa figure tutélaire et de plusieurs de ses hauts cadres opérationnels, possède encore de la ressource. Son pouvoir de nuisance en territoire pakistanais est d'autant plus élevé qu'elle peut compter sur le soutien sans faille d'un large éventail de groupuscules djihadistes, au premier rang desquels le Lashkar-e-Taïba ("Armée des pieux").

Ce vivier de combattants opposés à toute forme de compromission idéologique avec l'Occident, effraie au plus haut point les Etats-Unis. De fait, les stratèges militaires de l'administration Obama ont bien compris que le prix à payer en cas de divorce, même mutuellement consenti, avec leur allié serait des plus lourds. Ils ne veulent pas courir le risque d'assister, impuissants, à un basculement du "pays des purs" sous la coupe réglée des islamistes radicaux, que les services de renseignement de l'ISI, véritables tenants du pouvoir, ont déjà du mal à dompter en dépit d'une évidente collusion. Kaboul deviendrait alors l'arrière-cour officielle du Pakistan dans sa guerre larvée contre "l'ennemi" indien et tous les ingrédients seraient réunis pour qu'une quatrième guerre éclate entre les deux puissances rivales du sous-continent, comme en 1947-1948, 1965 et 1971. Or, depuis la fin des années 1990, les Etats-Unis ont toujours usé de leur influence pour repousser cette éventualité. A cela s'ajoute la crainte d'une mise sous tutelle subreptice de l'arsenal atomique national (entre 70 et 90 têtes nucléaires, selon les estimations) par les mêmes djihadistes, scénario du pire qui ne cesse d'alimenter outre-Atlantique les peurs sécuritaires les plus irrationnelles.

La deuxième raison est d'ordre stratégique. Aussi longtemps que la coalition internationale sera présente en Afghanistan – le calendrier de retrait doit, en principe, s'étaler jusqu'à la fin de l'année 2014 –, les Etats-Unis ne pourront faire l'économie d'une alliance avec le Pakistan. Le choix inverse reviendrait à se priver sciemment d'une plate-forme d'action précieuse, notamment pour l'acheminement d'armes et de troupes sur le terrain. Sans parler du renseignement, fondamental pour atténuer la menace que représentent certains mouvements radicaux, à l'instar du réseau Haqqani, vaste faction talibane autonome, très active de part et d'autre de la ligne Durand (frontière afghano-pakistanaise) et dans le collimateur des stratèges américains.

La troisième raison, enfin, relève de considérations économiques. Chacun à leur niveau, les Etats-Unis et le Pakistan ont un intérêt impérieux à préserver le volet financier de leur relation. L'enjeu est double. Du point de vue de l'Amérique, les généreux subsides versés annuellement à Islamabad – 7,5 milliards de dollars rien que pour la période 2010-2014 – se veulent un pari sur l'avenir. Il s'agit de promouvoir la paix par l'aide civile au développement, tout en cherchant à gagner les faveurs d'une classe politique sinon hostile, du moins largement méfiante. Pour le Pakistan, le soutien de Washington est un rempart contre le spectre, récurrent ces dernières années, d'un défaut de paiement qui préluderait certainement à un effondrement politico-institutionnel. Une hypothèse qui, là encore, serait susceptible de faire le miel des extrémistes de tout poil, à l'affût du moindre signe de faiblesse du régime d'Asif Ali Zardari pour passer à l'action.

Malgré les doutes, les rodomontades et les incompréhensions, les deux pays sont donc condamnés à s’entendre. Du moins jusqu’à ce que la "guerre contre le terrorisme" lancée par George W. Bush à l’automne 2001 voie son accomplissement, à supposer que cela soit possible. Car tant qu’Islamabad demeurera fidèle à sa logique du "double jeu", Al-Qaïda continuera de représenter un péril latent, avec tous les risques que cela suppose, non seulement pour les intérêts occidentaux, mais aussi pour le devenir du Pakistan en tant que démocratie.

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 14:25

Benyamin Nétanyahou a prédit dimanche l'échec de la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien devant le Conseil de sécurité des Nations unies et accusé les Palestiniens de "faire tout ce qu'ils peuvent pour torpiller des négociations de paix directes".

Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement israélien, le Premier ministre a expliqué qu'"on ne peut aboutir à la paix que par des négociations directes".

Après des années d'impasse dans les discussions avec Israël, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas veut demander dans la semaine au Conseil de sécurité des Nations unies la reconnaissance d'un Etat palestinien indépendant sur les terres conquises par l'Etat hébreu lors de la guerre des Six-Jours en 1967 (Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza).

Vendredi, le dirigeant palestinien a confirmé qu'il allait présenter une demande d'adhésion de la Palestine à l'ONU devant le Conseil de sécurité. Une requête unilatérale qui déclencherait une confrontation diplomatique avec Israël et les Etats-Unis, membre permanent, qui ont menacé d'opposer leur véto si la demande est présentée au Conseil de sécurité.

Mahmoud Abbas a toutefois paru lui-même laisser un peu de place à un compromis, disant ne pas exclure d'autres options, non précisées. L'une des possibilités pourrait être d'obtenir pour les Palestiniens un statut d'Etat non-membre observateur de l'Assemblée générale des Nations unies. "Nous ne voulons pas soulever des attentes en disant que nous allons revenir avec une indépendance totale", a reconnu le dirigeant palestinien.

Après le discours de Mahmoud Abbas, les efforts diplomatiques se poursuivaient pour tenter de trouver un compromis de dernière minute et relancer les pourparlers israélo-palestiniens. Les émissaires du Quartet pour la paix au Proche-Orient, qui réunit Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU, se retrouvaient dimanche à New York, une réunion qui devait être suivie par des entretiens entre la patronne de la diplomatie américaine, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, et Catherine Ashton, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère.

S'il n'a pas réussi à convaincre l'Autorité palestinienne de renoncer à réclamer unilatéralement la reconnaissance et l'entière adhésion à l'ONU, le Quartet essaie toujours de rédiger une déclaration qui pourrait relancer les pourparlers. Elle offrirait notamment aux Palestiniens un élargissement modeste de leur statut d'observateur à l'ONU et fixerait un cadre pour de nouvelles négociations, selon des sources diplomatiques.

Dans le meilleur des cas, le Quartet diffuserait cette déclaration qui serait approuvée ensuite par le Conseil de sécurité ou l'Assemblée générale de l'ONU, soit par les deux instances, avant des entretiens entre Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas. Mais les mêmes sources reconnaissent qu'il est certainement trop tard désormais pour espérer arriver à un tel dénouement.

L'Autorité palestinienne a déjà rejeté les propositions du représentant du Quartet Tony Blair et des émissaires américains Dennis Ross et David Hale qui accorderaient aux Palestiniens les "attributs d'un Etat", dont l'adhésion à certaines instances internationales, sans la reconnaissance.

 

Source : Associated Press

 

 

Par ERASME - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 08:41

La Maison Blanche a assuré, jeudi 15 septembre, qu'elle souhaitait aider les Palestiniens à obtenir leur propre Etat, mais estimé que passer par les Nations unies comme le veut le président Mahmoud Abbas se révélerait "contre-productif".

Face à l'impasse dans leurs négociations avec Israël, les Palestiniens ont décidé de s'adresser la semaine prochaine à l'ONU pour obtenir la reconnaissance de leur Etat. Mais le président Barack Obama a affirmé que cette démarche constituait une "diversion" qui ne résoudrait pas le problème du conflit au Proche-Orient, et son administration a prévenu qu'elle mettrait son veto à cette initiative au Conseil de sécurité.

Revenir à la table des négociations

"Notre position est très claire à ce sujet", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney. Une démarche palestinienne à l'ONU "n'est pas à notre avis dans l'intérêt de la paix au Proche-Orient (et) du processus" de paix, a-t-il ajouté lors de son point de presse quotidien. "Elle ne rapprocherait pas les parties. Elle ne rapprocherait pas davantage les Palestiniens d'un Etat, et nous pensons qu'elle serait contre-productive", a-t-il dit. "Notre approche est (...) d'aider les Palestiniens à atteindre leur objectif à terme, et la seule façon dont ils vont atteindre leur objectif (d'Etat) est via des négociations directes avec les Israéliens", a conclu M. Carney.

Depuis San Francisco, où elle se trouvait en déplacement jeudi, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a abondé dans le même sens. Selon Mme Clinton, que ce soit au Proche-Orient ou "au-delà", l'opinion selon laquelle les Palestiniens auraient tout intérêt à s'abstenir de demander l'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU est "de plus en plus partagée". "Nous sommes persuadés que la voie qui mène à la paix et à deux Etats vivant côte à côte ne passe pas par New York, mais par Jérusalem et Ramallah", a dit Hillary Clinton.

 

 

Par ERASME - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 21:11

Les membres du Conseil de sécurité examinent un nouveau projet de résolution qui établirait une mission de l'ONU en Libye et débloquerait les avoirs gelés de deux grandes compagnies pétrolières, selon une copie du texte obtenue mercredi par l'Associated Press.

La Grande-Bretagne a fait circuler le projet de résolution parmi les 15 membres du Conseil mardi soir et des diplomates occidentaux ont exprimé l'espoir d'un vote d'ici à la fin de la semaine.

De sources diplomatiques, on précisait mercredi que la France et les Etats-Unis étaient impliqués dans l'élaboration du projet et que la Russie et la Chine -les deux autres membres permanents du Conseil- étaient consultées.

Le texte modifierait l'embargo sur les armes imposé au régime de Moammar Kadhafi pour autoriser le mouvement rebelle à acheter des armes, uniquement pour des objectifs de sécurité ou une assistance au désarmement. Il autoriserait aussi l'entrée d'armes légères et de matériels dans le pays pour protéger les personnels humanitaires, diplomatiques et onusiens.

En vertu de ce projet de résolution, la zone d'exclusion aérienne et l'interdiction de vols imposées en mars, après le début de la répression contre les opposants au régime de Moammar Kadhafi, resteraient en vigueur.

Le texte lèverait le gel des avoirs de deux grandes compagnies pétrolières et modifierait cette mesure concernant la Banque centrale de Libye et plusieurs établissements bancaires. En revanche, il maintiendrait le gel des avoirs et l'interdiction de déplacements imposés au colonel Kadhafi, aux membres de sa famille et à des partisans du régime.

Le Conseil national de transition (CNT), mis en place par l'opposition, a demandé l'assistance des Nations unies alors qu'il s'est attelé à la formation d'un gouvernement, après la fin des 42 ans de règne de Kadhafi, toujours introuvable.

Le projet de résolution demande la mise en place d'une mission de soutien des Nations unies en Libye pour une période initiale de trois mois afin d'aider le nouveau gouvernement à rétablir la sécurité et l'ordre, à promouvoir la réconciliation nationale, à entamer le processus d'élaboration d'une Constitution et à préparer la tenue d'élections. Le texte autoriserait aussi une assistance de l'ONU pour étendre l'autorité du nouveau gouvernement dans tout le pays.

 

Source : Associated Press

 

Voir également :

 * La sortie de la crise lybienne passe impérativement par le retour devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies

 * Libye : une nouvelle résolution de l'ONU en préparation

 * Les Européens se disputent le pétrole libyen

 * Le terrorisme au Sahara alimenté par la guerre en Libye

 * La crise libyenne a ajouté une menace sécuritaire de plus au Sahel, selon Alger

 

 

 

 

Par De La Boisserie - Publié dans : Le Monde en mouvement et en guerre
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