Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:23

Tout a été écrit sur l'échec cinglant de la filière nucléaire française, doublée à Abu Dhabi par le Coréen Kepco, dénué de référence à l'export et de levier politico-diplomatique, échec qualifié "d'humiliation d'Etat" par Nicolas Sarkozy, qui avait signé un accord de coopération nucléaire et de défense avec l'Emirat. Mais personne n'aurait imaginé qu'après ce Waterloo, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, et Henri Proglio, patron d'EDF, iraient jusqu'à s'accuser réciproquement d'avoir arrêté ses livraisons de combustible nucléaires, d'un côté, et, de l'autre, de refuser d'évacuer l'uranium brûlé dans les centrales. Convoqués mercredi dernier par François Fillon, ces deux patrons... d'entreprises publiques se sont quittés, sur le perron de Matignon, sans un regard. " Les protagonistes de la filière nucléaire française, jadis exemplaire, sont en train de se suicider ", affirme Ladislas Poniatowski, président (UMP) du groupe Energie au Sénat.
L'échec à Abou Dhabi est loin d'être un cas isolé. Un rapport confidentiel remis à Nicolas Sarkozy le 15 janvier 2010 sur l'état de l'industrie française évoque un " désastre collectif ". Où qu'on se tourne, la France des "grands contrats", qui mêlaient technologie, investissement public et soutien politique, a disparue. " L'industrie française est passée à côté d'une décennie exceptionnelle pour la croissance mondiale et pour l'équipement des pays émergents ", déplore Jean-Hervé Lorenzi, président du cercle des économistes.

Prenez Dassault : en 30 ans, pas un seul Rafale n'a été exporté. Après les échecs en Corée du Sud, aux Pays-Bas et à Singapour, celui encaissé au Maroc a été cinglant, peu après l'élection de Nicolas Sarkozy. Une défaite emblématique des carences de l'organisation politico-administrative à l'export, avec des offres à des prix différents présentées par Dassault et par l'administration. Présentée comme acquise par Nicolas Sarkozy et Lula, président du Brésil, la vente de Rafale est passée par pertes et profits. Noyautées par les Américains, les forces aériennes brésiliennes ont tenu tête au gouvernement : il leur a suffi de gagner du temps, le temps que Lula quitte le pouvoir.

Prenez le TGV, fleuron de l'industrie française il y a dix ans. C'est à Siemens que la Chine a confié la maîtrise de ses trains qui circulent entre Pékin et Shanghai et, depuis peu, entre Canton et Wuhan, la ligne la plus rapide (350 km/h) et la plus longue (1068 km) du monde. Le train antisismique japonais pourrait tirer les marrons du feu en Californie, en raison des dissensions entre Alstom et la SNCF, qui veut pouvoir être exploitant, quelque soit le matériel choisi, comme un mauvais remake du conflit EDF-Areva.

Prenez l'aéronautique, où le leadership européen de la France était incontesté. L'Allemagne y a pris un poids prépondérant chez Airbus, et l'échec de l'avion de transport militaire est du à l'incapacité de mettre au point des moteurs turbopropulseurs aux performances conformes aux engagements. Alors que l'Inde vient d'annuler sa commande pour six A330 ravitailleurs, au profit sans doute d'Iliouchine russes, bien moins chers, le fabuleux contrat de l'armée américaine échappera sans doute à Airbus pour Boeing.

Prenez le spatial. Si Ariane V reste un succès incontestable, l'agence spatiale européenne a du faire de la place à Soyouz, plus économe, à Kourou. Dernière déconvenue, Galileo : l'ESA a retenu la PME familiale allemande OHB pour fabriquer 14 satellites des 22 satellites prévus, pour ce concurrent du système de navigation planétaire, au détriment d'Astrium, filiale d'EADS, qui ne s'attendait pas à une véritable mise en concurrence.

Prenez les télécoms, où Internet a marginalisé la France, leader au temps du Minitel, tandis qu'Alcatel n'en finit pas de sombrer ...

Bref, les piliers de ce qui faisait le succès industriel de la France s'effondrent les uns après les autres. Produits trop sophistiqués, donc trop chers, face à une concurrence accrue ; sous-investissement ; priorité accordée par les grands groupes à la croissance externe expliquent en partie ce déclin. Mais il est surtout dû à l'absence de réel soutien des politiques, désormais plus soucieux de communication que d'efficacité.

 

Airy Routier est chroniqueur à Challenges.

Source :
<
http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20100122.CHA0812/le_suicide_collectif_en_guise_de_politique_industrielle.html>

NDLR : Ces échecs ont évidemment bien d'autres causes que l'auteur de cet article n'évoque pas (outre l'affaiblissement dramatique du niveau d'intelligence collective de l'Etat, en grande partie due aux modes de recrutements, et à la politisation - au sens le plus péjoratif du terme - des postes à responsabilité; une politisation qui tient davantage à des logiques de réseaux ... qu'à une volonté de doter l'Etat et ses appendices économiques et financiers des compétences requises). Voir également à cet égard, sur me même blog, les articles suivants :
 *
Le capitalisme français reste aux mains d'un club très fermé (Annie Kahn - Le Monde) ;
 *
Connaissez-vous les fonds souverains ? ;
 *
Du pari des transferts de technologie ! ;
 *
De l'adéquation entre compétences offertes et demandées sur le marché du travail ;
 *
L'Etat entre technologie et théologie - Origine, sens et fonction du concept d'Etat , par Hugues Rabault ;
 * 
Union européenne : pour une approche intégrée en matière de politique industrielle européenne ;
 * 
Jusqu'à quel point la France et l'Allemagne sont-elles d'accord pour lancer le volet économique de l'UEM et une politique industrielle européenne ? ;
 * 
La stratégie révisée de l'Union européenne pour le développement durable ;
 *
La stratégie révisée de l'UE pour le développement durable : un cadre de référence stratégique cohérent pour les activités de l'UpM relatives à ce registre clé ;
 * 
L'Europe de l'ouest séduit toujours les investisseurs étrangers mais cède le pas aux pays émergents pour les investissements à long terme 
 *
Marchés d'armement : choix contractuels et performance (ECODEF) ;
 * 
Le développement capacitaire de l’UE : créer le désir … et veiller à préserver l'outil industriel européen 
 *
Les pôles de compétitivité : bilan et perspectives d'une politique industrielle et d'aménagement du territoire ;
 *
Cycle franco-allemand sur les hautes technologies (IFRI - CERFA ) ;
 *
Négocier et conclure un accord avec un pays tiers n'est possible que dans le cadre d'une procédure communautaire contraignante ! - nouvelle édition - ;











Par Patrice Cardot - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:05

En France, 9 % de la population adulte ayant été scolarisée dans l'Hexagone est illettrée.

Par ailleurs, 15 à 20 % des élèves entrant en classe de 6ème ne maitrise pas les fondamentaux.

40 ans de budgets de l'éducation nationale, des dizaines de gouvernements, des centaines de rapports, de commissions Théodule et de conférences 'de haut niveau', des milliers de petites phrases démagogiques, des milliers d'ateliers, et en prime, un Commissaire européen en charge de l'Education sans aucun pouvoir ne sont pas parvenus à autrechose qu'à ce piteux résultat !

Une situation qui confirme le déclin d'une nation en perte de repères et de confiance en son avenir en raison de la vacuité intellectuel de celles et de ceux qui ont exercé peu ou prou des responsabilités nationales en la matière !

Une situation qui ne grandit ni la France, ni l'Etat, ni les partis politiques de tous bords ni les syndicats de tous poils, ni les associations de parents d'élèves, ni les officines et obédiences les plus variées qui ont épuisé les réformes, les confrontations idéologiques, les méthodes "modernes", les expérimentations les plus diverses pour finalement ne concourir de facto qu'à construire le socle d'un profond et durable sous-développement humain, culturel, économique et social dans ce si beau pays de Descartes, de Pascal, de Rousseau, de Voltaire ... et de Jules Ferry !

Une éducation qui, selon le Pape Benoit XVI, n'a pour seule ambition aujourd'hui que de former des consommateurs et des producteurs dociles (cf. Le pape dénonce la vision purement utilitariste de l'éducation ) !

En France, fille ainée de l'Eglise, redonner un souffle humaniste à l'éducation nationale, dans le droit fil de ce qu'est parvenue à produire, peu ou prou, dans nombre de zones défavorisées l'éducation populaire, ne pourrait-il pas devenir enfin un objectif collectif auquel toute la nation consentirait les efforts et les investissements nécessaires ?

Les Etats partenaires de la France en matière de coopération éducative et culturelle s'en trouveraient dès lors eux aussi rassurés ..... !

 

Voir également :

 * De cet Internet vécu trop souvent comme un substitut à la vie !

 * De la responsabilité - partagée - de l'innovation sans contrôle dans la montée de la violence

 * Education : les propositions des candidats socialistes (Le Monde)  



Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur l'état de la France
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:01

La France s'est fait experte en ces comédies qui conjuguent, en les fusionnant dans un même bouillon d'inculture, "vérité" et "mensonge" !

"La vérité si j'mens" !

Quel programme ! Aussi vaste que dévastateur !

Appliqué à l'encontre ou en faveur - on ne sait plus très bien - de l'Irak de Saddam Hussein, avant-hier, des paradis fiscaux, hier, du projet politique européen (qui n'a plus grand chose à voir avec celui qui anime les plus euro-enthousiastes) ou encore des dettes souveraines, des véritables menaces contemporaines aujourd'hui, ce paradoxe soigneusement cultivé qui tient désormais de programme aux différents protagonistes de ces théâtres dramatiques est même inscrit au menu quotidien du processus de "paix" israélo-arabe !

Aux rires des premières heures qui fusèrent à la sortie de la première version cinématographique éponyme ont succédé les larmes de celles et ceux, toutes tendances et toutes origines confondues, qui ont bien compris que ce programme - et le mode de fonctionnement politique qui y est associé - n'est vraiment pas de nature à leur permettre d'affronter les grands défis de l'époque avec les bons atouts !

Le spectacle dramatique que nous ont offert en mai 2011, à force images et commentaires tous plus insoutenables les unes que les autres, les soubressauts du système judiciaire de cet Etat de New York où aiment tant se rendre et s'afficher ces personnages, illumine d'un éclat aussi funeste que morbide la vérité 'vraie' des faits et des gestes indicibles comme pour mieux les en convaincre que "la vérité si j'mens' est à proscrire de tout programme politique ou économique à l'avenir !

La situation de la dette souveraine des Etats membres de l'OCDE procède elle aussi de ce programme inique !

En France, par exemple, regardez ce qu'affichait l'Etat français en 2006 comme stratégie pour désendetter le Pays (cf. Retour sur images : Dette de l’État : comment la réduire ? (article paru en 2006 - vie-publique.fr)) et voyez quelle est la situation actuelle de la dette souveraine (cf. La dette de l'Etat français en 20 questions) ! La crise financière ne saurait à elle seule expliquer ces dérives insupportables pour la Nation toute entière ! La non sincérité chronique des lois de finances depuis 2008 a joué aussi son rôle de manière dramatique dans ce dossier (cf. Le principe de sincérité des lois de finances et des lois de financement de la sécurité sociale (Sénat) ainsi que Peut-on continuer encore longtemps à déposer des projets de loi de finances 'insincères' dans notre République 'irréprochable' ?) ! Le manque de courage et de vision doublé de laxisme et de forfanterie aussi (cf. Quand la France perdra son AAA, par Nicolas Baverez (Le Monde) ainsi que http://sarkostique.over-blog.com/article-sarkozy-a-dit-sarkozy-a-menti-19-90029730.html ). Et la sanction a fini par tomber : Standard & Poor's prive la France de son précieux AAA 

Et que dire de celui des affaires criminelles qui accompagnent depuis des années les grands contrats d'exportation d'armements ? (cf. notamment à cet égard Serviteurs qui pillez la maison, par Christophe Barbier (Lexpress.fr) ou encore  Finance de l'ombre : "Les autorités ont fermé les yeux" (entretiens avec - Le Monde)). Là encore, les crapules et autres mécréants de tous poils qui usent sans aucun scrupule des privilèges que leur confère leur statut électif et des structures gouvernementales derrière lesquelles ils s'abritent pour commettre leurs méfaits - en prenant sciemment le risque de faire apparaître sur la scène internationale l'Etat français comme un Etat voyou au service de clans mafieux  - doivent comprendre que la justice finira par passer, un jour ou l'autre, sous une forme ou sous une autre !

Dans toutes ces situations, le comportement des plus erratique de ces tristes personnages ne saurait rester longtemps encore sans incidence sur leur condition de justiciable !

Qu'ils plaident ou pas "non coupable", dans tous les cas, tous devront assumer leur condition humaine dans ce qu'elle a à la fois de vil et de sublime, c'est-à-dire de contradictoire comme peuvent l'être vérité et mensonge. 

Tel Tchen dans la Condition humaine d'André Malraux (cf. notamment De "La condition humaine" selon André Malraux !), les puissants comme les misérables, les aboyeurs comme les sans voix qui se sont laissé bercés par cette rangaine d'un autre temps, s'abandonnent pour s'engloutir à jamais « dans cette nuit où le temps n’existait plus. »

A la recherche d'un espoir perdu

Plus que jamais, Internet, Google, élévation du niveau d'éducation " des masses" ... aidant, les faits publiés, déformés, amplifiés, ou avérés, ne révèlent bien souvent que l'impuissance des prétendus "puissants", brisant par là-même toute tentative de remobilisation de ces mêmes "masses" derrière des leaders dont les manoeuvres sont mises à nu ! (cf. à cet égard notamment De l'impuissance ! (nouvelle édition) - première partie - ainsi que De l'impuissance ! (nouvelle édition) - seconde partie -)

Nos contemporains se trouvent chaque jour davantage placés devant un abîme de désillusions qui confine au néant sartrien !

Les hommes et les femmes du XXIème siècle ont plus que jamais besoin d'Espoir !  

Un espoir qui ne peut plus être décu à coup de vérités mensongères ou de mensonges vrais !

L'urgence est au réenchantement du monde et non à la fuite en avant vers une issue fatale !

Sauf à laisser apparaître le suicide, politique, économique, social, individuel ou collectif, comme la seule issue possible ! 

Encore faudrait-il pouvoir retrouver dans le spectacle du monde la source d'une véritable Espérance !

Encore bien plus belle, bien plus vivifiante ! Une Espérance salvatrice !

Mais suffit-il de " Croire " pour être définitivement " sauvé " !

Et qu'est que " croire ", d'abord ? (cf. à cet égard Croire ! )

Là est une toute autre histoire !

Assumer en conscience et en responsabilité son propre destin, individuel ou collectif, exige bien d'autres vertus !

Notamment celles de la dignité, de l'abnégation, de l'audace et du courage !

A bons entendeurs, salut !

 

Voir également sur ce blog :

 * " Servir la France '' !

 * La notion de responsabilité politique sous la Ve République

 * La responsabilité politique en droit constitutionnel

 * Les lois en vigueur sont-elles toujours conformes à la Constitution de la Vème République française ? (nouvelle édition)

 * Jean-Pierre Jouyet : les citoyens se révolteront contre la "dictature" des marchés (le Monde)

 * Du rôle de la technologie dans le dysfonctionnement des marchés financiers et des organisations humaines

 * Regardez la réalité en face ! Ce qui menace le AAA de la France, ce n'est pas le programme de ceux qui ne la gouvernent pas ! (nouvelle édition)

 * « Avec la transparence, la démocratie avance » (7 propositions de Transparence International France pour la présidentielle de 2012)

 * Les responsables politiques européens ne peuvent pas se cacher derrière leur ombre pour dire que ces crises les ont surpris ! 

 * "Dix stratégies de manipulation" (de masses), de Noam Chomsky 

 * Retour sur image : Le mini-traité voulu par Nicolas Sarkozy jugé "inacceptable" par un responsable du Parlement européen (Le Monde - 8 mai 2007) 

 * Et si A. Merkel et N. Sarkozy agissaient en fait pour mettre un terme à l'UEM telle qu'elle existe ! 

  


 

 

 

Par Jean Rage - Publié dans : Lettres ouvertes
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 09:24

Les pouvoirs publics devraient investir davantage dans les établissements et les élèves défavorisés afin de promouvoir l’égalité des chances, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

D’après Équité et qualité dans l’éducation – Comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés, apporter de l’aide à ceux qui en ont le plus besoin permettrait de réduire l’échec scolaire, de stimuler la croissance économique et contribuerait à bâtir une société plus juste.

Aujourd’hui, de nombreux élèves ne maîtrisent pas les compétences élémentaires, et un élève sur cinq en moyenne dans l’OCDE abandonne l’école avant d’avoir fini ses études secondaires. Le taux d’abandon va de 2 % en Corée à 58 % en Turquie pour les 25-34 ans. En Espagne, en Grèce, en Italie, en Islande, au Mexique et au Portugal, il est de 25 % ou plus. L’OCDE estime qu’en abandonnant l’école aussi tôt, ces jeunes n’ont pas le temps d’acquérir les compétences dont ils auront besoin dans le monde du travail actuel.

 

 

Proportion des 25-34 ans qui n'ont pas terminé le cycle du secondaire (2d degré) en 2009

Cliquez ici pour télécharger les données sous-jacentes

 

 

Les élèves qui viennent de familles défavorisées ou immigrées, ou qui ont des parents peu instruits encourent plus de risques d’avoir des résultats médiocres ou de quitter l’école sans diplôme (voir les données). Ils sont également plus susceptibles de fréquenter des établissements moins bien dotés et leurs parents n’ont généralement pas les moyens de leur offrir des cours particuliers.

Le rapport présente cinq recommandations pour améliorer l’équité dans les systèmes éducatifs afin d’aider les élèves désavantagés :

  • Supprimer le redoublement, qui est coûteux et inefficace. En Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas et au Portugal, les coûts directs du redoublement représentent près de 10 % des dépenses annuelles dans l’enseignement primaire et secondaire. L’amélioration des résultats scolaires est par ailleurs modeste et de courte durée.
  • Éviter l’orientation précoce, qui pénalise les élèves placés dans des filières moins sélectives, sans pour autant améliorer les résultats d’ensemble.
  • Gérer le choix de l'établissement afin d’éviter la ségrégation. Au cours des 25 dernières années, plus des deux tiers des pays de l'OCDE ont décidé de donner plus de liberté aux parents pour inscrire leurs enfants dans l’établissement de leur choix, notamment par le biais d’établissements privés subventionnés. Des incitations financières pourraient encourager les meilleures écoles à accueillir des élèves défavorisés.
  • Allouer les financements en fonction des besoins des élèves et investir au stade de la petite enfance. La plupart des pays de l'OCDE ne dépensent pas assez dans les services d’accueil et d’éducation des jeunes enfants (l’investissement dans l’enseignement supérieur est presque deux fois et demie plus élevé). Il faut non seulement cibler les dépenses sur les élèves et les établissements défavorisés, mais il peut aussi être utile de renforcer l’autonomie et la responsabilisation de ces derniers.
  • Encourager les élèves à terminer leurs études en améliorant la qualité des programmes d’enseignement secondaire professionnel, notamment les formations en alternance, et en accordant une valeur équivalente aux différentes filières du secondaire.

Pour aider les établissements défavorisés, l’OCDE propose cinq autres recommandations et juge essentiel de mieux soutenir les équipes de direction et les enseignants, notamment à travers la formation et le tutorat, ainsi qu’en améliorant les conditions de travail et les mesures incitatives en vue d’attirer et de retenir les meilleurs éléments. Dans ces écoles, il est également particulièrement important de créer des liens avec les parents, grâce à une meilleure communication et à des attentes précises, afin que les établissements scolaires et les parents puissent unir leurs efforts.

 


Rapports des pays participants

Les rapports nationaux ont été préparés par les pays dans le cadre d'un travail en commun.

Les synthèses ont été préparées à la lumière du rapport comparatif et de ses recommandations.

 

Autriche

Rapport complet
Synthèse

 

République tchèque
Rapport complet
Synthèse

France
Rapport complet
Synthèse

Grèce
Rapport complet
Synthèse

 

Pays-Bas
Rapport complet
Synthèse

Irelande
Rapport complet
Synthèse

Espagne
Rapport complet
Synthèse

Suède
Rapport complet
Synthèse

 


 

>> Lire davantage sur Équité et qualité dans l’éducation – Comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés.

 

Source : http://www.oecd.org/

 

Voir également : Zoom sur l'illettrisme en France




Par ERASME - Publié dans : Jeux, enjeux et défis globaux
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 08:40

En trois ans, de la fin 2008 à la fin 2011, la crise économique a accru le nombre de chômeurs de 648 500. Elle a eu un autre impact, plus dramatique mais largement passé sous silence. Un surcroît, durant cette même période, d'environ 750 suicides et 10 780 tentatives de suicide.

Ces chiffres ne sont pas officiels. Ils n'ont pourtant rien de fantaisistes. Ce sont des estimations établies par le meilleur spécialiste en France du suicide, le psychiatre et professeur de médecine légale Michel Debout. Cet ex-membre du Conseil économique et social, qui travaille sur le sujet depuis quarante ans, a créé et présidé quatorze années durant l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS), organisatrice de la Journée nationale de prévention du suicide - qui se tient cette année le 7 février.

Partant d'une étude de l'Institut national de veille sanitaire rendue publique en décembre 2011, qui chiffre le surtaux de tentative de suicide dans l'année chez les chômeurs (par rapport aux actifs en emploi), le professeur Debout a appliqué ce surtaux, variable selon les sexes, aux chômeurs et chômeuses supplémentaires depuis 2008. Puis a utilisé un facteur de corrélation entre tentatives de suicide et morts par suicide, en tenant compte du sexe et de l'âge. Et obtenu ce chiffre de 750 morts, "prix humain de la crise". "Un chiffre très minoré, complète-t-il, car je ne tiens compte que du facteur chômage. Or la crise a d'autres effets, précarité, surendettement, divorces, qui augmentent aussi le risque de passage à l'acte..."

REDÉMARRAGE À LA HAUSSE

Si le professeur Debout a concocté ses propres statistiques, c'est qu'il est "très en colère " face à l'inaction des pouvoirs publics. Les chiffres les plus récents de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur le suicide datent de 2009, et ont été collectés en 2008. Ils dénombraient 10 500 suicides. Chiffre élevé, qui classe la France parmi les nations les plus touchées en Europe et place le suicide parmi les problèmes majeurs de santé publique. Surtout, ces statistiques révélaient une inquiétante inversion de tendance. Alors que le nombre de décès par suicide baissait depuis 1987 (après le pic de 12 525 morts en 1986), les années 2008 et 2009 ont marqué un redémarrage à la hausse : 10 127 en 2007, 10 353 en 2008, 10 499 en 2009. Les 35-65 ans, les actifs donc, sont les plus concernés. Prémices de la crise, premiers impacts d'une dégradation économique et d'une déstabilisation sociétale, analysent tous les spécialistes.

Et ensuite ? Les chiffres 2010 ? 2011 ? Rien. Nulle vaste enquête épidémiologique, encore moins de statistiques en temps réel. Entre la collecte des chiffres et leur publication, il y a en France un décalage de deux années - notamment dû, selon l'Inserm, à l'attente de décisions de justice sur d'éventuelles investigations avant la transmission des certificats de décès. Les statistiques 2010 ne seront disponibles qu'à l'automne. "Il faut améliorer cette situation ! De quoi a-t-on peur en publiant les chiffres du suicide ? ", interpelle la présidente de l'UNPS, Thérèse Hannier. Qui remarque qu'en France, contrairement à ce qui se passe en Angleterre ou au Canada, le certificat de décès renseigne uniquement sur le sexe, l'âge, le domicile et le mode suicidaire, sans autres informations de contexte. La vice-présidente de l'UNPS et ex-directrice de recherche à l'Inserm Françoise Facy s'étonne que dans ce contexte de crise aiguë, on n'étoffe pas au plus vite le recueil de données avec un système d'indicateurs limités mais plus rapides, en désignant par exemple des "sentinelles" dans les grandes entreprises et à Pôle emploi...

Un flou plus grand encore entoure les tentatives de suicide. Là, on ne dispose que d'estimations liées aux hospitalisations. Or un passage aux urgences n'est pas considéré comme une hospitalisation. Thérèse Hannier pressent pourtant "une très nette augmentation" : "Les chiffres de l'Institut national d'études démographiques et de la Direction de la recherche du ministère de la santé, basés sur des relevés de 2006, estiment ces tentatives à environ 220 000, alors que les études antérieures à 2000 tablaient plutôt sur 150 000..."

Pour le professeur Debout, il est temps de se mobiliser autour des "dégâts humains" de la crise. "On frôle la non-assistance à personne en danger !" Le 11 février, il organise au Sénat un colloque avec le directeur du cabinet Technologia, Jean-Claude Delgènes, spécialiste de la prévention des risques psycho-sociaux en entreprise. Dès 2009, alors à la tête de l'UNPS, M. Debout avait alerté : la crise allait avoir des effets dramatiques, comment se mobiliser autour de ceux en détresse ? Pas de réponse précise du gouvernement, estime-t-il.

La corrélation entre chômage et suicide est pourtant indéniable, selon lui. L'histoire l'a démontrée, notamment en 1929, avec une hausse très significative des suicides deux-trois ans après le démarrage de la crise. "On peut craindre le pire pour 2012 et 2013, particulièrement chez les 40-55 ans. Pourquoi ne met-on pas en place un soutien médical et psychologique aux chômeurs ? La société montrerait à ces gens qu'ils comptent encore ! Un chômeur se suicide parce qu'il est déjà socialement mort, qu'il n'a plus de place, c'est une mise en adéquation avec son vécu. Mais personne ne se soucie du devenir de ces chômeurs." Pourquoi ? " C'est comme si l'on n'avait pas envie de voir la réalité en face. Trop gênante, parce qu'on se sent tous un peu responsables."

A l'initiative du directeur de Technologia,  un appel de 44 spécialistes - auxquels se sont depuis joints syndicats et loges maçonniques - pour la création d'un observatoire des suicides a été lancé au printemps 2011. Une structure indépendante, dotée de moyens propres, qui favoriserait "la connaissance, la transversalité des approches et l'élaboration de statistiques dignes d'une grande nation". Et permettrait de progresser dans la prévention. "La France est en retard, du fait d'une cécité sur la réalité du phénomène, déplore M. Delgènes. Mais la prévention, cela marche ! C'est donc un crève-coeur de voir qu'on n'agit pas auprès des chômeurs !"

Le Programme national d'action contre le suicide annoncé en septembre 2011, attendu depuis cinq ans, est "déconnecté de la crise", analysent MM. Delgènes et Debout. Ni observatoire ni suivi des chômeurs ne sont prévus. Selon le ministère de la santé, "s'il est incontestable que les données sur le suicide peuvent être améliorées, il n'est pas pour autant nécessaire de se doter d'un observatoire". Dans le Programme national d'action, des mesures seront mises en oeuvre pour "consolider et amplifier les données sur les suicides et les tentatives". "Un plan de 15 millions d'euros... C'est nettement insuffisant ! Les Français sont dans un état dépressif. Mais le suicide reste un secret bien gardé", soupire Mme Hannier. Secret trop bien gardé pour se muer en priorité sanitaire nationale. Les morts sur la route ont diminué des deux tiers depuis les années 1980 - de 12 000 par an à moins de 4 000 aujourd'hui. Les morts par suicide passaient, eux, de 12 000 à 10 500.

 

 

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur l'état de la France
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