Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 16:07

Le 13 décembre 2011, le paquet sur la gouvernance économique, le fameux six-pack, est entré en vigueur. " Ce paquet va radicalement changer la surveillance économique et budgétaire dans les 27 Etats membres ", a rappelé le commissaire Olli Rehn à la veille de l’entrée en vigueur de ces textes qu’il entend mettre en œuvre au plus vite. Les cinq règlements et la directive qui constituent ce paquet législatif représentent à ses yeux " le renforcement de la gouvernance économique de l’UE le plus complet depuis le lancement de l’Union économique et monétaire ".

La Commission avait présenté ses propositions sur ce paquet de six textes législatifs le 29 septembre 2010, une proposition qui s’inscrivait dans la droite ligne des réflexions menées au plus haut niveau pour tenter de répondre aux défis posés par la crise en termes de gouvernance économique. Les négociations qui ont suivi ont été âpres et ont abouti à un accord entre Parlement européen et Conseil près d’un an après la proposition initiale, le 14 septembre 2011. Les textes résultant de ce compromis ont été votés fin septembre au Parlement européen, tandis que le Conseil Ecofin a donné son accord formel sur ce texte le 4 octobre dernier.

Le six-pack à peine adopté sera encore renforcé, comme en témoignent l’accord sur un pacte budgétaire du 9 décembre 2011 ou encore les propositions faites par la Commission européenne le 23 novembre 2011.

Europaforum.lu retrace dans ce dossier les principales étapes qui ont permis d’aboutir à ce texte, et suivra de près sa mise en œuvre, qui ne sera pas sans conséquence au Luxembourg. Un dossier intimement lié à celui sur le semestre européen, dont le deuxième exercice vient d’être lancé, en vue du premier semestre 2012, avec la publication de l’examen annuel de croissance.

La procédure de déficit excessif pourra conduire à des sanctions financières décidées à la majorité qualifiée inversée

Parmi les grands changements introduits par ce paquet sur la gouvernance, on peut relever que les Etats membres qui sont en procédure de déficit excessif vont devoir se conformer aux recommandations spécifiques que leur adressera le Conseil en vue de corriger leur déficit excessif. S’ils ne le font pas, les pays de la zone euro risquent des sanctions financières.

Le paquet introduit ainsi une approche graduelle en trois étapes en termes de sanctions, commençant par un dépôt portant intérêt de 0,2 % du PIB dans la phase préventive, suivi d’un dépôt sans intérêt et enfin, dans la phase corrective, arrivant à une amende.

Dans le cas d’un Etat membre de la zone euro, le Conseil décidera d’une sanction financière sur la base d’une recommandation de la Commission à moins qu’une majorité qualifiée d’Etats membres se prononcent contre, ce qu’on appelle la majorité qualifiée inversée.

A la date de l’entrée en vigueur du paquet législatif, 23 des 27 Etats membres de l’UE étaient concernés par une procédure de déficit excessif, le Luxembourg comptant, avec l’Estonie, la Finlande et la Suède, parmi les quatre exceptions.

La dette publique peut désormais faire l’objet d’une procédure de déficit excessif

Les nouvelles règles du pacte de stabilité rendent par ailleurs le critère de la dette publique "absolument opérationnel", bien qu’il ait été négligé ces dernières années. Le seuil à ne pas dépasser a été défini : si la dette publique d’un Etat dépasse 60 % de son PIB, il sera soumis à la procédure de déficit excessif, même si son déficit est en dessous des 3 %, en tenant compte tous les facteurs pertinents et l’impact du cycle économique dans le cas où le fossé entre son niveau de dette et le seuil de 60 % n’est pas réduit de 1/20 chaque année (en moyenne sur trois ans).

Dans la mesure où la plupart des Etats membres sont déjà en procédure de déficit excessif et doivent donc se conformer à des procédures d’assainissement budgétaire, une période de transition est prévue dans les textes adoptés afin de laisser aux Etats membres en procédure de déficit excessif trois ans pour respecter la règle concernant la dette à partir du moment où ils auront corrigé leur déficit excessif. La règle de la dette ne s’en applique pas moins dans cette période de transition, les Etats membres devant faire des efforts pour s’y conformer : une évaluation négative des progrès réalisés pour s’y conformer pourrait conduire, y compris pendant la période de transition, à l’ouverture d’une procédure de déficit excessif.

Le volet préventif du pacte est renforcé et prévoit des limites à la croissance annuelle des dépenses publiques, ainsi que des sanctions en cas de déviation majeure dans l’exécution budgétaire

Le volet préventif du pacte fixe pour les Etats membres des objectifs budgétaires spécifiques à moyen terme (OMT) visant à assurer la soutenabilité des finances publiques. Les nouvelles règles définissent une nouvelle référence en termes de dépenses publiques afin d’aider à évaluer les progrès réalisés en vue d’atteindre ces OMT. Cette référence fixe un plafond à la croissance annuelle des dépenses publiques en fonction du taux de croissance à moyen-terme. Pour les Etats membres qui n’ont pas atteint leur OMT, le taux de croissance des dépenses doit être inférieur au taux de référence afin d’assurer des progrès adaptés.

Ce nouvel instrument est censé améliorer la planification budgétaire et les résultats des Etats membres en assurant que les projets de dépenses soient adéquatement pourvus par des recettes permanentes équivalentes. Toutefois, il ne contraint en aucun cas le niveau de dépense publique tant qu’il est financé de façon efficace.

Le volet préventif du pacte fournit aux pays qui ne font pas l’objet d’une procédure de déficit excessif, parmi lesquels donc le Luxembourg, la principale orientation en matière de planification et d’exécution budgétaire.

La mise en œuvre effective des règles étant tout aussi importante que les règles elles-mêmes, le paquet sur la gouvernance permet d’agir de façon plus forte en cas de déviation majeure dans l’exécution budgétaire d’un Etat membre. Ces déviations ont été chiffrées et peuvent conduire à une sanction financière correspondant à un dépôt portant intérêt de 0,2 % du PIB en cas de non-correction continue. Une telle sanction est proposée par la Commission et adoptée à la majorité qualifiée inversée au Conseil.

De plus, si un projet de budget n’est pas conforme avec les règles du volet préventif, un Etat membre peut se voir demander de présenter un nouveau projet. Les Etats membres qui ne sont pas en procédure de déficit excessif vont devoir être en conformité avec les conditions fixées par le volet préventif du pacte dans les programmes de stabilité et de convergence qu’ils vont soumettre à la Commission au printemps 2012 dans le cadre du semestre européen. Ce sera donc le cas du Luxembourg.

L’introduction d’une procédure de déséquilibres excessifs

Autre modification radicale apportée par ce paquet législatif, l’introduction d’une nouvelle procédure de déséquilibres excessifs qui vise à éviter des divergences dommageables en termes de compétitivité, de déficit extérieur courant, des bulles d’actifs ou d’autres déséquilibres macro-économiques.

L’objectif de ce nouveau mécanisme de surveillance et de correction est d’identifier et de corriger les problèmes plus tôt qu’auparavant grâce à cette nouvelle procédure qui est basée sur l’article 121.6 du traité.

La nouvelle procédure permet à la Commission et au Conseil d’adopter des recommandations préventives sur la base de l’article 121.2 du traité à un stade précoce, avant que les déséquilibres ne deviennent importants. Dans les cas les plus graves, le volet correctif permet d’ouvrir une procédure de déséquilibre excessif dans laquelle l’État membre concerné doit soumettre un plan d’action correctif assorti d’un calendrier clair et de dates butoir pour mettre en œuvre des actions. La surveillance sera assurée par la Commission sur la base de rapports d’avancement réguliers soumis par les États membres.

Pour les États membres de la zone euro, un nouveau régime de mise en œuvre est établi qui prévoit une approche en deux étapes. Un dépôt portant intérêt peut être imposé après un manquement dans l’obligation de se conformer aux actions correctives recommandées. En cas d’un deuxième manquement, le dépôt portant intérêt peut-être transformé en amende pouvant aller jusqu’à 0,1 % du PIB. Des sanctions peuvent aussi être imposées si un plan d’action correctif suffisant n’a pas été soumis à deux reprises. Pour ces sanctions, la majorité qualifiée inversée est aussi requise.

Un système d’alerte rapide est établi sur la base d’une lecture économique d’un tableau de bord constitué de 10 indicateurs couvrant les principales sources de déséquilibres économiques. Ces indicateurs pourront évoluer avec le temps. L’objectif de ce tableau de bord est de déclencher des études approfondies pour déterminer si les déséquilibres potentiels identifiés dans le système d’alerte rapide sont bénins ou problématiques. La Commission pourra organiser des missions, avec la BCE si nécessaire, pour mener ces études approfondies qui seront rendues publiques. La première étape de cette nouvelle procédure est annoncée pour le mois de janvier 2012.

Le tableau de bord prendra en compte :

  •  * l’évolution sur les trois dernières années de la moyenne de la balance des opérations courantes par rapport au PIB, la valeur de référence se situant entre + 6 et – 4 % du PIB
  •  * le solde net d’investissements internationaux par rapport au PIB, qui devrait se trouver au-dessus de -35 % du PIB
  •  * la variation sur cinq ans des parts de marché des exportations mesurées en valeurs, avec un seuil fixé à - 6 %
  • la variation sur trois ans des coûts salariaux unitaires nominaux, avec un seuil fixé à + 9 % pour la zone euro et + 12 % pour le reste de l’UE
  •  * la variation sur trois ans des taux d’échange effectifs réels basés sur les déflateurs ICPH/ICP relatifs à 35 autres pays industriels, avec des seuils variant entre -/+ 5 % pour la zone euro et -/+ 11 % pour le reste le l’UE
  •  * la dette du secteur privé, dont le seuil est établi à 160 % du PIB
  •  * le flux de crédit du secteur privé, dont le seuil est fixé à 15 % du PIB
  •  * l’évolution annuelle des prix des logements par rapport au déflateur de la consommation d’Eurostat, avec un seuil de 6 %
  •  * la dette des administrations publiques, avec un seuil de 60 % du PIB
  •  * l’évolution sur les trois dernières années du taux de chômage moyen, avec un seuil de 10 %


Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 15:33

Introduction

Le traité de Lisbonne clarifie la répartition des compétences entre l’Union européenne (UE) et les États membres. Ainsi, il introduit pour la première fois dans les traités fondateurs une classification précise en distinguant trois compétences principales: les compétences exclusives, les compétences partagées et les compétences d’appui.

Cet effort de clarification n’entraine pas de transfert de compétence notable. Cette réforme est cependant importante et nécessaire au bon fonctionnement de l’UE. Plusieurs conflits de compétences sont apparus par le passé entre l’UE et les États membres. Désormais, les frontières entre les compétences de chacun sont clairement déterminées. Cette transparence facilite, de plus, l’application des principes fondamentaux relatifs au contrôle et à l’exercice de ces compétences.

Suppression des piliers de l'UE

L’un des changements les plus notables résultant du traité de Lisbonne concerne la suppression de la structure en trois piliers de l’UE. Pour rappel, ces piliers étaient :

  •  * la Communauté européenne;
  •  * la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ;
  •  * la coopération policière et judiciaire en matière pénale.

Au sein de cette structure, plusieurs types de compétence se superposaient. Les actes adoptés dans le cadre du premier pilier l’étaient conformément aux procédures législatives de l’UE. Par opposition, les deux autres piliers reposaient sur une coopération intergouvernementale entre États membres.

Le traité de Lisbonne met fin à cette architecture complexe. La Communauté européenne disparaît. Elle est remplacée par l’UE qui se voit dotée de procédures législatives lui permettant d’exercer pleinement les compétences qui lui sont attribuées. Par ailleurs, l’UE acquiert également la personnalité juridique jusqu’alors réservée à l’ancienne Communauté. Elle peut donc, désormais, conclure des traités dans les domaines relevant de sa compétence.

Les trois grands types de compétence

Le traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) distingue trois types de compétence et dresse pour chacun une liste, non exhaustive, des domaines concernés:

  •  * les compétences exclusives (article 3 du TFUE): l’UE est la seule à pouvoir légiférer et adopter des actes contraignants dans ces domaines. Le rôle des États membres se limite donc seulement à appliquer ces actes, sauf si l’Union les autorise à adopter eux-mêmes certains actes;
  •  * les compétences partagées (article 4 du TFUE): l’UE et les États membres sont habilités à adopter des actes contraignants dans ces domaines. Cependant, les États membres ne peuvent exercer leur compétence que dans la mesure où l’UE n’a pas ou a décidé de ne pas exercer la sienne;
  •  * les compétences d’appui (article 6 du TFUE): l’UE ne peut intervenir que pour soutenir, coordonner ou compléter l’action des États membres. Elle ne dispose donc pas de pouvoir législatif dans ces domaines et ne peut pas interférer dans l’exercice de ces compétences réservées aux États membres.

Compétences particulières 

L’UE dispose de compétences particulières pour certains domaines:

  •  * la coordination des politiques économiques et de l’emploi (article 5 du TFUE) : l’UE dispose d’une compétence afin d’assurer les modalités de cette coordination. Elle doit ainsi définir des grandes orientations et des lignes directrices à destination des États membres ;
  •  * la PESC (article 24 du traité sur l’UE) : l’UE dispose d’une compétence pour tous les domaines liés à la PESC. Elle définit et met en œuvre cette politique par l’intermédiaire, entre autres, du président du Conseil européen et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, dont les rôles et les statuts ont été reconnus par le traité de Lisbonne. Cependant, en aucun cas, l’UE ne peut adopter d’actes législatifs dans ce domaine. Par ailleurs, la Cour de justice de l’UE n’a pas de compétence pour statuer dans ce domaine ;
  •  * la «clause de flexibilité» (article 352 du TFUE) : cette clause permet à l’UE d’agir au-delà du pouvoir d’action qui lui est attribué par les traités si l’objectif à atteindre le nécessite. Cette clause est cependant encadrée par une procédure stricte et par certaines restrictions quant à son application.

L’exercice des compétences 

L’exercice des compétences de l’Union est soumis à trois principes fondamentaux figurant à l’article 5 du traité sur l’UE. La délimitation des compétences de l’UE facilite grandement la bonne application de ces principes:

  •  * le principe d’attribution : l’Union ne dispose que des compétences qui lui sont attribuées par les traités ;
  •  * le principe de proportionnalité : l’exercice des compétences de l’UE ne peut aller au-delà de ce qui est nécessaire afin de réaliser les objectifs des traités ;
  •  * le principe de subsidiarité : pour les compétences partagées, l’UE ne peut intervenir que si elle est en mesure d’agir plus efficacement que les États membres.

Transferts de compétences

 L’actuelle répartition des compétences entre l’UE et les États membres n’est pas figée. Cependant, la réduction ou l’extension des compétences de l’UE est un sujet délicat qui requiert l’accord de tous les États membres et qui nécessite une révision des traités.

 

Source : http://europa.eu/legislation_summaries/institutional_affairs/treaties/lisbon_treaty/ai0020_fr.htm

 

Outre cet article introductif, Regards-citoyens consacre plusieurs articles à ce sujet qui détaillent les dispositions de cette nature qui figurent : dans le traité sur l'Union européenne, dans le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, dans les protocoles ainsi que dans les déclarations qui y sont associés.
Il s'agit (notamment) des articles suivants :
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (2)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-a)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-b)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-c)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (4)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (5)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (1)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (2-A)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (2-B)

 * Traité de Lisbonne : les clauses "passerelles"

 * Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité

 * Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité

 * La sécurité juridique : un principe démocratique au service des citoyens ! Plaidoyer en faveur de sa bonne application lors de la mise en oeuvre du traité de Lisbonne ! - nouvelle édition -

 * Traité de Lisbonne : Les possibilités de révision et d’adaptation des traités

 * Vers une ratification majoritaire des traités de révision ?

 

 

 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 15:17

Les questions fondamentales soulevées par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe lors de la procédure de ratification par l'Allemagne du Traité de Lisbonne (cf. à cet égard La Cour de Karlsruhe a jugé que le traité de Lisbonne était "compatible" avec la Loi fondamentale allemande à condition que l'Allemagne se dote d'un nouvel arsenal législatif ) appellent un examen attentif des dispositions de ce traité qui ont trait aux catégories et domaines de compétences de l’Union ainsi qu'aux principes qui régissent leur attribution, leur exercice, ainsi que les dispositions qui ont trait à leurs éventuelles limitations et modifications.
Outre cet article introductif, Regards-citoyens consacre plusieurs articles à ce sujet qui détaillent les dispositions de cette nature qui figurent : dans le traité sur l'Union européenne, dans le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, dans les protocoles ainsi que dans les déclarations qui y sont associés.
Il s'agit (notamment) des articles suivants :
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (2)
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-a)
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-b)
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-c)
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (4)
* Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (5)

 

Voir également à cet égard : Répartition des compétences au sein de l’Union européenne







Par Patrice Cardot - Publié dans : Connaître et comprendre le Traité de Lisbonne
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 14:36

Le "plan Marshall" promis par Nicolas Sarkozy pour les banlieues françaises n'est plus à l'ordre du jour, crise économique oblige, déclare Maurice Leroy dans une interview à Reuters.

Le ministre de la Ville appelle à une mobilisation en faveur des quartiers populaires mais explique que l'heure n'est plus aux coûteux plans de grande envergure.

"  Les grands plans 'globaux', les grandes promesses, les plans Marshall, c'est inutile car personne n'y croit et de surcroît, c'est désormais irréaliste dans un contexte financier qui nous contraint à une grande vigilance bugétaire ", dit-il, précisant vouloir "concentrer " et "cibler" les efforts.

Le candidat Nicolas Sarkozy avait promis, lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, un "plan Marshall" pour les banlieues. Il était revenu sur le sujet après son élection, évoquant en février 2008 un plan "Espoir banlieues" et affirmant lors d'un discours à l'Elysée devant des habitants de quartiers difficiles qu'il fallait "réinventer la ville".

Fadela Amara avait dessiné les grandes lignes de cet ambitieux projet qui devait se concentrer sur une centaine de quartiers avec comme priorités l'insertion par le travail, la lutte contre l'échec scolaire et le désenclavement.

La secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville avait évoqué imprudemment un effort d'un milliard d'euros pour ce vaste programme avant d'être écartée du gouvernement et de céder la place, à la faveur d'un remaniement de novembre 2010, à Maurice Leroy, qui lui a succédé avec le rang de ministre.

Malgré l'abandon du "plan Marshall", les banlieues sont au coeur de l'action du gouvernement, insiste ce dernier.

"DE FORMIDABLES GISEMENTS"

" Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et notamment depuis son discours de février 2008, un changement de fond s'est produit ", dit-il à Reuters.

" Ce discours marque une volonté de changement avec la détermination de faire prendre conscience à tous les acteurs, l'Etat, les collectivités locales, les entreprises, le tissu associatif d'agir et de converger dans le même sens. Le seul plan qui m'intéresse, c'est celui de la mobilisation de toutes les énergies que compte la République en faveur des quartiers populaires et des femmes et des hommes qui les habitent. "

Le ministre de la Ville invite à poser un regard positif sur des quartiers souvent réduits à quelques mots-clés plus ou moins effrayants : insécurité, immigration, islam.

" C'est vrai, dans les quartiers populaires, la vie est plus difficile qu'ailleurs, il serait absurde de le nier ", dit-il. " Mais je réfute toutefois l'idée selon laquelle il n'y a que des difficultés dans nos banlieues. Nos quartiers populaires sont aussi de formidables gisements d'énergies, d'initiatives, d'actions et les personnes qui y vivent regorgent de grands talents. "

Homme politique atypique, passé du communisme au sarkozysme sans jamais rien renier de son parcours, Maurice Leroy, membre du Nouveau Centre, est naturellement au fait des études qui prédisent que l'électorat périurbain jouera un rôle crucial dans le résultat de la présidentielle du printemps prochain.

" Je suis convaincu que les quartiers populaires sont un enjeu majeur pour l'avenir de notre pays, notamment parce qu'ils sont peuplés de très nombreux jeunes. C'est en leur coeur que la République a rendez-vous avec elle-même ", dit-il.

FRUSTRATION

De nombreux observateurs craignent que les banlieues, où se concentrent les problèmes de la société française, expriment leur frustration par une forte abstention.

" Je veux réaffirmer avec vous que le vote est un engagement fondamental de tous les citoyens ", répond Maurice Leroy. " J'invite nos jeunes à faire entendre leur voix en votant. "

Souvent critiqué pour son inaction et son absence de moyens, le ministère de la Ville agit cependant concrètement, avance Maurice Leroy. Il insiste notamment sur le renforcement du volet transports des prochaines générations de " Projet de rénovation urbaine " et promet d'autres propositions concrètes dont il réserve la primeur au Premier ministre, qui l'a mandaté pour préparer l'acte 2 du Plan national de rénovation urbaine.

Tous ces sigles plus ou moins barbares masquent l'absence de réelle politique publique en faveur des banlieues, font valoir de nombreux responsables de terrain, sceptiques quant à la volonté du gouvernement de faire bouger les choses.

" Les quartiers populaires ont été laissés à l'abandon pendant de trop nombreuses années ", reconnaît Maurice Leroy. " Depuis vingt années, la politique de la ville a pour objectif de corriger les erreurs du passé. "

" En revanche, si l'on prend la peine d'y regarder de près, le quinquennat de Nicolas Sarkozy est marqué par une mobilisation sans précédent du droit commun et de l'Etat sur la rénovation urbaine, la lutte contre le chômage, le décrochage scolaire, la réussite éducative ou encore les zones franches urbaines. "

 

Source : Reuters

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur l'état de la France
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 14:01

La Commission européenne a publié aujourd’hui son premier rapport sur les obstacles au commerce et à l’investissement, qui met en évidence des barrières majeures sur les marchés de six partenaires économiques stratégiques. Le document propose des mesures concrètes pour supprimer ces obstacles, dans le but d’améliorer les possibilités d’exportation et d’investissement et de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises et les citoyens européens. Ce rapport a été présenté au Conseil européen qui s'est tenu les 24 et 25 mars 2011.
« Les accords sur papier ne suffisent pas », a déclaré le commissaire européen chargé du commerce, Karel De Gucht.  « Nous devons veiller à ce que les règles et accords commerciaux que nous avons négociés avec nos partenaires soient effectivement appliqués sur le terrain. Grâce à ce rapport qui sera présenté au Conseil européen, nous plaçons la suppression des obstacles au commerce en tête de nos priorités politiques ».
Ce rapport sur les obstacles au commerce et à l’investissement est le premier des rapports annuels sur ce sujet qui seront présentés au Conseil européen. Il fait partie du mandat défini dans le cadre de la stratégie UE 2020 et a été annoncé dans la récente communication de la Commission sur la politique commerciale intitulée « Commerce, croissance et affaires mondiales » <file:///C:/-%20Newsletter-/news_015/#_ftn1> [1], comme un des éléments d’une démarche plus déterminée pour lutter contre les obstacles au commerce. Le rapport préconise que la suppression des obstacles au commerce devienne un pilier des relations de l’UE avec ses partenaires commerciaux.
Il propose des mesures concrètes, comme le lancement d’une initiative pour l’ouverture des marchés publics, une éventuelle action en règlement des différends ou une utilisation optimale des forums de haut niveau tels que le Conseil économique transatlantique ou le dialogue économique et commercial de haut niveau entre l’UE et la Chine. Il suggère également d’aborder la question des obstacles au niveau politique le plus élevé à l’occasion de sommets bilatéraux avec les pays concernés.
Contexte
Le rapport met en évidence des obstacles à l’accès aux marchés de six des partenaires économiques stratégiques de l’UE: la Chine, l’Inde, la Russie, le Mercosur (Brésil/Argentine) et les États-Unis. Ensemble, ces pays représentent 45 % des échanges de biens et de services commerciaux de l’UE et 41 % de ses investissements étrangers directs.
Les 21 obstacles cités dans le rapport couvrent un large spectre allant de la politique d’innovation locale en Chine, le projet de mise en place de lourdes exigences en matière de licences dans le secteur des télécommunications en Inde, les politiques d’incitation à l’achat de biens produits sur le territoire national aux États-Unis ou les nouvelles règles d’investissement en Russie. Le rapport répertorie également les restrictions à l’exportation des matières premières qui nuisent aux entreprises européennes incorporant ces matières dans leurs produits.
Les exportations européennes potentiellement touchées par les obstacles mentionnés dans le rapport représentent environ 100 milliards d’euros et les importations vers l’UE de matières premières potentiellement concernées correspondent à quelque 6 milliards d’euros. Ces chiffres ne s’apparentent pas à des « pertes commerciales », mais donnent toutefois une idée du volume des échanges potentiellement touchés par les obstacles ainsi que des enjeux économiques qui y sont liés.

 


Pour de plus amples informations

Rapport 2011 sur les obstacles au commerce et à l’investissement :
http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/147629.htm

Document de travail des services de la Commission – Rapport annuel 2010 sur la mise en œuvre de la stratégie d’accès aux marchés :
http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/147630.htm

Discours du commissaire De Gucht au Centre de politique européenne à Bruxelles, le 1er mars 2011 :
http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2011/march/tradoc_147607.pdf

À propos de la stratégie d’accès aux marchés :
http://ec.europa.eu/trade/creating-opportunities/trade-topics/market-access/

  

 




Par Patrice Cardot - Publié dans : L'UE face à un monde en mouvement
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