Un collaborateur de Benjamin Netanyahu a rejeté mercredi des protestations de Washington contre le projet de construction de nouveaux logements israéliens dans l'agglomération de Jérusalem-Est, faisant valoir qu'il s'agissait de travaux de routine.
Le Premier ministre israélien, apparemment soucieux de contenir cette
nouvelle querelle avec les Etats-Unis au sujet des implantations, a recommandé la modération aux membres de son cabinet, la Maison blanche ayant exprimé sa " consternation " face au
projet de construction de 900 nouveaux logements à Gilo.
Selon un responsable, cette consigne a fait suite aux propos d'un vice-ministre cité sur un site internet qui accusait les Etats-Unis de " se
comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine " pour avoir déploré ce projet de construction dans un secteur qu'Israël tient pour partie de Jérusalem.
Le collaborateur de Netanyahu a adressé aux journalistes un message où le projet de logements est qualifié de " procédure de routine ". Il note
que le Premier ministre ne supervise pas en temps normal les projets de construction municipaux et considère Gilo comme " une partie intégrante de Jérusalem ".
"Des travaux de construction ont lieu régulièrement à Gilo depuis une douzaine d'années et il n'y a rien de nouveau dans les projets de construction
actuels", ajoute-t-il.
Une commission gouvernementale d'urbanisme a approuvé mardi les nouveaux logements de Gilo, qu'Israël considère comme un simple quartier de Jérusalem où
vivent déjà 40.000 Juifs. Cette décision a suscité de très vives critiques des Palestiniens, auxquels se sont joints Washington, l'Europe et l'Onu.
Nabil Abou Rdaineh, conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, a condamné un projet qui " détruit les dernières chances du processus de
paix ". Abbas a déclaré que les pourparlers de paix ne pourraient reprendre que si l'Etat hébreu gelait les nouvelles constructions.
De son côté, le négociateur palestinien Saëb Erekat a déclaré mercredi à une radio israélienne que Benjamin Netanyahu avait le choix entre " la
colonisation ou la paix ". Il a accusé Israël de vouloir régler le conflit par les constructions de logements plutôt qu'à la table de négociation.
" LA COLONISATION OU LA PAIX "
Cherchant à minimiser l'importance du projet immobilier, le ministre israélien du Logement, Ariel Attias, a dit à la radio militaire qu'un an ou plus
pourrait s'écouler avant le début des nouveaux travaux.
Dans un communiqué publié mardi, le porte-parole de la présidence américaine Robert Gibbs note que, " au moment où nous essayons de relancer les
négociations, ces initiatives ne font que compliquer notre tâche ". Il critique aussi les expulsions de Palestiniens et les démolitions d'habitations à Jérusalem-Est.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a lui aussi déploré la décision israélienne, estimant que " de telles actions minent les efforts pour
la paix et jettent un doute sur la viabilité de la solution à deux Etats ", a dit son porte-parole.
Pour le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, qui s'adressait mercredi aux journalistes au consulat général de France à Jérusalem, "
c'est évidemment une décision que nous regrettons, mais en même temps ça a toujours été fait ainsi et donc il faut s'attacher aux autres paramètres de la paix ".
" La position de la France est l'arrêt de la colonisation, mais pour le moment il faut repartir dans les discussions humaines, face à face, les yeux
dans les yeux ", a-t-il ajouté.
Le ministre français a rencontré ensuite le président Shimon Peres, qui lui a dit qu'Israël connaissait parfaitement les positions de Paris et de
Washington sur Jérusalem et que seules des négociations pouvaient permettre de surmonter les divergences.
" Je sais que la position américaine sur Jérusalem n'est pas nouvelle, et que votre position n'est pas nouvelle, mais malgré cela nous négocions et
nous progressons, nous ne devons pas renoncer ", a- dit Peres à son interlocuteur français.
Benjamin Netanyahu assure qu'il évitera d'agrandir les implantations existantes mais exclut de cesser de bâtir à Jérusalem. Gilo s'est édifié sur des terres de Cisjordanie conquises par Israël en 1967 puis annexées et rattachées à Jérusalem.
Environ 500.000 Juifs et 2,7 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, également conquis en 1967.
Selon l'annuaire de la CIA, il y avait 65.000 colons en Cisjordanie et 104.000 autres en 1989 à Jérusalem-Est, donc 169.000 au total. Ils étaient
166.000 en Cisjordanie et 176.000 à Jérusalem-Est (342.000 au total) en 1999.
Source : Reuters
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