Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 14:03

Le Parlement européen réuni en session plénière a débattu mardi 9 février 2010, avec le Président José Manuel Barroso, de l'investiture de la nouvelle Commission européenne.

 

Intervenant lors de ce débat, Alain Lamassoure, qui préside la commission des Budgets, a déclaré: " M. le Président Barroso, la réussite du traité de Lisbonne dépend désormais de vous et de votre équipe. "

 

" De manière surprenante, le premier Président permanent du Conseil européen a choisi de disparaître dès son élection. Il y est parvenu. Personne ne le connaissait hors de son pays il y a deux mois et demi. Personne ne le connaît davantage depuis. " a-t-il poursuivi.

 

" Le Président du gouvernement espagnol a eu la courtoisie de venir nous présenter ici les priorités espagnoles pour un semestre de présidence espagnole. C’est exactement le contraire de ce qu’ont voulu les auteurs du traité de Lisbonne. Nul ne sait plus qui tient la barre en Europe. Ni les citoyens européens, ni le Président des Etats-Unis "a regretté le vice-président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen.

 

" Dans un monde bouleversé par la crise, sur un continent qui a perdu tous ses repères, qui compte plus de 20 millions de chômeurs, et qui est menacé d’un déclin durable face aux puissances émergentes, l’Europe a besoin d’un pilote. D’une direction. D’une ambition. D’un grand projet fédérateur, capable de mobiliser nos 27 nations et un demi-milliard de citoyens libres " a-t-il martelé.

 

Et Alain Lamassoure d'interpeller le Président de la Commission: " Alors, Président Barroso, n’ayez pas peur ! Osez ! Objectifs, stratégie, méthode, financement : tout est à réinventer ".

 

 " Jamais la perspective du retour à une croissance forte n’a été plus éloignée. Jamais la solidarité entre les Etats membres n’a été plus nécessaire. Jamais le décalage entre nos compétences et nos moyens financiers n’a été aussi contradictoire. Jamais les attentes des citoyens n’ont été aussi fortes. Et sans doute, jamais le Parlement européen n’a été plus disposé à soutenir une politique ambitieuse, pour rattraper les dix ans de retard perdus dans l’interminable débat institutionnel. C’est un ami qui vous le dit : le soutien du Parlement sera proportionnel, non à votre prudence, mais à votre audace ! " s'est exclamé le député européen en conclusion.

 

Source : http://www.majoritepresidentielle.eu/spip.php?article110

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 10:32

" Nous assistons à présent à la troisième phase du grand krach :

- la crise de liquidités de 2007 (les "prime rates")

- la crise de solvabilité bancaire de 2008 (la chute de Lehman Brothers)

- la crise de solvabilité d’Etat de 2010 (la situation grecque). "

C'est ainsi que Madame Pervenche Berès - ancienne présidente de la commission des affaires économiques et financières du PE - résume la situation financière et budgétaire actuelle de l'UE au début de la crise grecque.

 

Jacques Delors avait prévenu en 1992 ...

 

Pour l'UE, cette crise est la confirmation éclatante de la thèse soutenue en 1992 par Jacques Delors, Président de la Commission, lors des négociations sur le traité de Maastricht : une union monétaire ne peut se concevoir sans un pilier économique parallèle garant de la solidité de la monnaie commune. Une union économique qui regroupe toute une série d'instruments comme par exemple :

- une réglementation et une supervision bancaires communes ,

- une coordination des politiques budgétaires et conjoncturelles nationales,

- une stricte discipline budgétaire contrôlée et éventuellement sanctionnée par la Commission,

- une garantie européenne conditionnelle des dettes publiques nationales,

- une capacité européenne d'emprunt et de prêt,

- une représentation et des positions communes dans les institutions et conférences financières internationales ...

 

...et Spinelli dès 1984 !

 

Mentionnons pour mémoire que le projet d'"Union européenne" (projet Spinelli), adopté par le PE en ...Février 1984, prévoyait déjà, en accompagnement indispensable de l'union monétaire qu'il préconisait :

- " la coordination des politiques conjoncturelles des Etats membres" et « la possibilité d'utiliser les mécanismes budgétaires et financiers de l'Union à des fins conjoncturelles « (art. 50)

- "l'émission d'emprunts européens" par la Commission (art. 71)

- "la programmation pluriannuelle " des finances de l'Union (art 74) ...

 

La France ignore la proposition allemande en 1955

 

Lorsque le traité de Maastricht I fut finalement adopté en 1992 en créant l'union monétaire sans reprendre les dispositions parallèles de soutien économique et financier de la monnaie commune, des avertissements furent en vain lancés tant par les experts que par certains milieux politiques.

En 1995, le gouvernement allemand lui-même - par l'entremise des ministres Schauble et Lammers - présenta une ambitieuse proposition de gouvernement politique et économique de la CEE qui n'aboutirent pas suite au refus ou au désintérêt du Gouvernement français de l'époque dirigé par Edouard Balladur.

 

"Une asymétrie dangereuse et insoutenable"

 

En 1998 (à l'occasion du 50ème anniversaire du Congrès de La Haye) le Mouvement Européen International tirait - au nom et avec la liberté de parole de la société civile - le signal d'alarme en des termes prémonitoires qui justifient une longue citation :

- "L'Europe monétaire est utilisée comme un substitut à l'Europe politique défaillante : l'euro est utilisé comme le moteur de l'intégration européenne alors même que la dimension politique de cette intégration n'a pas été prise en compte . Cette asymétrie est dangereuse et n'est pas soutenable à terme ..."

- "La participation à l'euro exigera des citoyens à la fois de réels efforts financiers (réduction des déficits budgétaires) mais aussi un acte de foi sans précédent (abandon des monnaies nationales)"

- "Après l'entrée en vigueur de l'euro , la solidarité des opinions publiques nationales pourrait bien être soumise à rude épreuve par les mesures correctrices que nécessiterait la survenance d'une crise économique ou monétaire internationale (par une attaque de l'euro sur les marchés financiers internationaux) ou dans un Etat membre (par exemple suite à des conflits sociaux internes) ..."

- "L'UEM est une véritable "révolution culturelle économique" . Son fonctionnement exigera une coordination des politiques économiques beaucoup plus poussée que l'on n'a pu l'envisager - ou voulu le reconnaître - jusqu'ici , impliquant les politiques monétaires , budgétaires , fiscales mais aussi sociales , salariales et de l'emploi des Etats membres ..."

Le Mouvement européen international concluait notamment au nécessaire renforcement institutionnel de l'Eurogroupe :

- "Les Etats membres participant à l'euro doivent pouvoir décider librement entre eux des mesures les concernant et ils doivent le faire de manière officielle càd dans le cadre des règles et des institutions communautaires"

- " Une révision des traités est nécessaire pour permettre aux Etats de la zone euro d'instaurer entre eux une forme d'action autonome inspirée de la procédure de coopération renforcée".

 

Un pacte de stabilité neutralisé

 

Lorsque démarre en 1998 la première étape de l'union monétaire, seul le pacte de stabilité adopté en 1997 vient apporter une "béquille" à l'édifice portant uniquement sur le contrôle des déficits budgétaires nationaux . Sa mise en oeuvre provoquera rapidement des polémiques culminant en 2002 lors de la mise en cause par la Commission des déficits budgétaires de la France et de l'Allemagne et aboutissant à une décision du Conseil européen de 2005 assouplissant considérablement ( certains diront en neutralisant) l'application du pacte .

 

La Convention fait l'impasse

 

Sur ce plan - comme sur bien d'autres - le traité de Nice de 2001 n'avait apporté aucune correction et la question du pilier économique de l'UEM reste pendante lorsque se réunit en février 2002 la Convention chargée de préparer la révision des traités nécessitée par le grand élargissement de l'UE.

Du fait de la concomitance avec la délicate opération de mise en circulation de l'euro dans onze Etats membres en Janvier 2002, la Convention décidera de façon prudente mais peu réfléchie et finalement peu responsable de ne pas toucher aux dispositions monétaires et économiques des traités à l'exception d'un renforcement marginal des compétences autonomes de l'Eurogroupe.

La question du rééquilibrage de l'UEM ne sera même pas évoquée publiquement, à la demande des grands Etats membres et avec le consentement - un peu surprenant - des parlementaires européens membres de la Convention. Une belle occasion manquée se disent sans doute certains aujourd'hui.

 

Les Etats membres gardent le contrôle

 

De fait , à défaut de compétences juridiques (et de courage politique ?) dans le chef des Institutions - notamment la Commission - la gestion de la gouvernance économique de l'UEM a progressivement été laissée à la totale discrétion des Etats et de leurs puissantes administrations (les ministères des finances) opposés à toute avancée en matière de contrôle des politiques budgétaires , d'harmonisation fiscale , de désaisissement des compétences des trésors nationaux , de représentation commune de l' Eurogroupe au FMI , etc...

 

L'Allemagne et la France en première ligne

 

Lorsque survient la crise grecque, ce sont donc les Etats - et plus particulièrement l'Allemagne et la France - qui se trouvent logiquement en première ligne pour défendre l'Euro avec, en réalité, de formidables handicaps.

L'Allemagne est paralysée par une doctrine de rigueur financière publique (gravée dans sa Constitution et étroitement surveillée par sa Cour constitutionnelle) ainsi que par une coalition gouvernementale du moment, en désaccord interne sur le principe même d'une intervention nationale.

La France est au contraire convaincue de la nécessité d'agir et son Gouvernement (càd son Président en exercice) plus libre de ses mouvements - mais la crédibilité de ses propositions souffre de sa propre situation de déficit et d'endettement publics ainsi que de sa réputation de dirigisme économique.

 

La pression anglo-saxonne

 

Ces deux Etats sont d'autre part sensibles - beaucoup plus que des Institutions communes mandatées et agissant pour l'intérêt général - aux pressions des lobbys bancaires et financiers nationaux et internationaux ainsi que des Gouvernements anglais et surtout américain soucieux de défendre leurs propres intérêts domestiques .

 

Et les "autres" Etats membres de l'Union ?

 

Quant aux 24 ou 25 autres Etats membres , on sous-estime sans doute la frustration croissante que leur cause leur double marginalisation en tant qu'Etats et en tant que membres d'institutions dépourvues ou dépossédées de pouvoirs d'action -voire de volonté d'intervention .

 

Que fleurissent mille projets ...

 

Le seul élément positif de la crise (de la solvabilité bancaire comme de la solvabilité d'Etat) est sans doute d'avoir fait jaillir "mille fleurs" sous forme de projets de réformes plus ou moins complètes et audacieuses.

Le PE a opportunément rappelé qu'il plaide depuis 2004 au moins pour un renforcement "urgent" de la zone économique de l'euro et Mme P.Bérès a proposé de confier rapidement à la BEI la gestion d'un mécanisme (provisoire) de stabilité financière en attendant la mise sur pied d'un véritable "Fons monétaire européen" (FME) .

M.G.Verhoffstadt , président du groupe libéral du PE , a présenté un plan détaillé (inspiré d'une étude du CEPS) de création d'un FME , d'un marché obligataire commun à la dette publique de tous les Etats membres et d'une gouvernance économique européenne gérée par la Commission et liée au budget ainsi qu'à l'allocation des fonds structurels de l'UE . M.Yves Leterme, Premier ministre belge, a proposé la création d'une Agence commune de la dette et M. Schauble (à présent Ministre des finances allemand) s'est également prononcé en faveur d'un FME doté de règles de gestion particulièrement rigoureuses (allant jusqu'à l'expulsion de la zone euro des Etats indisciplinés).

 

La Commission pourrait même intervenir dans le débat !

 

Les réactions de la Commission et du Conseil européen ont évidemment été moins spontanées et moins créatives. L'exécutif européen - émergeant d'un long autisme institutionnel qui lui fait porter une part de responsabilité dans l'impréparation de l'UE à la crise - a annoncé d'ambitieuses propositions (ou "livres verts » ?) par la voix de ses deux nouveaux commissaires compétents, MM. Barnier et Rehn.

Ce dernier notamment semble déterminé à « renforcer » l'Union économique avec la même détermination et ténacité qu'il a démontrées pour "élargir" l'UE à un nombre indéterminé de nouveaux Etats membres ; gageons qu'il aura à affronter une vigilance et une résistance beaucoup plus fortes de la part des gouvernements dans cette deuxième tâche.

 

Le Conseil européen prend les rennes

 

On sait que le Conseil européen (en lieu et place du Conseil de ministres dans l'interprétation que font désormais les Gouvernements des nouvelles dispositions du traité de Lisbonne) a tout d'abord adopté un plan de sauvetage de la dette publique grecque dont seule la mise en œuvre effective démontrera la viabilité .

Mais il a également pris l'engagement de "promouvoir une forte coordination des politiques économiques en Europe" ajoutant que cette "promotion" était de son propre ressort, ce qui laisse planer plus qu'un doute sur les prérogatives futures de la Commission et de M.Rehn dans ce domaine.

Il a enfin chargé son propre Président, M. Van Rompuy, de créer ... un groupe de travail qui "présentera les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif" . Le terme de "propositions" a été soigneusement évité pour ne pas obliger la Commission à réagir ! Celle-ci est d'ailleurs invitée à "coopérer" avec la présidence du Conseil européen... à la création d'une task force. Les spécialistes de droit institutionnel communautaire apprécieront cette interprétation du tout nouveau Traité de Lisbonne.

 

L'affaiblissement des règles et des institutions communautaires

 

A cet égard, il n'est peut-être pas inutile de noter au passage que la non-application des règles - ou de l'esprit des règles - fixées par le traité ou le droit dérivé européens a elle même fragilisé l'édifice de l'union monétaire.

Qui relève encore que, selon les dispositions des traités depuis Maastricht, l'adhésion d'un Etat membre à l'euro n'est ni un droit ni une faculté mais un automatisme dès lors que - et seulement si - cet Etat satisfait aux critères fixés ? .

Qui relève que l'incapacité d'Eurostat à connaître le véritable état des comptes publics nationaux (et notamment l'étendue réelle des déficits/endettements) résulte du refus obstiné des gouvernements (en fait de leurs ministères des finances) de laisser l'organisme européen libre de s'adresser directement aux administrations nationales concernées et , à plus forte raison ,d'auditer les comptes qui lui sont transmis par le seul intermédiaire désigné à cet effet par le gouvernement concerné ? (En fait Mme Merkel a tout de même reconnu que le Conseil avait été mal inspiré de refuser en 2005 - "par application excessive du principe de subsidiarité" - toute extension des compétences d'Eurostat ...) .

La "faillite"(selon M. de Larosière lui-même) de la supervision bancaire nationale et européenne a-t-elle été suffisamment soulignée ou - pourquoi pas - sanctionnée ?

Le PE lui-même a-t-il été suffisamment exigeant dans sa mise en cause du fonctionnement de différentes institutions et organes financiers - et dans son rôle naturel de protection des intérêts des citoyens européens ? Pourquoi avoir confié à une simple "commission temporaire", par ailleurs fort active, le soin d’étudier les disfonctionnements mis en lumière par la crise grecque au lieu de constituer une véritable commission d'enquête autrement plus intrusive et efficace, comme le lui permettaient les textes en vigueur ?

 

Le kit d'aide d'urgence

 

Pour en revenir aux considérations institutionnelles, les dispositions actuelles des traités laissent une certaine marge d'action pour renforcer les mécanismes de l'union économique. Au moins cinq mécanismes différents - que l'on se bornera ici à citer - ont été invoqués par les auteurs de propositions de réforme à court terme :

- l'extension des compétences de la BEI

- les pouvoirs autonomes de l'Eurogroupe

- le recours à la coopération renforcée

- le recours à un accord extra communautaire (type Schengen)

- les pouvoirs implicites de l’UE.

 

Pour un Maastricht II

 

Il est cependant évident pour tous que la construction d'un véritable pilier économique de l'UE ne pourra se faire qu'au moyen d'un nouveau traité de Maastricht et qu'une nouvelle Convention devra reprendre les travaux là où les conventionnels de 2002/2003 les ont laissés sans avoir conscience des conséquences de leur "prudence " ou "réalisme" de l'époque .

Mais rares sont les responsables nationaux qui admettent publiquement le caractère incontournable d'une nouvelle révision des traités sur un point aussi névralgique que l'UEM .

Ceux qui le reconnaissent (comme Mme Merkel ) s'empressent de souligner la difficulté de l'exercice - tout en admettant que "le traité de Lisbonne ne peut pas être la fin de l'histoire car nous serions alors dans un système statique" empêchant l'UE " de réagir à des situations nouvelles" .

Et tous s'accordent pour déplorer - de façon assez hypocrite - les énormes difficultés que présente un révision par accord unanime des 27 ,en oubliant que celles ci sont principalement de leur fait , qu'il s'agisse des procédures de négociations ou - surtout - de ratification .

 

L'appel du FMI et de ...la City Bank

 

"L'une des leçons de la crise en Europe est qu'une monnaie unique sans coordination économique suffisante peut aboutir à des déséquilibres énormes ...A la suite de cette crise , il faut accélérer l'intégration européenne et non la ralentir... Le temps est venu de porter le projet européen au niveau supérieur ". Ainsi s'exprime ...le Directeur général du FMI , M. Dominique Strauss Kahn, partisan avoué d'une refonte fondamentale de l'architecture financière de l'Union .

« L’Europe doit se ressaisir et décider si elle va devenir des « Etats Unis d’Europe » ou un « patchwork kit » d’Etats indépendants …Si les principaux Etats ne sont pas décidés à aller dans cette direction nous craignons que l’Euro ne soit condamné en tant que monnaie commune » déclare un haut responsable du City group, la plus grande société financière mondiale.

« L’édifice est manifestement déséquilibré. Une véritable monnaie stipule à la fois une banque centrale et un trésor …disponible en cas de crise …Quand le système financier est menacé, la banque centrale peut fournir les liquidités mais seul un trésor peut traiter des problèmes de solvabilité …Cette donnée de fait aurait dû apparaître clairement à tous ceux qui ont été impliqués dans la création de l’euro. » Ainsi s’exprime Georges Soros qui donne par ailleurs « a 50/50 chance » à la survie de l’euro dans cette crise.

 

La plaie demeure béante

 

Il semble en effet - qu'elle que soit l'issue finale la crise grecque dont de nouveaux rebondissements sont hélas probables - que les mesures d' urgence et de circonstance ne seront pas suffisantes pour combler la brêche largement ouverte au flanc de l'union monétaire .

Sur les plans technique , politique et même démocratique , les réformes que les Etats et parfois même les Institutions aiment à renvoyer avec condescendance à un long terme reconductible sont d'une telle ampleur qu'elles exigeront une révision des traités en bonne et due forme .

L'importance des enjeux et des évolutions institutionnelles nécessaires exigera le passage par la voie solennelle d'une proposition de la Commission (ou du PE ? ) puis d'une Convention chargé de compléter l'édifice inachevé de la précédente .

L'annonce même d'une telle entreprise aurait pour effet de refroidir l'ardeur destructive des spéculateurs du marché et de balayer les objections bureaucratiques et corporatistes nationales qui condamnent l'Union aux demi-mesures prises dans l'urgence et aussitôt dépassées par les évènements .

Dans l'état actuel de déstabilisation, de crainte et de scepticisme européen de l'opinion publique, une telle décision serait accueillie avec soulagement et espoir par une grande majorité des citoyens européens .

Il appartiendrait sans doute au PE - fidèle à une tradition inspirée par A.Spinelli il y a bientôt trente ans - de prendre l'initiative politique de cette grande réforme et révision.

Souhaitons que se trouvent en son sein une majorité de membres capables de s'affranchir des consignes de prudence et de modération venant des capitales nationales - et de donner le signal de cette entreprise re- fondatrice et preuve de la capacité de résilience et d'évolution de l'Union .

 

« Never waste a good crisis or it will waste you … »

 

NB : Cet article reproduit le Brève n°300 de l'Aassociation des amis du Trauté de Lisbonne établie par Jean-Guy Giraud, président de l'Union pour une Europe Fédérale - France (UEF-France)

 

 

Par Jean-Guy Giraud - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 07:41

Le projet de créer un gouvernement économique européen n'est pas sans rencontrer un certain nombre d'obstacles économiques, politiques et institutionnels. Mais ils ne sont pas infranchissables.

La réflexion sur le gouvernement économique européen proposée ici étudie plusieurs pistes, évalue les forces et les faiblesses de l'économie européenne et appelle résolument des ses vœux une responsabilité politique qui fait cruellement défaut dans la tempête financière actuelle à laquelle est confrontée l'Union européenne toute entière.

 

Lire l'intégralité de l'étude<http://www.robert-schuman.eu/doc/questions_europe/qe-167-168-fr.pdf>
 

Jean-François Jamet est économiste, ancien consultant auprès de la Banque mondiale ; il enseigne l'économie politique de l'Union européenne à Sciences-Po. http://www.jfjamet.eu/


Directeur de la publication : Pascale Joannin


La Fondation Robert Schuman, créée en 1991 et reconnue d'utilité publique,  est le principal centre de recherches français sur l'Europe. Elle développe des études sur l'Union européenne et ses politiques et en promeut le contenu en France, en Europe et à l'étranger. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen par ses recherches, ses publications et l'organisation de conférences. La Fondation est présidée par M. Jean-Dominique Giuliani.

 

Un lien permanent permettant d'accéder au site de cette Fondation est disponible sur ce blog.

 

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  www.robert-schuman.eu

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 14:13

Le Comité de prévention de la torture (CPT), un organe du Conseil de l'Europe, dénonce la politique italienne de refoulement des immigrés clandestins qui viole selon lui le droit international.

Le principe de non refoulement, inscrit dans la Convention des Nations unies sur le statut des réfugiés de 1951, interdit de renvoyer une personne vers un pays où sa vie ou sa liberté peut être menacée.

" La politique italienne, qui consiste à intercepter les migrants en mer pour les forcer à retourner en Libye ou dans d'autres pays non européens, viole le principe de non refoulement ", dit le CPT dans un rapport publié à Strasbourg.

Le comité, qui a enquêté en juillet 2009 sur cette politique que Rome avait commencé à appliquer en mai, constate que les personnes interceptées en mer n'ont pas la possibilité d'introduire une demande d'asile et ne font pas même l'objet d'une identification.

Il constate que l'Italie viole ses propres lois en expulsant des mineurs isolés ou des femmes enceintes et cite des cas de violences à bord des bateaux à l'égard des migrants.

Quelque 602 migrants ont été interceptés en mer et immédiatement refoulés de mai à juillet 2009, principalement vers la Lybie, un pays où " toute personne détenue risque d'être soumise à des mauvais traitements sérieux " ou d'être renvoyée vers un pays où existent de tels risques, note le CPT.

Certes, reconnaît-il, " les Etats ont le droit souverain de protéger leurs frontières et de contrôler l'immigration ", mais l'Italie doit revoir ses procédures pour s'assurer que tous les migrants interceptés reçoivent d'abord des soins et puissent déposer une demande d'asile.

Rappelons que l'Italie est partie à la Convention européenne des droits de l'Homme (CEDH) et que l'Union européenne s'est engagée, par la voie du traité de Lisbonne, à y adhérer.

 

Source : Reuters

 

Voir également à l'égard de l'adhésion de l'Union européenne à cette Convention, des buts, principes et valeurs de l'Union ainsi que de la Cour européenne des Droits de l'Homme :

 * Des valeurs, des droits et de l'état de droit dans l'Union européenne : rappel de quelques éléments du Traité de Lisbonne - nouvelle édition -

 * De la restriction des droits et des libertés dans l'Union européenne ! - nouvelle édition -

 * Europe, quatre horizons pour la liberté, par Jacques Barrot - nouvelle édition -

 * L'Union européenne face à ses responsabilités politiques à l'intérieur de ses frontières : le point de vue d'un citoyen (1)

 * L'Union européenne face à ses responsabilités politiques à l'intérieur de ses frontières : le point de vue d'un citoyen (2)

 * L'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'Homme (CEDH) est une priorité

 * La folie de Hitler était très méthodique (Propos recueillis par François-Guillaume Lorrain pour Le Point - août 2009)

 * Priorités de la Présidence suisse du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe (18 novembre 2009 – 11 mai 2010)

 * L'Allemagne émet des conditions pour l'adhésion de l'UE à la CEDH

 

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : La Démocratie et la Citoyenneté en mouvement
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /2010 13:37

Le 8 avril 1904 fut officialisée l'Entente cordiale entre le Royaume-Uni et la République française. Il ne s'agissait pas alors d'une alliance mais d'un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires, les deux pays ayant été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda, une misérable bourgade du Soudan.

 

Un équilibre européen menacé

En 1882, le chancelier allemand Bismarck a réuni l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie au sein de la Triple Alliance ou Triplice en vue de prévenir une éventuelle agression de la Russie ou de la France.

Après l'éviction du «chancelier de fer» (1891), l'empereur allemand Guillaume II manifeste rien moins que l'ambition de concurrencer le Royaume-Uni sur les mers. Il se lance dans la construction d'une puissante flotte de guerre, affirmant que «l'avenir de l'Allemagne est sur l'eau».

 

L'opinion contre l'Entente cordiale

Les dirigeants britanniques s'inquiètent du «splendide isolement» de leur pays et songent à un rapprochement avec la France.

En France, le rapprochement avec Londres est discrètement mais fermement promu par le ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé. Celui-ci, républicain de gauche anticlérical et nationaliste, souhaite une revanche sur l'Allemagne qui s'est emparée de l'Alsace-Lorraine en 1871 et prépare de futures alliances contre elle.

Il tire parti de la passion du roi Édouard VII pour le gai Paris. Passionnément désireux de voir aboutir l'Entente cordiale, le souverain anglais a accédé au trône deux ans plus tôt, à l'âge déjà avancé de 60 ans. Il n'hésite pas à «mouiller sa chemise». C'est ainsi qu'il débarque en France pour un voyage officiel de trois jours en vue de rallier l'opinion anglophobe à sa cause.

L'accueil des Parisiens est glacial. On entend des : «Vive Jeanne d'Arc !» ou «Vive les Boers !» sur le trajet du cortège. Mais la bonhommie et l'amour sincère du roi pour la France ont raison de l'anglophobie ambiante. Au théâtre, il lance un compliment émouvant à une actrice en vogue. L'anecdote fait le tour du pays et le voyage s'achève sous les vivats.

L'accord, réduit à quatre articles, est enfin signé à Londres. Il va se renforcer d'année en année jusqu'à déboucher sur une alliance pleine et entière dans la Première Guerre mondiale dix ans plus tard.

 

Source : www.herodote.net/histoire/

 

Voir également : http://fr.wikipedia.org/wiki/Entente_cordiale

 

 

 

 

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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