Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 09:56

Les investissements dans la recherche, l’innovation et l’éducation supérieure (« investissements dans la connaissance ») sont d’une importance cruciale pour garantir la compétitivité et la croissance futures de l’Union européenne.

Ce Policy Paper de Jo Ritzen et Luc Soete nous invite à redéfinir le partage des tâches entre l’UE, les gouvernements nationaux et les régions dans le domaine de la recherche et de l’éducation supérieure.

Selon les deux experts, la crise économique et financière actuelle soulève des questions fondamentales relatives à l’avenir de la stratégie de long terme de l’Europe basée sur la connaissance. À l’heure où de nombreux États membres de l’UE sont confrontés à de sérieuses contraintes budgétaires en raison de la crise, il est essentiel de réfléchir à la signification du principe de subsidiarité dans les domaines de la recherche, de l’innovation et de l’éducation supérieure.

Il convient également de redéfinir le soutien national et européen aux investissements dans la connaissance afin de mieux répondre aux défis de la mondialisation et de l’agglomération spatiale de la recherche exacerbés par la crise économique et financière.

Jo Ritzen et Luc Soete concluent en proposant de développer un système européen de l’innovation efficace à plusieurs niveaux, par le biais d’une réforme de la réglementation et du financement.

 

Voir le document : http://www.notre-europe.eu/uploads/tx_publication/Recherche_RitzenSoete_PP49_Nov2011_01.pdf

 

Source : http://www.notre-europe.eu/fr/axes/competition-cooperation-solidarite/travaux/publication/recherche-education-superieure-et-innovation-redefinir-la-gouvernance-multi-niveaux-en-europe-en/

 

 

 

Par ERASME - Publié dans : UE, formation, recherche, technologie & industrie
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 09:19

Un an après la faillite de Lehman Brothers qui fut près de provoquer l'effondrement du capitalisme mondialisé, les principales institutions financières américaines annoncent des résultats et des bonus record, tandis que leurs homologues européennes se bousculent pour rembourser aux Etats les dotations en capital et les prêts d'urgence mis en place pour les sauver. Simultanément, l'indice Dow Jones a dépassé la barrière des 10 000 points, franchie pour la première fois en mars 1999, au coeur de la spéculation sur les nouvelles technologies.

Pendant le boom bancaire et financier, la crise économique continue. Chômage au-delà de 10 % de la population active dans les pays développés. Emballement des faillites d'entreprises et de ménages surendettés. Explosion des dettes (95 % du produit intérieur brut aux Etats-Unis et 80 % dans l'Union européenne) et des déficits publics (10 % du PIB aux Etats-Unis, 6,5 % dans l'UE). Transformation des banques centrales en gigantesques hedge funds, à l'image de la Réserve fédérale américaine (Fed), dont le bilan s'est dilaté jusqu'à représenter 40 % du PIB américain et compte désormais trois cinquièmes d'actifs toxiques. Divergence entre les pays émergents et le monde développé (7,5 % de croissance contre 1,5 %).

La reprise qui se dessine est donc insoutenable à terme. Elle repose tout entière sur le restockage des entreprises et la poursuite de politiques de soutien public à un niveau jamais atteint en temps de paix. Elle réédite les erreurs commises après 2001 en reconstituant deux bulles spéculatives sur les marchés d'actions et les dettes des Etats. Elle relance le modèle économique qui a conduit au krach sans résorber les déséquilibres structurels de la mondialisation. Or la dégradation des finances publiques et des banques centrales dans les pays développés laisse le capitalisme sans défense en cas de nouveau choc.

La mobilisation exceptionnelle de la politique économique à partir de l'automne 2008 a réussi in extremis à sauvegarder les banques, à enrayer la déflation et à contenir le protectionnisme. Force est de constater que les stratégies de sortie de crise sont en passe d'échouer pour quatre raisons.

  1. La non-coordination des politiques économiques. Les ripostes à la brutale déflation par la dette ont été conduites par les Etats. Or la sortie de crise supposerait d'accorder les stratégies entre les grands pôles mondiaux : priorité à l'économie réelle au détriment de la finance aux Etats-Unis, à la croissance et à l'emploi dans l'UE, à la création d'un Etat-providence et à la consommation intérieure en Chine. Malheureusement, la reprise est tirée par l'euphorie de Wall Street aux Etats-Unis, bridée par la surévaluation de l'euro en Europe, dirigée vers l'investissement manufacturier et l'exportation par Pékin au mépris des surcapacités existantes et du risque croissant de protectionnisme face à l'augmentation des parts de marché chinoises.

  2. L'absence de modification du modèle économique des banques. Le secteur bancaire n'a jamais présenté de dysfonctionnements et de risques aussi élevés : configuration oligopolistique à la suite du mouvement de concentration et de restructuration ; forte profitabilité du fait des taux zéro ; activité orientée vers le financement des Etats et les marchés au détriment du crédit aux entreprises et aux ménages ; réassurance illimitée par la puissance publique.

  3. Le refus du G20 de se saisir du système monétaire. Le monopole du dollar comme devise internationale en dépit de l'affaiblissement durable de l'économie américaine, la non-convertibilité et la sous-évaluation chronique du yuan, la surévaluation permanente de l'euro ont fortement contribué aux déséquilibres des échanges et des paiements mondiaux. Or le repositionnement des économies s'opère par le jeu des seules devises, à travers la dévaluation compétitive du dollar et de la livre ainsi que la défense des parités sous-évaluées des monnaies émergentes, faisant de la zone euro la variable d'ajustement de la reprise. 

  4. Les lacunes dans la gouvernance de la mondialisation. Le G20 marque un progrès décisif dans la réassurance politique d'un capitalisme devenu universel. Encore doit-il réformer le système financier et le modèle économique de la mondialisation, y compris en ce qui concerne les monnaies et les matières premières, et ne pas se contenter de mimer les rituels vides de sens et de décision du G8. Afin d'éviter la renaissance du protectionnisme, un lien clair doit être effectué entre la régulation du capitalisme, les négociations commerciales conduites au sein de l'Organisation mondiale du commerce et les enjeux environnementaux. Enfin, le gouvernement économique européen est retourné dans les limbes depuis octobre 2008, ce qui limite drastiquement la capacité de l'UE à déployer une stratégie cohérente de sortie de crise.

La mondialisation n'affronte pas une crise financière, mais une grande crise économique qui est aussi une révolution. Elle clôt l'ère postkeynésienne, dominée par la montée en puissance des marchés au détriment des Etats, par la déréglementation et l'innovation financière, par l'ouverture accélérée des frontières. Elle marque la fin de la suprématie absolue des Etats-Unis sur l'économie mondiale. Elle met un terme au monopole de l'Occident sur le capitalisme, du fait de la montée du Sud - désormais majoritaire dans la production mondiale - mais aussi de la perte de confiance dans la capacité du Nord à en assurer la régulation.

Ce n'est qu'en refusant le retour à l'économie de bulles, en coordonnant la normalisation progressive de leurs politiques économiques, en rénovant leurs institutions et leurs modèles économiques, que les Etats-Unis et l'UE pourront s'orienter vers une sortie de crise durable et retrouver une légitimité pour réformer un capitalisme universel dont ils ont perdu la maîtrise.

Nicolas Baverez est économiste et historien.

Nicolas Baverez et Nouriel Roubini devaient confronter leurs analyses, jeudi 29 octobre, lors de la première édition des Dîners de l'Atlantique organisée à Paris par l'agence Marquardt & amp, L'International Herald Tribune et Le Monde, sous la présidence d'Eric Woerth, ministre du budget.

Nb : Cet article a été publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 30 octobre 2009.

Par Jean Poche - Publié dans : Analyses stratégiques, de sécurité et de défense
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 07:45

110214 Brief Europanova final 110214 Brief Europanova final

 

Ce Brief est le résultat des travaux d’EuropaNova depuis 2009, sur les sujets de gouvernance économique

et plus spécialement du Comité d’orientation depuis le mois de septembre 2010.

 

Pour en savoir plus sur Europanova : http://www.europanova.eu/

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 06:23

Le budget par activité propose une organisation des crédits budgétaires et des ressources par destination, afin de permettre à chacun de voir quelles sont les politiques qui sont menées et quelles activités composent ces politiques, quelles sommes sont consacrées à chacune d'elles et quels sont les effectifs qui leur sont affectés. (cf. le glossaire http://ec.europa.eu/budget/other_main/glossary_fr.htm )

Le Traité de Lisbonne accroît les compétences de l'Union dans des domaines aussi importants que la politique spatiale, l'énergie, la lutte contre le changement climatique, le tourisme, le sport mais aussi et surtout le domaine des relations extérieures. Bien que ces modifications fussent prévisibles au moment des négociations de l'actuel cadre financier 2007-13, les chefs d'Etats et de gouvernement ont préféré en ignorer les conséquences d'un point de vue budgétaire. 

Depuis son entrée en vigueur, le cadre financier pluriannuel a démontré ses limites à plusieurs reprises. Il a fallu le réviser 4 fois déjà pour trouver des réponses à des besoins urgents: Galileo (budget 2009), la crise alimentaire mondiale (budget 2009), la crise économique et financière (budgets 2009 et 2010). Ces révisions, bien que ne modifiant pas le volume global de dépenses sur la période 2007-13 et procédant à des redéploiements entre types de dépenses, n'ont été obtenues qu'au prix de lourdes "palabres" interinstitutionnelles. Elles ont démontré combien le Conseil était récalcitrant à adapter le cadre adopté en 2006 à des événements politiques imprévus. D'instrument au service d'objectifs politiques communs, le cadre financier pluriannuel semble être devenu, du moins pour certains Etats membres, un outil uniquement comptable et indépassable.

Dès lors, qu’en sera-t-il de l'impact budgétaire des nouvelles compétences introduites dans le Traité de Lisbonne ? (cf. Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (rappel))

Théoriquement, le Parlement européen pourrait porter cette question grâce aux modifications juridiques apportées par le Traité. En effet, le Traité de Lisbonne oblige à transformer l'actuel cadre financier pluriannuel de simple accord interinstitutionnel (entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission) qu'il est aujourd'hui en un règlement spécifique de l'Union, adopté par le Conseil - à l'unanimité ! - après approbation par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Lors de cette transformation, le Parlement européen disposera donc théoriquement d'un droit de veto sur lequel il pourrait s'appuyer pour essayer d'obtenir une révision de l'actuel cadre financier pluriannuel afin que celui-ci prenne en compte non seulement les nouvelles compétences de Lisbonne mais aussi les défis politiques auxquels l'Union doit faire face dans le très court terme.

Des parlementaires européens redoutent que l'agriculture et la politique de cohésion soient les grandes perdantes de la stratégie UE 2020 sur la croissance "intelligente, durable et inclusive". Cette stratégie servira pourtant à l'élaboration du prochain cadre financier pluriannuel de l'Union européenne, qui commencera en 2014. Sur les recettes, la Commission propose de retrouver la philosophie de départ, donc de moins recourir aux contributions nationales en fonction de la richesse.

Quelques pistes de réflexion pour éclairer le débat  

Selon le principe d'universalité[1], l'ensemble des recettes couvre l'ensemble des crédits de paiement et les recettes et les dépenses sont inscrites sans contraction entre elles. Pour autant, pourquoi ne pas envisager une application souple de la règle de non-affectation ?

Première piste de réflexion :

Elle consiste à lier nature de recettes et nature des dépenses en tenant compte de la variété des types de compétence dont dispose l’Union pour agir.

Au lieu d’exercer la règle de non-affectation de manière rigide à l’égard du bloc global que constitue la totalité du budget de l’Union, l’Union serait alors appelée à l’exercer par domaines et catégories de compétences.

Ne serait-ce qu’afin d’assurer une meilleure cohérence entre :

- d’une part, le budget de l’Union et les dispositions en faveur d’un renforcement de la gouvernance économique, lesquelles revêtent nécessairement des variantes selon la nature des domaines de compétences en cause,

- et, d’autre part, entre nature de dépenses et nature de recettes, et partant, une meilleure lisibilité par les citoyens européens de l’action de l’Union dans les différents domaines et champs de compétence où elle est appelée à agir.

Ainsi, les dépenses relatives aux domaines politiques à l’égard desquels l’Union dispose d’une compétence exclusive devraient pouvoir être couvertes prioritairement, sinon exclusivement, par des recettes dont la nature et l’origine coïncident avec lesdits domaines (ressources propres traditionnelles constituées des droits à l’importation des produits en provenance de pays tiers à l’Union, mais aussi de nouvelles ressources propres constituées par les revenus de taxes nouvelles telles que celles proposées par la Commission européenne dans sa communication sur le réexamen budgétaire et qui n’ont pas pour seul champ d’application le marché intérieur de l’UE : taxation sur les transactions financières, recettes tirées de mises aux enchères - système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre -).

S’agissant des dépenses relatives aux domaines politiques faisant l’objet d’actions d’appui, de coordination ou de complément de la part de l’Union européenne, on peut considérer que les recettes constituées par les ressources de type TVA sont de nature à couvrir les dépenses correspondantes de l’Union. Or, l’hypothèse avancée de l’abandon de cette nature de ressource nous oblige à imaginer de recourir à de nouvelles ressources à cette fin (telles que les revenus de la taxation des transactions bancaires au sein du marché intérieur européen, ou d’une taxation européenne sur l’énergie ou encore d’une imposition sur les sociétés).

Enfin, s’agissant des dépenses relatives aux domaines politiques relevant du champ des compétences partagées, du champ de la compétence que lui ont attribuée les Etats membres en matière de politique étrangère et de sécurité commune (champ qui correspond à des domaines où les investissements publics revêtent à la fois un caractère obligatoire en raison de leur nature régalienne, ne sont pas par nature ‘générateurs de recettes’ et s’étalent sur plusieurs périodes de programmation pluriannuelle), ainsi que du champ de la coordination des politiques économiques, on peut considérer que les recettes constituées par les ressources de type RNB ainsi que les « emprunts obligataires européens » ou d’autres formules innovantes sont de nature à couvrir les dépenses correspondantes de l’Union, notamment lorsque celles-ci prennent la forme de garanties (telles que les « EU project bonds »).

Seconde piste de réflexion :

Une autre piste consiste à proposer de réserver les ressources propres constituées par les revenus européens directs (droits à l’importation, etc.) à la seule couverture des dépenses attachées aux politiques et actions de l’Union qui affectent directement la citoyenneté européenne (Citoyenneté, Liberté, Sécurité, Justice, dépenses horizontales/administratives attachées au fonctionnement des institutions communautaires et des organes qui leurs sont attachés), les autres natures de ressources étant alors réservées aux dépenses opérationnelles de la Commission européenne ainsi qu’à d’éventuels budgets ou fonds spéciaux.

La citoyenneté européenne comme l’identité politique européenne trouveraient alors une matérialisation concrète sur le registre budgétaire. L’idée d’un impôt européen au profit du citoyen européen prendrait ainsi forme sans pour autant alourdir la charge fiscale des contribuables.

Et nous aurions ainsi une réponse à la question soulevée par le parlementaire européen Jan Olbrycht à propos des dépenses administratives. /


[1] La règle de non-affectation, qui est avec la règle de non-compensation l’une des deux règles propres au principe budgétaire d’universalité, interdit l’affectation d’une recette à une dépense déterminée. Elle implique de verser toutes les recettes dans une caisse unique où l’origine des fonds est indéterminée. Elle permet à l’autorité budgétaire de conserver son pouvoir de décision et de gérer les fonds publics en respectant les notions de solidarité et d’unité nationales (s’agissant des budgets nationaux) ou européennes (s’agissant du budget de l’Union). Elle connaît toutefois quelques dérogations (ex : les budgets annexes ou les comptes spéciaux qui retracent des dépenses bénéficiant d’une affectation particulière de recettes).

 

Voir également les autres articles de la rubrique intitulée : A propos du budget de l'Union européenne

Voir en particulier :

 * Résolution du Parlement européen du 8 juin 2011 : Investir dans l'avenir: un nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) pour une Europe compétitive, durable et inclusive

 * Investir aujourd’hui pour la croissance demain (proposition de budget pluriannuel présentée par la Commission pour 2014–2020 )

 * L'UE a besoin d'un budget ambitieux pour sortir de la crise et retrouver la croissance, par Mikolaj Dowgielewicz (Le Monde)

 

 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : A propos du budget de l'Union européenne
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 06:01

Le lecteur trouvera ci-après les trois textes présentés par la Commission européenne le 29 juin 2011 qui ont trait à la réforme du système de ressources propres de l'Union européenne.

proposal council own resources fr proposal council own resources fr

proposal council regulation implementation own resources fr proposal council regulation implementation own resources fr

proposal council regulation methods procedure GNI fr proposal council regulation methods procedure GNI fr


 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : A propos du budget de l'Union européenne
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