Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 22:29

Voici le verbatim du communiqué de Jacques Chirac, annonçant qu'il ne ferait pas appel de sa condamnation jeudi à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, même s'il "conteste catégoriquement le jugement".

" Je prends acte du jugement du tribunal de Paris. Je me réjouis, comme je l'avais toujours demandé, que mes collaborateurs de l'époque ne soient pas pénalement sanctionnés.

J'étais le maire. C'est à moi et à moi seul d'assumer.

Mais, sur le fond, je conteste catégoriquement ce jugement.

Sur près de 470 emplois examinés, il n'en reste, après des années de procédure, que 19 qui me sont imputés et encore partiellement.

Surtout, je l'affirme avec honneur : aucune faute ne saurait m'être reprochée.

Pour autant, je ne ferai pas appel.

Je n'ai plus hélas toutes les forces nécessaires pour mener par moi-même, face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité.

J'ai conscience aussi que ce qui est en jeu ce n'est pas seulement l'honneur d'un homme, mais la dignité de la fonction présidentielle que j'ai assumée depuis. Et je crois qu'aujourd'hui le respect de nos institutions exige que l'apaisement vienne.

Je m'en remets au jugement des Parisiennes et des Parisiens qui, par trois fois, m'ont choisi pour être leur maire.

Je m'en remets à mes compatriotes qui savent qui je suis: un homme honnête qui n'a jamais eu d'autres exigences et d'autres combats que la cohésion entre tous les Français, la grandeur de la France et l'action pour la paix.

Par-delà la blessure et la tristesse profonde que m'inflige ce jugement, c'est cette exigence, qu'une dernière fois, je veux porter ".

 

 
Par ERASME - Publié dans : A la rencontre de femmes et d'hommes illustres
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 21:34

Grèce, Espagne, Italie, Sarkozy, Merkel, Obama, G 20, triple A, démocratie, austérité : chaque semaine qui passe donne lieu à de nouveaux développements, de nouvelles annonces, de nouvelles incertitudes. La crise actuelle est pour les Européens comme pour les Américains au moins comparable à celle de 1929 et sans doute encore plus grave, tant les bouleversements à l'œuvre, ou à venir, sont profonds. Il y va aujourd'hui d'un certain mode de vie et de croissance. Il y va aussi de nos modèles sociaux européens, dans leurs diverses variantes. L'austérité annoncée un peu partout va-t-elle provoquer leur démantèlement ?

 

Revenons d'abord sur les caractéristiques du modèle social européen, qui nous est peu ou prou commun. Dans un tel modèle, la société s'oblige à des devoirs envers ses citoyens: accès à des biens de base (éducation, santé), garantie d'un minimum vital pour tous, protection contre certains risques (maladie, chômage, vieillesse), redistribution en faveur de certains groupes (familles, handicapés), droit à une activité rémunératrice, conditions de travail décentes et sécurité - même relative - de l'emploi. Ajoutons-y un droit du travail et des relations professionnelles qui déterminent les salaires et nombre de conditions d'emploi, etc.... : tous ces « acquis », issus de conquêtes ou de compromis sociaux ont par le passé contribué à réduire nombre d'inégalités, notamment de revenus. Par ailleurs, ce sont ces mêmes protections et cohésion sociales qui ont permis la croissance et donc la performance d'un certain type de capitalisme. Comme viennent de l'affirmer les principaux responsables syndicaux européens, "le social est le ciment de l'UE".
Pourtant du fait du chômage, de la démographie, d'un système financier qui capte une partie démesurée de la valeur, le système se grippe : son fonctionnement devient problématique, ses protections sont de moins en moins universelles et, par dessus tout, les inégalités se creusent à nouveau, parfois de manière considérable. Les gouvernements ont privilégié réduction de l'inflation et stabilité macroéconomique plutôt que plein emploi, les actifs sont moins enclins à prendre en charge les inactifs et le leitmotiv est à la valorisation du travail. Nous sommes entrés dans l'époque du donnant-donnant, le droit à des prestations étant lié à des devoirs envers la société. La mise sous condition des aides sociales ne cesse de monter : il faut occuper un emploi quelle qu'en soit la rémunération - on pense ici aux jobs à 1 € en Allemagne - et de nombreuses prestations reposent désormais sur des efforts de mobilité, là sur des conditions d'activité, de séjour, le tout couronné par le renforcement de la lutte contre les fraudes sociales. Enfin, et peut-être de ce fait, la crédibilité dans les vertus du système s'étiole aux deux bouts de la pyramide sociale : en haut par ceux qui peuvent s'en passer - tout en profitant largement, ça va de soi, en bas par ceux qui n'en bénéficient pas, plus, ou si peu. Le modèle social européen a-t-il donc un avenir ?
Vu de la Chine, ou du moins de certains de ses dirigeants, ce modèle autrefois exemplaire ne fait plus rêver et la notion d'Etat-providence européenne serait la cause première de la crise de la dette. "Les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d'acquis sociaux. Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l'indolence, plutôt qu'à travailler dur. Le système d'incitation est complètement détraqué" a ainsi déclaré Jin Liqun, président du Fonds souverain chinois CIC dans une interview récente à la chaîne Al-Jazeera. Ces commentaires ne pèseraient guère si les systèmes n'étaient pas déjà fortement ébranlés de l'intérieur. C'est pourquoi la crise met gravement à l'épreuve nos modèles sociaux. Si ceux-ci ont plutôt bien fonctionné en 2008-2009 en jouant le rôle d'amortisseurs sociaux grâce au régime d'assurance-chômage et au chômage partiel, les temps qui viennent s'annoncent beaucoup plus incertains avec des puissances publiques très affaiblies financièrement.

C'est toute la transition de notre modèle social qui est à imaginer et à construire. Contre quels risques nous protéger demain ? Les assurances sociales sont-elles un remède universel ? Quels périmètres pour la solidarité : universels ou professionnels, nationaux ou transnationaux ? Quelle place pour le travail et pour le salariat dans nos vies, nos sociétés et nos dispositifs sociaux ? Que pourrait signifier entreprendre et donc entreprises ? Comment conjuguer nouveaux modèles de croissance et cohésion sociale ? Il est bien sûr très facile de questionner et bien difficile de répondre. Mais il est plus que probable aussi que l'on ne pourra pas se contenter de camper sur la défensive.

 

Source : http://www.metiseurope.eu/crise-nos-mod-les-sociaux-ne-pourront-resister-sans-se-renouveler_fr_70_art_29256.html

 

 

Par ERASME - Publié dans : Points de vue publiés dans la presse
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 18:41

Essai sur la chute du système soviétique à la fin du siècle dernier et les désorganisations similaires à craindre pour les régimes capitalistes de marché, avec à peu près les mêmes raisons, au courant de ce siècle…

Et si la chute des systèmes soviétiques planifiés était en fait analysable selon le matérialisme historique marxiste ? Et si cela devait arriver également bientôt aux pays occidentaux ?

La chute du système soviétique ne pourrait-elle pas être attribuée en partie au moins à des facteurs que la théorie marxiste avait envisagés : ce sont les évolutions des infrastructures, entre autres technologiques, d’un côté et la cupidité des dirigeants privés et publics de l’autre, qui conduisent à des révolutions. Analyse qui avait été inspirée à Marx, entre autre, par les situations catastrophiques qu’il avait pu observer lors de la révolution industrielle en Angleterre. Or des changements technologiques profonds ont affecté l’Union soviétique et ses satellites au milieu du siècle dernier : débuts de l’informatique, diversification des besoins apportée par la diffusion de l’information par des médias nouveaux à l’époque (radio et télévision). Les pays occidentaux vivent actuellement le même genre de changements technologiques amplifiés par les avancées techniques des équipements numériques… Les mêmes causes ne pourraient–elles pas provoquer les mêmes effets ?

 Dans le cas de la chute en série des systèmes à économie planifiée vers la fin du XXème siècle, on retrouve des facteurs similaires à ceux de la révolution industrielle : un changement rapide et considérable des technologies modifiant radicalement, dès 1960, environ une trentaine d’années avant la chute, les rapports entre les facteurs de production capital et travail (dans le cas des systèmes soviétiques, il s’agissait d’un capital d’État) et par ailleurs l’absence de redistribution à l’ensemble de la société des gains de productivité réalisés suite à cette modification des rapports entre facteurs de production.

On doit aussi mentionner l’incapacité technique du système soviétique à s’adapter à l’évolution technologique : les plans ne permettaient de calculer des quantités de produits intermédiaires nécessaires à satisfaire une demande finale simplement estimée que si les coefficients d’échanges interindustriels restaient relativement stables, comme c’était le cas dans l’économie née de la révolution industrielle et aux débuts de la planification soviétique. Or avec les évolutions technologiques, ces coefficients d’échanges interindustriels variaient bien trop rapidement pour que les modèles de prévision à la base des plans quinquennaux puissent être adaptés suffisamment vite.

Il faut rajouter à cette difficulté de planification l’apparition de nouveaux médias de communication publique massive comme la presse, la radio et la télévision, même sévèrement contrôlés par l’état, et qui allaient changer très fortement les attentes des membres de la société en matière de consommation, rendant de fait l’estimation de la demande finale encore plus incertaine. Créant ainsi un appétit pour des biens jusqu’alors considérés comme les avatars du système capitaliste : l’automobile, le réfrigérateur, etc.

On peut noter que le phénomène « médias » n’a pas touché que les pays soviétiques, l’apparition de ces différents supports et leur pénétration envahissante dans la population en Occident a aussi joué un rôle sur les perturbations de l’économie de marché, les décisions des consommateurs étant de plus en plus influencées par des campagnes publicitaires et des effets de modes généralisés à des pays tout entiers ou à des comportements d’appartenance à des groupes sociaux-culturels (voir les travaux de Vance Packard « La persuasion clandestine », et aussi « Les Obsédés du standing » ou les travaux de Katz et Lazarfeld sur le rôle des « leaders d’opinion » rendus possibles par l’explosion de la disponibilité des médias). Ces phénomènes nouveaux éloignent encore plus l’hypothèse de rationalité économique des agents économiques, tant gestionnaires que consommateurs. N’oublions pas que la pénétration de la télévision dans les foyers américains puis dans ceux de l’OCDE a été encore plus rapide et a sans doute encore plus influencé les comportements sociaux que la pénétration d’internet.

Pour revenir à l’hypothèse sur la chute des économies régies par des systèmes soviétiques, une seconde cause est probablement l’absence de politiques sociales réellement modernes dans ces pays. Car il ne faut pas se leurrer, ce ne sont pas les campagnes de propagande politiques des dirigeants occidentaux tels que Margaret Thatcher ou Ronald Reagan, qui ont mis les populations des anciens pays de l’Est dans les rues… Mais c’est bien l’incapacité des dirigeants des pays de l’Est à assurer une redistribution équitable des richesses produites dans leurs pays respectifs, richesses dont les apparatchiks s’étaient emparés tout autant que le font encore les grands dirigeants privés ou publics dans les pays de l’OCDE, laissant les couches modestes de la population à un niveau de survivance que Marx avait appelé « niveau de maintien de la force de travail », dont il pensait que ce serait principalement le fait des industriels capitalistes. Notons qu’avec l’automatisation de plus en plus poussée des processus de production, les entrepreneurs n’ont même plus à se préoccuper du maintien de la force de travail par un salaire minimal de subsistance, le travail étant de plus en plus exécuté par des machines entièrement automatisées… 

Les dirigeants soviétiques et la nomenklatura n’ont pas fait autrement avec leurs villas de luxe au bord de la mer Noire et leurs limousines démesurées, leurs datchas dans la banlieue de Moscou et autres dépenses de luxe… Il faut se rappeler que Staline admirait le productivisme tayloriste ainsi que le fordisme. Fordisme dont les systèmes soviétiques n’ont pris que la version rationalisation des tâches industrielles et pas l’idée d’un accroissement des revenus du travail pour susciter un accroissement de la demande de biens de consommation.

Ce processus pourrait bien se reproduire dans les économies occidentales…

Soyons attentifs à ce que les mêmes causes ne provoquent les mêmes effets, cette fois dans les régimes capitalistes, désorganisés face aux changements technologiques et incapables d’assurer une répartition équitable des richesses créées, ce qui ne pourra à terme que susciter des désordres sociaux, désordres qui ne serviront ni les intérêts des salariés et des individus en situation de vulnérabilité sociale, ni les intérêts des entreprises. En effet, nos économies de marché sont incapables de gérer les changements technologiques trop rapides pour que le marché ait le temps de réagir ou que des réglementations étatiques puissent être conçues avant qu’une nouvelle évolution technologique ne vienne supplanter ou dépasser la précédente. Par ailleurs, il faut dire que ce ne sont pas les évolutions technologiques qui créent les révolutions mais bien la cupidité des dirigeants qui ne veulent pas partager les gains de productivité qu’elles ont permis. Quand je parle de gains de productivité et de création de richesse, fût-ce même au sens restrictif et abusif du PIB, on me pose souvent la question « Mais où sont passés ces gains de productivité du travail et les richesses qu’ils ont générés ? » A mon avis, ils ne sont pas tous allés vers la rente du capital comme voudraient le faire croire certaines analyses un peu trop simplistes.

En fait, dans une économie de marché dominée par le court terme, les dirigeants des entreprises ont préféré utiliser ces gains de productivité pour gagner un avantage compétitif par la baisse mutuellement suicidaire des prix, au lieu d’envisager d’autres moyens d’accroitre leur compétitivité, par exemple en utilisant les gains de productivité du travail pour réutiliser les forces ainsi libérées à une amélioration des produits et des services qui les accompagnent. Mais comme il s’agissait là de bénéfices à plus long terme, les financiers, souvent à la tête des entreprises, n’ont pas voulu de ce genre de solution, leur préférant des solutions à plus court terme et plus porteuses de bénéfices immédiats et moins risquées que des investissements dans des méthodes et des produits dont les bénéfices hypothétiques leur semblaient trop risqués…

Il est clair que dans la mesure où les financiers considèrent le plus souvent les salaires uniquement comme des coûts et non comme des investissements productifs, réduire la masse salariale est à leur sens une source immédiate de bénéfices, quand bien même les dirigeants des entreprises se verraient obligés d’utiliser les services d’entreprises de travail par intérim plus coûteux, mais pour les financiers, ce genre de dépense entre dans une autre ligne comptable que les salaires. Chassez la bureaucratie par la porte, elle revient par la fenêtre !

Les financiers ne voient pas non plus la différence entre les compétences intrinsèques de leurs propres salariés, connaissant parfaitement leur métier et sachant l’appliquer au produits de l’entreprise où ils travaillent et les compétences externalisées, forcément moins spécialisées et connaissant moins les produits et les méthodes de l’entreprise. Exemple, de décision comptable typiquement bureaucratique dans une même entreprise : un laboratoire L1 développe des produits de très haute technologie et manque de programmeurs, au vu des livres comptables, le laboratoire L2 dispose lui d’un excédent de programmeurs. Décision financière : transférons les programmeurs en excès dans le laboratoire L2 vers le laboratoire L1, où il en manque. Petit problème non perçu à travers les livres comptables, la technicité de la programmation dans le laboratoire L1 est hors de portée des compétences des programmeurs du laboratoire L2 qui travaillaient dans un domaine de programmation nettement moins technique que ceux du laboratoire L1, sans compter que les programmeurs en excès dans le laboratoire L2 et leurs familles n’avaient aucune motivation pour être délocalisés dans la région du laboratoire L1 où l’agrément de vie était au moins à leurs yeux bien moindre : climat plus continental, éloignement de l’océan, etc. Donc assez peu ont accepté l’offre qui leur était faite.

D’une certaine manière la vision financière et comptable n’est finalement pas tellement éloignée de la vision étatique fondée sur des plans bureaucratiques incapables de rester en contact avec la réalité du terrain. Il reste que tant dans les cas des régimes soviétiques que dans le cas de l’économie de marché, les gains de productivité horaires du travail n’ont pas été utilisés à une répartition plus équitable des richesses dégagées. Dans les pays régis par l’économie de marché, bien que l’accaparement des gains par des minorités influentes ait aussi existé, c’est probablement plus dans la guerre des prix suicidaire à laquelle se sont livrées les entreprises, y compris et sans doute surtout au niveau international, que dans la cupidité des plus riches qu’ont disparu les richesses créées par les gains de productivité occasionnés par les progrès technologiques. Guerre des prix qui a entrainé des baisses de revenus et des mises au chômage et encore moins de demande d’où d’autres baisses de revenus entrainant encore plus de mises au chômage car les prix devaient baisser davantage. Remarquons que nous-mêmes en tant que consommateurs sommes tombés dans le panneau en cherchant les prix les plus bas et en jouant ainsi le jeu de la concurrence suicidaire des entreprises… Le résultat risque bien d’être un accroissement de l’insatisfaction des populations qui, espérons-le, n’aboutira pas à des révoltes dont ni les dirigeants ni les membres de base de la société n’auraient rien à gagner.

 

Source : Blog de Paul Jorion (http://www.pauljorion.com/blog/?p=18053)

Par ERASME - Publié dans : Les grands enseignements de l'Histoire
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 18:03
LE FIGARO. - Quel bilan tirez-vous du RSA deux ans après ?

Martin HIRSCH. - Je souhaite à toutes les réformes d'avoir été autant préparée et d'être aussi bien évaluée. Le bilan que fait le comité d'évaluation du RSA est clair: il démontre l'absence d'effets pervers et des effets positifs, certes encore insuffisants et trop partiels, sur la pauvreté et le retour à l'emploi. Toutes les critiques qui ont été faites au moment de la conception du RSA s'effondrent.

Le comité démontre ainsi que le taux d'emploi ne chute pas entre 24 et 26 ans alors que beaucoup prétendaient que les jeunes pouvant bénéficier à 25 ans du RMI hier et du RSA maintenant préféreraient toucher l'allocation plutôt que de travailler. Il n'y a donc pas d'épidémie d'assistanat. Le comité n'a pas non plus relevé d'effets d'aubaine sur la multiplication des temps partiels dans les entreprises ni sur une baisse des salaires. Le RSA ne crée pas de précarité. Il l'atténue si elle existe.

Le Comité souligne un fort taux de non-recours pour le RSA activité. Comment l'expliquer ?

Le rapport ne met pas en cause les formalités d'accès mais considère que c'est parce que la transformation n'a pas été complète par rapport à l'empilement précédent. Cela fait regretter qu'on ait rogné les ailes au départ en refusant de fusionner le RSA avec la prime pour l'emploi (PPE) et que, sans coût supplémentaire, on ait une incitation plus élevée. Selon le rapport, si le RSA avait été conforme à son dessein initial, l'impact sur la pauvreté aurait pu être trois fois plus fort.

Que faudrait-il faire selon vous ?

Tout d'abord, des campagnes d'informations pour réduire le non-recours. Ensuite, faire un «RSA 2» plus simple, plus solide et plus incitatif par la fusion avec la PPE, et un nouveau contrat avec les départements qui, révèle le Comité, ont réduit leurs dépenses d'accompagnement par rapport à ce qu'ils faisaient pour le RMI. Les bénéficiaires ont été pris en tenaille par un Pôle emploi débordé par la crise et qui n'avait pas reçu de consigne politique claire et des départements qui ont profiter de l'inscription obligatoire à Pôle emploi pour moins s'engager.

Êtes-vous confiant sur l'avenir ?

Tout le monde sait ce qu'il faut faire. Il ne faut pas réinventer la poudre mais juste appliquer ce qui avait été proposé, consensuellement, au départ. Avec une situation politique paradoxale. La gauche soutient désormais le RSA mais ne s'est pas encore positionnée sur ses évolutions. Elle n'a ainsi pas d'avis arrêté sur la fusion RSA-PPE. Quant à la droite, elle a laissé une partie de ses troupes taper sur le RSA mais préconise de mettre en œuvre cette fusion à laquelle elle avait renoncé en 2008.

 

Martin Hirsch, aujourd'hui directeur de l'agence du service civique, a créé le RSA il y a deux ans.

 

LIRE AUSSI: 

» RSA: 10.000 contrats «Daubresse» expérimentés 

» RSA: un rapport propose 7h de travail obligatoire par semaine 

» Prime pour l'emploi: Bachelot veut une fusion avec le RSA

 

ainsi que : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/15/un-rapport-parlementaire-tres-severe-sur-la-politique-francaise-de-l-emploi_1619312_823448.html#ens_id=1619342



 

Par ERASME - Publié dans : Regards multiples sur l'état de la France
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 17:55

Le revenu moyen au Royaume-Uni devrait baisser de 7 % entre 2009 et 2012, une chute sans équivalent depuis trente-cinq ans qui fera entrer 600 000 enfants supplémentaires dans la pauvreté, affirme une étude publiée mardi 11 octobre à Londres.

Selon les projections de l'Institute for Fiscal Studies (IFS), un organisme de recherche indépendant aux travaux respectés, le Royaume-Uni comptera au total 3,1 millions d'enfants vivant dans la pauvreté fin 2013, c'est-à-dire dans des foyers disposant d'un revenu égal ou inférieur à 60 % du revenu national moyen. Le niveau record de l'inflation, de près de 5 %, couplé au plan de rigueur, qui se traduit notamment par une limitation des allocations sociales, explique en grande partie le phénomène, note l'IFS.

"Les pauvres encore plus pauvres"

Selon l'institut, l'objectif fixé par les travaillistes au pouvoir entre 1997 et 2010 de ramener à 5 % en 2020 le taux des enfants vivant sous le seuil de pauvreté ne pourra pas être tenu, l'IFS le prévoyant à 23 % à cette date si les politiques actuelles sont maintenues.

Dans une première réaction, un porte-parole du gouvernement conservateur a reproché à l'étude de ne pas prendre en compte d'autres réformes engagées afin d'encourager "le retour au travail de familles vivant actuellement des allocations" et qui devraient selon lui faire baisser le niveau global de pauvreté. Alison Graham, responsable d'une ONG luttant contre la pauvreté des enfants, a qualifié le rapport de "dévastateur" pour le gouvernement en montrant que sa politique "va rendre les pauvres encore plus pauvres".

 

Source : LeMonde.fr avec AFP

 

Voir également :  Où en est la fameuse 'troisième voie' ?



 

Par ERASME - Publié dans : UE, emploi, lutte contre pauvreté et exclusion
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