Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 17:41

La probabilité pour une personne en recherche d'emploi en Europe de trouver un contrat à durée indéterminée (CDI) a chuté de 7,7 % en dix ans. Ce sont les conclusions d'une étude menée par l'institut allemand IAB dans dix pays européens.

L'institut, qui dépend de l'Agence fédérale pour l'emploi, a comparé les données recueillies en 2007-2008 avec les statistiques datant de 1997-1998 dans les pays suivants : Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie, Espagne, Pologne, République tchèque, Hongrie et Grande-Bretagne.

DÉTÉRIORIATION DE LA QUALITÉ DE L'EMPLOI

" La qualité de l'emploi s'est détériorée ", selon cette étude, qui relève qu'en Italie, Hongrie, République tchèque et Pologne, la probabilité de devoir se contenter d'un emploi précaire pour les personnes cherchant du travail a augmenté " plus que la moyenne ".

Le nombre de personnes trouvant un CDI au sortir d'une période de chômage ou d'inactivité a par exemple diminué de 14 % en dix ans en Italie, de 15 % en Hongrie et de 27 % en République tchèque. En Allemagne, les chances de signer un CDI pour un chômeur ou un inactif ont, elles, baissé de 7 %.

L'institut IAB dit avoir constaté " une forte segmentation " du marché du travail dans les pays étudiés, avec d'un côté les personnes en contrat à durée indéterminée, relativement protégées, et de l'autre les emplois précaires, qui sont les premiers à faire les frais des crises économiques.

Les auteurs de l'étude jugent qu'il faudra à l'avenir que les gouvernements " mettent davantage en avant la question de la qualité de l'emploi ", au lieu de se focaliser sur la seule quantité (de chômeurs ou d'actifs).

TENDANCE INVERSE EN FRANCE, ESPAGNE, GRANDE-BRETAGNE

Il existe toutefois des exceptions : ainsi au Danemark et en Grande-Bretagne les chances de trouver un contrat à durée indéterminée ont au contraire augmenté, respectivement de 13 % et 10 %, car les entreprises sont moins réticentes qu'ailleurs à proposer des CDI, en raison de procédures de licenciement plus souples. Même phénomène en Espagne (+ 6 %), ce que les auteurs de l'étude expliquent toutefois par une situation de départ marquée par un très grand nombre d'emplois précaires.

En France également le nombre de personnes signant un CDI a augmenté, mais plus légèrement, de 2 % en dix ans.

(NDLR Regards-citoyens.com : celà tient notamment à la mise en oeuvre de la loi Sapin ainsi que de la directive européenne de 1999 appelant à "CDIser" les contrats des agents non titulaires de la fonction publique ayant obtenu 2 contrats CDD de 3 ans)


 

Par ERASME - Publié dans : UE, emploi, lutte contre pauvreté et exclusion
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 17:14

Pour Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, la position de renégociation de l'hypothétique futur traité est une position extrêmement réaliste.

 

Voir son intervention à cet égard : http://francoishollande.fr/actualites/la-position-de-renegociation-est-une-position-extremement-realiste/ 


 



 


Par ERASME - Publié dans : La France en mouvement et en débat
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 17:06

A peine une semaine après le conseil européen des 8 et 9 décembre, les marchés ont un nouvel accès d'angoisse. Pour la première fois depuis le 11 janvier, l'euro est tombé, mercredi 14 décembre, sous les 1,30 dollar, à 1,2983 dollar. " Dans ce marché de fin d'année, avec des volumes en baisse, il semble qu'il y ait une défiance de plus en plus élevée vis-à-vis de tous les actifs libellés en euros ", note René Defossez, stratège chez Natixis.

Mercredi toujours, les Bourses ont plongé (- 3,33 % à Paris), les taux versés par l'Italie pour emprunter se sont encore tendus, les différences de rendements (spread) entre les obligations des Etats membres se sont un peu creusées alors qu'elles étaient restées stables depuis le sommet... " La baisse de l'euro est le seul point positif depuis une semaine, une bouffée d'air pour l'activité économique, note Michel Juvet, directeur chez la banque suisse Bordier. Pour le reste, la rupture avec les politiques a été tellement entamée que les marchés ne croient plus guère à leurs paroles. "

INCERTITUDES

Et à ce problème de crédibilité s'ajoutent des interrogations sur le contenu même de l'accord, censé renforcer la discipline budgétaire à l'intérieur de la zone euro et améliorer les pare-feu à la crise. Olivier Blanchard, le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué, mercredi lors d'une conférence à New York, que celui-ci restait "insuffisant" pour éteindre la crise, même si des progrès ont été réalisés.

" Les marchés attendaient deux choses : un renforcement des fonds de secours et un achat massif de dette publique par la Banque centrale européenne (BCE), note-t-on à Bruxelles. Or, la BCE n'agit pas de façon décisive, et les progrès se font au compte-gouttes sur les pare-feu censés enrayer la contagion. "

Les discussions achoppent encore sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), et sur les moyens de son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES), même s'il a été convenu que ce dernier serait opérationnel d'ici à juillet 2012. L'Allemagne refuse, entre autres, d'additionner les forces de frappe des deux instruments et s'en tient au compromis initial : les sommes engagées par le FESF (près de 200 milliards pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal) doivent être déduites de l'enveloppe mobilisable par le MES (500 milliards d'euros au maximum).

Autre source d'inquiétude, la restructuration de la dette grecque en cours de négociation avec les banques prend du retard. Or, elle conditionne la mise en oeuvre du second plan d'aide à Athènes...

Pour ne rien arranger, l'incertitude persiste au sujet du traité intergouvernemental promis par les dix-sept pays de la zone euro ainsi que par la quasi-totalité des pays hors de l'union monétaire, à l'exception du Royaume-Uni. Les directeurs du Trésor des Dix-Sept ont fait, mercredi, un premier tour de piste et les négociations s'accéléreront la semaine prochaine.

Les avis divergent en particulier sur le champ d'application du futur traité, ou sur son caractère contraignant pour les pays candidats à l'euro qui le signeraient. Avant de lever ses réserves et de confirmer, ou pas, sa participation, la République Tchèque a indiqué qu'elle jugerait sur pièce.

Les marchés s'inquiètent de surcroît des difficultés que le nouveau traité pourrait rencontrer en phase de ratification, après sa signature au mieux en mars 2012. Sous pression de l'opposition, le premier ministre irlandais, Enda Kenny, n'a pas exclu un référendum dans son pays, tout en précisant que la décision serait prise après consultation des gardiens de la Constitution. Les Pays-Bas, la Suède et le Danemark pourraient aussi connaître quelques difficultés pour ratifier le nouveau traité, en raison de problèmes de coalition. Pour contourner l'obstacle, il est imaginé d'introduire une clause qui permette au futur accord d'entrer en vigueur sans attendre d'être ratifié partout.

Et, à ces inquiétudes, s'ajoutent la menace d'une dégradation imminente de la note de certains pays de la zone euro par l'agence Standard & Poor's, à commencer par le triple A de la France...

Autant de tensions qui ramènent l'Italie dans le collimateur. La péninsule a dû verser, mercredi, des taux d'intérêts records pour emprunter à cinq ans. Et sur le marché obligataire secondaire (celui de la revente), les rendements des emprunts italiens à dix ans grimpent jour après jour : ils atteignaient 6,75 % jeudi matin, plus très loin des 7,244 % du 25 novembre... Or l'Italie est le pays de la zone euro qui devra le plus emprunter sur les marchés en 2012. Rien qu'entre février et avril, quelque 91 milliards d'euros d'obligations italiennes arriveront à échéance, des emprunts qu'il faudra refinancer...

 

Voir également :

 * Le six-pack, paquet de six mesures législatives visant à renforcer la gouvernance économique, est entré en vigueur (Europaforum.lu)

 * Un accord utile mais qui ne peut être considéré comme l'alpha et l'omega !

 * Prochain sommet européen entre fin janvier et début février 2012




Par Jean Poche - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 16:07

Le 13 décembre 2011, le paquet sur la gouvernance économique, le fameux six-pack, est entré en vigueur. " Ce paquet va radicalement changer la surveillance économique et budgétaire dans les 27 Etats membres ", a rappelé le commissaire Olli Rehn à la veille de l’entrée en vigueur de ces textes qu’il entend mettre en œuvre au plus vite. Les cinq règlements et la directive qui constituent ce paquet législatif représentent à ses yeux " le renforcement de la gouvernance économique de l’UE le plus complet depuis le lancement de l’Union économique et monétaire ".

La Commission avait présenté ses propositions sur ce paquet de six textes législatifs le 29 septembre 2010, une proposition qui s’inscrivait dans la droite ligne des réflexions menées au plus haut niveau pour tenter de répondre aux défis posés par la crise en termes de gouvernance économique. Les négociations qui ont suivi ont été âpres et ont abouti à un accord entre Parlement européen et Conseil près d’un an après la proposition initiale, le 14 septembre 2011. Les textes résultant de ce compromis ont été votés fin septembre au Parlement européen, tandis que le Conseil Ecofin a donné son accord formel sur ce texte le 4 octobre dernier.

Le six-pack à peine adopté sera encore renforcé, comme en témoignent l’accord sur un pacte budgétaire du 9 décembre 2011 ou encore les propositions faites par la Commission européenne le 23 novembre 2011.

Europaforum.lu retrace dans ce dossier les principales étapes qui ont permis d’aboutir à ce texte, et suivra de près sa mise en œuvre, qui ne sera pas sans conséquence au Luxembourg. Un dossier intimement lié à celui sur le semestre européen, dont le deuxième exercice vient d’être lancé, en vue du premier semestre 2012, avec la publication de l’examen annuel de croissance.

La procédure de déficit excessif pourra conduire à des sanctions financières décidées à la majorité qualifiée inversée

Parmi les grands changements introduits par ce paquet sur la gouvernance, on peut relever que les Etats membres qui sont en procédure de déficit excessif vont devoir se conformer aux recommandations spécifiques que leur adressera le Conseil en vue de corriger leur déficit excessif. S’ils ne le font pas, les pays de la zone euro risquent des sanctions financières.

Le paquet introduit ainsi une approche graduelle en trois étapes en termes de sanctions, commençant par un dépôt portant intérêt de 0,2 % du PIB dans la phase préventive, suivi d’un dépôt sans intérêt et enfin, dans la phase corrective, arrivant à une amende.

Dans le cas d’un Etat membre de la zone euro, le Conseil décidera d’une sanction financière sur la base d’une recommandation de la Commission à moins qu’une majorité qualifiée d’Etats membres se prononcent contre, ce qu’on appelle la majorité qualifiée inversée.

A la date de l’entrée en vigueur du paquet législatif, 23 des 27 Etats membres de l’UE étaient concernés par une procédure de déficit excessif, le Luxembourg comptant, avec l’Estonie, la Finlande et la Suède, parmi les quatre exceptions.

La dette publique peut désormais faire l’objet d’une procédure de déficit excessif

Les nouvelles règles du pacte de stabilité rendent par ailleurs le critère de la dette publique "absolument opérationnel", bien qu’il ait été négligé ces dernières années. Le seuil à ne pas dépasser a été défini : si la dette publique d’un Etat dépasse 60 % de son PIB, il sera soumis à la procédure de déficit excessif, même si son déficit est en dessous des 3 %, en tenant compte tous les facteurs pertinents et l’impact du cycle économique dans le cas où le fossé entre son niveau de dette et le seuil de 60 % n’est pas réduit de 1/20 chaque année (en moyenne sur trois ans).

Dans la mesure où la plupart des Etats membres sont déjà en procédure de déficit excessif et doivent donc se conformer à des procédures d’assainissement budgétaire, une période de transition est prévue dans les textes adoptés afin de laisser aux Etats membres en procédure de déficit excessif trois ans pour respecter la règle concernant la dette à partir du moment où ils auront corrigé leur déficit excessif. La règle de la dette ne s’en applique pas moins dans cette période de transition, les Etats membres devant faire des efforts pour s’y conformer : une évaluation négative des progrès réalisés pour s’y conformer pourrait conduire, y compris pendant la période de transition, à l’ouverture d’une procédure de déficit excessif.

Le volet préventif du pacte est renforcé et prévoit des limites à la croissance annuelle des dépenses publiques, ainsi que des sanctions en cas de déviation majeure dans l’exécution budgétaire

Le volet préventif du pacte fixe pour les Etats membres des objectifs budgétaires spécifiques à moyen terme (OMT) visant à assurer la soutenabilité des finances publiques. Les nouvelles règles définissent une nouvelle référence en termes de dépenses publiques afin d’aider à évaluer les progrès réalisés en vue d’atteindre ces OMT. Cette référence fixe un plafond à la croissance annuelle des dépenses publiques en fonction du taux de croissance à moyen-terme. Pour les Etats membres qui n’ont pas atteint leur OMT, le taux de croissance des dépenses doit être inférieur au taux de référence afin d’assurer des progrès adaptés.

Ce nouvel instrument est censé améliorer la planification budgétaire et les résultats des Etats membres en assurant que les projets de dépenses soient adéquatement pourvus par des recettes permanentes équivalentes. Toutefois, il ne contraint en aucun cas le niveau de dépense publique tant qu’il est financé de façon efficace.

Le volet préventif du pacte fournit aux pays qui ne font pas l’objet d’une procédure de déficit excessif, parmi lesquels donc le Luxembourg, la principale orientation en matière de planification et d’exécution budgétaire.

La mise en œuvre effective des règles étant tout aussi importante que les règles elles-mêmes, le paquet sur la gouvernance permet d’agir de façon plus forte en cas de déviation majeure dans l’exécution budgétaire d’un Etat membre. Ces déviations ont été chiffrées et peuvent conduire à une sanction financière correspondant à un dépôt portant intérêt de 0,2 % du PIB en cas de non-correction continue. Une telle sanction est proposée par la Commission et adoptée à la majorité qualifiée inversée au Conseil.

De plus, si un projet de budget n’est pas conforme avec les règles du volet préventif, un Etat membre peut se voir demander de présenter un nouveau projet. Les Etats membres qui ne sont pas en procédure de déficit excessif vont devoir être en conformité avec les conditions fixées par le volet préventif du pacte dans les programmes de stabilité et de convergence qu’ils vont soumettre à la Commission au printemps 2012 dans le cadre du semestre européen. Ce sera donc le cas du Luxembourg.

L’introduction d’une procédure de déséquilibres excessifs

Autre modification radicale apportée par ce paquet législatif, l’introduction d’une nouvelle procédure de déséquilibres excessifs qui vise à éviter des divergences dommageables en termes de compétitivité, de déficit extérieur courant, des bulles d’actifs ou d’autres déséquilibres macro-économiques.

L’objectif de ce nouveau mécanisme de surveillance et de correction est d’identifier et de corriger les problèmes plus tôt qu’auparavant grâce à cette nouvelle procédure qui est basée sur l’article 121.6 du traité.

La nouvelle procédure permet à la Commission et au Conseil d’adopter des recommandations préventives sur la base de l’article 121.2 du traité à un stade précoce, avant que les déséquilibres ne deviennent importants. Dans les cas les plus graves, le volet correctif permet d’ouvrir une procédure de déséquilibre excessif dans laquelle l’État membre concerné doit soumettre un plan d’action correctif assorti d’un calendrier clair et de dates butoir pour mettre en œuvre des actions. La surveillance sera assurée par la Commission sur la base de rapports d’avancement réguliers soumis par les États membres.

Pour les États membres de la zone euro, un nouveau régime de mise en œuvre est établi qui prévoit une approche en deux étapes. Un dépôt portant intérêt peut être imposé après un manquement dans l’obligation de se conformer aux actions correctives recommandées. En cas d’un deuxième manquement, le dépôt portant intérêt peut-être transformé en amende pouvant aller jusqu’à 0,1 % du PIB. Des sanctions peuvent aussi être imposées si un plan d’action correctif suffisant n’a pas été soumis à deux reprises. Pour ces sanctions, la majorité qualifiée inversée est aussi requise.

Un système d’alerte rapide est établi sur la base d’une lecture économique d’un tableau de bord constitué de 10 indicateurs couvrant les principales sources de déséquilibres économiques. Ces indicateurs pourront évoluer avec le temps. L’objectif de ce tableau de bord est de déclencher des études approfondies pour déterminer si les déséquilibres potentiels identifiés dans le système d’alerte rapide sont bénins ou problématiques. La Commission pourra organiser des missions, avec la BCE si nécessaire, pour mener ces études approfondies qui seront rendues publiques. La première étape de cette nouvelle procédure est annoncée pour le mois de janvier 2012.

Le tableau de bord prendra en compte :

  •  * l’évolution sur les trois dernières années de la moyenne de la balance des opérations courantes par rapport au PIB, la valeur de référence se situant entre + 6 et – 4 % du PIB
  •  * le solde net d’investissements internationaux par rapport au PIB, qui devrait se trouver au-dessus de -35 % du PIB
  •  * la variation sur cinq ans des parts de marché des exportations mesurées en valeurs, avec un seuil fixé à - 6 %
  • la variation sur trois ans des coûts salariaux unitaires nominaux, avec un seuil fixé à + 9 % pour la zone euro et + 12 % pour le reste de l’UE
  •  * la variation sur trois ans des taux d’échange effectifs réels basés sur les déflateurs ICPH/ICP relatifs à 35 autres pays industriels, avec des seuils variant entre -/+ 5 % pour la zone euro et -/+ 11 % pour le reste le l’UE
  •  * la dette du secteur privé, dont le seuil est établi à 160 % du PIB
  •  * le flux de crédit du secteur privé, dont le seuil est fixé à 15 % du PIB
  •  * l’évolution annuelle des prix des logements par rapport au déflateur de la consommation d’Eurostat, avec un seuil de 6 %
  •  * la dette des administrations publiques, avec un seuil de 60 % du PIB
  •  * l’évolution sur les trois dernières années du taux de chômage moyen, avec un seuil de 10 %


Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, enjeux économiques, financiers et monétaires
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 15:33

Introduction

Le traité de Lisbonne clarifie la répartition des compétences entre l’Union européenne (UE) et les États membres. Ainsi, il introduit pour la première fois dans les traités fondateurs une classification précise en distinguant trois compétences principales: les compétences exclusives, les compétences partagées et les compétences d’appui.

Cet effort de clarification n’entraine pas de transfert de compétence notable. Cette réforme est cependant importante et nécessaire au bon fonctionnement de l’UE. Plusieurs conflits de compétences sont apparus par le passé entre l’UE et les États membres. Désormais, les frontières entre les compétences de chacun sont clairement déterminées. Cette transparence facilite, de plus, l’application des principes fondamentaux relatifs au contrôle et à l’exercice de ces compétences.

Suppression des piliers de l'UE

L’un des changements les plus notables résultant du traité de Lisbonne concerne la suppression de la structure en trois piliers de l’UE. Pour rappel, ces piliers étaient :

  •  * la Communauté européenne;
  •  * la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) ;
  •  * la coopération policière et judiciaire en matière pénale.

Au sein de cette structure, plusieurs types de compétence se superposaient. Les actes adoptés dans le cadre du premier pilier l’étaient conformément aux procédures législatives de l’UE. Par opposition, les deux autres piliers reposaient sur une coopération intergouvernementale entre États membres.

Le traité de Lisbonne met fin à cette architecture complexe. La Communauté européenne disparaît. Elle est remplacée par l’UE qui se voit dotée de procédures législatives lui permettant d’exercer pleinement les compétences qui lui sont attribuées. Par ailleurs, l’UE acquiert également la personnalité juridique jusqu’alors réservée à l’ancienne Communauté. Elle peut donc, désormais, conclure des traités dans les domaines relevant de sa compétence.

Les trois grands types de compétence

Le traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) distingue trois types de compétence et dresse pour chacun une liste, non exhaustive, des domaines concernés:

  •  * les compétences exclusives (article 3 du TFUE): l’UE est la seule à pouvoir légiférer et adopter des actes contraignants dans ces domaines. Le rôle des États membres se limite donc seulement à appliquer ces actes, sauf si l’Union les autorise à adopter eux-mêmes certains actes;
  •  * les compétences partagées (article 4 du TFUE): l’UE et les États membres sont habilités à adopter des actes contraignants dans ces domaines. Cependant, les États membres ne peuvent exercer leur compétence que dans la mesure où l’UE n’a pas ou a décidé de ne pas exercer la sienne;
  •  * les compétences d’appui (article 6 du TFUE): l’UE ne peut intervenir que pour soutenir, coordonner ou compléter l’action des États membres. Elle ne dispose donc pas de pouvoir législatif dans ces domaines et ne peut pas interférer dans l’exercice de ces compétences réservées aux États membres.

Compétences particulières 

L’UE dispose de compétences particulières pour certains domaines:

  •  * la coordination des politiques économiques et de l’emploi (article 5 du TFUE) : l’UE dispose d’une compétence afin d’assurer les modalités de cette coordination. Elle doit ainsi définir des grandes orientations et des lignes directrices à destination des États membres ;
  •  * la PESC (article 24 du traité sur l’UE) : l’UE dispose d’une compétence pour tous les domaines liés à la PESC. Elle définit et met en œuvre cette politique par l’intermédiaire, entre autres, du président du Conseil européen et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, dont les rôles et les statuts ont été reconnus par le traité de Lisbonne. Cependant, en aucun cas, l’UE ne peut adopter d’actes législatifs dans ce domaine. Par ailleurs, la Cour de justice de l’UE n’a pas de compétence pour statuer dans ce domaine ;
  •  * la «clause de flexibilité» (article 352 du TFUE) : cette clause permet à l’UE d’agir au-delà du pouvoir d’action qui lui est attribué par les traités si l’objectif à atteindre le nécessite. Cette clause est cependant encadrée par une procédure stricte et par certaines restrictions quant à son application.

L’exercice des compétences 

L’exercice des compétences de l’Union est soumis à trois principes fondamentaux figurant à l’article 5 du traité sur l’UE. La délimitation des compétences de l’UE facilite grandement la bonne application de ces principes:

  •  * le principe d’attribution : l’Union ne dispose que des compétences qui lui sont attribuées par les traités ;
  •  * le principe de proportionnalité : l’exercice des compétences de l’UE ne peut aller au-delà de ce qui est nécessaire afin de réaliser les objectifs des traités ;
  •  * le principe de subsidiarité : pour les compétences partagées, l’UE ne peut intervenir que si elle est en mesure d’agir plus efficacement que les États membres.

Transferts de compétences

 L’actuelle répartition des compétences entre l’UE et les États membres n’est pas figée. Cependant, la réduction ou l’extension des compétences de l’UE est un sujet délicat qui requiert l’accord de tous les États membres et qui nécessite une révision des traités.

 

Source : http://europa.eu/legislation_summaries/institutional_affairs/treaties/lisbon_treaty/ai0020_fr.htm

 

Outre cet article introductif, Regards-citoyens consacre plusieurs articles à ce sujet qui détaillent les dispositions de cette nature qui figurent : dans le traité sur l'Union européenne, dans le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, dans les protocoles ainsi que dans les déclarations qui y sont associés.
Il s'agit (notamment) des articles suivants :
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (2)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-a)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-b)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (3-c)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (4)
 * Categories et domaines de compétences de l’Union tels que définis dans le Traité de Lisbonne (5)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (1)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (2-A)

 * L'Union doit faire face aux nouveaux défis de sa gouvernance (2-B)

 * Traité de Lisbonne : les clauses "passerelles"

 * Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité

 * Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité

 * La sécurité juridique : un principe démocratique au service des citoyens ! Plaidoyer en faveur de sa bonne application lors de la mise en oeuvre du traité de Lisbonne ! - nouvelle édition -

 * Traité de Lisbonne : Les possibilités de révision et d’adaptation des traités

 * Vers une ratification majoritaire des traités de révision ?

 

 

 

 

 

 

 

Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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