Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:50

C’est précisé en toutes lettres dans la déclaration publiée durant le Sommet de l’OTAN à Chicago. L’Alliance atlantique reste « une alliance nucléaire aussi longtemps qu’existeront des armes nucléaires ». « Les armes nucléaires sont une composante essentielle des capacités globales de dissuasion et de défense de l’OTAN, aux côtés des forces conventionnelles et des forces de défense antimissile ». Les conditions dans lesquelles un recours à l’arme nucléaire « pourrait être envisagé sont extrêmement improbables » poursuit ce texte. Mais « aussi longtemps qu’il y aura des armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire ».

La contribution franco-britannique reconnue

Et d’ajouter : « La garantie suprême de la sécurité des Alliés est apportée par les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance, en particulier celles des États-Unis ; les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France, qui ont un rôle de dissuasion propre, contribuent à la dissuasion globale et à la sécurité des Alliés ». Un classique mais qui pour ces deux pays était une condition sine qua none à l’acceptation du bouclier anti-missiles. Et il est précisé que « les Alliés concernés (ceux faisant partie du groupe des Plans nucléaires) feront en sorte que tous les éléments composant la dissuasion nucléaire de l’OTAN restent sûrs, sécurisés et efficaces ».

L’engagement de non prolifération

Ces Etats ont garanti « le non-recours ou la non‑menace de recours à l’arme nucléaire contre des États non dotés d’armes nucléaires qui sont parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et qui se conforment à leurs obligations de non-prolifération nucléaire ». Une garantie destinée à rassurer les Etats qui sont sinon opposés, du moins fortement réticents, à l’arme nucléaire (en partie à cause d’une opinion publique hostile).

Seule évolution : les comités de l’alliance vont « mener une réflexion sur la manière d’assurer une participation aussi large que possible des Alliés concernés (faisant partie du groupe des Plans nucléaires donc France exclue "officiellement"... voir à cet égard Ma propre lecture de quelques enjeux clé de la réforme en cours de l'Alliance atlantique (nouvelle édition) ) à leurs arrangements pour le partage du nucléaire, notamment au cas où l’OTAN devrait décider de réduire sa dépendance à l’égard des armes nucléaires non stratégiques stationnées en Europe ».

 

Voir le texte de la déclaration : DeclDissuasDéfensChicago@OTAN120520 DeclDissuasDéfensChicago@OTAN120520

 

Voir cet article sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/marches-de-defense/armes-marches-de-defense/lalliance-atlantique-reste-une-alliance-nucleaire.html

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Le partenariat transatlantique dans tous ses états
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:40

I should like to thank Secretary-General Rasmussen for the invitation to this Summit and congratulate President Obama on its successful hosting. A strong transatlantic relationship, based on common values, remains of fundamental importance to Europe.

Mr. Secretary-General, distinguished Colleagues,

Today’s meeting will provide an opportunity for the EU to demonstrate how we can contribute to regional and global security, in close cooperation with our partners.

Our most important contribution to European security may have happened through EU enlargement, through uniting our continent. This process continues. The EU plays a major stabilising role in the Western Balkans, which is moving towards the EU.

Internationally, Europeans are increasingly speaking and acting in a united manner on key security challenges, such as proliferation, terrorism, cyber security and piracy, or regional issues such as Iran, Syria and North Korea.

The EU’s strength lies in a comprehensive approach to security, drawing on a broad palette of tools. A good example is the Horn of Africa, where EU civilian and military crisis management operations are accompanied by political, diplomatic, development and humanitarian action.

Afghanistan is another example of such a comprehensive approach: the EU is making a strong contribution to Afghan security as well as sustainable economic development. This week, the EU reaffirmed its long-term commitment to support Afghanistan during transition and the decade of transformation. In the security sector, our focus will remain on strengthening civilian policing.

Altogether 24 crisis management operations have been launched under the EU’s Common Security and Defence Policy over the past eight years. To further contribute to security in our neighbourhood and globally, we need to enhance our ability to act.

At times of financial constraints and the changing geo-strategic environment, the challenge for Europe is to do better with less. There is an urgent need for Europeans to do more together, to allow Member States to acquire capabilities that they cannot reach individually and avoid costly duplication of investments. Europe still spends 200 billion Euros annually on defence. This is a significant amount, but it has to be spent more effectively and produce better output.

The EU's initiative on Pooling and Sharing provides a common response to European capability shortfalls. I am happy that EU Member States’ efforts on Pooling and Sharing and the efforts of the European Defence Agency are yielding results. Cooperative projects have been agreed to in key areas, which are also of NATO's interest. There is Air-to-Air Refuelling, but also Medical Support, Maritime Surveillance, and Training.

These are promising steps, but they are only a beginning. There is a need for political leadership in all countries to achieve a longer-term policy, which is more sustainable and structured. Firstly, we should explore how Pooling and Sharing could be embedded more systematically in national defence planning. Secondly, we need to strengthen the European Defence Technological and Industrial Base, which is critical to developing Europe's future capabilities. Innovation is key to the future, as NATO has also recognised in its Smart Defence concept.

Mr. Secretary-General,

The EU highly values the Strategic Partnership with NATO. We are moving ahead in a pragmatic way, step-by-step, to strengthen EU-NATO cooperation.

I would like to briefly highlight positive developments in three areas:

Firstly, we have reinforced political dialogue with the NATO Secretary-General and Allies. Further formal and informal meetings should provide us a channel to discuss Bosnia, Kosovo and Libya or topics such as cyber security.

Secondly, the EU and NATO continue to operate side-by-side in crisis management, in the Balkans, Afghanistan and against piracy off the coast of Somalia. Libya taught us a lesson about the necessity to cooperate. There is already closer liaison between our staffs; we need to continue along this path.

Thirdly, the EU and NATO have effective and productive cooperation in the area of development of military capabilities, which must continue to ensure that our initiatives are complementary and mutually reinforcing.

To conclude, Mr. Secretary-General, I would like to appeal to all parties to support strengthening the EU-NATO Strategic Partnership. A strong Europe is in the interest of the Atlantic Alliance. The EU is committed to continuing close cooperation with NATO beyond Chicago and ensure efficient results for the benefit of international security.


Par ERASME - Publié dans : UE, diplomatie, partenariats et défis globaux
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:34

La position française sur le bouclier anti-missiles, mis en place par l’OTAN (à la demande des Américains), a évolué au fil du temps. De très réticente, au début du projet, cette position est devenue moins hostile au fil des années, estimant que défense anti-missiles était complémentaire de la dissuasion nucléaire. Mais il y encore des résistances, des réticences qui ne s’expriment pas qu’à gauche. Avant de céder ses fonctions, Gérard Longuet, le ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy avait ainsi souligné – devant quelques journalistes – que tout ne pourrait pas être réglé à Chicago. « Il y a toute une série de questions qui ne pourront pas être réglées à Chicago, en l’état de l’art, de la technologie, et des finances. » A commencer par celle des déchets. « Que se passe-t-il avec les débris et déchets d’un missile intercontinental détruit sur le territoire européen pour protéger le territoire américain » ? De façon plus générale, il avait aussi exprimé certaines réticences sur ce bouclier anti-missiles, « ce mythe de la protection absolue » qui existait déjà « avec la guerre des étoiles » et existe toujours. La « défense de théâtres d’opération contre des missiles à courte portée est en partie plausible tandis que la défense de territoires contre des missiles à longue portée reste hautement problématique ». Et de conclure par un plaidoyer en faveur de la dissuasion nucléaire : « le rapport coût rendement justifie pleinement le choix français de la dissuasion. Ce qui évite de le faire payer à un prix trop élevé. »

Les 4 conditions posées par la France

François Hollande, comme auparavant son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont repris à Chicago, à leur compte certaines des préventions françaises. Le Président de la République a ainsi résumé, dimanche 20 mai en fin d’après midi (heure de Chicago), les quatre conditions posées par la France : 1° La défense anti-missiles « ne peut pas être un substitut à la dissuasion nucléaire mais un complément » (NB : une tradition française qui figure dans la déclaration adoptée) ; 2° il doit y avoir un « contrôle politique de son utilisation. Nous aurons y à travailler » (NB : il s’agit essentiellement des règles d’engagement qui ont été approuvées pour la capacité intérimaire avant la réunion) ; 3° il importe que « nos industriels soient directement intéressés » ; 4° il doit y avoir une « maitrise des coûts pour qu’il n'y ait pas une dérive financière qui serait insupportable pour le budget de l’Alliance ».

La France donne son quitus au bouclier anti-missiles

François Hollande a ajouté un cinquième principe : « Il ne peut pas être question que des pays se sentent menacés par cet dispositif anti-missiles, je pense notamment à la Russie. Le dialogue avec la Russie doit donc être maintenu ». Et de conclure « Sur ces 4 conditions, le communiqué final nous donne satisfaction ».

Commentaire : même si le nouveau président français a crédité à son compte le succès de l’entreprise, on ne peut dégager entre la gauche et la droite française de grandes différences d’approche. Sur ce point, la position française est restée plutôt identique.

 

Voir cet article sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/bouclier-anti-missiles/la-position-francaise-sur-le-bouclier-anti-missiles-prudente-reticence.html

 

Voir également : Comment la France doit-elle se positionner à l'égard du projet de défense antimissile balistique (DAMB) ?

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : France, stratégie, défense et sécurité
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 10:04

Le lecteur trouvera ci-après le texte officiel de la déclaration des participants au G8 qui s'est tenu à Camp David les 18 et 19 mai 2012 : http://www.state.gov/e/eb/rls/othr/2012g8/190396.htm


Par ERASME - Publié dans : Gouvernances multilatérales
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 08:09

We had an important debate with the other G8 leaders on the global economy in Camp David this morning.

We were comforted to hear that all leaders agree on the need to take action to boost confidence and nurture recovery in response to the current economic challenges we face.

There was agreement between the G8 leaders that growth-boosting measures and efforts to put public finances on a sounder footing go hand-in-hand. Opposing the two is false debate.

Our discussions today underlined the strong interdependence of our economies and the value of a frank discussion and shared understanding between us to draw the right lessons which can benefit us all. This is precisely why the G8 is such a valuable forum, and why Acting Together is such an appropriate motto for this year’s G8 at Camp David.

We had a candid and open discussion with the other G8 members on the situation in the euro area. Ongoing EU discussions and measures taken to generate growth, combined with structural reforms, targeted investment and fiscal consolidation were welcomed by the non-European G8 leaders.

On Greece, it is important that, together with our G-8 partners we reaffirmed our strong wish to see Greece staying in the eurozone, while respecting the commitments that were made.

We took from the discussion strong expressions of trust and encouragement from our G8 partners, which we will build on as we are prepare upcoming discussions between EU leaders next week and beyond..

 

See Camp David Declaration : G8 2012 : Camp David Declaration

Par ERASME - Publié dans : UE, diplomatie, partenariats et défis globaux
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