Il ne se passe désormais plus une journée, en France, sans que les médias fassent état d'un acte grave à l'encontre des représentants de l'Etat en charge des missions régaliennes les plus exigeantes !
Les policiers et gendarmes font l'objet de menaces, de caillassages, d'agressions verbales et autres actes d'incivilité qui non seulement rendent encore plus ardue la réalisation de leur mission, mais également mettent en péril leurs intégrité physiques, voire même parfois leurs vies.
Les préfets sont virés sans les formes !
Comment a-t-on pu en arriver là ?
Bien sûr, les responsabilités de cette situation catastrophique pour une démocratie qui si prétend en même temps être libérale et animée par les principes et les valeurs d'un Etat de Droit sont aussi complexes que multiples !
Elle incombe d'abord aux auteurs des actes de délinquance et de criminalité !
Elle incombe ensuite aux comportements de certains agents publics particulièrement soucieux de faire du résultat, sans discernement ! Tous ne sont pas de grands préfets, de grands gendarmes ou de grands policiers ! Comme tous les banquiers ne sont pas de grands banquiers, les capitaines d'industrie de grands capitaines d'industrie, les magistrats de grands magistrats, les militaires de grands militaires, les enseignats et chercheurs de grands enseignants et chercheurs, les ministres et élus de la République de grands ministres et élus de la République !
Elle incombe surtout à ceux qui dirigent le pays et/ou à ceux qui sont les faiseurs d'opinion, ... et donc, de comportement !
Depuis des années, et de manière encore plus appuyée depuis 2002, "on" ne cesse de dire et de redire, dans les partis dits "de droite" comme, très paradoxalement, à la tête de l'Etat, combien l'Etat fait mal son travail, combien l'Etat est incapable de répondre comme il se doit à ses missions les plus fondamentales, combien les agents de l'Etat se la coulent douce, combien les solutions privées, les partenariats public-privé, les externalisations, .... sont les seules réponses possibles à ce dysfonctionnement !
Depuis des années, et de manière encore plus appuyée depuis 2002, on appelle à des changements de pratique dans l'exercice des fonctions régaliennes, privilégiant le "management par objectifs" - on voit ce que çà produit - à toute autre forme d'administration des forces de sécurité .... et de la société française !
Depuis des années, et de manière encore plus appuyée depuis 2002, on ne cesse d'instrumentaliser les médias pour dire combien non seulement la population "issue de l'immigration, mais le moindre petit segment identifiable de la société française dans son ensemble, constituent une menace pour la France, combien il est nécessaire d'y remettre de l'ordre, combien les uns comme les autres sont "présumées coupables" de tous les maux de la Nation !
Le ministre de l'Intérieur ne cesse de dire que les statistiques évoluent favorablement et pourtant, jamais, hormi pendant la campagne présidentielle de 2007, n'ont été mis en évidence autant de "faits divers" manipulés à souhait pour prouver le contraire ! Au risque de faire passer la France pour le Far West de l'Europe !
Depuis 2002, sans avoir commencé le début du commencement d'une réflexion de fond sur la portée réelle de telles options, "on" vante le "tolérance 0" et le "risque 0", sans d'ailleurs se l'appliquer à soi-même !
Depuis 2002, "on" insulte l'étranger, en France comme à l'extérieur de nos frontières, "on" insulte celui qui conteste votre légitimité, "on" insulte ce qui ne se plie pas spontanément, aveuglément, immédiatement, à vos injonctions autoritaires !
Depuis 2002, "on" ment aux Françaises et aux Français ! Que ce soit sur le registre économique, sur celui de la sécurité ou sur celui de la politique étrangère ! En prime, la criminalité organisée en col blanc prospère !
Depuis 2002, "on" se sert des forces de police et de gendarmerie, ainsi que d'arguments falacieux pour racketer la Nation ! Et "on" agit de la même manière que si l' "on" était tenté d'instrumentaliser la police à des fins politiques comme à certaines époques sombres de la République (cf. De la " police politique républicaine " à la sortie du Second Empire ! )
Depuis 2002, "on" favorise une véritable berlusconisation de la société et de l'Etat, en France (cf. De la 'berlusconisation' de la société et de l'Etat ! - nouvelle édition - ).
Depuis 2002, le préfet, le policier et le gendarme sont condamnés à subir les réactions quotidiennes à ces accès de fièvre !
Depuis 2002, la fonction ministérielle, et pis encore, la fonction présidentielle, souffrent d'un déficit croissant d'image et de respect ! Et pour cause ! Depuis 2002, la Constitution française ne cesse d'être bafouée par ceux qui y puisent autant leur légitimité démocratique que leurs pouvoirs !
Aujourd'hui, ce sont certaines catégories d'agents de l'Etat qui en pâtissent quotidiennement, dans l'exercice de leur mission autant que, parfois, dans leur vie privée !
Aujourd'hui ces mêmes agents se considèrent comme des "sous-citoyens" livrés à la furie populaire !
Décidément, la République française va mal, et même, très mal !
Il faut que cette situation cesse, et rapidement !
Il y a quelquechose de passablement irrationnel, de ridicule et de malsain dans cet état de fait ! Quelquechose qui relève quelquepart d'une psychopathie à la fois individuelle et collective !
Veut-"on" "régler des comptes" avec l'Etat comme avec la Nation ? Ou cherche-t-"on" à "régler des comptes" avec soi-même !
Certaines des principales personnalités politiques en responsabilité agissent-elles contre une "certaine idée de la France", se demandent de nombreux Françaises et Français (cf. http://www.lepost.fr/article/2010/08/01/2170913_sarkozy-hortefeux-et-l-ump-sont-ils-contre-une-certaine-idee-de-la-france.html ).
Les principaux responsables de l'opposition républicaine s'insurgent devant ce spectacle dramatique qui est offert au monde tout entier (cf. http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/08/01/aubry-denonce-la-derive-antirepublicaine-de-sarkozy_1394604_823448.html#xtor=AL-32280397).
Et les principaux leaders communautaires sont eux aussi inquiets ! Car, oui, en France, la démarche communautaire bat son plein, avec ses groupes d'influence plus ou moins "puissants" contrairement à ce qui est dit et répété ici et là, et c'est elle qui trop souvent suscite les tensions et entretient les psychoses dans le Pays de Voltaire et ; notamment ceux qui ont souhaité l'évènement de cette rupture en tous genres sans percevoir qu'elle pouvait leur revenir en boomerang, un jour ou l'autre, quoiqu'ils prêchent, quoiqu'ils fassent ! (cf. Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit .... (Pasteur Martin Niemöller) ainsi que Le racisme se développe en Europe, sur fond de crise économique - nouvelle édition - )
Le Général de Gaulle - dont ils se "gargarisent" du symbole - a su tirer les conséquences du désamour qu'il a provoqué en France : partir de son propre chef !
Dont acte !
Sachons réagir en toute sérénité , y compris en nous interrogeant sur le devenir de notre démocratie à l'instar, par exemple, de Jacques Derrida, par exemple (http://www.jacquesderrida.com.ar/comentarios/democratie_a_venir.htm), de encore de Pierre Rosanvallon (cf. Réinventer la démocratie, par Pierre Rosanvallon ), d'Emmanuel Todd (cf. Après la démocratie, de Emmanuel Todd (Gallimard)) ou d'associations pleinement citoyennes (cf. http://www.clubconvictions.fr/Convictions/Qui_sommes-nous_files/Quelques%20urgences%20pour%20tenir%20la%20promesse%20de%CC%81mocratique%2007-2002.pdf).
La France a besoin qu'un nouveau souffle gaullien la réhabite (cf. Quelle signification emporte l'usage des termes "gaulliste" et "gaullien" en 2010 ? - nouvelle édition - ).
Albert Camus l'a dit il y a déjà plus de 50 ans sans qu'on l'entende vraiment :
" Rien n'est vrai qui force à exclure !"
" On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. "
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. "