Partager l'article ! De la définition et de la défense des intérêts nationaux (nouvelle édition): Regards-citoyens proposera une série d'articles articulé ...
Regards-citoyens proposera une série d'articles articulés sur quelques unes des questions que soulèvent
la définition et la défense des intérêts nationaux : Les intérêts nationaux, c'est quoi ? Intérêts nationaux versus intérêts régionaux ou internationaux ? Qui les définit
? Quels risques et quelles menaces peuvent les mettre en péril ? Comment les défendre ?
Le grand 'retour' des intérêts nationaux dans les discours politiques ainsi que dans le "grand jeu" international
Les effets traumatiques et déstabilisateurs de la récente succession de chocs et de crises graves sur les
équilibres intérieurs de la nation américaine concourent à faire réémerger au sein des Etats-Unis des vélléités de protectionnisme économique doublées d'une méfiance à l'égard, d'une
part, de la toute puissance des marchés financiers, d'autre part, des idéologies qui prônent un certain effacement des intérêts strictement nationaux derrière des intérêts
supranationaux et/ou collectifs ainsi que derrière des intérêts privés et/ou multinationaux considérés jusqu'ici comme essentiels au bon fonctionnement de l'économie et du commerce
mondiaux, à la croissance économique mondiale et au développement des échanges internationaux, et enfin, des processus de dérégulation, de concurrence libre et non faussée et de
décloisonnement associés à la dynamique de libre échange à l'oeuvre au niveau planétaire depuis les années 70-80.
Les débats qui se développent autour des nouvelles orientations
stratégiques de la politique étrangère, de la politique monétaire, de la politique économique et de la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis depuis l'avènement d'une nouvelle
administration à la tête de l'hyperpuissance américaine ajoutent une dimension politico-stratégique à cette profonde remise en question des dogmes fondamentaux de l'économie libérale
en suscitant de très fortes interrogations quant aux effets possibles de ces évènements sur la politique de sécurité elle-même (cf. à cet égard le colloque organisé sur ce
sujet Security Policy & the Global Financial
Crisis (June 11, 2009 - Palais d’Egmont, Brussels) .
Force est de constater que ces mêmes vélléités, méfiances et interrogations se manifestent également dans tous les pays en proie aux mêmes
difficultés que celles que traversent aujourd'hui les Etats-Unis eu égard aux étroites interpénétrations des économies en cause, au caractère global des dynamiques de marchés, à la très
grande volatilité des capitaux et des ressources stratégiques les plus diverses qui s'y développent et s'y échangent, ainsi qu'à la prééminence sur les marchés économiques et monétaires d'un
dollar sous-évalué en même temps qu'il joue le rôle si spécifique de monnaie de réserve (rôle qui lui est désormais de plus en en plus contesté).
Alors que les dirigeants des pays les plus puissants du monde plaident, notamment au sein du G20, en faveur d'un retour des Etats dans le
contrôle et la supervision des dynamiques internationales de marchés et d'échanges de manière à atténuer les effets macroéconomiques, structurels, voire systémiques, de tels
désordres, et, plus généralement, des formes appropriées de coopération et de coordination internationales dans les enceintes multilatérales dédiées à la mise en place de
garanties, de mesures de confiance et de mesures de réassurance collectives appropriées aux défis de la globalisation stratégique, économique et financière, s'esquissent pourtant, ici
et là, des stratégies individuelles articulées sur des intérêts strictement nationaux (ou sous-régionaux), ne serait-ce que pour limiter les effets déstabilisateurs de
ces désordres sur les grands équilibres nationaux.
Cette situation nouvelle se traduit par la résurgence d'une certaine prééminence d'une conception étatique des intérêts nationaux sur tout autre
nature d'intérêt (intérêts collectifs à l'échelle de la planète ou d'une région - intérêt européen, par exemple -, intérêts privés) en même temps que par une lecture de ces intérêts
nationaux qui privilégie leurs dimensions politique, stratégique, sécuritaire et patrimoniale (attachement à la préservation d'un statut international, d'une autonomie de décision politique
et/ou d'action, etc. ; manifestation et affirmation d'une posture stratégique - supériorité, neutralité - ; recherche des garanties d'accès à des ressources vitales, à des
ressources essentielles aux intérêts de sécurité ; intervention étatique renforcée dans le contrôle et la supervision des entreprises et activités stratégiques, etc. ; manifestation
constante d'un attachement à la sauvegarde des biens collectifs constitutifs du patrimoine national : institutions, langue, culture, monnaie, valeurs, principes, etc.).
Il en résulte dès lors un regain de compétition entre les Etats qui prend parfois la forme de confrontations ouvertes sur les lieux de production et d'échanges des ressources
essentielles à la satisfaction de ces intérêts strictement nationaux (ou sous-régionaux).
La défense des intérêts nationaux redevient une priorité centrale de l'agenda national des Etats en même temps qu'un sujet de controverse
(cf. par exemple à cet égard les articles de ce blog Gates Cuts Leading to ‘Strategic Drawdown' et Obama's Foreign Policy Challenge, by Henry
A. Kissinger ).
A suivre !
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)