Partager l'article ! « Les fonds souverains, ces nouveaux acteurs de l’économie mondiale », par C. Bertin Delacour: Des f ...
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Des fonds souverains du Golfe Persique pourraient entrer au capital d’Areva, de Porsche ou d’Opel : doit-on s’en réjouir ou le redouter ? L’un des fonds souverains de Singapour, qui avait renfloué Merill Lynch avant son rachat par Bank of America, vient de vendre sa participation : que faut-il en penser ? Flash sur ces investisseurs particuliers, sous forme de réponses aux questions que vous vous posez.
Ce qui est sûr, c’est que ces investisseurs sont extrêmement divers, dans leurs ressources, leurs objectifs, leur stratégie, leur portefeuille, leur cadre institutionnel et leur taille. Ceci dit, selon la définition que j’en donne dans mon ouvrage, il est possible d’estimer leurs actifs sous gestion à un montant global compris entre 3000 et 4000 milliards de dollars en 2008, probablement réduit à 2500-3500 milliards de dollars du fait de la crise.
Dans les Etats de rente minière, les chocs pétroliers et le tarissement des réserves d’hydrocarbures ont montré la nécessité tout à la fois de se prémunir contre la volatilité des prix et de faire profiter les générations futures d’une source de richesse ; tels sont les principaux objectifs assignés aux fonds souverains de ces Etats. Dans les pays asiatiques, c’est la crise économique et financière de 1997-1998 qui les a conduits à un renforcement de leur politique budgétaire et à un développement fondé sur les exportations ; leurs fonds souverains sont chargés de faire fructifier les réserves en devises considérables qu’ils ont accumulées en conséquence.
L’étude des faits montre que les fonds souverains investissent principalement en titres à revenu fixe et
en actions cotées. Lorsqu’ils investissent dans des entreprises, ils prennent le plus souvent des participations minoritaires et se comportent comme des investisseurs stables et passifs.
En outre, les pays dans lesquels ces fonds investissent ont des législations qui leur permettent de contrôler les opérations de ces derniers qui porteraient atteinte à la sécurité ou à
l’intérêt national.
Les fonds souverains sont contrôlés par des Etats qui disposent des moyens de puissance publique et ne sont pas tous démocratiques. Lorsque le prix du baril de pétrole remontera et que les exportations de biens asiatiques repartiront, les fonds souverains retrouveront leur puissance de frappe. Il ne peut être exclu que ces fonds, tout comme les entreprises publiques, ne soient utilisés à des fins stratégiques ou géopolitiques, par exemple pour sécuriser les approvisionnements énergétiques de leur pays d’origine ou acquérir les technologies et le savoir-faire qui manquent à ces pays.
Il faut donc demeurer vigilant. A cet égard, le secret souvent conservé par les fonds souverains sur leurs
moyens et leurs aspirations entretient la méfiance. Le code de bonne conduite adopté sous l’égide du FMI fin 2008 par de nombreux fonds, en ce qu’il entend améliorer leur niveau de
transparence et la qualité de leur gouvernance, va dans le bon sens. Tout dépend maintenant de l’application que les fonds en feront. |
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