Partager l'article ! Nicolas Sarkozy veut une Europe plus réactive (Le Figaro.fr): ...

Le sommet achevé vendredi à Bruxelles
a vu les Vingt-Sept investir beaucoup de temps et d'énergie sur des questions de procédure : le calendrier de reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission et les garanties juridiques accordées à l'Irlande, dans l'espoir qu'elle votera «oui» aux nouveaux pouvoirs européens l'automne prochain. Deux semaines après des
élections qui ont livré un mandat politique clair en France comme dans le reste de l'Union, on sent le chef de l'Élysée impatient d'agir sur du concret sur tous les
fronts.
Avec la panne de croissance et la
montée du chômage, le chef de l'Élysée dit vouloir pousser à nouveau les feux de « la coordination des politiques économiques». L'automne dernier, l'idée d'un «gouvernement économique de
l'Europe» avait fini par agacer.
Nicolas Sarkozy sent que l'allongement de la crise lui donne une autre chance. Elle explique aussi la réouverture annoncée d'un chantier sur lequel la présidence française de l'UE avait
déjà beaucoup travaillé en 2008 : c'est « une politique européenne de l'immigration plus ambitieuse ».
Tout sera «plus simple» lorsque les
Irlandais auront, cet automne comme on l'espère, levé l'hypothèque sur l'Europe de Lisbonne. Nicolas Sarkozy se considère, il est vrai, comme père du traité en panne
depuis douze mois. Le texte prévoit entre autres l'établissement d'une présidence stable de deux ans et demi au moins, au lieu de l'actuelle « tournante » de six mois. Le président
français souhaite « quelqu'un de fort et d'ambitieux ». Tony Blair ? Il refuse de s'avancer sur un nom précis. Avec l'Allemagne, l'accord s'est déjà fait sur un
parcours : ce sera un président ou un premier ministre, ancien ou toujours en exercice. Question de stature internationale.
Pour le Parlement européen,
fraîchement renouvelé, la question de la légitimité ne se pose pas. Cela laisse, au dernier sommet du triangle institutionnel européen, une Commission européenne qui, aux yeux de Nicolas
Sarkozy, « n'a pas assez d'autorité sur les Vingt-Sept, du point de vue institutionnel ». Le jugement ne vise pas la personne de José Manuel Barroso, mis en selle vendredi pour un
second mandat et victime de critiques que le président français juge injustes.
« J'ai beaucoup apprécié les six mois qu'il a passés à travailler avec moi (…), la présidence de la Commission a joué un rôle extrêmement positif », disait vendredi le chef de l'État, sans peur de heurter quelques lieux communs. Il relève aussi comme une « inflexion intéressante » dans le programme affiché par José Manuel Barroso pour un mandat qui l'emmènerait jusqu'en 2014.
La France se dit satisfaite de
l'accent placé sur la « protection » des intérêts de l'UE dans le monde, de la définition d'une Europe « politique » capable d'agir sur la scène internationale et - cerise
sur le gâteau - de l'importance reconnue de l'agriculture pour l'Union.
Au passage, le président plaide pour
la confirmation rapide du président Barroso par le Parlement européen. « Il y a du chômage, il y a une crise, dit-il. Je ne pense pas que ce serait responsable, ni pour le Conseil (les
vingt-sept chefs d'État et de gouvernement, NDLR), ni pour le Parlement, de se retrouver en opposition et en situation de blocage. » Là encore, l'Europe est invitée à agir
vite.
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
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jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)