Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 10:28
Comme le souligne Nicolas Gros-Verheyde dans l'article publié sur son blog et intitulé " La gestion civile des crises, de Stéphane Pfister " (http://bruxelles2.over-blog.com/article-33983217.html), la thèse rédigée par Stéphane Pfister (officier de carrière qui a servi sur plusieurs théâtres d'opérations multinationales, et qui s'est "reconverti" dans l'enseignement et la recherche, notamment comme maître-assistant à l'université de Genève, depuis 2004) pour l'obtention d'un doctorat en Sciences politiques à l'Université de Genève est intéressante à plus d'un titre.

Ne serait-ce que parce qu'elle se consacre à la « gestion civile des crises : un outil politico-stratégique par excellence (...) au service de la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE.
Et parce qu'elle s'attache à examiner un pan souvent négligé de l'Europe de la défense, comme l'illuste notamment le volet du traité de Lisbonne qui est spécfiquement dédié à la Politique de Sécurité et de Défense Commune.

Une politique longtemps ignorée. Comme le dit lui-même l'auteur de cette thèse : « Limitée dans sa taille et dans ses ambitions, l’Europe de la défense ne s’est pourtant pas développée comme on aurait pu l’imaginer. Elle a ainsi émergé progressivement comme un ensemble civilo-militaire original, où les aspects civils et policiers sont devenus, de fait, prépondérants. (...)
Longtemps ignorée, la montée en puissance des structures et des activités opérationnelles de la (Gestion civile de crises) est soulignée par tous les commentateurs qui peinent toutefois à l’analyser en profondeur, faute de lentilles conceptuelles adéquates. Le plus souvent, les capacités du volet civil de la PESD sont d’ailleurs considérées comme quantité négligeable : ne sont-elles pas l’illustration de l’incapacité des Européens à se départir de leur pusillanimité ? Comment prendre au sérieux une UE capable de projeter tout au plus quelques gendarmes, juristes et douaniers ? Les grands débats stratégiques sur la PESD semblent dès lors tourner autour des seuls aspects militaires, avec en filigrane, la question du « fossé transatlantique » en matière d’investissements et de capacités de défense. L’UE affiche pourtant son ambition à faire de la PESD un ensemble unique où les deux volets civil et militaire interviendraient en parfaite complémentarité. Cette dualité civilo-militaire marque assurément la spécificité de l’UE dans l’architecture internationale de la sécurité. Elle peut lui permettre de « faire la différence » par rapport aux acteurs de rang équivalent. »

Pour en savoir plus au sujet de cette thèse :
http://archive-ouverte.unige.ch/vital/access/manager/Repository/unige:1407

Voir aussi sur ce blog :

 * Democratic Control of Armed Forces (DCAF) 

 * “Making the difference – strengthening capacities to respond " (Brussels, 3 June 2009), by Benita Ferrero-Waldner 

 * De l'importance de la gendarmerie et du service de santé des armées 

 * La coopération civilo-militaire en matière de gestion de crise : l'un des plus grands défis pour l'avenir de la PESD 

 * De la méthode pour faire face aux défis que posent les conflits modernes 

 * Paix et sécurité : au cœur de la politique européenne de développement 

 * Sécurité et développement de l’Afrique : une nouvelle approche pour l’UE

NB : Cet article a été publié une première fois sur ce blog, le 19 juillet 2009, sous l'intitulé : " De la place de la gestion civile des crises dans la PESC et la PSDC ".


Par Patrice Cardot - Publié dans : UE, UEO, OSCE, sécurité & défense
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