Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 12:17

Le président du groupe des libéraux et démocrates européens, Guy Verhofstadt a présentéle 15 juillet à Strasbourg un mémorandum de l'ALDE qui constitue un véritable projet politique pour l'Europe. Ce mémorandum et une lettre adressés au candidat Barroso posent cinqu conditions pour un soutien du groupe liébéral à la reconduction du président sortant de la Commission européenne :

  (1) construire un unique plan de relance européen pour lutter contre la crise économique ;

  (2) instaurer un superviseur financier européen (le texte précise que le Comité européen du risque systémique doit avoir les pleins pouvoirs pour prendre des décisions contraignantes concernant les institutions financières transnationales) ;

  (3) introduire une planification budgétaire de l'Union (2013 - 2020) fondée dans une large mesure sur nos ressources propres indépendantes;

  (4) étendre la portée et la cohérence de la diplomatie européenne (cela doit s'accompagner de l'émergence d'un véritable marché de la défense commun qui renforce la base technologique et industrielle de la défense européenne) ;

  (5) créer un porte-feuille spécifique de commissaire pour les droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations.

" Nous sommes convaincus qu'en cette période importante et agitée, la Commission européenne doit plus que jamais redevenir le moteur de l'Union européenne, défendre l'intérêt général européen et par conséquent faire un usage maximum de son droit d'initiative ", afforme le groupe ADLE dans cette lettre.

Le mémorandum précise : " Nous n'avons pas besoin d'une Europe des projets, mais d'un projet européen. Une Europe politique que ses peuples comprennent et en laquelle ils croient et ont confiance. Une Europe qui est un leader international dans tous les domaines ". Quel doit être le rôle de la Commission européenne ? " Elle doit utiliser au maximum son droit d'initiative afin de pousser l'intégration plus loin pour affronter la crise économique et financière, lutter contre le réchauffement planétaire, achever le marché intérieur, garantir le respect des libertés publiques et la sécurité, développer des politiques communes quand cela est nécessaire dans des domaines tels que la défense et l'énergie, trouver des solutions communes aux problèmes pratiques affectant les citoyens dans le domaine du droit civil et des soins transfrontaliers, et étendre la solidarité entre tous les Etats et tous les citoyens de l'Union ".

Interrogé sur les chances de réussite d'une Commission qui reprendrait l'initiative, l'ancien Premeir ministre a dit : " Ce que nous attendons de la Commission, c'est qu'elle fasse des propositions, ce n'est pas qu'elle atteigne 100 % de ses objectifs (...) mais il faut qu'elle mette quelquechose sur la table, comme (du temps de Jacques ) delors (...). Le problème, c'est qu'actuellement, il n'y a rien sur la table ".

L'attitude du Groupe ADLE dépendra de la réponse du candidat Barroso aux cinq priorités, a expliqué Guy Verhofstadt en affirmant que " c'est une question de fond, de programme, pas une question de personnalité ". S'il critique " le manque d'audace, de courage " du président sortant, il estime qu'il existe au Parlement " uen large majorité pour une nouvelle stratégie de sortie de crise ". " Avec 27 plans différents, on ne vva jamais sortir de la crise ", ajoute-t-il au nom de son groupe qui craint un scenario de stagnation à la japonaise.

Source : BQE n° 9943 en date du 16 juillet 2009

Commentaires personnels :

Comment ne pas souscrire à de telles priorités et à de tels arguments ?

Pour autant, la réponse que le président sortant pourrait réserver à cette exigence du Groupe ADLE devrait être assortie d'une clarification de la méthode à laquelle il entend recourir pour opérer la rupture qui lui est demandée !

Car l'absence dans son voisinage immédiat d'une structure de réflexion prospective et politique dont les travaux seraient - enfin - à la mesure de cette rupture, lui interdirait de jouer ce rôle d'impulsion et de moteur de cohérence au sein du Collège de la Commission européenne, un Collège qui sera désormais consolidé par la présidence de Vice-Présidents aux prérogatives élargies et aux pouvoirs politiques de facto accrus, autant qu'au sein du Conseil européen où le président siège de droit.

Des changements de programme sans changement d'instruments de pilotage, les Etats-membres, et surtout, les citoyens européens savent à quel point çà débouche toujours sur des situations bloquées, douloureusement bloquées !

Il est grand temps de faire renaître en Europe, au sein de l'Union, l'espoir de jours moins sombres, à la faveur d'un projet lumineux qui éclairera des couleurs de l'arc en ciel un ciel européen passablement assombri autant pas les pluies orageuses que par les larmes !



Par Patrice Cardot - Publié dans : Comprendre le fonctionnement de l'Union européenne
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