Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 12:53

La communauté internationale devrait fixer uen échéance pour la reconnaissance automatique de la Palestine même si les Israéliens et Palestiniens ne sont pas parvenus à un accord de paix d'ici là, estime le Haut Représentant pour la PESC sortant, Javier Solana. Il plaide aussi pour le retour aux frontières d'avant 1967 lorsqu'Israël avait pris le contrôle de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie.

Les paramètres d'une future solution à deux Etats ont été fixés par le Quartette avec le soutien des pays arabes ; maintenant il faut que " les médiateurs fixent aussi le calendrier " pour la mise en oeuvre de cette solution des 2 Etats, a affirmé J. Solana lors d'une conférence le 11 juillet à Londres.

" Si les deux parties (Israéliens et Palestiniens) ne sont pas en mesure de s'y tenir (au délai convenu), alors il faut mettre sur la table une solution soutenue par la Communauté internationale (...). Passé cette échéance donnée, une résolution du Conseil de Sécurité devrait proclamer l'adoption d'une solution à deux Etats ", a-t-il affirmé. La résolution devrait admettre la Palestine comme membre à part entière des Nations Unies et les pays arabes seraient tenus d'établir immédiatement des relations diplomatiques avec Israël. La résolution du Conseil de Sécurité devrait aussi contenir des pistes de solutions aux problèmes de sécurité, des frontières, des réfugiés de 1948 et du contrôle de Jérusalem.

Le Haut Représentant, qui quittera son poste en octobre, a aussi insisté sur l'importance de fixer les fontières du futur Etat palestinien. " Nous devons d'adord définir l'espace, c'est à dire les frontières. Si nous insistons tellement sur la nécessité d'arrêtr la colonisation israélienne (dans les territoires palestiniens), c'est précisément parce que l'expansion continue (des colonisations) est un obstacle à la fixation d'un espace physique " pour le futur Etat palestinien, explique M. Solana. " Le point de départ doit être les frontières de 1967 " mais des échanges territoriaux pourront être négociés entre les parties.

Les différentes offres territoriales varient entre 6 et 2 % par rapport à la situation en 1967. " Les parties peuvent négocier à l'intérieur de cette marge mais pas en dehors " estime J. Solana qui juge également la situation à Gaza " inacceptable " et plaide pour une réintégration du Hamas dans la recherche d'une solution.

" Qu'on aime ou qu'on ne laime pas, le Hamas devra faire partie de la solution ", dit-il. " Je crois sincèrement que le moment est venu de mettre enfin un terme à ce conflit. Le consensus international est là mais le calendrier sera essentiel. La seconde moitié de cette année sera cruciale si nous voulons vraiment offrir un choix au peuple palestinien avant les élections (palestiniennes) en janvier 2010 " a conclu Javier Solana.

Cette proposition de fixer une échéance pour la reconnaissance automatique de l'Etat palestinien a été ommédiatement rejetée par l'Etat d'Israël.

" Avec tout le respect que le porte à J. Solana, il est près de la retraite ... et nous ne devons pas exagérer l'importance de sa déclaration " a commenté le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdot Lieberman, cité par Reuters.

" La paix doit se construire et non être imposée " a-t-il dit. M. Lieberman s'est aussi interrogé sur la légitimité du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, en raison du fait que la Bande de Gaza, dans les mains du Hamas, échappe à son contrôle.  " Qui représente-t-il exactement ? Au mieux, la moitié de son peuple ", a-t-il proclamé.

Source : BQE n° 9941 en date du 14 juillet 2009

Voir notamment aussi sur ce blog à propos de cette question :

* La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, appelle les pays arabes à prendre " maintenant " des mesures " significatives " vers une normalisation de leurs relations avec Israël
* Le président du Parlement européen sortant considère que le discours du Premier ministre israélien constitue un premier pas sur la bonne voie
* L'Union européenne réitère son souhait de "réhausser" les relations avec Israël à condition que le gouvernement israélien soutienne la solution des 2 Etats
* Can the United States put pressure on Israel ? : A user's guide, by Stephen M. Walt
* Observer la Cisjordanie offre l’occasion de découvrir un extraordinaire laboratoire géographique 
* Avigdor Lieberman exige un désarmement du Hamas pour renouer le dialogue
* Barack Obama et Israël, avis de dissonances ?
* Projet de loi en Israël pour imposer un serment de loyauté à l'Etat, par AFP

Ainsi que :

* Penser pour agir dans l'espace euroméditerraéen avec l'efficacité attendue sans insulter l'avenir
* Agissons pour offrir enfin une véritable perspective au Proche Orient
* A la recherche d'une pensée et d'une action politiques à la hauteur des défis globaux !
* Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons !
* Sénat : Proposition de résolution sur les relations entre l'Union européenne et l'État d'Israël
* Sept messages pour redonner de l'espoir et une perspective au Proche Orient 
* Le communiqué de Passages à l'issue de son université d'été de 2006
* L'appel à la raison d'Erasme !


Par ERASME - Publié dans : UE, diplomatie, partenariats et défis globaux
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