Partager l'article ! Le général Desportes appelle à "ne pas rêver américain", par Jean-Dominique Merchet (Libération.fr): Le général Vincent Desportes, ...
Le général Vincent Desportes, directeur du Collègue interarmées de défense, publie un excellent article dans le dernier numéro de Politique étrangère, la revue trimestrielle de l'Institut français des relations internationales (Ifri). Il y pointe les risques du "tout technologique", de l'imitation du modèle américain et des risques d'une recherche systématique de l'interopérabilité avec les Etats-Unis. Une réflexion utile au moment où la France réintègre pleinement l'Otan.
"Si, malgré des budgets de défense très inférieurs aux budgets américains, les armées européennes persistent à se doter d'équipement de norme technologique américaine, il y a fort à parier que, dans peu d'années, les forces européennes dans leur ensemble devront abandonner des pans entiers de leurs capacités militaires. La cohérence d'ensemble ne pourra donc être rétablie que sous parapluie et leadership américain" écrit-il. Appellant à "ne pas rêver américain", il rappelle que "l'interopérabilité est un objet politique avant d'être un objet technique". "L'interopérabilité conduit à adopter la norme dominante, naturelle, du grand allié" poursuit-il, avant de plaider pour "une déconnexion du pilier européen" : "admettre la déconnexion technique des piliers européen et américain de l'Alliance".
"Faut-il continuer à laisser la technique diriger la stratégie générale ou doit-on la remettre à sa juste
place" s'interroge Vincent Desportes. Familier du monde militaire d'Outre-Atlantique, le général décrit "la culture américaine qui donne à la technique un rôle central dans la
résolution des problèmes." Cette "dynamique du toujours plus technologique s'est avérée gagnante" en contribuant à l'effondrement soviétique, mais, après cette
victoire, elle s'est maintenue et amplifiée, soutenue par d'importants intérêts. Une impasse militaire et budgétaire qui peut se décrire comme la "décroissance du rendement
opérationnel de la technologie".
NB : Cet article est paru sur Libération.fr le 22 juillet 2009
" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime ! " (Voltaire)
" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)