Partager l'article ! Réforme de la procédure pénale en France : les principaux points du rapport Léger: Le comité Léger pour une réforme de la procédure péna ...
Le comité Léger pour une réforme de la procédure pénale a remis ses propositions mardi 1er août au
Président de la République. Voici quelques unes de ses principales préconisations :
Supprimer le juge d'instruction. Pour le comité Léger, ce magistrat qui "cumule les fonctions d'un juge avec celles d'un
enquêteur" n'est "pas totalement juge et pas totalement enquêteur". Le procureur de la République devient l'unique directeur d'enquête et "l'autorité naturelle de
poursuite". C'est lui seul qui décide de lancer une enquête ou de classer une plainte. Le comité se prononce "contre une rupture du lien existant entre le parquet et le pouvoir
exécutif".
Instituer un juge de l'enquête et des libertés (JEL).
Pendant l'enquête, il contrôle l'action du parquet, décide des mesures attentatoires aux libertés (placement en détention provisoire, écoutes téléphoniques, perquisitions ...). Il statue sur la
demande d'une partie (suspect, victime) si le procureur refuse l'acte demandé et peut, le cas échéant, enjoindre le parquet de l'accomplir.
Renforcer les droits des différentes parties. Comme la
personne mise en cause, la victime pourra avoir accès au dossier pendant l'enquête, demander des actes. Si le parquet décide de ne pas enquêter après une plainte, le juge de l'enquête peut être
saisi. En garde à vue, le suspect bénéficiera d'une présence accrue de sa défense. A la douzième heure, il pourra revoir son avocat (intervenu dès le début pour un entretien), qui aura alors
accès aux procès verbaux d'audition, ce qui n'est actuellement pas le cas.
Fixer des délais butoirs réduits pour la détention
provisoire, restant variables selon les délits ou crimes reprochés. Par exemple, il ne pourra s'écouler plus de trois ans entre l'incarcération et le procès pour des faits de terrorisme
ou de criminalité organisée. Actuellement, il peut parfois s'écouler cinq ans.
Supprimer le secret de l'instruction, mais maintenir le
secret professionnel pour les magistrats et avocats.
Faire du président du tribunal ou de la cour d'assises un
"arbitre" des débats entre l'accusation et les parties. L'exposé des faits reprochés revient désormais au ministère public. Le président n'interroge l'accusé que dans un
deuxième temps, s'il l'estime nécessaire.
Introduire l'obligation de motiver les arrêts d'assises,
"garantie contre l'arbitraire du juge".
Introduire la procédure du "plaider coupable" aux
assises, pour écourter le procès tout en ouvrant la voie à une peine minorée. Cette procédure qui n'existe pour l'instant qu'en correctionnelle pour certains délits ne concernerait pas
les crimes les plus graves.
Lire aussi le rapport complet
:
1234632_9942_rapport_leger.pdf
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" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller
jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)