Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 14:53

La surmédiatisation des souffrances, des meurtres, des tensions et des crises internationales, etc., ainsi que celles et ceux de la surmarchandisation de l'information et de l'image qui l'accompagne interpelle d'autant plus que l'autisme et le mutisme qui leur succèdent lorsque " la bise est venue " connaissent la même démesure !
En France, par exemple, que dit-on de la situation au Japon (où la variété, la simultanéité et la violences, des effets traumatiques systémiques des crises en cours mériteraient un autre traitement médiatique,)  en Irak (où rien n'est réglé malgré la mobilisation de dizaines de milliards de dollars dont on ne trouve pas grand chose sur le terrain), en Afghanistan (où tout va au plus mal), au Kosovo (à l'égard duquel les choix arrêtés par la Communauté internationale s'avèrent in situ quelquepeu inappropriés), les Balkans occidentaux (où les mafias prospèrent ...), en Malaisie, au Tchad, au Darfour, en Côte d'Ivoire (où les situations mériteraient un autre traitement que celui, des plus expéditif, qui leur est réservé), en Colombie ou au Mexique (où tout porte à laisser croire que la libération de jeunes femmes constituait le seul enjeu véritable pour la France dans cette région), à Gaza (où la situation demeure terriblement dramatique),  au Japon, ou encore, printemps arabes obligeant, en Egypte, à Bahrein, en Algérie, en Tunisie, au Yemen, en Jordanie ... .

Autant de théâtres, de crises, et partant, de 'sujets' qui, bien qu'il aient défrayé les chroniques et occupé la une de tous les médias de France et de Navarre pendant des semaines et des semaines, parfois davantage, sont soigneusement "oubliés" par les rédactions parisiennes et régionales alors que bien des souffrances et bien des questions à leur égard demeurent sans réponse.
Que les médias privés prennent délibérément le parti de "tourner la page" n'a en soi rien de condamnable, bien évidemment, quand bien même celà peut surpendre le citoyen soucieux d'être tenu régulièrement et 'honnêtement' informé de ce qui se passe dans ce village global qui s'appelle Monde !
Mais que les médias publics agissent de la sorte est purement et simplement inacceptable !
Ne serait-ce que parce que de tels phénomènes suscitent des craintes extrêmement fortes quant à l'existence de connivences plus ou moins étroites (voire parfois de collusions) entre des groupes d'intérêts particuliers  et ceux qui ont à la fois mandat démocratique et pouvoir politique de veiller à l'indépendance et à la qualité intrinsèque de l'information et de la communication que les opérateurs de service public ont vocation à délivrer au sein des espaces sociaux et démocratiques dont les uns et les autres tirent à la fois leur cahier des charges, leur légitimité et leurs ressources. 
De tels phénomènes participent à  une profonde dépréciation de la triple valeur informative, explicative et symbolique du verbe, du regard, de l'image, du dialogue, de l'interprétation, de l'analyse et du débat au mépris même du premier des droits fondamentaux, celui du respect de la dignité humaine !
Aussi, afin de mieux en comprendre les mobiles, les ressorts, les déterminants, comme les limites, j'appelle à une exploration aussi savante  que celle dont fit montre Umberto Eco lorsqu'il explora dans un ouvrage éponyme - avec quelle maestria ! - les 'limites de l'interprétation' en littérature et en philosophie.  
Comme il le fit à l'égard de ces deux champs particuliers de l'éloquence et de la connaissance, interrogeons-nous à l'égard des dérives éhontées des médias à l'égard de ce qui constitue désormais un droit fondamental en Europe (Article 11 de la Charte européenne des Droits fondamentaux : Liberté d'expression et d'information : 1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontières ; 2. La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés.)

 Comme Umberto Eco à propos de la sémiotique appliqué à la littérature et à la philosophie, sachons proposer des réponses courageuses et lucides à des questions aussi fondamentales que peuvent l'être les suivantes, par exemple : 
 - La communication comme l'information peuvent-elles se pervertir, dévier de leur route et tomber dans l'excès ?
 - Qu'est-ce qui distingue « utilisation » et « interprétation » d'un fait, d'une image, d'un commentaire, d'une déclaration, d'une information ?
 - A quoi reconnaît-on qu'une interprétation, un commentaire construit, un regard porté, est juste ou erroné ?
 - Que penser des médias, des politiques (des marchands de sable) qui « déconstruisent » le fait, l'image, le discours pour mieux l'utiliser ?
etc.

 

NB : Cet article a déjà été publié sur ce blog le 04 octobre 2009 et le 30 janvier 2010

Voir également sur ce blog les articles suivants :

 * Qu'est-ce que la médiacratie ?

 * La nouvelle condition humaine d'après Auschwitz, par Gilles Bernheim ;
 * Savoir s'accommoder d'une rumeur invérifiable pour justifier l'injustifiable ... ;

 * Liberté de la presse : classement mondial 2006.

 * "Dix stratégies de manipulation" (de masses), de Noam Chomsky

 * "La vérité si j'mens" : un programme qui ne fait recette nulle part ! 

 

  

 



 










Par ERASME - Publié dans : Démocratie & Souveraineté en mouvement et en débat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
  (Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée " (Léon Blum)

 

 

Recherche

Catégories

Recommander

Conseils de lecture

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés