Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 09:52

EADS va mal !

Airbus, d'abord ! L'excellente émission consacrée par Arte, le 10 novembre 2009, à l'analyse critique de la dégradation de cette superbe entreprise suffit à en convaincre ceux qui pourraient encore en douter, en faisant l'autruche, probablement !

Les autres entreprises du groupe EADS vont mieux, mais les perspectives budgétaires de leurs clients étatiques ne sont pas réjouissantes, c'est le moins qu'on puisse dire ! Notamment dans le secteur de l'armement et dans celui du spatial.

Les tensions qui ont marqué les négociations entre EADS et les clients étatiques à propos du programme d'avion de trapnsport militaire A 400M - et le surcôut qui en résulte (2 milliards d'euros pour les budgets publics ...) - comme l'issue du feuilleton autour du marché américain de ravitailleurs militaires témoignent de la très grande vulnérabilité de cette entreprise stratégique aux jeux et enjeux internationaux !

Contrairement aux effets d'images qui résultent de l'expression publique de la sympathie réciproque - apparente - de la Chancelière A. Merkel et du Président N. Sarkozy, les postures nationales tendent à se radicaliser  dans ces différents secteurs comme c'est également le cas dans le secteur énergétique (en particulier, dans le secteur nucléaire).

Simultanément, les autorités allemandes et françaises manifestent à l'égard de l'Union européenne des réticences à peine voilées qui tiennent probablement, en grande partie, aux transferts et délégations de compétence que requiert la nécessité d'approfondissement politique et que traduit juridiquement le traité de Lisbonne (bien qu'imparfait) avec lequel les unes comme les autres sont désormais tenues de vivre, et de composer !

Sans oublier leurs divergences quant à la stratégie à adopter en matière de politique monétaire, de politique budgétaire européenne et de coordination des politiques économiques, l'Euro "cher" participant à aggraver la situation financière et la compétitivité du groupe EADS.

Dans un tel contexte, nous sommes en droit de douter que les conditions soient réunies pour que les dispositions duTraité de Lisbonne les plus allantes dans le sens d'une plus forte intégration politique, notamment en matière de sécurité et de défense (y inclus l'armement), produisent un quelconque effet salutaire !

Disposer d'un nouveau traité mieux à même d'offrir à l'Union les instruments de son affirmation sur la scène internationale, c'est bien ! Mais sans la manifestation concrète, et permanente, d'une forte volonté politique, des deux côtés du Rhin, d'en faire un usage " optimal ", à quoi servirait-il ?

Il en est de même pour l'Agence européenne de défense qui souffre depuis sa naissance d'un mode de gouvernance intergouvernementale qui la paralyse !

L'heure est venue de sortir de ces impasses ! Et de sortir du temps des commémorations et des symboles !

D'abord en travaillant dans les capitales, de manière croisée, au renforcement des " fondamentaux " de la coopération et de la coordination ; des actions sont en cours (cf. notamment le Cycle franco-allemand sur les hautes technologies (IFRI - CERFA ) ) qui doivent rapidement produire des résultats concrets.

En évitant, notamment, de déclarer - publiquement - à Paris, que seule la relation bilatérale France - Royaume Uni compte en matière de défense !

Ensuite, en oeuvrant à Bruxelles à la spécialisation et à la mutualisation des instruments et des capacités que les Etats ont décidé, ou décideront demain, de mettre au service des politiques et stratégies communes que l'Union développe sur les registres politiques, stratégiques et sécuritaires (y inclus militaires), ainsi qu'au renforcement des schémas de gouvernance et des budgets y associés ; et ce, en étroite articulation avec les politiques et stratégiques développées sur les registres économiques, monétaires, financiers, industriels, technologiques et commerciaux.

La parole et la conduite de l'action doivent désormais, plus que jamais, être confiées aux véritables experts, y compris au sein du personnel politique ! les partis politiques, les gouvernements, les parlements, les technostructures sont remplis de "technocrates" qui "gèrent" et "administrent" au lieu, de "penser", d' "entreprendre" et de "gouverner" !

A Bruxelles, comme dans les capitales ! 

Comme, naturellement, au sein d'EADS et de toutes les entreprises qui occupent une place importante au sein de la base technologique et industrielle de l'Union européenne !



Par De La Boisserie - Publié dans : Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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